Nouvelle Vague

MIOSSEC

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Miossec a fait sa rentrée cet automne avec un onzième album “Les Rescapés” placé sous le signe de la nécessité de vivre et de la joie. Deux ans après “Mammifères” qui faisait office de nouveau départ, le chanteur diffuse dans ce nouvel album des élans d’humanisme et d’espoir.

Dans quel état d’esprit tu as conçu ce onzième album ?

Dans un esprit d’attaquant, avec l’envie de repartir en tournée, de faire des concerts. L’idée qui parcourt cet album c’est se tenir droit dans une époque un peu terrible, de ne surtout pas être dans l’accablement.

Quand tu chantes « nous sommes les rescapés, nous sommes les survivants » de qui s’agit-il ?

De tout le monde. De ceux pour qui ce mot a une résonance. De toutes les trajectoires individuelles un peu cabossées.

Tu te considères comme un rescapé ?

Ah ouais je m’englobe dedans tant qu’à faire. Rescapé de maladie infantile, de noyade, d’accident de voiture … la liste est assez longue en fait. Quand on est rescapé généralement on a un appétit de vivre bien plus grand.

Du coup « on est condamné à la joie » comme tu dis ?

Si on écoute ce qu’on nous dit en ce moment, l’horizon proche est vraiment sombre. C’est juste impossible de le voir arriver et de le subir. Si on est accablé, l’existence devient insupportable. La joie c’est quelque chose qui t’envahit profondément, qui te permet de rester droit. Par exemple, l’idée d’être sur scène c’est assez joyeux. C’est une énergie joyeuse. Depuis que je suis gamin je suis plutôt un mec joyeux.

Pourtant on t’attribue plus souvent le qualificatif de chanteur mélancolique…

Je vois d’autres chanteurs mélancoliques mais je ne m’intègre pas dedans. Par contre, j’ai fait une chanson qui s’appelle “la Mélancolie” qui a peut-être suffit à résumer.

Quel rapport tu entretiens avec le temps qui passe ?

J’ai toujours aimé le temps qui passe, l’Histoire avec un grand H. Après, me concernant directement, passé 50 ans les données ne sont plus les mêmes, je ne sais pas combien de morceaux il me reste à faire.

Tu chantes « je suis devenu ce que j’ai récolté »

Ça aurait pu être bien pire. Je me suis mis à la musique parce que mes trente ans arrivait et le monde du travail n’était plus supportable pour moi. C’était devenu vital de faire de la musique.

Dans cet album, tu t’es beaucoup investi sur le plan musical, pourquoi cette envie ?

Le précédent disque avec l’accordéon m’a conduit à vouloir faire l’inverse. Je fais toutes les guitares sur cet album. J’étais guitariste dans une tendre jeunesse, j’ai oublié que je l’étais et c’est en train de revenir. J’ai travaillé à la maison avec l’équipe de Mammifères, c’est à trois qu’on a posé les fondements de ce disque.

Parmi d’autres métiers, tu as été journaliste, quel regard tu portes sur l’exercice de l’interview ?

C’est très sain pour moi, ça me libère de beaucoup de mots sur la musique. Ça m’évite d’emmerder mon entourage avec ce que je fais puisque je le raconte. Ça fait du bien.

Nadja Grenier

www.christophemiossec.com

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