Nouvelle Vague

GRAMATIK

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Entre passé et futur, blues des 60’s et bass music, Denis Jasarevic a.k.a Gramatik est un artiste complet pour qui l’éclectisme n’a pas de frontière. Fier militant de la liberté de diffusion des œuvres musicales, il répond à nos questions après un set ravageur avec son guitariste Eric aux Plages Electroniques, un univers représentatif de la confrontation de l’énergie de la soul, du rock et du funk avec les sonorités péchues du glitch hop et du dubstep.

 

Salut Denis, comment ça va ? C’était comment ce soir à Cannes ?

Je vais très bien merci, c’était génial, il y avait au moins 8000 personnes en délire et puis c’est vraiment un plaisir d’être au bord de l’eau, tu sais ça me fait vraiment penser à là d’où je viens, en Slovénie ! Toutes les petites villes méditerranéennes ont ce charme si particulier.

Pour ceux qui ne te connaissent pas, tu fais partie de ces artistes qui n’ont que faire des classifications musicales, peux-tu nous expliquer de quelle façon t’es venu cet amour pour la soul music et comment t’es-tu retrouvé dans l’électro ?

En effet je n’aime pas classifier ma musique, j’écoute pas mal de soul, funk, blues, la musique qui m’a bercé quand j’étais jeune, c’est ce que me faisait écouter mon père quand j’avais 5 ou 6 ans, du coup j’aime garder l’esprit et le groove de ces morceaux tout en essayant d’innover à travers l’électro pour trouver de nouvelles sonorités. Pour l’électro, les groupes qui m’ont le plus influencés seraient les Daft Punk, Prodigy et beaucoup d’artistes de mon label préféré, Ed Banger !

Comment ça se passe en studio?

J’ai un studio dans mon appartement où je bosse avec mon guitariste Eric et quelques amis, ce qui nous donne 5 musiciens qui vivent et font de la musique ensemble. N’allez pas imaginer que je me rends directement au studio dès que je sors du lit… On se lève, on fume de l’herbe, on se ballade lorsqu’on a un peu de temps, mais on passe surtout beaucoup de temps en tournée, il faut qu’on fasse ça pendant qu’on est jeunes, car je ne sais pas si j’aurais toujours la force d’enchainer autant de concerts quand je serais vieux. Tout ce qui m’importe, c’est que mon public soit satisfait !

Quels sont tes outils de prédilection lorsque tu composes ?

Tout d’abord, un pochon d’herbe ! Ensuite, j’utilise pas mal les synthétiseurs analogiques Moog et Nord Lead, les sonorités qu’ils peuvent sortir sont toujours aussi puissantes malgré les années, après pour le software, j’utilise surtout les VSTs de Native Instrument, pour moi ils sont les meilleurs en termes de synthétiseurs virtuels !

Tu es connu pour être particulièrement éclectique dans tes compositions, quelles sont les nouvelles choses que tu aimerais expérimenter dans un futur proche ?

Je me fie à l’instinct, je découvre toujours de nouveaux trucs, que ce soit via de nouveaux labels ou des vieux blues des 60’s, si ce que j’écoute correspond avec ce que je ressens sur le moment, je vais l’incorporer d’une façon ou d’une autre dans un morceau. Qui sait ce qu’il va se passer plus tard ? Quoi que ça puisse être dans le futur, ce sera toujours quelque chose que je ressentirais sur le moment !

Il y a un an, tu as sorti un EP gratuit nommé « #digitalfreedom » à propos de l’influence des lobbys du copyright sur l’industrie musicale, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

Il ne faut pas oublier qu’un lobby important s’est créé autour du droit d’auteur via les plus grandes majors du secteur culturel, ils s’octroient le droit de dire aux artistes quel contenu est légitime d’être téléchargeable ou non et si nous acceptons les lois que les gouvernements et l’Europe tentent de nous faire imposer, nous l’aurons vraiment tous dans l’os. Nous avons la chance, avec Internet, de pouvoir partager nos arts et notre savoir gratuitement avec la planète entière, les gouvernements l’ont bien compris et sont bien embêtés de ne pas pouvoir le contrôler entièrement. J’ai bâti ma carrière sur la diffusion gratuite de mes morceaux, si ces puissantes corporations exerçant un lobby sur le contrôle d’Internet gagnent, tout ça sera anéanti. J’ai fait cet EP pour essayer de sensibiliser les gens à cette menace et les pousser à se mobiliser contre ces lois qui mettent en danger le peu de liberté qu’il nous reste !

Peux-tu nous dire ce que tu nous prépare pour l’avenir ?

Mon nouvel album va s’appeler « The Age of Reason ». Ça va être l’album le plus divers en termes de genres musicaux et le plus mature que j’ai jamais produit, ça va être 12 ou 13 morceaux que j’ai créé depuis plus ou moins longtemps, le tout mixé et retravaillé avec plein d’amis, c’est un peu un album de famille, j’ai vraiment hâte de voir le résultat final !

 

Vincent Ammour

www.gramatik.net

 

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