Nouvelle Vague

JAZZ A DOMERGUE: ANNE PACEO

anne paceo2

#NVmagLiveReport
le 05/08/19 à La Villa Domergue – Cannes(06)

On a beau y être venu plusieurs fois, l’arrivée sur le site de la Villa Domergue, la descente vers la terrasse du concert est toujours un instant spécial. D’un côté la vue sur l’Esterel et la baie de Cannes, de l’autre, le jardin et son impressionnant dénivelé. Pour cette troisième soirée du Jazz à Domergue, Anne Paceo vient présenter son nouveau projet Bright Shadows avec les musiciens qui ont participé au CD. Pour les voix, Ann Shirley et Florent Mateo auxquels se joignent celle du guitariste Pierre Perchaud et de la batteuse Miss Paceo, elle-même. Seuls Christophe Panzani aux saxophones et Tony Paeleman aux claviers (Rhodes et synthés) n’ont pas de micro voix, ce qui ne les empêchent pas par moments de se joindre vocalement et discrètement à leurs camarades. Ils jouent au cours des deux sets, quasiment l’intégralité du disque, dans un ordre différent mais surtout, chaque morceau à une ampleur qu’il n’a pas sur le vinyle ou le CD. La liberté et la beauté du jazz, c’est ça. S’autoriser des improvisations, prendre le temps d’installer le thème par les voix ou par un solide solo de batterie. La première partie prend fin avec Nehanda, d’inspiration très africaine, rythme et mélodies tribales et solo de sax soprano époustouflant. Derrière ses fûts et cymbales Anne Paceo dirige son groupe sourire aux lèvres mais le regard incisif. Tony Paeleman est aux aguets. C’est lui qui enrobe tous les sons du groupe avec ses claviers. Pierre Perchaud est discret, souvent il joue, tout en bas du manche de sa Fender, quelques arpèges avec les doigts ou une courte boucle de 5,6 notes au médiator, puis brusquement il part dans un chorus, jamais très long mais toujours incisif. A sa droite, côté jardin, Florent Mateo enchante littéralement. Sa voix d’opéra, baryton peut passer aux chants falsetto ou aux déclamations telles qu’on peut les entendre chez Magma. Il s’accompagne de temps à autre avec des baguettes sur son pad électronique. Côté cour, presque dans l’ombre, Ann Shirley n’est pas en reste, façon choriste soul ou en écho aux mélopées de Mateo et Paceo. Christophe Panzani, debout au-dessus de son pedalboard digne d’un guitariste de heavy metal, fait sonner ses saxophones de façon très sensorielles, comme s’il rajoutait une voix supplémentaire. Peu avant la fin du set, Anne Paceo, en introduction de Strangers, nous parle avec emphase du devoir d’accueil des étrangers fussent’ils migrants de nos anciennes colonies.
Deux inédits dans la seconde partie, dont un en rappel, inspiré d’une rencontre avec des derviches. Une fort belle façon de nous quitter.
On remercie les quelques grenouilles qui ont tenté de faire les chœurs, hélas elles n’étaient ni dans la tonalité ni dans le rythme.

Jacques Lerognon

Anne Paceo
anne paceo1

Christophe Panzani
panzani soprano

christophe soprano

Pierre Perchaud
pierre perchaud

Tony Paeleman
tony paeleman

Ann Shirley & Florent Mateo
ann shirley

florent mateo

Laisser un commentaire