Nouvelle Vague
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Le 09/03/19 au Badaboum – Paris (75)

 

Fort de sa capacité à recevoir six cents personnes entre ses murs, le Badaboum avait en ce samedi de début de mars, le privilège d’héberger l’une des six trop rares dates du très attendu « Europe Endless Tour ». Les deux groupes se succédant ce soir sont sans conteste, membres de la ligue des gentlemen extraordinaires, catégorie musique indus. En tête d’affiche, atterrissant tout droit de Los Angeles, comptabilisant douze années d’existence, deux tournées en première partie de Nine Inch Nails en 2008, lors de la « Light In The Sky Tour », et 2009, lors de la « Wave Goodbye Tour », quatre albums studio, et trois albums de remix, une bande originale de jeu vidéo pour Max Payne 3 et une participation à hauteur d’un titre sur Grand Theft Auto V, les trois californiens du mythique groupe Health étaient clairement présents dans le but de démontrer qu’ils sont définitivement les représentants légitimes du mouvement électro post rock. La première partie, elle, était assurée par l’une des multiples formations du « More than many and one band’s Man », Jim. Le compositeur hors pair, détenteur du titre de frontman au sein de Fast Friends, Erevan Tusk, Tramontana, Frederik.O, nous faisait l’honneur de sa présence en compagnie de son combo post noise, OddZoo.

 

Ouverture de la salle prévue à 19h30, ce n’est qu’avec un très léger retard que celle-ci débute. La file qui s’étend sur le trottoir laisse déjà présager que le chiffre annoncé de cent quarante billets pré-vendus n’est qu’un prémisse de ce que Health et Oddzoo peuvent fédérer en terme de fans. Car il faut bien l’admettre, il fallait arriver tôt pour s’assurer d’une bonne place à l’avant de la scène. Un service d’ordre très courtois, un personnel très accueillant et souriant, l’ambiance s’annonçait d’ores et déjà chaleureuse dans cette très belle salle du onzième arrondissement de Paris. Côté public, le dress-code est plutôt sombre et la moyenne d’âge relativement jeune. Le stand merchandising est rapidement sollicité, vinyles, cd et tee-shirts des deux groupes jouant ce soir se vendent déjà.

 

20h00 : les lumières côté salle s’éteignent, le volume de la musique jouée pour faire patienter la foule avant le concert s’atténue lentement, le silence s’installe… Celui-ci ne durera pas longtemps, l’intro de « Post Partum », troisième morceau de l’album « Future Flesh » retentit à travers les murs d’enceintes. Dès les premières notes, les deux piliers scéniques, Seb, à la basse, et Romain, à la guitare et aux effets, prennent positions de part et d’autre d’un territoire déjà électrisé par l’ambiance. Nouveauté, depuis peu, OddZoo compte un batteur, Alex, dans ses rangs. Faisant office de véritable centre névralgique reliant ses deux comparses, Alex aligne un rythme précis et inaltérable. Véritable métronome, il avance inexorablement, suit qui peut. De son côté, Seb, immédiatement, occupe pleinement son espace, le son de sa basse en fait de même, celui-ci, à l’instar du reste des instruments d’ailleurs, est propre et parfaitement réglé par une équipe d’ingénieurs du son qui donnèrent entière satisfaction au public tout au long de la soirée. Romain, quant à lui, surplombe les premières lignes de fans serrés contre la scène. Sa guitare déversant des sonorités filtrées par un nombre impressionnant de pédales à effets. Le début du show ne laisse planer aucun doute quant au dynamisme exercé. L’ensemble est merveilleusement mobile et puissamment orchestré. L’arrivée de Jim sur scène ne fait que compléter un tableau dont les lignes dessinées numériquement rappellent, sans toutefois les copier, l’empreinte artistique d’autres groupes tels qu’ Amplifier ou Devin Townsend. Habitués à le voir évoluer dans un registre à consonance pop, les followers du chanteur multi casquettes tombent des nues. Si chacun est supposé être habité d’une part d’ombre, celle de Jim se déploie tout au long du set. Les titres s’enchaînent, pas de temps mort, pas de pause, pas de compromis, la voix aérienne du chanteur se faufile dans le sillon creusé sous la force du rouleau compresseur piloté par les musiciens. Le public, comblé, reprend certains titres en chœur, un fan, particulièrement au fait de l’actualité du groupe, chantera même l’intégralité des titres du groupe ! Une performance remarquable et remarquée. La dernière chanson achevée, le premier sentiment ressenti est sans conteste possible l’ivresse, c’était bon, très bon. Le public comprend très vite que si OddZoo est, ce soir, la première partie, nul doute que le groupe aura très prochainement sa place sur une tête d’affiche à son tour.

 

Set List : Post Partum, Cardionoise, Another Cold Strong Drink, Lunesta, Rest & Resurrect, Shapes & Perspectives, Singularity, Little Death.

 

 

20h45 : Pause entre les groupes, les lumières se rallument, les enceintes se mettent à diffuser des chansons des Misfits, le bar et le merchandising sont pris d’assaut. Cigarettes pour les uns, replacement stratégique pour les autres, les premiers commentaires échangés font comprendre que la prestation d’OddZoo a été amplement appréciée.

 

21h00 : Une nouvelle fois, le son et la lumière baissent d’intensité, nous y sommes…

Un écran de fumée vient lentement plonger la scène dans un épais brouillard. La lumière, tamisée, montre des signes d’impatience, des tremblements dans son intensité, le son s’installe, lentement, pénétrant. L’intro de la chanson « Victim », première œuvre du troisième album, « Death Magic », des américains monte vers nous. Le son est fort mais parfaitement audible, discernable. Soudain, trois fantômes apparaissent sur scène. BJ Miller, le batteur, prend possession de son kit dans les volutes du fond du tableau. John Famiglietti, immense bassiste, dans tous les sens du terme, vient recouvrir de son ombre son rack à effets, tandis que, Jake Duszik, chanteur guitariste, s’empare de la gauche de la scène, casquette enfoncée sur le visage. L’alchimie entre Health et le public est totale et immédiate ! Le son est puissant et ne souffre d’aucune imperfection. La lumière, parfois à la limite de l’aveuglant donne un caractère chaotique à un set qui, lui, ne l’est absolument pas. Le professionnalisme de la mise en scène est impressionnant, millimétré. BJ frappe fort, Jake, très mobile alterne chant et parties guitares en un total de don de soi. John passe de l’utilisation de ses pédales d’effets posées sur le sol, et manipulées manuellement, à sa basse en intercalant des participations au chant entre les deux et en dansant de manière très androgyne. Le rendu est magnifique, incroyable, toute la performance défile à une vitesse qui rend la prestation trop courte. Les chansons sont toutes reprises par le public, et, quand Jake annonce qu’il se sent d’enchaîner directement sur le rappel sans passer par la case backstage, c’est l’euphorie parmi la foule. Lorsque le rideau finit par tomber, la satisfaction générale est à son comble. John saute de la scène et se précipite au stand merch afin d’y rencontrer ses fans et de signer les autographes. Les sourires présents sur le visage de Jake lors de sa sortie de scène et sur celui de BJ, resté sur place pour aider les techniciens à ranger le matériel, en disent long. Le manager lui-même semble aux anges.

 

Set List : Victim, Men Today, Die Slow, God Botherer, L.A Looks, The Message, New Coke, Teras, Salvia, Stonefist, Psychonaut, Dark Enough, Goth Star, Strange Days, Feel Nothing, We Are Water.

 

 

Les dernières bières bues accompagnées par la musique de Slowdive, les dernières cigarettes fumées, les dernières conversations, les « c’était vraiment bien » et les « au-revoir », la salle se vide lentement. Ce soir, le Badaboum a merveilleusement bien porté son nom. Si seulement ce « Europe Endless Tour » pouvait l’être vraiment… Sans fin…

 

Aurélie Kula

 

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