Nouvelle Vague

IAM 

iam ensemble-WEB

#NVmagZoom

Après avoir marqué plusieurs générations avec des hits inoubliables, combinant subtilement des paroles engagées et des mélodies intemporelles, la légende IAM fait son grand retour.  Les cinq rappeurs marseillais, pionniers du genre en France, reviennent sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé « Yasuke » et une tournée à travers tout le pays. 

 

La fine équipe

En 1984 à Marseille, Philippe Fragione forme avec Eric Mazel, DJ funky, le groupe Lively Crew, sous influence de rap new-yorkais. De retour des Etats-Unis, Philippe devient Chill et accueille Geoffroy Mussard dit Jo pour créer B. Boys Stance. Le batteur et bassiste Pascal Perez les rejoint, délaissant petit à petit ses instruments premiers pour le sampler. Enfin, deux danseurs se joignent à eux : Malek Sultan et Divin Kephren. En 1989, IAM est né. Le groupe vit d’abord sa passion au jour le jour sans se douter une seconde du destin qui l’attend. Il connaîtra par la suite une carrière emblématique, d’une longévité rare : 30 années de succès. 

 

IAM

Le nom du groupe connaît une multitude de significations. Au delà de sa traduction littérale de l’anglais « Je suis » au sens de « J’existe », il est question de sigles « Imperial Asiatic Men », mais aussi « Indépendantistes Autonomes Marseillais ». Également, la signification « Le temps qui passe » en langue arabe, est possible. Fortement imprégnés de culture orientale et égyptienne, les membres prennent des pseudonymes adaptés : Chill devient Akhenaton, Pascal Perez est Imhotep et Eric Mazel prend le nom de DJ Kheops. Geoffroy Mussard sera Shurik’N et l’ancien membre Malek Brahimi se prénomme Freeman. Parmi les icônes du rap français, les membres du groupe sont uniques. Ils forment une légende vivante du hip-hop français, de par leur humilité, leur constance et plus particulièrement encore par leur unicité. 

 

L’engagement 

Avec le second album « De la Planète Mars », IAM expose pour la première fois la réalité des quartiers nord de leur ville natale, Marseille. Les membres du groupe dénoncent la misère sociale, la violence, la détérioration de la ville, le délaissement des administrations et des politiques. « 11’30 contre les lois racistes » est l’un des seul disque véritablement politique du rap français : la dureté d’un système décrit comme fasciste y est évoquée. Ces artistes mènent un combat pour les oubliés de la rue et de la République, les minorités qui luttent pour l’intégration, pour une certaine forme de respect et d’acceptation sociale partout et pour tous. Aujourd’hui, l’envie de partager leurs idéaux est encore bien présente. Le manichéisme comme ennemi, ils appellent à la nuance concernant les groupes ethniques, religieux, d’âge ou de classes sociales. Les raccourcis servant la haine, la peur et le buzz sont pour eux des chemins à ne pas emprunter. Ouvrir son esprit pour chasser les peurs infondées serait préférable. Pour autant, la violence qu’ils ont connu ne transparaît pas dans leur musique. La paix est toujours hautement prônée, et des valeurs universelles largement diffusées. L’amour que le public leur porte est dû à cet élément clef : leur message d’unité est partagé sans une once de rage. Il s’agit d’un rap revendicateur mais empreint de sagesse et de bienveillance. Un rap conscient, ou un condensé de paroles profondes posées avec flow travaillé. 

 

L’école du micro d’argent

Leur quatrième album, « L’Ecole du Micro d’Argent » est un chef d’oeuvre du rap français. C’est aussi le premier album de rap français disque d’or de l’histoire, avec 100 000 albums vendus en une semaine, après sa sortie en 1997. Les morceaux qui s’y trouvent sont intemporels et puissants et comprennent de nombreuses phases percutantes et déroutantes de justesse. Malgré un intense message de paix, l’album est plutôt sombre. Le processus de création fut complexe. Fin août 1996, l’album était déjà mixé, presque terminé. Pour autant, insatisfait du résultat, IAM décide de tout recommencer de zéro. Malgré l’important budget déjà accordé par son label, le groupe obtient un mois et demi supplémentaire, pour parfaire ce qui deviendra une merveille indéfectible. La maison de disques visait l’objectif de 150 000 ventes. Le jour même de sa sortie, l’album était disque d’or. En moins d’une semaine, tous les frais engagés étaient amortis. Ecoulé à plus de 1,5 million d’exemplaires en dix-neuf ans, cet album est le plus vendu du rap français. Une réussite stupéfiante qui laissait présager un avenir plus que prometteur… 

 

Yasuke

« Yasuke », le dixième album de IAM, marque leur retour. Le nom de ce dernier opus fait référence à Kurusan Yasuke, un esclave africain du XVIème siècle, parti enchaîné au fond de la cale d’un bateau en vogue vers le Japon, où il deviendra samouraï. Le héros incarne un bouleversement total de destinée, la réussite dans des situations jugées impossibles. Ce personnage historique fait écho à l’histoire d’IAM et à la métamorphose de leurs vies individuelles. La cover est largement inspirée du célèbre tableau « Le Radeau de la Méduse » de Théodore Géricault. Il s’agit d’une image pour représenter la dérive d’une société malade, asservie par le capitalisme, comme ils peuvent le narrer avec la plume qui a fait leur réputation sur « Le Train de l’argent ». Dans cet album, leurs exigences artistiques sont à hauteur de leurs revendications. Les textes sont soignés, poétiques et imagés. Ces voix éternellement reconnaissables content toujours leur engagement humaniste, et ce même sur des sonorités festives. De nombreux artistes ont eu la chance de participer au combat en partageant le micro avec la belle équipe. On retrouve ainsi le talentueux Kalash sur « Eldorado » mais aussi le musicien nigérian Femi Kuti sur le morceaux « Remember ». « Once Upon a Time » naît de la collaboration avec JMK$, membre du crew Summum Klan et figure du rap indépendant marseillais actuel. La scène marseillaise est particulièrement mise à l’honneur sur « Fin des Illusions », où l’on retrouve Allen Akino, Faf Larage, mais aussi Relo et Veust. Le featuring le plus marquant reste probablement cette association sur « Self Made Men » avec un autre crew emblématique de Marseille : les Psy 4 de la Rime. 

 

Rap Warrior Tour

Pour défendre leur album, le groupe débute une série de 27 concerts à travers les plus grandes villes et les plus grosses salles françaises. La tournée « Rap Warrior Tour » du plus emblématique des groupes de rap français s’annonce déjà fabuleuse et fait naître l’impatience des amateurs de classique. L’occasion de vous retrouver au plus près de ce groupe mythique et de raviver bien des souvenirs. 

 

Linda Gachar 

Le 26/03/20 au Silo – Marseille (13), le 30/04/20 à Paloma – Nîmes (30), le 16/07/20 à l’Agora – Saint-Raphaël (83), le 25/11/20 au Sud de France Arena – Montpellier (34), le 27/11/20 au Palais Nikaïa – Nice (06) et le 28/11/20 au Dôme – Marseille (13). 

www.iam.tm.fr

 

 

Laisser un commentaire