Nouvelle Vague
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Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont toujours bien fringués et se baladent la mèche au vent. Leur look ne laisse que peu de choix sur leur vie, ils sont soit disquaires soit musiciens. La deuxième option est la bonne. Le signe de leur succès ? Ils ont été invités à Marsatac. Rencontre avec Lucas chanteur de Dissonant Nation qui nous répond au beau milieu de la campagne avant de rejoindre un plateau télévisé.

 

Comment est né Dissonant Nation ?

A la base il y avait Loïc, le bassiste, un autre gars qui jouait de la batterie et moi. Nous nous étions rencontrés au lycée. Puis le batteur est parti. Il ne voulait pas signer sur un label, il voulait rester dans le côté vraiment punk du groupe et faire du bruit dans un garage mais pas plus. Or ce que Loïc est moi voulions dès le début c’était faire un disque. La rupture a été très douloureuse, mais Simon nous a rejoint et il s’est très vite intégré. D’ailleurs c’est à ce moment-là que nous avons signé avec un label. Finalement, l’identité du groupe est restée la même. Nous sommes très jeunes, nous avons entre 21 et 23 ans mais avec nos guitares branchées sur du 230 volts à la Bouilladisse, nous faisons autant de bruit que ceux qui ont du matos. Si les gens veulent écouter du vrai rock, il faut qu’ils fument Dissonant Nation, qu’ils boivent Dissonant Nation, qu’ils vivent Dissonant Nation.

La musique a-t-elle toujours fait partie de votre vie ?

Oui. Mon parrain est guitariste, ma tante est prof de piano et mon oncle est directeur du conservatoire autant dire que j’ai toujours baigné dans cet univers artistique et musical, même si ce n’est que maintenant que je m’en rends compte. Et puis j’ai fait de la danse quand j’étais plus jeune, du modern jazz, ça m’a donné le sens du rythme et de la mise en scène, deux éléments qui, encore aujourd’hui, m’aident beaucoup. Simon quant à lui joue de la batterie depuis ses huit ans.

De quoi t’inspires tu pour écrire tes textes ?

Je m’inspire beaucoup de films, d’Henri Matisse et du rock en général. En fait, je n’invente pas les textes, je récupère des phrases que j’ai pu entendre et je les remanie pour en faire des chansons qui ont un sens. Mais bien sûr il y a aussi une part de réel, de ce que je vis au quotidien. Par exemple pour la chanson « I Hate The Doctor », c’était un jour où j’attendais dans la salle d’attente alors que je déteste ça, tout le monde déteste ça d’ailleurs, et ça m’a inspiré.

Le rock français est ringardisé, ça ne t’a jamais gêné ?

Non, je m’en fous. Je ne vis ni à New York, ni à Londres, mais ça n’a pas empêché un gars du public de Montréal dire « ils envoient ces minots ! ». Je ne pense pas que le rock français soit différent des autres, je ne pense pas qu’on ait moins de talent. Ce n’est pas une question de talent, c’est une question de vibrations. C’est vrai que c’est désavantageux mais ce n’est pas pour autant que nous allons faire semblant. Nous avons choisi de chanter en anglais mais nous avons pas mal de chansons en français également.

Pourquoi ce nom, Dissonant Nation ?

Parce que c’est cool ! Quand nous cherchions un nom pour le groupe, nous sommes tombés sur l’album des Sonic Youth « Day Dream Nation », celui avec une bougie en couverture. Nous nous en sommes inspirés. Puis parce que Dissonant évoque le côté bordeline, punk de notre musique. Sans parler du fait que quand nous avons commencé, nos guitares n’étaient même pas accordées.

 

Manon Feldmann

www.dissonant-nation.com

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