Nouvelle Vague

FESTIVAL MANCA: Ensemble C Barré

sul segno

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Le 06/12/19 à l’Artistique –Nice (06)

D’un blanc immaculé, la salle de concert de l’Artistique sent encore la peinture fraîche.
18h, passées de quelques instants, Thomas Keck empoigne sa guitare acoustique nylon et joue « Homenaje, Le Tombeau de Debusssy » de Manuel de Falla. Une pièce de facture classique avec une vélocité et une précision de la main droite assez bluffante. La même guitare mais un esprit totalement différent, plus contemporain, presque jazz, pour ce « Tellur » de Tristan Murail (un élève de Messiaen). Une partition qui cherche à reproduire les sons de la terre, des volcans. Telluriques donc. On désaccorde le Mi Grave, on instille de la technique flamenca et des brusques coupures de rythmes, la main gauche va flirter avec la rosace, harmoniques et tapping viennent ensuite enrichir les harmonies. Quel interprète!
Thomas Keck troque son acoustique pour une telecaster, il est rejoint par Eva Debone à la harpe, Cyril Dupuy au cymbalum et Simon Drappier à la contrebasse 5 cordes pour former le singulier quatuor à cordes pincées de cette soirée!
Trois œuvres vont être jouées. Tout d’abord « Trace-écart » de Francisco Alvarado, le palindrome du titre donne une indication sur la musique. Les cordes pincées, frappées, frottées, résonnent et créent la pulsation que l’électronique capture, augmente, malaxe et rediffuse dans les huit enceintes disposées dans toute la salle. Elle laisse sa propre trace sur les sons acoustiques.
Retour au volcan avec « Monbacho » de Gabriel José Bolaños qui présente sa composition avec la réalisation via l’informatique musicale, gérée depuis la console par Monica Gil Giraldo comme l’adjonction de sons électroniques organiques qui relatent le flux et reflux des matières expulsées par le volcan du Nicaragua. Les quatre musiciens deviennent huit puis douze ou plus et chacun réintègre le corps de ses cordes au-dessous du volcan.
La dernière pièce, « Sul Segno« , (Pour quatre instruments et dispositif électronique en temps réel) qui donne son titre à la soirée, est la plus intense. Une partition de 2004, entièrement réécrite pour quatuor. La harpe y tient une belle place, avec des sonorités inattendues pour cet instrument, pas seulement dues au traitement informatique. Point de jolis arpèges mais des cordes frappées, caressées, triturées, en écho (ou pas) à celles de la guitare.
De la musique de notre temps à laquelle il fait bon laisser de la place, l’espace d’un festival, ou plus!
Il convient de remercier l’organisation et les rédacteurs des programmes distribués à l’entrée de la salle.
Ce simple feuillet nous permet de mieux écouter ce que l’on peut entendre et voir.

Jacques Lerognon

artistique

Thomas Keck
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