Nouvelle Vague

GUTS

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#NVmagZoom

Le beatmaker Guts à ensoleillé et enfiévré le dancefloor du Nikaïa live, l’hiver dernier. Personnalité multi-facettes, Guts explore depuis 30 ans divers moyens de révéler, de produire, de créer et de partager les musiques qui le passionnent. Depuis ses débuts avec Alliance Ethnik, des albums solo résolument hip-hop en passant par les compilations Beach Diggin’, Guts regarde de plus en plus vers le sud. Avec son dernier album « Philantropiques », il nous emmène entre Brésil, Caraïbes et Afrique.

 

« Philantropiques » marque un virage dans ton parcours. Comment s’est passée la transition du hip-hop à la musique afro-tropicale?

Le passage du background hip-hop à la musique du monde fait sens, car je viens du sampling. J’ai passé ma vie à échantillonner, à collectionner les disques et à faire de la recherche musicale. Au début, mes recherches étaient plus ciblées sur le jazz, le funk, le blues, un peu sur le reggae et le disco. Puis le champ s’est élargi, je me suis intéressé à des patrimoines musicaux plus obscurs. Il s’agit par exemple de la musique sud-américaine, d’Europe de l’Est, de la Turquie, du Japon, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ces dix dernières années, je me suis intéressé plus particulièrement à la musique afro-tropicale. La musique africaine dans sa globalité et la musique des Caraïbes, que ce soit de la Jamaïque, de Cuba, de Sainte-Lucie, de Trinidad et des Antilles évidemment. J’ai commencé à en jouer de plus en plus dans mes dj sets, elle prenait le pas sur le hip-hop, le funk et le disco, jusqu’à composer 70% de mes sets. A force de vibrer pour cette musique, j’ai décidé de faire un album avec ces couleurs et ces sonorités. J’ai créé cet album en studio avec un collectif de musiciens, en exploitant toutes les idées que j’avais nourries à travers mes recherches musicales.

 

Tu touches à tout dans la musique, tu fais des dj sets, des lives avec de musiciens et tu es aussi producteur. Comment ces différentes fonctions interagissent ?

Si j’ai autant de branches artistiques dans mon arbre, c’est grâce à mon expérience de 30 ans et surtout parce que je suis passionné et très curieux. Tout ça donne un sens à ma vie, je m’éclate et je suis tellement heureux dans ce que je fais. Avec le label, je découvre des artistes que je mets en lumière. Dans mes dj sets, je joue mes découvertes musicales qui sont autant du passé, que du présent. Je ressors des morceaux qui ont pu passer inaperçus à une époque assez lointaine. En même temps, je reste connecté à la musique actuelle pour garder une forme de fraîcheur. En fait tout est lié, mes recherches nourrissent ma créativité, ma curiosité et mes dj sets. Ceux-ci sont une source pour mes albums, qui me permettent de faire des lives et ainsi de suite.

 

Avec ton album, tu permets la diffusion de la musique afro-tropicale auprès d’un public plus large. En fais-tu en quelque sorte la promotion?

Tout à fait, prenons l’exemple de Vum Vum et du Semba d’Angola, je suis trop content de voir des jeunes et des publics de différents horizons découvrir cette musique. Sans savoir forcément l’héritage et le background de ce genre, mais juste en appréciant les bonnes vibrations. Après, s’il y a 2 ou 3 personnes qui vont creuser, c’est génial.

 

Quels sont tes projets pour 2020?

Mon activité principale sera axée sur le studio et le label (Heavenly Sweetness). J’ai plein de projets dans les tuyaux. On va sortir l’album de David Walters, il a déjà sorti 2 albums et le troisième sort sur mon label en début d’année, c’est un super album ! Je viens de signer un artiste qui s’appelle Pat Kalla, c’est un artiste de lyonnais, qui fait parti du collectif Voilaaa Soundsystem. En ce moment il y a une effervescence autour de la musique lusophone d’Angola, du Cap Vert et de Guinée Bissau. J’ai un projet d’album qui réunira de fantastiques musiciens de ces pays. Pour 2021, j’aimerais faire une espèce de suite au « Bienheureux » mon album de 2007, avec un projet moins collectif et plus intimiste.

Evelyne Acker

www.facebook.com/GutsOfficial

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