Nouvelle Vague

HUGH COLTMAN

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Après « Stories From The Safe House », le chanteur britannique, Hugh Coltman revient sur le devant de la scène avec « Zero Killed », un nouvel album entre mélancolie et réalisme.

 

Vous avez créé en 1991 un groupe Hoax, dissout une première fois, puis reconstitué 8 ans plus tard ? C’est plutôt rare !

Avec Hoax nous avons fait en 7 ans d’existence, pas moins de quatre albums et puis un jour j’ai éprouvé le besoin d’expérimenter autre chose, j’avais le sentiment que cela n’était pas possible avec les autres membres du groupe. Je suis parti. Il y a environ un an et demi, un festival aux Pays-Bas qui nous a suivis depuis nos débuts nous a demandé de remonter le groupe pour un soir. Deux musiciens étaient aux États-Unis, deux autres en Angleterre et moi en France, mais malgré tout nous sommes parvenus à nous retrouver. Entre temps j’ai pu exprimer ce que je portais en moi. Nous nous sommes dit que finalement nous allions rejouer ensemble. Grâce à internet on peut communiquer facilement entre nous et donc l’aventure Hoax est repartie.

 

Vous êtes devenu chanteur, qu’est-ce qui est à l’origine de votre carrière ?

J’étais à la Faculté et j’apprenais le théâtre. Un ami m’a demandé de chanter dans les chœurs de son spectacle. Le chanteur vedette n’est pas venu et c’est moi qui a pris sa place. Tout n’est que fruit du hasard !

 

Vous avez traversé la Manche pour venir vous établir à Paris, est-ce que ce déménagement s’est accompagné d’un changement au niveau musical ?

Quand j’ai quitté mon groupe c’était pour devenir compositeur et j’avais le sentiment qu’à Paris cela était possible. De fait j’ai rencontré plein de gens qui m’ont permis d’avancer dans mes projets. Au départ, j’étais parti pour un an et puis je suis resté.

 

Votre dernier album a un titre quelque peu énigmatique. Pourquoi « Zero Killed » ?

« Zero Killed » était l’expression affichée devant les portes des hôpitaux, pendant la première guerre mondiale pour annoncer qu’aucune victime n’était à déplorer. Puis avec le temps elle s’est limitée à deux lettres OK ! Je trouvais cette origine intéressante au point de la réutiliser. Cet album retrace le quotidien avec ses petits drames, c’est à la fois mélancolique et plein d’espoir car on finit toujours par les surmonter.

 

Qu’est-ce qui a changé par rapport à votre premier album : « Stories From The Safe House ».

Fondamentalement, pas grand-chose ! Lors de mon premier album, les sons étaient peut-être moins propres, nous avons enregistré dans des cages d’escaliers, on a placé des micros sur les guitares pour en amplifier le son. En revanche pour « Zero Killed », j’ai conscience d’avoir peaufiné le son.

 

Le clip de « The End Of The World » rappelle l’anecdote que vous racontez au sujet de Leonard Cohen et de son passage en Angleterre. Avez-vous pris une part active dans l’écriture de celui-ci,

C’est exact ! J’avais un plan en tête et je l’ai soumis à Marc Aubin qui a bâti son histoire autour de mon idée. Je ne voulais surtout pas apparaître comme le personnage principal du clip. Celui-ci montre un romancier en train de remplir des pages de son roman. J’avais lu une histoire sur Leonard Cohen : quand il était à Londres, il était hébergé chez une femme qui lui louait une chambre parce qu’il disait qu’il était écrivain. Elle lui répondait : « Dans ce cas, il faut que tu remplisses deux pages par jour. Même si tu n’as pas l’inspiration, travaille la forme » . C’est un conseil aussi que j’ai pris pour moi !

 

Vous avez fait appel à un acteur français Pierre Richard. Pourquoi ?

Il y a quelques mois j’ai vu un documentaire sur l’acteur. Je ne connaissais pas tous ses films et petit à petit, j’ai pris conscience qu’il avait une forme d’humour très britannique qu’il était très drôle et sensible à la fois. J’ai pu obtenir son adresse et lui ai parlé de ce projet de clip, il a lu le script et a accepté de jouer ce rôle.

 

On vous voit depuis quelques temps au côté d’Eric Legnini, le jazz n’est-il pas éloigné de votre univers ?

Je ne le crois pas, les frontières en musique ont tendance à s’effondrer. Avec Eric nous partageons la même musicalité et vitalité !

Propos recueillis par Lea Raso

www.hugh-coltman.com

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