Nouvelle Vague
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Tel un rouleau compresseur que rien n’arrête, IAM revient. Mais IAM n’est jamais parti ! Le groupe est toujours présent, toujours actif, toujours désireux de se positionner en contrepoids, de remettre les compteurs à zéro pour re(de)venir encore meilleur. Entretien avec Akhenaton sur cet album, sur l’avenir de notre pays et la tournée de « L’école du micro d’argent » qui se profile.

Votre album s’appelle « Rêvolution », pensez-vous que le moment soit enfin venu pour le peuple de la faire ?

Non, ni maintenant ni jamais. Les gens ne sont pas prêts. Si nous avons écrit le mot « révolution » de cette manière, c’est pour essayer de changer les choses en se projetant dans des rêves d’évolution. La révolution au sens strict du terme n’est ni plus ni moins qu’un trajet circulaire, un retour au point d’origine. En ce qui nous concerne, nous voulons aller au-delà du point de départ.

Dans ce nouvel album, il y a encore cet esprit de revanche.

Exactement. Et nous continuons aussi à dire et expliquer que notre culture, la culture hip-hop n’est pas créditée à sa juste valeur. Qu’il existe des gens en France qui feignent d’ignorer que cette culture est dominante dans notre pays. Prends l’exemple des Victoires de la Musique dans lesquelles des artistes dits « urbains » sont cantonnés à une catégorie réductrice alors qu’ils vendent dix fois plus que de disques que d’autres artistes. Quel que soit le genre de musiques que les artistes produisent, ils la font pour qu’elle soit écoutée par un maximum de gens et pas seulement par une catégorie de personnes, comme on pourrait dire que le rap n’est destiné qu’aux gens issus des cités.

Prends l’exemple de l’exposition de l’institut du monde arabe, elle est la seule à ne pas avoir été exportée dans d’autres villes alors que toutes les autres l’ont été. Il existe un gros problème d’acceptation culturelle, et ce pour n’importe quelle culture.

Il y a un paradoxe entre la pochette revendicatrice de la pochette et le contenu qui, lui, est plutôt optimiste.

C’était voulu de notre part parce que c’est un album de parents, de pères qui ont des enfants, et qui souhaitent que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. C’est ce que nous disons dans « Rigarmotis » : avant ce n’était pas mieux qu’aujourd’hui, c’était peut-être même pire car personne n’était au courant de ce qui pouvait se passer. Le côté optimiste de l’album fait partie intégrante de notre ADN.

Quel regard portes-tu sur l’élection présidentielle à venir ?

Un regard surtout ironique car les hommes et femmes politiques critiquent les gens des quartier mais leurs campagnes sont digne des rappeurs les plus hostiles : coups bas, critiques, tweets, phrases acerbes, alors que, paradoxalement, nous entendons peu parler de leurs programmes. L’écologie est carrément absente du débat alors que c’est un point qui me paraît essentiel pour notre avenir. Ce n’est pas une fois que la planète sera exsangue qu’il faudra pleurer sur la situation. Si les choses peuvent être changées maintenant, il faut le faire. Le peuple ne se rend pas compte de sa force si tout le monde tire dans le même sens. Encore faut-il avoir des leaders politiques cohérents ….

Artistiquement vous avez essayé de nouvelles choses sur cet album.

Oui, nous avons voulu prendre des risques. C’est là d’ailleurs toute la force d’IAM qui est de ne pas reproduire la recette précédente, quand bien même elle aurait fonctionné. A chaque nouvel album, nous nous remettons en danger, ce qui a assuré notre pérennité jusque là.

Un mot sur la tournée des 20 ans de « L’école du micro d’argent » ?

Cet été nous allons faire une poignée de dates et la tournée va réellement démarrer début novembre. Les concerts se concentreront sur la période 1995-1998 et pas seulement sur « L’école … » et nous y intégrerons des morceaux de « Rêvolution ».

 

Rémi Cavaillès

Le 20/07/17 à Place Massena – Nice dans le cadre du Nice Jazz Festival.

Le 28/07/17 à la Citadelle – Saint Tropez (83) dans le cadre du festival les soirées de la citadelle.

Le 14/11/17 au Palais Nikaïa – Nice (06).

Le 16/11/17 au Dôme – Marseille (13).

Le 18/11/17 à L’Arena – Montpellier (34).

www.iam.tm.fr

 

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