Nouvelle Vague

IAM : L’école du micro d’argent

#NVmagAlbumDeLegende

Sorti le 18/03/1997

Il y a peu, IAM fêtait sur scène les vingt ans de « L’école du micro d’argent », mythe du rap français. L’album recèle des trésors, et pourtant il a failli ne jamais voir le jour. Insatisfaits du résultat « trop lisse » après mixage, ils obtiennent non sans difficulté l’accord de leur label afin de refaire entièrement l’album à Paris. Pari risqué mais payant, puisque deux jours après sa sortie l’album est certifié disque d’or puis de platine. « L’école du micro d’argent » contient au moins neufs titres devenus cultes, et connus de tout bon fan de rap quelque soit sa génération. Alors 20 ans plus tard comment l’album que Shurik’n lui même qualifie de « journalisme urbain » peut il toujours être d’actualité ? Les sujets abordés sont variés, les textes d’une rare finesse, et d’une incroyable justesse.

Du constat à la dénonciation (« Sous la même étoile », « Petit frère »), de la narration futile, à l’égotrip, IAM dépeint son univers sur fond de références mythologiques, et cinématographiques (« L’empire du côté obscur »), avec un brin d’humour marseillais. Le tout forme un ensemble cohérent toujours d’actualité, intemporel. Les textes regorgent d’assonances, allitérations et métaphores, qui procurent une véritable volupté auditive appuyée par des samples percutants, et des scratches chirurgicaux. Comment parler de « L’école du micro d’argent » sans évoquer l’emblématique « Demain c’est loin » élu par Abcdr (magazine rap indépendant de référence) comme meilleur classique de rap français. Neuf minutes d’un beat hypnotique, posé sur un sample épuré de dix secondes, parsemé de bruitage pour plus de réalisme. Un morceau sans refrain où Shurik’n en anadiplose et Akhenaton enchainent les rimes jusqu’à l’essoufflement.

Lola Feretti

Laisser un commentaire