Nouvelle Vague

COSMOS PEOPLE

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Oubliez de suite vos a priori, Cosmos People est un trio taïwanais que vous pouvez aimer. En effet, Xiao Yu, A-Kui et Fang-Q sont non seulement des fans de funk fusion américain, ils s’assurent également que le mandarin de leurs paroles s’y accorde phonétiquement. De ce fait, ils ont beau passer pour des ovnis dans leur pays d’origine, leurs fans les portent à bout de bras depuis bientôt 10 ans. Conversation culturelle.

Comment vous êtes-vous rencontrés et quand avez-vous commencé votre carrière ?

Nous étions déjà amis de lycée, nous avons formé le groupe à l’université en 2004 et notre premier album est sorti en 2009.

Comment présentez-vous la musique que vous faites ?

Nous sommes très influencés notamment par le guitariste John Frusciante des Red Hot Chili Peppers ainsi que par le funk d’Earth, Wind & Fire et à peu près tout ce qui est groovy. Nous chantons en chinois et dans l’industrie musicale chinoise, seuls quelques artistes font ce type de musique associée à des paroles en mandarin. Nous essayons de combiner ces deux éléments parce que d’habitude, le mandarin ne colle pas à la musique groovy. Nous tentons donc cette fusion en essayant de la faire bien sonner.

Vous pensez que c’est la raison de votre succès ?

Ça nous rend peut-être spéciaux dans cette industrie. À Taiwan, tout le monde danse à nos concerts mais en général, aux concerts d’autres artistes, les gens sont plutôt coincés.

Vous ne chantez qu’en chinois, ce qui vous limite à la Chine, mais vous parlez bien l’anglais. Avez-vous l’intention de chanter en anglais pour mieux vous exporter ?

Certaines de nos chansons incluent quelques paroles en anglais mais on pense rester au mandarin pour le moment parce que ce sont nos racines, et les paroles en chinois ont leur magie. Les poèmes du passé sont de toute beauté, et les paroles sont très, très importantes en chinois. Plus importantes que la musique. Quand on écoute de la musique occidentale, au début on ne comprend pas les paroles mais on en adore la musique grâce au rythme. Donc notre but est de créer le meilleur pont entre les deux.

Vous incluez des éléments typiquement asiatiques dans votre musique ou la considérez-vous très occidentale ?

Seules les mélodies et paroles ont le style asiatique. La mélodie est probablement ce qui se démarque le plus, car dans les groupes de funk, elle est très souvent syncopée avec beaucoup de paroles, mais en mandarin, on la transforme en un autre type de mélodie, plus suave, plus douce. Ni trop syncopée ni répétitive. L’arrangement vient plus de l’Occident, la mélodie vient plus de l’Orient.

Est-ce que les Chinois vous suivent dans votre démarche artistique ?

C’est difficile à dire. En ce moment, le marché est coupé en deux. Grâce aux réseaux sociaux, on peut atteindre les gens qui nous aiment, mais hormis eux, on ne nous connaît pas du tout.

Donc vous n’êtes pas diffusés en radio ?

En fait si. Nous somme présents sur tous les médias mainstream de Taiwan, ainsi que sur Facebook et Instagram. Nous ne sommes peut-être pas encore si populaires que ça mais nous avons une fanbase solide qui aime notre musique et nous permet de développer notre carrière et nous leur en sommes très reconnaissants.

C’est donc ce que vous faisiez dès 2009, mais avez-vous développé de nouvelles idées et concepts depuis ?

À la base, on adore surtout faire du funk. On découvre les synthétiseurs et la MAO et on adore ça aussi, donc on va essayer d’en incorporer dans nos futurs albums. À chaque album, on change un petit peu, on se met à jour. Pour le prochain, on fera ce qui nous intéresse à ce moment-là.

Pour quand est-il prévu ?

Nous prévoyons d’en sortir un cette année mais notre priorité est notre tournée mondiale : nous allons jouer dans une grande arène à Taiwan et notre date française est la 1ère de la tournée donc nous sommes très heureux de tout cela.

Christopher Mathieu

www.facebook.com/cosmicprojectmusic/

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