Nouvelle Vague

HALO MAUD

#NVmagZoom

Maud Nadal, aujourd’hui plus connue sous le nom de Halo Maud, enchaîne les dates à l’international après une ascension fulgurante. Sa voix très douce, voire cotonneuse, donnant à sa musique un style presque onirique, a su toucher les cœurs par-delà les frontières. Elle se dévoile aujourd’hui comme une artiste très indépendante aux influences atypiques. Fortement bercée par des artistes anglo saxons comme Radiohead ou PJ Harvey, elle a laissé leur style déteindre librement sur le sien. On peut donc qualifier sa musique de variété française… mais pas trop. Dans son premier album « Je Suis Une Île », on comprend qu’elle se plaît à mélanger français et anglais dans ses créations, que ce soit au niveau de la langue elle-même ou de la façon de chanter. On se retrouve avec une artiste à mi-chemin entre Vanessa Paradis et Emily Wells totalement envoûtante. Entrevue avec cette Parisienne devenue icône de la musique indie.

 

Depuis le début de ta vie, qu’est ce qui t’as donné envie de faire de la musique, un déclencheur ? Des artistes qui t’ont donné envie de le faire ?

Au tout départ j’ai commencé à écrire des chansons avant d’avoir un vrai choc musical, parce que j’ai commencé très jeune, je devais avoir 12-13 ans. Et à l’époque je n’écoutais pas vraiment de musique à vrai dire. Et du coup c’est un peu plus tard finalement, que j’ai eu mes premiers « amours ». Je crois que ça a commencé avec Alanis Morissette à vrai dire, adolescente. Et puis après je crois que ça a dû être Radiohead et encore après Blonde Redhead, PJ Harvey.

Dans la scène actuelle, est ce qu’il y a des artistes qui te touchent particulièrement, que ce soit au niveau français ou extérieur ?

Oui, il y en a plein. Alors en France, j’aime beaucoup Aquaserge, Forever Pavot, Moodoïd, en plus c’est un groupe dans lequel j’ai joué assez longtemps, entre 2015 jusqu’à l’année dernière. A l’étranger, il y en a beaucoup aussi. Je suis très fan d’un groupe qui s’appelle « The Roof », un groupe américain, dernièrement j’écoute un autre groupe américain un peu dans la même lignée qui s’appelle Palme. Je suis aussi très fan des Dirty Projectors.

Donc tes premiers émois musicaux c’était les groupes, les artistes que tu m’as cités. Il y en a un qui sortait du lot ?

C’était par période, là je les ai un peu cité par ordre chronologique. J’ai quand même eu une très grosse phase Blonde Redhead, Sonic Youth, PJ Harvey. C’est peut-être ceux qui ressortent le plus. Ce n’est pas forcément des choses que j’écoute encore maintenant d’ailleurs, mais ça m’a nourri en profondeur.

Et au niveau des textes, quelles sont tes sources d’inspirations ? Tu as des références au niveau texte ou c’est vraiment toi, ton ressenti…

Je ne sais pas si j’ai des références… Parce que j’ai commencé à écrire en anglais, parce que j’écoutais que de la musique en anglais, et le passage en français s’est fait un peu quand même grâce à Dominique A, enfin en écoutant Dominique A. Et ce qu’il avait fait pour les premiers disques de Françoise Brut aussi. Comme j’écoute très peu de musique en français je n’ai pas beaucoup de repères, et ça me permet d’être plus libre finalement, plus aventureuse. Donc après bien sûr par exemple Gainsbourg c’est un exemple pour moi en écriture évidemment, mais c’est tellement un monument que je ne m’amuse pas à essayer de faire comme lui. Donc voilà j’essaye justement rester un peu « innocente » face à l’écriture en français.

Donc, tu as commencé avec la pratique d’un instrument ?

Oui et non, j’ai eu une formation un peu classique étant enfant, et puis on m’a appris un tout petit peu la guitare, et dès que j’ai su jouer quelques accords j’ai essayé de faire des chansons en fait, mes propres chansons. Je suis plutôt de l’école « autodidacte ». J’ai suivi un parcours avec des moments où je faisais beaucoup de choses toute seule, d’autres où je prenais des cours. Mais je n’ai jamais été très assidue, très disciplinée, très technique, c’est plutôt instinctif je crois. C’est l’approche qui me plaît.

C’est vrai que quand on a une capacité créative, on a plus tendance à faire les choses par soi-même.

Oui après ça peut être aussi super d’acquérir des bases très solides techniquement et de pouvoir en faire quelque chose de créatif mais c’est vrai que j’ai plutôt eu le parcours inverse.

Tu travaillais beaucoup en solitaire. Tu avais un instrument de prédilection pour composer, ou tu les assemblais ?

Je composais surtout à la guitare au départ. Et puis plus le temps est passé, plus j’ai mêlé guitare-clavier. Maintenant je compose presque plus au clavier qu’à la guitare.

Tu as commencé à jouer devant des personnes dès le début ou plus tard ?

Non, c’est venu tard. J’ai eu mon premier groupe, je devais avoir 19 ans, donc assez tard finalement

 

C’est venu de la rencontre avec d’autres personnes qui ont trouvé un intérêt à ce que tu faisais et qui ont complété le projet, il y a vraiment un esprit groupe ou c’est vraiment toi qui produis la chose et les autres qui viennent se greffer dessus ?

A l’époque mon premier groupe était un vrai groupe, là c’en est pas vraiment un, c’est un groupe sur scène bien sûr, mais c’est clairement mon projet solo. J’essaie toujours d’éviter le mot « projet », mais je n’y arrive pas. Parce que c’est mes chansons, je les écris, je les compose, je fais la plus grosse partie des arrangements quand même. Après sur scène j’adore jouer avec des gens, j’ai besoin de ce partage.

Tu as une idée très précise de ce que doit être ta musique.

Oui je crois, après j’aime aussi laisser un peu de marge aux musiciens avec lesquels je joue parce que c’est aussi pour ça que je les ai choisis. Quand ils s’expriment, ça me parle. J’aime bien ce qu’ils apportent, j’aime bien la cohésion que ça crée entre nous sur scène. J’aime bien me sentir portée par le son et par leur personnalité musicale aussi.

Et le passage au groupe s’est fait à quel moment à peu près ? (Pour Halo Maud)

Il s’est fait tout de suite sur scène, dans le sens où je n’ai jamais trop joué seule. Je n’aime pas trop ça. Après c’est vraiment un peu séparé en deux. Toute la phase de composition et même un peu de production c’est plutôt solitaire, et puis ensuite la scène c’est en groupe.

Pour l’album, tu as procédé comme ça aussi ou alors les musiciens étaient un peu plus associés à la phase d’enregistrement ?

Oui alors pour l’album, une phase de composition très solitaire, après j’ai travaillé avec un producteur, qui m’a aidé à faire des choix principalement parce que j’ai tendance à en rajouter toujours un peu trop. Après j’ai fais intervenir des musiciens, dont certains sont sur scène avec moi, et d’autres non, juste des musiciens que j’admire, et/ou qui sont des amis, enfin des gens avec qui j’avais envie de travailler en tout cas.

Donc il a eu un petit peu le rôle de producteur musical, il donne des conseils…

Oui, il m’aidé un peu à chapeauter tout ça, que ça ait du sens…

 

Donc l’album est sorti il y a quelques mois déjà, 1 an, quelles ont été les phases marquantes ? Tu as eu l’occasion de te produire à l’étranger, de faire des festivals, t’exporter.

Tout a été un peu marquant. Déjà le fait que l’album sorte a été marquant. Ça a été un beau sentiment d’accomplissement

 

Il est sorti de quelle manière, en indépendant ?

Non je travaille avec un label anglais qui s’appelle « Heavenly Recordings », donc j’ai la chance d’être accompagnée, bien entourée, et puis tout m’a un peu marqué effectivement, le fait de beaucoup voyager, faire une tournée en France et à l’étranger, je me sens très chanceuse. Voyager grâce à la musique je trouve ça un peu magique, et puis sentir notre progression sur scène, les retours du public, plein de choses en fait. J’avais l’impression d’apprendre tout le temps.

Tu étais sur le dispositif du FAIR c’est ça ?

Cette année j’y suis oui, on a des formations et un soutien à plusieurs niveaux.

 

Assez rapidement il y a eu des bons plans au niveau live, avec des scènes à l’étranger, des festivals… Tu avais un tourneur efficace, ou c’est parce qu’il y a eu un bon relais médiatique ?

J’imagine que c’est un peu des deux, et après le fait que le label soit anglais. Je pense que ça a bien aidé au fait qu’on puisse voir du pays, donc c’est super.

Et s’il y a des expériences particulièrement marquantes, ce serait quoi ? Par exemple, d’avoir joué avec d’autres grands artistes sur la même scène, des rencontres…

Très bonne question. On a fait deux premières parties pour Phoenix, ça m’a pas mal marqué pour pleins de raisons, entre autres parce que c’est des gens exceptionnels humainement.

C’était où ?

C’était à la Gaieté Lyrique à Paris. On a fait toute une petite série de festivals en Angleterre. Ils ont le chic pour faire des festivals vraiment à taille humaine, un peu comme ici d’ailleurs, en pleine campagne dans des endroits vraiment charmants, on en a fait pas mal l’été dernier. Et puis c’est toujours hyper joli, hyper bien décoré, avec des programmations très éclectiques. Ce qui est agréable dans le fait de jouer en Angleterre c’est que culturellement c’est un petit peu différent de la France, ils ont des références qui ressemblent plus aux miennes et du coup le public est beaucoup plus varié finalement, il y a vraiment toutes les générations et c’est vraiment plaisant.

Ces dates se passent donc en fin de tournée, il n’y a pas de date pendant l’été sur les festivals ?

Non, en tout cas pas en France, on va partir un peu ailleurs, je ne peux pas encore trop dire parce que ce n’est pas encore annoncé mais en juin on va partir un petit peu et ensuite ce sera terminé pour ce disque-là. C’est un peu la fin d’un cycle et j’aime bien le concevoir comme ça. Je crois que ça y est, je me suis déjà reposée là, j’ai surtout envie de produire de nouvelles chansons, de la suite. C’est en chantie. il y a déjà de la matière pour la suite.

C’est vrai que ce n’est pas évident, surtout quand la musique qu’on écoute est essentiellement anglo saxonne c’est vrai que c’est difficile de faire sonner le français après…

Maintenant que je l’ai fait, maintenant que je pratique, j’y ai pris vraiment goût. Et puis il y a deux choses : écrire en français et chanter en français c’est vraiment deux choses différentes. Ecrire en français je l’ai toujours fait mais chanter en français c’est encore autre chose, et ça a été long pour moi de trouver ma façon de chanter, de faire sonner les mots, qui ne me fassent penser à rien justement… Mais maintenant j’aime beaucoup.

Tu dis écrire en français. Tu écris pour autres choses que pour des chansons ?

Oui, j’écris pour moi.

 

D’autres arts t’attirent ?

Alors en ce moment je rêve de faire des documentaires, c’est ma petite lubie du moment. Mais je ne sais pas si je le ferai…

 

Tu as déjà touché à la vidéo, ces choses-là ?

Très peu.

 

C’est une envie comme ça…Sur des thématiques particulières ?

Je ne sais pas, pour l’instant j’aurai envie de faire des portraits de gens que je trouve singuliers, qui font des choix un peu radicaux dans leur vie, qui arrive à vivre un petit peu hors du système… Je crois que j’ai envie de faire ça.

Donc des projets futurs hors musique.

On verra….

 

Grégoire Assous

« Je suis plutôt de l’école « autodidacte ». J’ai suivi un parcours avec des moments où je faisais beaucoup de choses toute seule, d’autres où je prenais des cours. »

www.3ctour.com/artiste/halomaud/

Laisser un commentaire