Nouvelle Vague

HAROLD LÓPEZ-NUSSA, RICHARD BONA, MANU KATCHÉ, le 02/12/16 à l’Opéra Garnier – Monaco (98)

Richard Bona

Retour à Monaco, en ce vendredi de décembre, pour une longue soirée de musique, trois sets et plus de trois heures trente de concert. En première partie, deux groupes qui mêlent musique africaine et cubaine. Tout d’abord, celui du pianiste cubain Harold López Nussa et du bassiste et chanteur sénégalais Alune Wade. Leur musique respire l’énergie et la joie de vivre. Le jeu du pianiste est virtuose et survitaminé, même quand il partage le clavier avec son frère batteur pour une chanson de leur île lointaine. Wade nous offrira en fin de set, un solo de basse très Millerien (Marcus) avant de céder, après un court changement de plateau, la place à son confrère camerounais Richard Bona. Un septet à deux percussionnistes et un batteur, piano, trompette, trombone complètent le groupe. Virtuose, Bona frime avec une certaine bonhomie mais dès qu’il joue quel plaisir, quel talent. On voyagera des plaines d’Afrique jusqu’à Santa Clara et La Havane. Il invente avec ce Mandeka Cubano, un nouveau style, le jazz fusion festif. Et croyez-le ou non, cela se trémoussait sur les fauteuils pourpres du vénérable Palais Garnier. Après un entracte bien mérité, le Monte-Carlo Jazz Festival accueillait vers 23h le quintet de Manu Katché, pour le plus grand plaisir des spectateurs encore nombreux. Une formation très européenne dans cette seconde partie plus jazz. Une jeune norvégienne, Ellen Andrea Wang, à la contrebasse stick et au chant, un très beau style. Un pianiste anglais Jim Watson et un norvégien au sax tenor, Tore Brunborg et venant du sud de l’Italie, l’une des pièces maîtresses de ce 5et, le trompettiste Luca Aquino. Ils ont joué en une grande partie de leur dernier album, « Unstatic », tout en le sublimant. La scène apportant un vrai plus à ses compositions du batteur. Bien que tout au fond de la scène, la batterie est très en avant, amenant ainsi un groove puissant. Les duos entre la trompette et le saxophone sont magiques, le lyrisme d’Aquino associé à la rigueur de Brunborg. Une musique très écrite qui laisse néanmoins place à l’improvisation. Du jazz, en fait ! Manu Katché a tenté et réussi à faire chanter les spectateurs avant un rappel swinguant idéal pour nous accompagner sur le chemin du retour.

Jacques Lerognon

Crédit photo : Jean-Luc Thibault

 

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