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Fanga, force spirituelle de l’afrobeat
Le 22/01 à la Maroquinerie - Paris (75).
« On ne peut pas mesurer la valeur du bonheur si on n’a pas connu celle du malheur » clame entre deux titres «Korbo», le rappeur burkinabais Yves Khoury et chanteur du groupe afrobeat montpelliérain Fanga, ou «la force (spirituelle)» en dioula (dialecte d’Afrique de l’Ouest). Influencée rap et électro, la formation du sud de la France s’est produite mardi 22 janvier, à La (chaleureuse) Maroquinerie parisienne, face à une salle autant comble qu’enthousiaste. Si le public n’a pas fait faux bond, c’est nul doute pour l’aspect atypique de la formation : un chanteur rap qui, se sentant à l’étroit dans le hip-hop, a souhaité s’adonner à de nouveaux horizons musicaux en se tournant vers des sonorités plus afrobeat et davantage connotées Salif Keita qu’IAM. Ses propos des plus rassembleurs y contribuent également : lutte pour les droits de l’homme, le droit à la différence, contre l’inégale répartition des richesses, pour le rapprochement de l’homme et la terre, etc. Au final, via une rythmique unique et de longues et belles phases d’improvisation sax et claviers, Fanga offre un savoureux mix transculturel bien rôdé, trait d’union entre l’Afrique et le hip-hop. Avec, en bonus, une chanteuse remarquable. Tout y est. Céline Rastello
Melchior Liboa
Le 07/12 au Ketje - Nice (06).
La pochette du premier album de Jeff Buckley Live at sin-é m’a toujours fasciné. C’est une photo du jeune prodige en train de chanter dans un petit bar devant un public qui n’en a rien à faire, on voit même un monsieur lire ostensiblement devant Jeff Buckley un journal français. Quand on sait la légende qu’est devenu ensuite Buckley, cette photo n’a pas de prix. Au concert du manosquin Melchior Liboa, dans un petit bar niçois, le Ketje (repère des réunions de Nouvelle Vague), j’ai eu ce même sentiment d’injustice que devait ressentir Buckley à ses débuts. Devant une vingtaine de personnes Melchior s’est débattu seul avec des problèmes techniques pour assurer un show devant un public distrait. Ce Melchior est un troubadour qui allie des textes littéraires dans la veine d’un Bukowski, alcool & sexe dans le caniveau, à une technique de guitariste impressionnante, son chant, lui, faisant tour à tour penser à Tom Waits, Nick Cave, Dominic Sonic, Alain Bashung, Bertrand Cantat, Mano Solo, Dominique A… bref que du bon. Chinaski présent dans le public n’a pas résisté, il a enfourché sa guitare pour accompagner Melchior nous offrant notamment une étonnante reprise de Nougaro, Marie Christine, autant improvisée qu’alcoolisée. Un homme a ensuite surgi avec un harmonica et a revisité le répertoire roots du blues country américain. Le public inattentif au début s’est pris au jeu, il devait y avoir 20 personnes dans la salle il y eu autant de CD vendus. Qui sait si quelqu’un a pris une photo de la soirée, cela pourra servir à une pochette… ouvrant la voie à l’avenir artistique que l’on sait. Simon Pégurier
Rose
Le 08/12 au théâtre Lino Ventura - Nice (06).
Elle est énervante cette Rose ! Elle est jeune, elle est superbement belle, elle écrit de jolies chansons et en plus (le pire de tout), elle a du succès. C’est d’ailleurs ce succès que ne lui pardonneront jamais les groupes niçois qui, depuis 10 ans, gèlent dans des pubs où les buveurs de bières daignent à peine les écouter. Alors qu’elle, elle monte à Paris, elle se fait larguer, écrit quelques chansonnettes exutoires pour s’en remettre et hop, par hasard, le succès est là. Depuis, elle devient peu à peu la porte-parole des filles entre 20 et 35 ans, elle se retrouve dans ces chroniques défouloirs pleines de larmes consécutives à des histoires de cœurs fanés qu’on a tous connus. Artistiquement, avec son chant discret, Rose nous renvoie à Keren Ann, les musiques étant simples et efficaces. Sur scène on l’a sentie tendue, stressée, comme si le fait de jouer a Nice devant famille et amies lui était difficile, il y eu d’ailleurs plusieurs petits plantages. Pourtant le concert avait parfaitement commencé, le guitariste plein d’entrain et de maîtrise créa une dynamique que Rose suivit sans mal, malheureusement on tomba ensuite, petit à petit, dans le neurasthénique avec trop de chansons lentes à la suite les unes des autres. Bien sûr, de ci de là, quelques mélodies comme le parfait Ciao bella ou une reprise de Janis Joplin rallumaient la flamme, mais dans l’ensemble cela donna un concert sympathique mais pas exceptionnel. Simon PégurierCrédit photo (c) Matthew Frost
Transmusicales
Du 06 au 08/12 à Rennes (35).
Jeudi 6 décembre, sur la route qui relie le centre ville de Rennes au parc des expositions de la capitale bretonne. Chaque rond-point est truffé de policiers prêts à cueillir les automobilistes trop euphoriques qui se rendent à la 29ème édition des Transmusicales de Rennes. Celles-ci se déroulent à travers trois halls du parc expo, bien décorés et pas trop impersonnels. Dans le paysage des festivals musicaux français, les « Trans » apparaissent comme un laboratoire sonore. Selon la tradition, les groupes qui se révèlent aux Trans éclatent au grand jour l’année suivante - à l’image du concert de Nirvana en 1991, de Daft Punk en 1995 ou encore de celui des Klaxons et de Justice l’an passé. Pour les 36 000 festivaliers, la programmation 2007 a témoigné de la fusion entre le rock et la musique électronique. Retour sur les meilleurs moments. Malgré une maigre affluence, la soirée d’ouverture du jeudi met en évidence le sens de la fête des Bretons. Côté scène, les Ecossais de The View donnent dans le rock très anglais. Auréolés d’une réputation flatteuse, ils ne s’avèrent guère transcendants. A l’inverse, les franco-finlandais de The Do brillent par la grâce de leur chanteuse à la voix élégiaque.
Le lendemain, les petits auraient dû être au lit. Groupe formé par un frère et sa soeur âgés de 11 et 13 ans, les Tiny Masters of Today peinent à satisfaire un public venu en nombre. Hype garage rock du moment, les américains entreprennent une reprise de « Jump around », sans parvenir à dépasser leurs évidentes limites vocales. En revanche, le charismatique écossais Calvin Harris n’aura aucun mal à dompter la grande scène, au moyen d’un électro-rock funky et efficace. Trouvaille des Trans, les South Central délivrent un rock électronique puissant, cachés par leurs capuches, tandis que la première du nouveau live d’Etienne de Crécy impressionne. Juché au centre d’un immense cube de six mètres de côté, le Versaillais distille ses sonorités acid accompagnées d’un énorme pied, en rythme avec des animations visuelles étourdissantes. Le dernier soir est aussi le grand soir des lives électro, grâce aux meilleurs représentants de la catégorie en 2007 (Modeselektor, Simian Mobile Disco et la révélation française Yuksek). Mais la danse ultime viendra d’un DJ set époustouflant de Boys Noize. Sous une projection de boule à facette en forme de crâne, le jeune allemand fera vibrer un grand hall plein à craquer sur des sons électro-rock, puissants, maîtrisés et graisseux. Tels des trophées, il brandit ses vinyles après les avoir impeccablement mixés. Marc di Rosa
Sayag Jazz Machine
Le 27/11 à la Cigale - Paris (75).
C’est dans une Cigale initialement clairsemée, mais qui se remplira finalement, que le groupe d’electro-jazz invitait hier son public à découvrir son nouveau concept de laboratoire. Un moyen pour eux de prolonger sur scène le concept de leur dernier album No me digas. Après une première partie assurée de main de maître par le beatboxer Ezra, le groupe installe donc son labo pour 1h45 de bon son. Outre les platines, machines, contrebasse et cuivres, Sayag Jazz Machine exploite aussi tout au long de son concert des visuels très travaillés. Une jeune demoiselle vient également expérimenter sur scène les bienfaits d’une machine lui donnant visiblement beaucoup de plaisir. Les courts-métrages projetés sur le fond de la scène délivrent une ambiance tantôt inquiétante, onirique ou humoristique. Habillés en laborantins, les membres du groupe distillent une musique finalement très électronique, teintée de subtiles touches jazz ou latino par le biais des cuivres et de la contrebasse, mais aussi par celui de la guitare de leur invité Titi Robin. Mais le mélange se précipite très vite en magma purement drum’n’bass virant même vers le hardstep dans le dernier tiers du set. De quoi faire plaisir au public déchaîné. Puis étincelles, fumée et paillettes vinrent clore ce laboratoire dans un déluge sonore en forme d’autodestruction. Voilà donc un vrai retour en forme de Sayag sur scène grâce à un concept visuel et sonore des plus réussis. Jean-Sébastien ZanchiCrédit photo (c) Philippe Levy
Soprano
Le 23/11 au Dôme - Marseille (13).
Le Dôme est plein à craquer et le public déjà conquis. Soprano du groupe de rap Psy 4 de la Rime s’est fait plaisir le 23 novembre dernier. Interprétant les tubes de son récent album solo Puisqu’il faut vivre, Halla halla ou encore A la bien, le rappeur marseillais s’est déchaîné sur scène. Avec des mini-clips diffusés sur un écran géant et de nombreux invités, Soprano a fait de son concert un véritable show. De Diam’s à Blacko du groupe Sniper, en passant par le jeune Mino et évidemment ses acolytes des Psy 4 de la Rime, le chanteur était bien entouré. L’enthousiasme de la foule se faisait pleinement ressentir et Soprano savait en rajouter pour mettre le feu à tous les jeunes présents ! Chauffant le public déjà bouillant, Soprano n’a pas hésité à rapidement diviser la salle en équipes “ Zizou “ et “ Didier Drogba “ pour savoir laquelle faisait le plus de bruits... Une ambiance qui ressemblait drôlement à celle d’un soir de match de l’OM au Stade Vélodrome ! S’il a chanté des titres amers comme Mélancolique anonyme et Comme une bouteille à la mer, Soprano a aussi rendu hommage à ceux qu’il aimait en faisant passer des sons d’IAM, Bob Marley, ou encore de la Fonky Family. Un concert de rap aux élans généreux et à l’allure véritablement marseillaise ! Annabelle de l’Epine
Stephan Eicher
Le 17/11 à L’Usine - Istres (13).
Il m’a fallu quelques semaines avant de parler de ce concert. Mon premier concert “ sudiste “. Avec le Suisse. Pourquoi prendre du temps ? Simplement car Eicher je le connais sur le bout des doigts, j’ai parcouru la France pour le voir sur scène car à mon sens, ce type est fait pour embraser les planches. Le voilà donc dans cette tournée pour défendre le très bon album Eldorado, ce disque du retour, cet album mi figue-mi raison avec du très bon (les titres en bernois ou Voyage et Confetti ; tous deux mis en texte par 2 romanciers : Martin Suter pour l’Helvétie et le complice de toujours Philippe Djian pour le reste) et le moins bon (Rendez-vous et Dimanche en décembre où Raphaël et Mickey 1D restent en dehors et hors sujet). Alors en cow-boy solitaire, Eicher revisite comme toujours ce maelstrom de tendances, de hits, avec la délicatesse d’un artisan qui prend plaisir à jouer de la musique, à jouer avec le public et parfois même avec son image. Ils sont 4, comme les mousquetaires du roi, installé sous un décor photographique qui se balance entre le noir et le blanc, l’acoustique et l’électrique, le romantisme et la nostalgie d’un Combien de temps ou d’un brutal Déjeuner en paix. Parfois électro, parfois bricolo, Reyn aux claviers, Martin Wenk débauché de Calexico et Tobby Damitt à la batterie peuvent facilement passer d’un instrument à un autre, d’un répertoire “ classique “ à une improvisation “ moderne “. Se jouant des aléas de la technique ou s’appuyant sur elle, Eicher fusionne ses personnalités et embrasse à pleine bouche son métier. Vingt ans d’une vie artistique pleine de hauts et de bas, de pleins et de vide, résumé en 2 heures de concert. Cet homme est un mystère qui ne se dévoile que rarement, par chance ce soir-là, nous avons eu le bonheur de partager un moment unique et remettre un nom sur la flamboyance. Impossible donc de le cataloguer, de l’enfermer dans un set calibré, où de préciser l’atmosphère. Cela ne s’explique pas : cela se vit ! C’est peut-être ce qu’on appelle le rock n’roll ? Pierre Derensy
Admiral T
Le 15/11 à l’Espace Julien - Marseille (13).
En première partie d’Admiral T, le DJ Crazy D faisait tourner ses platines avec du bon son dancehall. De Capleton à Damian Marley, en passant par Jah Mason, Crazy D a su nous mettre l’eau à la bouche… Quelques minutes plus tard, Admiral T a débarqué sur scène face à un public (antillais pour la plupart) décidé à reprendre chacun de ses titres et profiter de cette soirée chaleureuse. Avec sa voix envoûtante et sensuelle, le chanteur dancehall a aisément su emporter chacun dans son univers. L’artiste qui semblait ravi de jouer à Marseille n’a pas hésité à démontrer sa bonne humeur, sa générosité et son talent indéniables. Dansant, chantant et sautant, le public s’est régalé de l’interprétation du titre Les mains en l’air ou encore Rev an mwen. D’une énergie débordante et partageant un réel plaisir d’être sur scène, Admiral T a expliqué la plupart de ses morceaux pour ceux qui ne comprenaient pas le créole... Prônant la tolérance et le respect, l’artiste s’est défendu face aux associations de défense des droits des homosexuels qui ont fait annuler certains de ses concerts. L’artiste a également chanté pour son île avec Gwadada et l’ambiance continuait à monter en puissance ! Illustrant son goût pour le zouk avec quelques dignes déhanchements, Admiral T a offert à tous un pur moment sous la couleur des Antilles. Une soirée dancehall unique à la hauteur du jeune guadeloupéen ! Annabelle de l’Epine
Tiken Jah Fakoly
Le 09/11 à l’Usine - Istres (13).
Glacée par le fort mistral qui sévissait aux alentours de Marseille, la foule s’agglutinait devant les portes de l’Usine affichant complet. Interprétant Le pays va mal ou Le balayeur de son album Françafrique, l’artiste reggae ivoirien a envahi la scène à l’heure avec son énergie habituelle. S’il a usé avec talent et sincérité des mots comme des rythmes pour crier sa colère, Tiken Jah Fakoly n’a pas hésité à se faire le porte-parole d’une population ivoirienne insurgée contre tous les maux qui touchent l’Afrique. Et justement : « Ce soir, on va beaucoup parler de l’Afrique, pour que vous sachiez ce qu’il s’y passe » a précisé le chanteur avec foi et conviction. Après L’Afrique doit du fric, Tiken Jah a invité chacun à découvrir son continent sur le morceau très reggae Viens voir de son dernier album. Le public était réceptif, presque admiratif de cet artiste à la voix rauque et la danse effrénée. À noter d’ailleurs la magnifique interprétation de Ma Côte d’Ivoire, très mélancolique et quasiment a capella. Évoquant la politique d’immigration de Sarkozy, l’artiste a naturellement enchaîné avec son tube Ouvrez les frontières. Révolté et indigné, Tiken Jah a su défendre ses croyances et partager ses espoirs et son message avec la foule présente. Porté par de bons rythmes reggae, chacun est reparti de ce concert plongé dans la douceur et la bonne humeur de la terre d’Afrique… Annabelle de l’Epine
Astonvilla / Medi & The Medecine Show
Le 08/11 au CAL Bon Voyage - Nice (06).
En cette soirée d’automne, un concert extraordinaire s’est joué. Celui d’Astonvilla ! En première partie, un artiste bien étrange, Medi, qui fait son one man show acoustique en compagnie de son amie la guitare sèche. Chansons à texte plutôt sympathiques et en français s’il vous plaît ! Bientôt, arrive enfin le groupe que tout le monde attend : Astonvilla et son leader charismatique Fred, au physique atypique pour un chanteur. Pendant plus d’une heure et demie, le groupe mêle toujours autant rock puissant et mélodies prenantes. Quel bonheur de retrouver des titres comme Un million de lézards ou Le chien, le public est en symbiose complète à moins d’un mètre du groupe. En pleine euphorie et dans une liesse totale, mais toujours avec humilité, Astonvilla a su prouver encore une fois qu’il était de loin l’un des meilleurs groupes rock de cette décennie dans notre hexagone. Complicité, partage et proximité résumeront assez bien ce qui s’est passé côté public lors de ce concert. Revenez-nous vite les Aston. Justine Sirkis
Rencontres de Jazz à La Gaude
Du 10 au 16/11 à La Gaude (06).
Beau programme pour ces onzièmes Rencontres de Jazz à La Gaude : quatre concerts au So What, des animations pour les scolaires tout au long de la semaine, une exposition à la Coupole (très belles photos de Gérard Demonchy et une étonnante sculpture “ totem ” d’Alain de Fombelle). Mais aussi, deux soirées de concerts à la Coupole : Yadès quartet, Ryoko Nuruki, la Cie So What (avec Eric-Maria Couturier improvisant devant les images du court-métrage “ A propos de Nice ” de Jean Vigo) et le Riviera Quintet de J.M Jafet (Fred D’Oelsnitz, Yoan Serra, Emmanuele Cisi) invitant Christian Escoudé. Très riche, aussi, la liste des candidats aux Trophées du Jazz de la Côte d’Azur 2007. A Tree for Two (Charlie Laz) a reçu le premier prix. Le second a été attribué à Tri. X (Vittorio Silvestri), et le “ prix spécial du jury récompensant un musicien soliste ” est allé au guitariste Richard Seigle. Tous étaient d’ailleurs programmés au cours d’une semaine aux nombreux moments forts. Daniel Chauvet
Maurane
Le 09/11 à la Palestre - Le Cannet (06).
Au milieu du public, Maurane entame ce “ tour de chant/tour de force ” par Sur un prélude de Bach, l’une de ses plus belles chansons, et d’emblée, l’auditoire est conquis. Plus de vingt autres suivront (dont un medley étourdissant de 12 de ses compositions en une minute trente...) sans que jamais l’émotion ne faiblisse. Une voix merveilleuse (qui se passe parfois de micro) timbrée, puissante, juste, et un contact intime avec le public à qui elle fait des confidences: « Je revendique la ligne courbe... je suis gourmande... la maîtresse qui m’a appris à lire et écrire est dans la salle, je suis émue ». Offrant ensuite le champagne (seulement six coupes, certes, mais quel symbole !), elle dialogue, plaisante, s’amuse, et partage son plaisir (ah, ses vocalises lorsque le public reprend L’un pour l’autre, tout un symbole, là aussi). Deux heures d’un bonheur simple, mais intense. Daniel Chauvet
Vanessa Paradis
Le 08/11 au Palais Nikaïa - Nice (06).
Par son parcours fait de prises de risques et d’intransigeance dans sa vie privée, Vanessa Paradis ne peut qu’inspirer de la sympathie. En ce qui me concerne son côté femme enfant, son chant murmuré ou son physique longiligne ajoute à l’estime sincère que j’ai pour elle. À l’inverse j’ai une totale antipathie pour -M-, sa voix de castra et sa façon d’en faire des tonnes me fatigue. Pourtant le dernier album de Vanessa écrit par le fils Chedid ne me déplait pas, je trouve qu’il a su se faire discret et a écrit quelques singles imparables, adaptés à la voix susurrée de la demoiselle. Sur scène, j’espérais avoir droit à un grand spectacle son et lumières où Vanessa puiserait à souhait dans ses 20 ans de carrière. Quelle ne fut pas ma déception quand, à l’entrée du groupe, je reconnus le guitariste à sa droite : -M-, et mince la soirée était foutue d’entrée pour moi. Heureusement le fils Chedid su se faire modeste, assurant son rôle de chef d’orchestre en évitant de tomber dans des solos trop aigus, avec la seule ambition de se la péter. À ma grande déception, Vanessa joua en écrasante majorité ses morceaux les plus récents, oubliant bien souvent ses deux premiers disques qui restent de loin les meilleurs de sa carrière, notamment le sous estimé Variations sur le même thème écrit par le grand Gainsbourg. Son jeu de scène est basique mais néanmoins efficace, une danse du ventre sensuelle volée aux milles et un nuits. Le show light est lui très limité ce qui fait que tout repose sur les musiciens au demeurant excellents. Albin de la Simone au clavier en fait toutefois trop. Une soirée en ce qui me concerne mi-figue mi-raisin en raison de la présence -M- (bien que je reconnaisse que son effacement me le rend agréable car simple et non orgueilleux). Mais mon avis ne semble pas partagé par l’immense majorité du public (principalement féminin entre 30 a 40 ans) à voir les sourires et les rappels nourris d’applaudissements. Simon Pégurier
Massilia Sound System
Le 18 octobre dernier à l’occasion de leur concert à Nice, nous avons pu rencontrer le groupe marseillais Massilia Sound System, qui était venu défendre son dernier album sur la scène du théâtre Lino Ventura. Nous avons profité de cette occasion pour en savoir un peu plus sur Oai e libertat, leur dernier opus. Depuis plus de 20 ans Massilia Sound System n’a pas changé de fusil d’épaule et tant mieux car nous avons vraiment besoin d’un groupe aussi original que l’est Massilia Sound System, à une époque où l’industrie de la musique tend de plus en plus vers le formatage musical pour répondre aux exigences des diffuseurs et des grands décideurs des maisons de disque. Oai e libertat arrive comme un ovni dans cette industrie. Gary, membre du groupe nous confie que Oai e libertat a été conçu au feeling et simplement sans prise de tête. L’important était de rester fidèle à eux-mêmes, au style et aux messages qu’ils ont su imposer depuis le début. Dans ce nouvel album, il y’avait une volonté de retour aux sources dans l’esprit du 1er disque. On y retrouve des morceaux contenant de vrais messages, d’autres plus taillés pour la fête, le tout en Occitan (pour le côté régional du groupe) et en français. Un vrai album complet qui mérite vraiment un gros succès. Les fans du groupe ne seront sûrement pas déçus. Côté concert, Massilia Sound System n’a de leçons à recevoir de personne puisque le groupe est avant tout un groupe de scène. C’est ce qu’ils préfèrent nous dit Gary et nous avons pu nous en rendre compte lors de leur passage au Lino Ventura à Nice. Un très bon concert dans une bonne ambiance où tout le monde danse et à la fin tout se termine en farandole. Aboubacar
Tom Mc Rae / Dawn Landes
Le 17/10 au Cabaret Aléatoire - Marseille (13).
Le public était peu nombreux, mais très réceptif. En première partie, Dawn Landes, une jeune américaine toute seule sur scène avec sa guitare et sa boîte à rythme, a su chauffer la salle. Mc Rae est arrivé une petite heure après, accompagné d’un organiste (accordéoniste à ses heures), et d’un violoncelliste. On regrette l’absence d’une batterie, comblée en partie par l’injection d’un beat sur certains morceaux. Tom Mc Rae a su ravir ses fans en leur offrant la quasi-totalité des titres de son premier album. Entre deux morceaux, il n’hésitait pas à lâcher quelques blagues, dans un français plus que correct. Bien sûr, quand on va écouter Tom Mc Rae en live, mieux vaut laisser ses problèmes de côté. En clair : dépressifs, abstenez-vous. L’artiste le dit lui-même en introduisant ses morceaux : « And now, another sad song ». Confiant et communicatif, il a souvent fait participer le public. On se souvient notamment de la salle séparée en deux et se répondant sur Dose me up. Le so British Mc Rae a assuré deux rappels, aux cours desquels il a joué les sublimes You cut her hair et The boy with the bubblegun. En fait, il nous a donné ce que l’on attendait, c’est aussi simple que ça ! Virginie Ratto
Ultra Orange & Emmanuelle / Axelle Red
Le 27/09 au Palais des Festivals - Cannes (06).
C’est une lapalissade, mais les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant le vieillissement. Emmanuelle Seigner doit avoir environ 45 ans et quand elle se déguise en méchante rockeuse, il y a quelque chose d’étrange, de périmé, c’est sûr, les lois de l’attraction font que tout tombe… mais c’est peut-être aussi dû à l’image précieuse qu’elle a en tant qu’actrice. Je me moque du physique, l’important c’est la musique et là, rien à dire, la réunion entre Emmanuelle Seigner et Ultra Orange, c’est la claque. La référence évidente est le Velvet, mais aussi les Stooges. Toutes les guitares sont en avant, les étonnants larsens de la guitariste sans doigts sont hypnotiques, mais les accalmies guitares voix sont là aussi pour faire tomber la sauce, avant de repartir dans les grands huit. Même si physiquement on ne peut être et avoir été, Emmanuelle a quand même de la classe dans son jean noir et T-shirt Hendrix. Ses déhanchés, son sensuel et son air de blonde allemande la rapprochent de Nico ou Kim Gordon. Ah oui, la tête d’affiche, c’était Axelle Red, et bien, c’est de la bonne variété ou du mauvais Vanessa Paradis. J’entends une féministe se plaindre : « une femme, ça devient jamais pathétique comme un homme chauve et bidonnant avec un ventre Kanterbrau l’empêchant de se voir pisser ». Merde elle a raison. La vieillesse c’est une même déchéance pour les mecs et les filles… Seul le rock ’n’ roll nous rend éternellement jeunes dans nos têtes, alors remets moi une dose de décibels. Simon Pégurier
Steve Hogarth, l’enchanteur solitaire
Le 16/09 au Poste à Galène - Marseille (13).
Cette soirée passée avec le chanteur de Marillion fut réellement prodigieuse. Steve Hogarth a captivé deux cents personnes, deux heures et demie durant, avec pour seul atout sa voix et un piano électrique. Le défi était pourtant de taille car la set list était des plus intimistes. Notre homme a choisi le dépouillement pour présenter ce concert : un candélabre posé sur une table derrière lui et quelques bougies au sol furent les seuls éléments de décor. Le don, le charisme et cette sorte d’aisance naturelle que Steve dégage font que cet exercice de style piano/voix, qui pourrait être très périlleux pour tant d’autres, coule de source. Et le plus unique qui apparaît dans ce spectacle est l’émotion, une émotion réelle, sincère, partagée par tous. Il suffisait d’entendre les commentaires élogieux de chacun à la sortie du concert. Tout est dans l’authenticité. Quand sa voix s’élève, elle touche réellement au cœur. Cela s’appelle la grâce. Il est réjouissant de voir que l’authenticité perdure et qu’il reste encore des artistes capables de faire partager une émotion véritable, totale et sincère. Raymond Sérini
Benjamin Biolay
Le 13/09 à La Cigale - Paris (75).
C’est entouré de trois joueurs NBA dont Dirk Nowitzki, ou du moins de leurs silhouettes en carton-pâte, que Benjamin Biolay nous a livré son premier concert depuis deux ans. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il a apprécié son retour sur scène autant que son public. Venu défendre l’impeccable Trash yéyé, on sent que BB se fait plaisir dès qu’il joue en groupe. Alternant piano, guitare et même trompette, mais seulement de dos (Je joue trop mal), il a su adapter ses compositions, même les plus arrangées, à l’énergie bien plus rock de ses musiciens live. Si Rendez-vous qui sait ou Regarder la lumière s’en sortent ainsi logiquement, on est tout aussi emballé par les superbes versions de Négatif ou A l’origine, deux chansons qui foisonnent originellement d’arrangements luxuriants. Mais c’est sans compter le talent sans borne du garçon qui a su parfaitement tirer le meilleur de cette formation. Mimant presque parfois une gestuelle de rappeur (il est un grand amateur du genre), Biolay n’est finalement pas des plus à l’aise une fois les mains libérées de tout instrument. Cela ne l’empêche pas de réaliser deux heures d’un concert intense où il n’oublie jamais de lâcher quelques bons mots : Nuage noir, dédiée à Mickaël Landreau au lendemain du désastreux France-Ecosse ou encore “ la vraie bonne poésie ” d’Une chaise à Tokyo qui fait mouche auprès du public. Benjamin Biolay est donc de retour en forme, ou la seule vraie bonne nouvelle de la rentrée. Jean-Sébastien Zanchi
Festival de Nîmes : Arcade Fire/Artic Monkeys...
Il est toujours troublant de constater à quel point les goûts musicaux varient en fonction de l’âge. La soirée à double tête d’affiche Arctic Monkeys-Arcade Fire a été une fois de plus frappante par ce clivage. Tout d’abord les gamins d’Arctic Monkeys ont déchaîné les moins de 25 ans par un rock endiablé à l’énergie débordante, où la culture rock est revisitée a 300 km/h, le sprint étant lancé par un batteur extra-terrestre par sa vitesse de jeu alors qu’encore juvénile. Les gamins ne se prennent pas le chou, ils enchaînent pendant 1h20 hit sur hit où chaque note est imparable. À 35 ans je craignais de trouver cela un peu vain, trop jeune et bien non ; si le show avait duré un petit quart d’heure de moins cela aurait frôlé la perfection. À la pause, chassé-croisé, les filles de moins de 25 ans avec des gouttes de sueur qui dégoulinaient sur leur poitrine, croisaient en regagnant l’arrière des arènes les mecs trentenaires qui prenaient leurs places pour assister au concert de l’actuel meilleur groupe du monde Arcade Fire. Pendant 1h30 ce fut un feu d’artifice sur scène, les 7 canadiens et 3 canadiennes multi instrumentistes proposaient une musique très symphonique et mélodieuse faite de longues montées pour atteindre des pics vertigineux, interprétée avec des instruments multiples et souvent inconnus de moi. Tout en jouant leur répertoire, il s’amusaient comme des enfants changeant d’instruments constamment, parfois même pendant un morceau, se courant après en se chamaillant, envoyant caisse claire et tambourin dans le ciel, le tout en gérant à la perfection la set list où il n’y eu aucun temps mort, nous offrant même une surprenante reprise de Gainsbourg-France Gall. Confirmation : Arcade Fire est bien actuellement le meilleur groupe du monde sur disque, mais aussi sur scène, François Bayrou ne s’y est pas trompé puisque il les a choisis pour interpréter la musique de fond du MoDem. En début de soirée Albert Hammond Jr (le guitariste des Strokes) avait proposé une trêve générationnelle en imaginant la rencontre entre les Beatles et la distorsion. Dommage que son concert fut à la limite de l’audible, le son étant vraiment trop fort, rendant difficile l’écoute de sa musique pourtant évidente. Mon gars, le rock ce n’est pas que des larsens et un look du feu de Dieu, tu te nuis tout seul. Le rock qui était au départ une musique de révolutionnaires créant des scissions familiales est aujourd’hui, la preuve en est, intergénérationnel. Les pauvres Who doivent se sentir bien ridicules avec leur morceau de bravoure : I hope I die before I get old (Talkin’ ’bout my generation). Simon Pégurier
Festival du Gapeau : Lubie / Kami / Dugs / Némésys
Le 25/08 à Solliès-Toucas (83).
En cette fin d’été, il reste encore quelques festivals… Direction Solliès Toucas et le festival du Gapeau, avec une programmation intéressante. Lubie, jeune groupe toulonnais démarre le show au son des guitares électriques. Kami, lauréat du Class’EuRock 2007, chauffe le public dans un anglais parfait aux rythmes endiablés de Dance et Her eyes on me. Le soleil se couche sur la scène… Kami cède ensuite la place au groupe Dugs. Au punch de la voix ragga de Stef s’ajoute la force du rock, du hip hop et de l’électro. Les mots sont sans pitié, la musique est puissante, le cocktail est détonnant !! Némésys viendra clôturer le festival avec une mise en scène “ messénique ”. Jenny la danseuse, tantôt pantin désarticulé, tantôt princesse d’un autre galaxie, se déhanche fougueusement. CNX, VII et Xénon nous entraînent dans une autre sphère… au rythme de Space requiem, Rael’song et Roadroller. Séduisante et envoûtante, leur musique électro semble monter au ciel. Le public ne tient plus et fait exploser les barrières qui les éloignent encore de la scène ! C’est la folie. Le show se termine dans un déluge de fracas d’instruments et un gros délire de la part du groupe. On en redemande !!! Justine Sirkis
Nuits de Juan : Tryo / Kana / Flow
Le 26/07 à la Pinède Gould - Juan les Pins (06).
Avec une scène “ à mer ouverte ”, portée par une tête d’affiche telle que Tryo, la Pinède Gould a rayonné toute la nuit. Une soirée vive, joyeuse et poétique, démarrée par des premières parties talentueuses, enflammées et enragées : Kana et Flow. Le reggae efficace de Kana croque un public de fans “ tryoliens ” sans répit, avec entrain et énergie. Ayant déjà assuré quelques premières parties de Tryo, Flow succède à la difficile deuxième place pour chanter un univers entre Piaf et Mano Solo. Pari réussi : un groupe sincère, exigeant, émouvant et à surveiller. Puis, Tryo est accueilli par un public en délire, impatient et respectueux. Déchaîné, avec de nouveaux arrangements, le groupe aligne classiques (G8, Yakamonéyé, C’est du roots...), nouvelles chansons (L’homme se réveille, L’air du plastique), ose même All you need is love des Beatles. C’est une réussite. Après une pause de plus d’un an, le quatuor garde intact l’amour de la scène. Et celui du public... Jeoffroy Vincent
Christophe Maé
Le 18/08 au Théâtre de Verdure - Nice (06).
Comme un air de Jamaïque résonne au Théâtre de Verdure ce soir… servi par un Christophe Maé très en forme. Maé c’est beaucoup plus que ce que la plupart des gens pensent, pas un chanteur de variété, mais bien un enfant du reggae ! Étonnant, fragile, et homme de scène sans l’ombre d’un doute, Christophe se donne sans compter ! Les incontournables On s’attache et Parce qu’on sait jamais, les deux premiers singles de son album Mon paradis font partie du show. Émouvant aussi sur Spleen, les musiciens sont excellentissimes (un bassiste-percussioniste très classe) et le son est teinté de mille couleurs de l’Afrique. Christophe ressent ses influences et nous les fait partager généreusement. Un petit clin d’œil au frère du roi avec Ca marche et Et vice Versailles, le public est en folie, surtout le premier rang qui hurle à chaque mouvement du chanteur. La fosse bouge comme jamais, communion et tolérance, le message est bien passé Christophe ! Justine Sirkis
SONAR 2007
Pour la 14ème édition du « Barcelona International Festival of Advanced Music and Multimedia Art », Sonar a confirmé qu’il est bien plus qu’une institution pour les aficionados des «musiques avancées», et qu’il incarne bel et bien le papa de tous les festivals de musiques électroniques, du moins à l’échelle européenne. Celui sans qui il n’y aurait jamais eu Nordik Impakt, les Nuits Sonores ou Marsatac. Notre virée catalane débute jeudi soir en off, où après avoir été bousculés 30 minutes sur un quai, nous arrivons à accéder à la soirée Vice sur un bateau feu qui n’a absolument rien à envier au Batofar, si ce n’est son sound-system. Un open bar ambiancé par les DJs d’Institubes qui n’arriveront jamais vraiment à s’imposer face au déplorable système son. Nous continuons ensuite notre soirée du côté des plages de ‘forom’ où quelques milliers de personnes étaient réunies autour de 4 scènes, en plein air ou sous chapiteau, et de Craig Richards aux platines et de quelques dizaines de DJs en devenir ou en vogue en Angleterre et en Espagne. On retiendra le live du français qui monte From Karaoke to Stardom. Le lendemain, on passe aux choses sérieuses. Le Sonar by Night nous offre une affiche dont on ne veut pas perdre une miette. Beastie Boys en entrée et on se prend une véritable gifle. Les messieurs habillés de costumes et de lunettes noires ont la classe et déambulent sur une scène riche en lights shows époustouflants et en visuels totalement innovants (Pfadfinderei). S’enchaînent des morceaux tantôt hip-hop, tantôt punk, tantôt instrumentaux, totalement Beastie Boys en somme. Un set list pertinemment bien choisi avec des interludes de Check your head, des titres de Paul’s boutique, de Licensed to Ill ou des hymnes comme Sure shot, Intergalactic ou Root down. Tout cela rehaussé des meilleurs scratchs de Mix Master Mike que l’on a pu admirer sur écran géant. Un final complètement ravagé, dédicacé à Georges Bush sur un « Sabotage » où Money Mark n’hésitera pas à se jeter sur ses claviers. 1H45 de pur bonheur, où pour nous, le temps s’est arrêté... À peine le temps de reprendre nos esprits que le Sonar Lab nous absorbe dans le nouveau son du moment, le dubstep. Le temps de prendre une bière et Kode 9 et son MC Spaceape nous chamboule déjà tous les sens. C’est sûr, ce mélange complètement nouveau de roots dub, de samples, de boucles électroniques, basé sur de bien percutantes infrabasses va en dérouter plus d’un, surtout quand Skream arrive aux manettes. S’en suivent les sets de Spacek, de Richie Hawtin (un peu rigide), de Timo Maas… Après le set de Justice, s’enchaînent les sets de Digitalism et de Simian Mobile Disco, un peu trop tous dans la même veine. Il nous faudra assister au show de Dizzee Rascal pour recevoir une nouvelle claque. Nous terminons cette nuit dans les merveilleuses auto-tamponneuses de la scène extérieure du Sonar Lab... puis du Fuck Sonar installé à trois pâtés de maison de la grand messe Sonar. Ambiance Mad Max au possible... On se dirige plus tard au Sonar By Day situé dans le centre historique de Barcelone et là, c’est la stupéfaction. Après avoir traversé un cloître façon 18ème siècle qui fait office d’espace presse, le parcours musical, assemblé autour du Macba (musée d’art contemporain de Barcelone) et du CCCB (centre culturel catalan) débute dans la cour du Sonar Village. Cette scène regroupe un public massé de ravers, de danseurs, de fêtards, de touristes, de professionnels et où le Bureau Export français présente à ce moment-là les perles hip-hop d’Hocus Pocus et C2C. Plus loin le Sonar Dome vit un moment de pure osmose entre Claro Intelecto et son public. Mark Stewart livre là un très bon live « Detroit » tout droit sorti de ses « Warehouse sessions ». Ailleurs, on s’écarquille rapidement dans le Sonar Complex du Macba devant KTL un mélange d’electronica radical et de black metal, le tout dans une salle sur-enfumée, avant de constater que le Macba est ouvert à la visite (l’équivalent espagnol de notre Centre Georges Pompidou). On y découvre une sélection d’installations sonores et visuelles articulée autour du format de son 5.1. Le plus troublant fut peut-être de découvrir ensuite que le CCCB offrait l’opportunité de prendre l’ascenseur, de descendre au 3ème ou au 4ème, de tomber sur un live techno explosif, de pouvoir danser bière à la main entre différentes oeuvres d’art et d’installations visuelles sur un sol de marbre, et à proximité d’un escalator qui nous permis de redescendre au sous-sol pour regarder par exemple « Zidane un portrait du 21ème siècle » au SonarCinema ! Sans oublier, les stands de labels, les conférences et les clips sortis de « je-ne-sais-où ». Bien plus qu’une manifestation où se côtoient les plus grands artistes electro (pour rester large), où se confrontent les nouvelles tendances artistiques, plus qu’une liste d’activités de découvertes, l’expérience Sonar va au delà de la révélation musicale ou visuelle. Sonar est un regroupement extraordinaire de professionnels, d’artistes et d’un public extrêmement positif venu d’Espagne, d’Angleterre, des Pays-Bas, d’Allemagne, du Brésil, d’Argentine ou du Japon, tous ouverts à la rencontre, à la participation réelle et à l’expérience unique. Merci et à l’année prochaine ! G. Villoutreys Crédit photo © A.Rety
Devendra Banhart
Le 21/08 à l’Européen - Paris (75).
Voilà Devendra. Bagues à (presque) chaque doigt, bracelets qui s’entrechoquent, ballerines argentées, jean serré, chemise cintrée, maquillage noir et cheveux longs, très longs : voilà Devendra. L’air de rien, tel un ange d’un autre temps, le néo-hippie américain Devendra Banhart et ses quatre acolytes ont posé leurs amplis mardi 21 août dans l’antre du chaleureux Européen, place de Clichy, à Paris. «Samba de Pele Preta», «Freely», «Little Yellow Spider», ou encore «Bandera», Devendra Banhart a enchaîné les titres tantôt mélancoliques, tantôt énergiques, toujours justes, de ses précédents albums et de son dernier opus : «Smokey rolls down thunder canyon», qui compte notamment un «Shabop shalom» des plus réussis. Avec son public il s’est amusé, avec son micro il a dansé et avec ses amis il a ri. Une attitude qui n’est pas sans rappeler le titre-phare extrait de «Cripple crow», «Feel just like a child». Céline Rastello Crédit photo (c) Fábio Nascimento.
Pantiero
Du 16 au 19/08 sur la terrasse du Palais des Festivals - Cannes (06).
Fini le temps des doutes, Pantiero, le festival cannois de musiques actuelles, s’est affirmé. Pour sa sixième édition, il a connu un bel engouement ; les soirées du week-end ont fait le plein, si bien que sur la terrasse du palais des festivals, l’énergie était palpable. D’ailleurs, les attentes des festivaliers semblaient claires : danser et vibrer. Marque de fabrique de Pantiero, la programmation musicale de qualité reflète les tendances de l’année, en matière de hip hop, rock et électro. En 2007, la musique électronique a repris des couleurs, en cassant les barrières entre les genres. Sur des rythmes appuyés, les influences disco, rock et pop sont passées à la moulinette électronique. Les danseurs auront été satisfaits par les excellentes prestations des canadiens Mstrkrft (prononcer “ Mastercraft ”) et du français Vitalic. Très attendu, le duo Justice a livré l’une de ses rares prestations live, enregistrée et éclairée par les téléphones portables des festivaliers. Entourés par deux murs d’enceinte (inactifs), les deux parisiens ont remporté un franc succès, même si leur live pâtit de quelques temps morts. Un écueil évité par les convaincants Digitalism. Indissociable de Pantiero, le hip hop a tenu le cap avec un subtil mix à quatre platines de Cut Chemist et un show énergique des Dilated Peoples, tandis que Wax Tailor a fait apprécier ses ambiances cinématographiques. Plutôt silencieuse pour une rappeuse, Princess Superstar a mixé des titres dance racoleurs, dignes des pires discothèques de la banlieue parisienne. Au chapitre découverte, Pantiero a distingué les français Teenage Bad Girl et les portugais Buraka Som Sistema. Du côté des guitares, The Rakes n’a pas déçu, alors que CSS a paru bien terne. Marc di Rosa
Arc en Roll
Le 04/08 aux Arcs (83).
Le petit village des Arcs, près de Draguignan, a accueilli pour la cinquième édition consécutive, le festival Arc en Roll. Quatre groupes s’y sont partagés la scène dans le théâtre du Real. Les Rats Colleurs, duo multi-instrumentiste (Geoffrey Neau et Xavier Fernandes), ont ouvert le bal avec humour et rock’n roll attitude. Des Beatles aux Red Hot en passant par Police, REM ou encore James Brown, les deux compères ont traversé les époques des années 60 à nos jours ! Du 100% live. En deuxième partie, Pur Malt continuait de mettre l’ambiance au théâtre. Venais enfin Sludged Wendy pour nous entraîner alors dans leur univers rock grunge totalement psychédélique. Les Sludged font monter la température tant et si bien que l’ampli du bassiste Henry en vient à griller. Après 20 minutes de coupure, c’est reparti de plus belle, le tout desservi par la voix charismatique de Franck et le coup de baguette de Zez. Le festival se clôturera par le groupe AMX, toujours dans la lignée rock… Bref, du très bon son toute la soirée et un super moment de détente avec tout ses artistes amoureux et passionné de musique. À ne manquer sous aucun prétexte l’année prochaine ! Justine Sirkis
Crest Jazz Vocal
Du 29 juillet au 4 août à Crest (26).
Le jazz à Crest, c’est toujours un moment de voyage et de partage. Pour sa 32ème années, en plus d’une météo clémente, la programmation était une fois de plus à la hauteur. Avec un Manu Katche en grande forme et la voix superbe de Mina Agossi, qui a débuté ses vocalises en participant au concours de jazz vocal de Crest. Le charme nordique de Victoria Tolstoy et la pertinence du groupe suédois E.S.T dont la musique n’a pas manqué de courtiser l’inexplicable et l’exception. Ronald Baker Quintet et Dianne Reeves pour un soir de jazz plus traditionnel dans le style de la noire Amérique. L’avant dernier soir avait des sonorités de jazz latino avec Omar Sosa et la troupe Africando. Et puis, vint le dernier soir et Goran Bregovic accompagné de son orchestre des mariages et des enterrements. Des rythmes mélancoliques et des airs joyeux pour servir avec charme et sourire la musique balkanique comme un véritable maestro. Du grand, du très grand et c’était à Crest, qui a désormais gagnée sa réputation de capitale de la voix dans le jazz. Cristel Bérard
Kality Street Festival
Smoof / Paingels / Les Wampas
Le 03/08 sur l’Esplanade Guy Mocquet 2 - La Garde (83).
Dans la douce chaleur du Var, à La Garde précisément, s’est déroulé un festival coloré et étonnant : le Kality Street Festival. Pas de sucreries à l’entrée mais une ambiance sympathique et un public vibrant tout au long de cette soirée du 03 août. Premier concert reggae-rock programmé vers 20h30 avec le groupe Smoof. Leur atmosphère métissée, vibrante et touchante, dans une recherche permanente de nouvelles sonorités, transmet un message universel de tolérance et de paix. Puis Paingels, trio pop-rock toulonnais, termine de chauffer les derniers retardataires. Les riffs de guitares résonnent dans l’air, frisant parfois avec l’electro, et la voix d’Eliz, la chanteuse, s’envole dans le bleu de la nuit… Les Wampas, la tête d’affiche de cette soirée, arrivent enfin ! Et, ils nous livrent un show extraordinaire à mi-chemin entre l’improvisation et l’anarchie du punk. Didier monte tantôt sur le toit d’un hangar, tantôt casse sa guitare, ou encore viens chanter au milieu de la foule surexcitée, laquelle en redemande ! Les Wampas clôturent le spectacle en faisant monter des filles sur scène et Didier redescend dans la foule faire des bisous à tout le monde ! Justine Sirkis
Jacques Higelin
Le 31/07 au Théâtre de Verdure - Nice (06).
En sortant d’un concert de Jacques Higelin, que dirait aujourd’hui l’auteur de “ monsieur 100 000 volts ” ou encore du “ fou chantant ”, heureuses formules destinées jadis à Gilbert Bécaud ou à Charles Trenet… ? Bondissant de la guitare (acoustique) au piano (sur lequel il s’asseoit aussi parfois, brièvement, entre deux pas de danse, façon pantin désarticulé), Jacques Higelin reste rarement immobile derrière un micro, sinon, lunettes chaussées, le temps d’une chanson qu’il s’excuse de ne pas avoir bien mémorisée. Surmontant avec humour quelques tracas inhérents au “ live ” (retours mal réglés, spectateurs un peu envahissants, lumières violentes) et, luttant avec courage contre une trachéite tenace, il s’impose par la qualité de ses textes et de ses musiques, repoussant au second plan, par la seule force de sa “ présence ” en scène, ses brillants accompagnateurs (guitare, claviers, contrebasse, perc, dms). Les reliant par quelques mots comme les strophes d’un récit onirique, il enchaîne ses chansons avec frénésie (Le minimum, Je veux cette fille, Ice dream, Se revoir et s’émouvoir, Tombé du ciel, Prise de bec, Cigarette, Crocodaïl, La femme au coeur d’acier, Ici c’est l’enfer, Queue de paon, Champagne, Tête en l’air, entre autres). Ravi, le public se laisse avec délices prendre au piège de cet univers poétique. Enfin, à bout de force et presque aphone, Jacques Higelin quitte la scène... après plus de deux heures, en s’excusant de ne pouvoir donner davantage... Belle leçon d’intégrité et d’humilité. Daniel Chauvet
Nuits de Juan
Kaolin / Superbus
Le 27/07 à la Pinède Gould - Juan les Pins (06).
En cette soirée d’été, il fait faim, faim de musique, de rêverie et faim de rock… Au menu, Kaolin, groupe venu de Montluçon. Peu de monde en terrasse de la Pinède. Les premières notes résonnent au coucher du soleil… Guillaume, le chanteur, nous enlève et nous emmène sur leur montagne. Un voyage où l’amour s’installe tout au long des 60 minutes de show. Partons vite, jolie ballade romantique, nous berce, mais ceci n’est jamais qu’un pâle reflet de ce que vaut réellement Kaolin sur scène. Car le final est torride ! Olivier le batteur termine le set, debout en équilibre et en chaussettes à jouer sur son instrument ! Quelle folie ! La Pinède s’est remplie… pour venir écouter maintenant la tête d’affiche de la dernière nuit du festival. Superbus et la jolie Jennifer Ayache enchaînent les morceaux avec une énergie débordante ! En fond de scène, un WOW gigantesque s’illumine au fil des chansons de mille couleurs. Le public sautille dans tous les sens entre Radio song, Le rock à Billy et autre Ramdam… Une prestation honnête et acidulée du plus français des groupes de rock ! Justine Sirkis
Nu-ziQ
Du 01 au 04/08 au Smarties, au Hi Hotel et au Théâtre de Verdure - Nice (06).
Depuis 4 ans, Nu-ziQ s’emploie à proposer à Nice un festival qui met en lumière cultures urbaines et musiques électroniques. Rendez-vous était donc prit au Smarties pour la soirée d’ouverture afin d’apprécier le mix électro, hip-hop disco du jeune et énergique anglais Riton. Le lendemain c’était au tour de Zero DB (représenté par Chris Vogado) de faire résonner ses grosses basses et ses sonorités tropicales dansantes au sein de l’Hi-Hôtel. Pour les agapes finales, il fallait être au Théâtre de Verdure pour applaudir le vendredi, les niçois de Soul Breakerz, s’étonner devant les prouesses vocales d’Ezra (Human Beat Box), apprécier la technique et la sympathie de Kid Koala pour enfin suivre le set dense et massif d’Amon Tobin. Samedi soir, le trio antibois de Mandrac ouvrait les débats puis l’ambiance montait d’un cran avec le set de Chris de Luca et Phono. Enfin le duo allemand Modeselektor, accompagné du VJ Pfadfinderei, nous offrait au cours de son live dansant la primeur de nouvelles chansons (avec TTC en featuring notamment) que l’on retrouvera sur l’album intitulé Happy birthday à paraître en septembre prochain. Cette année encore, cet événement à la fois visuel et sonore a su attirer un public réceptif et enthousiaste qui s’est manifesté tout au long de ces 4 jours de fête. Benjamin Brégeaut
Le Mas en Concert
Babet / Houdini
Le 11/08 au Mas des Escaravatiers - Puget sur Argens (83).
Jean Louis Murat le dit : la robe rouge de PJ Harvey est la preuve de l’existence de Dieu. Je pourrai ajouter aussi la robe rouge de Babet. En effet Babet c’est un mystère ! La violoniste de Dionysos n’est pas foncièrement belle, ces chansons solo ne sont pas particulièrement accrocheuses et pourtant… Et oui, pourtant on craque, peut être parce que ses chansons sont très personnelles, le coté nonchalant, boiteux et enfantin apportant du charme, de l’humanité. La petite voix en sourit, donne un côté femme-enfant qui fait qu’on a envie de la prendre dans nos bras, de la secourir. L’image de femme-enfant est confirmée par la petite taille de Babet qui semble plus petite que sa guitare. La cerise sur le gâteau étant bien sûr cette fameuse robe rouge-rose qui rend la souris sublime. Certes j’ai tendance à trouver forcement jolie une fille qui joue du violon (qui a parlé de Catherine Lara ! ) mais là il y a un petit truc en plus, venant du fait qu’avec ses copains de Dionysos, elle est rodée à la scène. On la sent à l’aise, dans son élément, pouvant sautiller à souhait, enchaîner les morceaux grand V ou improviser des titres durant les rappels. Avant cela les désinvoltes lo-fi de Houdini nous ont proposés un mélange entre Weezer et Sebadoh. Malheureusement l’absence de basse permet de se rendre compte de l’importance de cet instrument qui paraît pourtant secondaire. Avant de conclure un mot sur le lieu : Le Mas est une superbe propriété au milieu de vignes varoises, on a l’impression que le propriétaire nous invite chez lui au bord de sa piscine pour assister entre amis à un petit concert en sirotant le vin du cru. Bref on se sent à l’aise, comme à la maison, ou plutôt comme à la maison dont on rêve… Simon Pégurier
Le Mas en Concert
Sinclair / Scotch & Sofa
Le 26/07 au Mas des Escaravatiers - Puget sur Argens (83).
Arrivée au Mas, un cadre magique s’offre à moi. Ma première impression : où suis-je ? On pourrait supposer être à une réunion de famille ou à un mariage. Nous sommes juste au Mas des Escaravatiers qui propose un concept très sympa : concert en plein air au milieu des oliviers et des vignes. Selon les organisateurs, plus de 450 personnes sont venues assister à ce concert original. En attendant le début de celui-ci, les spectateurs présents errent dans ces lieux propices à la détente et à la dégustation de vins du domaine, et les plus gourmands se laissent tenter par les spécialités vietnamiennes. En première partie, le duo Scotch et Sofa, originaire de Montpellier, nous fait partager sa musique aux influences diverses, allant du jazz à l’électro en passant par la soul. Pas de doute, il a conquis le public. Déjà venu il y a deux ans, Sinclair a choisi une fois de plus ce lieu exceptionnel pour son show. Il était très heureux de revenir au point d’y fêter son anniversaire ce soir-là. Celui que l’on surnomme le “ Jamiroquai français ” met tout son cœur sur scène pour enflammer son public et n’hésite pas à lui faire partager certaines de ses chansons. Il a parcouru les titres de son tout dernier album Morphologique, album traitant des sentiments amoureux, de la condition humaine, du temps qui passe… Sans oublier un petit détour dans le passé avec la chanson C’est si bon comme ça qui avait connu un grand succès auprès des français. Le Mas révèle un cadre très intimiste qui offre une certaine proximité avec l’artiste bien loin des salles de concert habituelles. Un seul conseil à vous donner : allez-y en 2008 vous ne le regretterez pas ! Jessica Losco
Voix du Gaou
Peter Gabriel
Le 25/07 sur la Presqu’île du Gaou - Six Fours les Plages (83).
Avant sa tournée de 2003, Peter Gabriel n’avait plus mis le pied sur scène pendant environ dix ans. Depuis il enchaîne. Après la tournée promo de son excellent album Up, il s’attelle maintenant à une tournée pour le plaisir. C’est souvent à ces occasions qu’il est le plus plaisant de voir un artiste. Dégagé de la promo, il peut puiser à souhait dans son répertoire. Quelquefois cela se transforme en tournée best of, sans surprise donc. L’avantage avec Gabriel, c’est qu’il n’a pas pléthore de véritables hits. Il peut donc se balader dans ses compositions et nous proposer des morceaux issus de ses premiers disques qu’on avait presque oubliés. Le concert fut propre, beau, sophistiqué, intelligent, magnifiquement produit parfois, à contrario, cela semblait sur-travaillé, trop beau pour être honnête, oubliant les risques, la vie et la spontanéité. Mais dans l’ensemble, chapeau, il faut reconnaître qu’on a affaire à un grand artiste. Je dis cela avec d’autant plus d’honnêteté qu’au départ, je ne suis vraiment pas fan de Genesis et de musique progressive. Pour moi, ce style a occupé le terrain durant une des périodes les plus vides de l’histoire de la musique et, avec son caractère pompeux, a heureusement ouvert en réaction la porte au punk alors salvateur. Pourtant c’est la troisième fois en quatre ans que je vois Gabriel sur scène ! C’est bien que j’y trouve ce que je cherche. C’est aussi peut-être car pour tout le monde, moi compris, Gabriel, 30 ans après, est encore et toujours l’ancien chanteur de Genesis, pourtant il est impossible de classer sa musique dans ce style prétentieux qui a perdu l’essence du rock : spontanéité et révolution. Gabriel a quitté Genesis en 1975 et on en est encore là… C’est donc foutu pour lui, il sera a jamais l’ex. Simon Pégurier Crédit photo (c) Simon Pégurier
French Riviera Country Music Festival
Eddy Ray Cooper / Big Rock & Appaloosa / Charlie McCoy.
Le 21/07 au Parc des Canebiers Sud - Cagnes-sur-Mer (06).
Un petit bout de Tennessee, de Texas en plein centre ville de Cagnes-sur-Mer. Une majorité de spectateurs est vêtue (déguisée ?) à la mode cowboy : santiags, chapeau, mini jupe en cuir… À la droite de la scène, des groupes de danseurs se succèdent sur scène, mettant en pratique devant un public amusé les pas si longtemps répétés. Mais sur les planches Big Rock, Stetson vissé sur le crâne, aligne les morceaux, reprises, compos persos, soutenu par un groupe impeccable où la Pedal Steel guitar rivalise avec la Telecaster du guitariste en très grande forme. Big Rock est jeune, à peine 22 ans, mais sa prestation fut digne d’un vieux routier du circuit. Il y a eu un trop long moment consacré à des prestations de danse country de diverses formations avant l’arrivée sur scène de la vedette du jour, l’immense Charlie McCoy et son groupe de mercenaires : 2 français à la Pedal Steel et au violon, 3 hollandais guitare, basse, batterie. McCoy et son harmonica magique vont nous faire tout un panel de la musique américaine, country bien sûr, mais aussi jazz, blues, rock (il a accompagné Elvis en son temps) et même crooner pour une reprise très émouvante de Stand by me. Quant au final, son tube, Orange blossom spécial, il alterne les chorus sur deux harmonicas (Fa & Sib) à une cadence d’enfer, soutenu par une rythmique sans faille. Un grand, très grand moment dans une ambiance bon enfant très conviviale, on en redemande déjà. Une crise de rhume des foins m’a privé de la prestation de Eddy Ray Cooper, mais il joue souvent dans la région, ce n’est donc que partie remise. Jacques Lerognon
Festival de Musique ancienne de l’Escarène et du P
Ensemble Venance Fortunat
Le 25/07 dans l’église Saint Pierre es Liens - L’Escarène (06).
L’été sur la Côte d’Azur, les musiciens ne squattent pas que les oliveraies ou les pinèdes pour des musiques électriques, il suffit de passer le col de Nice où depuis 17 ans, à l’Escarène, les musiques anciennes sont à l’honneur. Cette année, dans la programmation, la soirée du 25 juillet était la plus étonnante, la plus exigeante. L’ensemble Venance Fortunat donnait un concert de musiques italiennes allant du IVème au XIVème siècle. Une époque où la musique n’était pas ou peu notée. Trois chanteuses et deux chanteurs ont interprété une quinzaine de chant religieux, à une ou plusieurs voix, dans de superbes habits d’époque. Pas d’instrument, seul diapason pour redonner la note. Chaque air est légèrement théâtralisé, une mise en scène sobre qui ajoute une touche de solennité à ses prières. Un retour dans le passé et les débuts de la musique vocale bien souvent mélismatique (à vos dicos). Le timbre des voix, la chaleur de l’interprétation tout en retenue, l’étonnante concentration des musiciens gagne le public qui tout à l’écoute de ces airs n’ose applaudir à la fin des morceaux pour ne pas briser l’harmonie, la ferveur suscitée par ces chants. Magie de l’instant dans cette petite église au bord du Paillon. Jacques Lerognon
Nice Jazz Festival
Du 19 au 26/07 aux arènes et jardins de Cimiez - Nice (06).
Le Nice Jazz Festival a encore une fois fait le plein cette année. Rien d’étonnant ! À voir la programmation, on ne peut que comprendre cet engouement du public ! Quel bonheur de voir des enfants et des ados émerveillés devant Katie Melua ou encore Ayo ! Tous les âges, toutes les cultures et surtout tous les styles musicaux étaient représentés ! On aura été émerveillé bien sûr par Lauryn Hill, pour les amoureux du r’n’b, Laurent Voulzy, Marcus Miller le roi du jazz, mais surtout, on aura adoré comme toujours les surprises et les découvertes du festival. C’est toujours l’occasion de flâner dans ce cadre magnifique à la recherche de nouvelles sensations, on a été récompensé avec Nate James, une jeune révélation de la funk anglaise qui a fait groover les arènes et avec les Spaaargonautes, une révélation de la scène Socca Jazz, un jazz à l’ancienne comme on les aime ! Les amoureux du rock n’ont pas été oubliés avec la présence de Jeff Beck et des Runnings Birds. Et pour les sceptiques : c’est une découverte à faire ! Rita Veltri
Festival International de Benicassim
Du 19 au 22/07 sur la Costa Azahar - Benicassim (Espagne).
Moins clinquant, mais plus pertinent : le treizième festival international de Benicassim (FIB) a laissé cette année les têtes d’affiche les plus vendeuses à ses concurrents (comme le festival Sziget en Hongrie), pour se concentrer sur les groupes les plus intéressants du moment en pop, rock et électro. Le FIB a néanmoins atteint une affluence record, en réunissant plus de 150 000 personnes sur quatre jours. Devenu l’un des plus grands rassemblements musicaux en Europe, le FIB a ainsi opéré un salutaire retour aux sources. Dans le public, l’édition 2007 a été placée sous le signe des déguisements, de Wonder Woman et Bob l’Eponge à des tenues de centurions romains. Pour les festivalières espagnoles, le look “ Lolitas ” constitue la tendance ultime : teint mat, yeux charbonneux et longs cheveux noirs. Au FIB, les soirées commencent à 16h30 et s’achèvent à 8h du matin. Cela laisse du temps pour découvrir de nouveaux talents, comme les étonnants Antony & the Johnsons. Doté d’un physique ingrat, leur chanteur possède une voix d’or qu’il a fait admirer lors d’une reprise de Crazy in love de Beyoncé, tout en nuances. Les Français de Nouvelle Vague ont enchanté les festivaliers, tandis que les Danois de Who Made Who se sont révélés percutants et dansants. Frais et enthousiastes, les Lo-Fi-Fnk ont livré un réjouissant live électro mâtiné de disco et de funk. D’ailleurs, la frontière entre le rock et l’électro n’a jamais été aussi mince. À Benicassim, on danse sur du rock (mention spéciale à Klaxons, The Rapture, !!!, CSS et Cassius) et l’on écoute des guitares saturées sur des beats puissants (Simian Mobile Disco, Fischerspooner, Digitalism). Du côté des têtes d’affiche, les Arctic Monkeys ont attiré une foule énorme, tandis que The Hives, Muse et Iggy Pop se sont brillamment distingués — en grande forme, l’Iguane a fait monter tellement de festivaliers sur scène qu’on ne le voyait plus (cf. photo). Les autres “ vétérans ” n’ont pas toujours été à la hauteur. Si Devo a fait montre d’un enthousiasme communicatif, les B-52’s et Dinosaur Jr ont semblé éteints. Marc di Rosa Crédit Photo (c) Carla Mir de Francia
Les Festives de Font Robert
Du 19 au 21/07 à la Ferme de Font Robert - Château Arnoux (04).
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, s’il y a un festival à ne pas rater, c’est bien celui-là, et cette année la programmation était des meilleures avec le prodigieux Richard Bona qui a parrainé cette 13ème édition des Festives. Le Camerounais a enthousiasmé le public qui est resté avec un goût de trop peu lorsqu’il a quitté la scène. Lénine a su cependant imposer sa musique brésilienne. Le deuxième soir était tout autre avec les airs de blues de Bo Weavil et Arno, dont l’univers est aussi rocailleux que sa voix. Le belge a entraîné la foule, titubant d’une chanson mélancolique à un rock cassant. Le dernier acte du festival s’est joué entre le duo Mellino, qui a ressassé ses vieux airs des Négresses Vertes, et un Sanseverino déjanté, porté par le souffle et les cuivres de son joyeux “ big bang ”. Le temps d’un peu de jazz, d’un air manouche, d’un swing virevolté et d’une ambiance flamenco, que déjà il fallait le quitter ce joufflu sympathique, et c’est en robe noire et talon haut que l’artiste a tiré sa révérence. Vivement l’année prochaine pour d’autres saveurs musicales ! Cristel Bérard
Nuits du Sud
Manos & Pape / Gocoo / Sergent Garcia
Le 10/08 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
Pour son retour sous les platanes de la Place du Grand Jardin, Sergent Garcia, accompagné du collectif Iyé Ifé, a livré un set mitigé, se faisant voler le haut de l’affiche par les étonnants japonais de Gocoo. Après la bonne entrée en matière de Manos & Pape et son reggae roots cuivré, malgré des paroles peut-être un peu trop “ simplistes ”, la douzaine de membres de Gocoo enflammait en un tour de bras le public vençois. Dans la lignée de formations telles que Stomp ou les Tambours du Bronx, Gocoo faisait parler ses percussions traditionnelles avec brio. Impossible de délaisser la scène une seconde tant les sons tribaux, chorégraphiés avec la manière, captaient l’attention, le tout renforcé par de multiples cassures rythmiques et des montées en puissance frissonnantes, avec une mention spéciale pour l’homme au didgeridoo, tout simplement hypnotique. El Sargento Garcia prenait ensuite la relève face à un public chauffé à blanc. Pour avoir eu l’occasion de voir l’homme au chapeau sur scène à de multiples reprises, impossible d’encenser une prestation trop pâle à mon humble avis. Même si la formule “ salsamuffin ” dont il a le secret fonctionne toujours, les arrangements apportés aux anciens morceaux perdent en pertinence, tandis que les plus récents, tirés de son dernier album Mascaras, ne bénéficient pas de la même aura que sur ses premiers disques. Une bien belle soirée malgré tout, dans ce cadre unique qu’est celui de la Place du Grand Jardin, baigné dans une ambiance toujours aussi conviviale, avec un public toujours aussi varié. M.B.
Nuits du Sud
Mamani Keita & Nicolas Repac / Seun Kuti & Egypt 80
Le 28/07 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
Ce 28 juillet à Vence, il n’y avait plus Vence… Nous n’étions plus dans le Sud de la France !! Tandis que la voix de Mamani Keita enflait et résonnait sur la place du village, le vent de l’Afrique se levait à son tour… Nous étions sous le charme, nous avions chaud et envie de danser… À peine le temps de reprendre ses esprits, à peine le temps de se ré-occidentaliser autour d’un verre que le big band (c’est le cas de le dire, ils sont mille sur scène !!) de Seun Kuti nous injectait une deuxième dose de magie dans les oreilles !! Et là, c’est clair, on n’avait même plus envie de se ré-occidentaliser, on avait envie de danser, de chanter, de se laisser aller au gré de ce dynamisme et de cet enthousiasme communicatif ! Une qualité mélodique et créative incomparable, une rythmique à réapprendre à compter, le tout emballé dans une volonté incommensurable de donner, de partager cette musique !! Oui, décidément, le 28 juillet, nous n’étions plus à Vence, nous étions en Afrique et qu’est-ce qu’on était bien !! Vic Polsinelli Crédit Photo (c) Vic Polsinelli
Nuits du Sud
Anna qui Chante / Victoria Abril / Los Van Van
Le 21/07 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
Cette soirée a débuté avec Anna qui chante, jeune comédienne d’origine grassoise, et virtuose de la chanson à texte, sur un air de comédie et de théâtre. Elle a mélangé tour à tour les plus grands textes de la chanson française, de Gainsbourg à Mathieu Chédid, en passant par Brigitte Fontaine et Mano Solo. Un petit bout de femme (avec son côté Edith Piaf) à suivre de près… Puis est venu la sublime Victoria Abril. Au programme : bossa nova et rythmes traditionnels du Brésil, interprétés sensuellement par cette comédienne qui ne cesse de surprendre. Cette fois-ci, son charisme et son talent sont au service de la musique. Résultat : plus d’une heure et demie de show où la belle espagnole s’est donnée corps et âme au public vençois. Tout n’était qu’amour et volupté… Le final de cette soirée était assuré par le groupe Los Van Van, mené par son leader charismatique Juan Formell. Déluges de rythmes, combinant instruments de percussion comme la timbale, la cymbale, le tambour électronique au son cubain et influences musicales diverses comme le rock, le jazz où même le funk, avec une pointe de disco. Ce groupe s’inscrit dans la plus pure tradition cubaine tout en associant des éléments plus modernes puisqu’ils sont en recherche constante de nouveaux rythmes. En conclusion, une soirée placée sous le signe de la chaleur (comment peut-il en être autrement aux Nuits du Sud), humaine et musicale. Justine Sirkis
Nuits du Sud
Faudel / Dobacaracol
Le 20/07 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
On connaissait Faudel, ses mélodies grand public et ses rythmes raï à peine déhanchés. Pas de surprise donc pour la prestation de ce trentenaire algérien, aux Nuits du Sud, entré en scène visage ravi et costume blanc. Ce fils d’Algérie a accompli tout bonnement sa mission, embrasant les vençois avec des tubes d’hier et d’aujourd’hui un brin trop connus. En revanche, on ne connaissait pas ces deux jeunes femmes d’origine canadienne, à la crinière de dreads et aux voix chaudes d’Afrique. Sous un ciel teinté de couleurs chaudes, Doba et Caracol ont piétiné avec grâce, trépigné avec énergie et hurlé au vent toute la poésie de leur album Soley. Et transporté un public qui les ignorait jusque-là, sous des tropiques brûlants d’actualité, avec des chansons engagées et des ballades cosmiques. Que du bonheur ! Delphine Oliva
Jazz à Toulon
Manu Katché Tendances
Le 17/07 au Pont du Las - Toulon (83).
Pour sa 18ème édition, le festival Jazz à Toulon a proposé une programmation d’excellence en commençant par un concert gratuit de Manu Katché le 19 juillet dans le quartier du Pont du Las. Ils étaient plus de 8 000 spectateurs, selon les organisateurs, à venir acclamer le célèbre jazzman. Assis aux terrasses des cafés, debout dans la rue ou encore à califourchon sur les murs des maisons, à chacun sa technique pour apercevoir le talentueux Manu. Sur scène, Alex Tassel à la trompette, Franck Avitabile au piano et Jérôme Regard à la contrebasse plongent le public dans l’univers du jazz. Mais les spectateurs n’étaient hypnotisés que par le juré de la Nouvelle Star. Celui-ci reprend des titres de son dernier album Neighbourhood, et laisse ensuite place aux improvisations comme il sait si bien le faire. Une soirée entraînante et envoûtante, menée d’une baguette de maître par notre artiste !
Cunnie Williams / Sophie Delila
Le 28/07 aux Plages du Mourillon - Toulon (83).
Pour sa 18ème édition, le festival Jazz à Toulon ne lésine pas sur le choix des artistes. Le 28 juillet dernier, les toulonnais sont tombés sous le charme du prince de la soul music, Cunnie Williams, qui est aussi sportif de haut niveau. Un concert gratuit en plein air qui ne manquait pas de surprises. En première partie, Sophie Delila monte sur scène et fait frissonner le public. Cette jeune française à la voix d’or situe son répertoire entre Norah Jones et Alicia Keys. Elle reprend en version jazzy le tube de David Guetta World, hold on, et les spectateurs fredonnent le morceau, un moment très fort de la soirée. Ensuite, c’est au tour de Cunnie de faire son entrée sur scène. L’héritier de Barry White est acclamé par la foule et joue le jeu de la séduction auprès des femmes. Un véritable “ lover ” qui va même jusqu’à reprendre le tube With or with out you pour faire fondre son public féminin. Dans son dernier album, ce crooner de 2,05 mètres nous dévoile un côté très 70’s. Il y fait également un duo avec notre cher Florent Pagny sur le titre Are you my friend, celui-ci n’étant pas présent ce soir-là, il le chante avec l’une de ses choristes Monique, un duo très émouvant. Jessica Losco
Jazz à Juan
Du 13 au 22/07 à la Pinède Gould - Juan-les-Pins (06).
Il y a plusieurs façons de vivre un festival et plusieurs angles de vue pour le relater. Vous pouvez avoir la vision du spectateur Lambda, celle de l’artiste Alpha et même celle du journaliste Oméga. Mais spécialement pour les lecteurs de Nouvelle Vague, vous allez vivre pendant quelques lignes le Jazz à Juan dans la peau d’une photographe de presse accréditée pour la première fois sur la manifestation ! Alors voilà toute l’histoire : trois jours avant le fest’, votre mobile sonne… Vous décrochez au péril de votre permis de conduire et là ! C’est le kiff, vous êtes accrédité dans la place ! Vous allez faire les photos d’un festival mythique qui accueillera cette année des stars telles que Norah Jones et Keith Jarrett !! Vous rentrez chez vous et vous avez exactement dix minutes pour envoyer une photo d’identité par mail au service accréditation ! Même pas peur : appareil sur pied, retardateur, sourire… Clic clac, l’affaire est dans le sac et “ send the message ”… Le jour J, vous arrivez sur place, fier et tremblant… Vous allez chercher votre badge dans un des plus grands hôtels du coin… D’ailleurs, étiez-vous déjà entré dans un hôtel pareil avant, sans vous faire jeter dehors ? Et bien, on ne vous jette pas dehors : on vous donne un badge (votre photo-10 secondes est dessus), on vous sert une coupe de champ’ et on vous présente toute la clique des journalistes et photographes dans la place depuis… oula ! super longtemps ! Et là, tout se joue, les copains… Parce que si vous passez pour un ringard ou un mou du genou, vous allez galérer tout seul pendant tout le fest’… Mais non ! Ca passe ! Ils vous trouvent sympa, voire amusant avec votre stress de débutant et votre naïveté digne d’Alice aux Pays de Merveilles ! 20 heures… Le show va commencer… Vos mains transpirent… Votre appareil est prêt et archi-prêt, vos réglages archi-réglés… Bireli Lagrene entre en scène, vous avez une chanson (et une seule) pour prendre les photos et essayer de vous en sortir… La lumière est rasante, le soleil se couche derrière la scène et se reflète sur la mer… C’est l’enfer : contre-jour, blancs cramés, changement de réglages et… le temps du shooting est fini ! Débriefing avec les autres autours d’une coupe, conseils de vieux loups de mer qui vous ont pris en affection et on y retourne pour la deuxième partie du show ! Les jours, ou plutôt les nuits s’enchaîneront de la sorte pendant dix jours… Vous êtes crevé mais heureux, vous applaudissez Sashird Lao qui gagne le prix du public des Révélations 2007, vous écoutez l’hommage à Coltrane en goûtant la chance d’être là… Vous faites même le festival off où vous photographiez Jon Faddis, ce grand monsieur du Jazz, et c’est vers votre objectif qu’il tend la main, vous avez la photo du siècle ! Ou au moins, vous y croyez ! Vous tapez le bœuf au méridien avec le Roy Hargrove Quintet et Hugo Lippi, Mourad Benhammou, Pierre Christophe… Certes vous n’aurez pas le droit de photographier Norah Jones parce que vous êtes un trop petit photographe d’un trop petit journal (désolé les gars) et qu’on sait vous le dire avec beaucoup de courtoisie… Certes, vous ne photographierez pas Keith Jarrett, parce que là personne n’a le droit (et toc !)… mais c’était le Jazz à Juan 2007, c’était beau, vous y étiez et vous avez vécu le Jazz… Vic Polsinelli Crédit Photo (c) Vic Polsinelli
Nuits Blanches du Vieux Cannet
Patrick Boyon / Musard / Abd Al Malik
Le 07/07 au Cannet des Maures (83).
Il faut l’avouer, on a quand même trouvé le sommeil après cette Nuit Blanche-là. Un sommeil serein, tout apaisés que nous étions de cette soirée bercée par de bien belles rencontres. Il y a d’abord eu le lieu, ce cadre magnifique du Vieux Cannet, village médiéval classé qui domine la plaine des Maures. Une fois dans son antre, une fois installés sur la place, face à la scène, devant une assiette de crudités et un peu d’anchoïade, assis à contempler les visages souriants des jeunes et moins jeunes, le charme opérait, la plénitude s’installait. Rien, mais alors rien ne pouvait nous arriver. Rien ou presque, car c’était sans compter avec la suite des événements. Après la prestation respectable de Patrick Boyon, chanteur originaire de Six Fours, ici accompagné d’un accordéon, de sa guitare et de son kazou, Musard entrait sur scène avec ses chansons à tendance rock, swing manouche et electro. Formation au talent indéniable, le groupe ne mettait pas longtemps à rameuter devant la scène un public clairsemé aux premières notes, et… bondissant aux dernières. Déjà largement encensé dans nos pages, Musard continue sa route, et progresse à vive allure. Les textes sont toujours aussi pertinents, la voix de la chanteuse Candice, toujours aussi envoûtante, les arrangements gagnent en maîtrise, et Lucile, la violoniste, en plus de faire parler à merveille son instrument, se distingue dans une grande prestation de scratchs mimés façon “ air platines ”, à vous désarçonner n’importe quel DJ aguerri… Pour finir la soirée en grande pompe, Monsieur Abd Al Malik investissait la scène, accompagné entre autres par le talentueux Laurent De Wilde au clavier. Dès les premiers mots lâchés, les premières notes exprimées, l’attention du large public est captée, et le restera tout du long. Sur son flow particulier, Abd Al Malik l’hypnotiseur délivre ses messages de tolérance, de respect de l’autre, on boit ses mots à grosses gorgées, assoiffés par une verve étourdissante de justesse. Et quand vient le moment de se quitter, on a l’impression que tout ça ne vient pourtant que de commencer. On regarde les gens, les sourires sont partout. C’est l’heure de rentrer, de plonger dans son sommeil, tranquillement, la tête pleine de sourires. M.B.
Voix sous les Etoiles
Sergent Garcia
Le 12/07 sur le Site de l’Esplanade - Sanary-sur-mer (83).
Si vous vous baladiez le 12 juillet dernier du côté de l’Esplanade à Sanary, vous avez certainement été intrigué par l’ambiance caliente très présente. En tournée à travers la France, Sergent Garcia, ambassadeur des rythmes ensoleillés, a fait une escale dans ce village de bord de mer à l’occasion du Festival Sanary sous les Etoiles. Tout de blanc vêtu, sans oublier le fameux Panama, le Sergent n’a pas manqué de pimenter la soirée. Un cocktail explosif entre raggamuffin et salsa qui ne laissera pas de marbre les nombreux spectateurs les transportant en une minute du Mexique à l’Espagne en passant par Cuba. Après cinq albums couronnés d’un succès international, on retrouve sur scène un Sergent toujours plus proche de son public. L’instigateur de la salsamuffin n’hésite pas à prendre position contre la misère de ce monde et félicite ses fans d’être présents ce soir-là au lieu d’être affalés devant leur télévision. Trois maîtres mots pour qualifier la soirée : convivialité, émotion et évasion. Jessica losco
Charlie Jazz Festival
Du 06 au 08/07 au domaine de Fontblanche - Vitrolles (13).
C’est toujours un plaisir d’aller écouter du jazz au domaine de Fontblanche, d’abord parce que l’endroit est prodigieux et frais (en pleine zone commerciale de Vitrolles !) : un écrin de verdure à l’ombre des platanes où au milieu coule une rivière, et ensuite parce que la programmation y est toujours précieuse. Cette année, pour la dixième édition, il y en avait pour tous les genres dans une joyeuse pagaille, avec des petits temps comme Les Enjoliveurs, mélange de swing et de poésie, de la java façon klezmer avec La Goutte au Nez, la conversation accordé (on) du duo Arnottodrom. Les quatre temps étaient tenus par l’univers superbement enchanté du Sextet Rosa, Manuchello Septet et la guinguette du Balluche de la Saugrenue. Quant au temps forts, ils étaient rythmés par Richard Galliano, le groupe mythique de la Great Black Music : Art Ensemble of Chicago, et l’imposant Vienna Art Orchestra composé d’une vingtaine de musiciens sur scène. Trois jours de musique libre qui ont une fois de plus illustrés le jazz sans temps mort. Cristel Bérard
Big Reggae Festival
Le 11/07 à la Pinède Gould – Juan-les-Pins (06).
Événement incontournable de la scène reggae : la 11ème édition du Big Reggae Festival. La Pinède de Juan-les-Pins s’était plongée pour l’occasion dans une ambiance jamaïcaine le mercredi 11 juillet. À deux pas de la mer et sous un ciel étoilé, soirée idéale pour apprécier le son produit par quatre grands noms du reggae. Gentleman, l’incontournable révélation «new-roots» du moment a fait son show en partageant l’affiche de Ziggy Marley, fils prodige du grand Bob, qui reprend d’ailleurs un des célèbres tubes de son père « Is this love ». On ne pourra pas lui reprocher son excellente prestation, une véritable réincarnation de Bob sous nos yeux. Puis, c’est au tour de Sizzla, de monter sur scène. Il est actuellement l’un des deux ou trois meilleurs showmen du dancehall, il transmet à son public son énergie débordante. Et avec lui, l’ambiance est au rendez-vous ! Pour finir cette soirée mémorable, que du bonheur avec Alpha Blondy, figure emblématique du reggae africain mais aussi du reggae mondial. À la grande surprise de ses fans, il dévoile un des titres de son futur album. Alors un seul conseil : rendez-vous l’an prochain ! Jessica losco
Big Reggae Festival
Le 11/07 à la Pinède Gould - Juan les Pins (06).
Les pieds dans le sable, face à la mer et au coucher de soleil, il fallait très peu de temps pour se plonger dans l’ambiance ! Vêtu de blanc, Gentleman a aisément embarqué chacun dans son élan. Interprétant « Dem gone » et « Jah jah never fail », le chanteur d’origine allemande s’est imposé naturellement comme un véritable artiste reggae. Ziggy Marley est ensuite monté sur scène pour chanter Black car et Make some music. Avec les mêmes mimiques troublantes que son père, il a interprété Lively up yourself et Rastaman vibration. Chaude et délicieuse ambiance… Chacun a ensuite repris haut et fort le refrain de True to myself, avant d’écouter un Is this love fabuleux. Sizzla a su, lui aussi, faire monter la température ! Avec un flow percutant, il a chanté Mama et Woman I need you. Très rapidement, c’est un vrai nuage de sable qui émanait du bas de la scène ! Après Be strong, le chanteur dancehall a invité Gentleman pour sa dernière sur scène… Il était temps de s’asseoir un peu après ce passage remarquable de l’artiste. Quelques minutes plus tard, Alpha Blondy est apparu sur scène, acclamé par ses chœurs qui chantaient « Alpha Blondy est là ce soir… ». Se prenant un peu trop pour une star, le chanteur africain a chanté ses inconditionnels Jérusalem, Hypocrite ou Cocody rock. Répétant un show qu’on avait vu une semaine auparavant à Istres, Alpha Blondy a malgré tout démontré ses talents d’artiste reggae. Annabelle de L’Epine
Plage de Rock
Du 05/07 au 09/08 aux Prairies de la Mer - Port Grimaud (83).
Jusqu’à présent ma seule idée sur les campings provenait des reportages de Zone Interdite ou Streap Tease. C’est-à-dire un truc pour fans de Johnny, buvant des kilomètres de bière, regardant le Tour de France sur une vieille télé à antenne portative, pendant que leurs enfants bronzent sans surveillance sur la plage voisine. Une fois de plus la télé nous trompe. Il m’a été donné pour la première fois de ma vie d’entrer dans un camping, en l’occurrence Les Prairies de la Mer à Port Grimaud, pour assister au festival Plage de Rock, et je dois dire que je ne le regrette pas. Ce camping est une ville dans la ville de 8000 personnes où on trouve tout (supermarché, bar, salle de jeux…) et la population n’est pas plouc du tout, un mélange hétérogène de nationalités et de personnes entre 3 et 55 ans. Le nombre de fille entre 20 et 30 ans est lui tout bonnement ahurissant, à tel point que tout mâle qui se respecte regarde davantage les passantes que les concerts. Concerts plus qu’étonnants, car pointus à l’extrême. On imagine que le gérant du camping est un fan de musique indé et se fait plaisir avec un budget de dingue : regardez un peu le monde présent cette année : Stuck in The Sound, Das Pop, The Blood Arm, Hey Gravity… mais on retiendra surtout Koalin et Rhesus pour l’espoir que nous, français, mettons sur nos compatriotes, Bishops entre retro et décibels où le chanteur est un clone de Passe-Partout de Fort boyard. Les plus grosses pointures étant !!! (Tchick, Tchick, Tchick) fonctionnant uniquement à l’énergie pour une machine à danser sortie d’une cave new yorkaise et Art brut où des glandeurs britanniques nous proposaient une sorte de punk avec un chanteur au look très approximatif (en chaussettes dépareillées et trouées), déclamant des textes sur des détails du quotidien pendant que derrière lui un groupe se déchaînait, inventant des mélodies soniques et distordues. Quand je vous aurai dit que la scène est à 50 mètres de la mer et l’entrée gratuite je suis sûr que vous serez là l’an prochain. Simon Pégurier
Nuits Guitares
Tété / Caligagan
Le 07/07 au Jardin de l’Olivaie - Beaulieu sur Mer (06).
Avec leurs faux airs de Nuits du Sud, les Nuits Guitares de Beaulieu commencent à se faire un nom chez les aficionados de la “ gratte ”. Pour leur huitième année d’existence, elles nous ont offert un programme pour le moins... éclectique. Trois soirées, 3 têtes d’affiches, 3 conceptions de la musique : le Jardin de l’Olivaie recevait le star ac’ rocker Pascal Mono, le virtuose Al Di Meola et un certain Tété — cherchez l’erreur. Samedi, soirée de clôture. Ambiance familiale, les vacanciers en short côtoient la jeunesse locale. C’est à la faveur d’un été tendance nuages que Tété et ses musiciens investissent la scène, gracieusement chauffée par un Caligagan plus roots que jamais. Les dreads en moins et l’humour en plus, c’est un Tété à casquette et à la tchatche inépuisable qui débarque. Le tubesque Fils de cham ouvre le bal, revu et corrigé par ses deux choristes survoltées. Les trois albums s’égrainent et diffusent la cool attitude d’un one guitare-man show, à grand renfort de bonne humeur. 1h30 plus tard, l’effet euphorisant a opéré et Beaulieu n’est pas prêt d’oublier l’attachant Tété... Aurélie Selvi
Nuits Guitares
Al Di Meola & Midsummer Night Quartet / J.J. Cifarelli Trio
Le 06/07 au Jardin de l’Olivaie - Beaulieu-sur-Mer (06).
J.J. Cifarelli ouvre la soirée alors que la nuit n’est pas encore là. Du blues mâtiné de folklore italien, les influences de la chanson napolitaine ressortant de ci de là des chorus de J.J. Une façon de jouer toute transalpine, une bonne humeur communicative et un show électrique et éclectique d’excellente qualité. Après un court moment de mise en place, on s’attendait à un concert de jazz rock, mais c’est muni de sa guitare acoustique qu’Al Di Méola (né dans le New Jersey mais bel et bien italien d’origine) prend place sur sa chaise. Il est vite rejoint, après deux morceaux, par son percussionniste Gumbi Ortiz, puis par deux jeunes musiciens italiens Fausto Beccalossi à l’accordéon et Peo Alfonsi à la guitare. Un concert où la musique sarde va alterner avec la musique argentine (Di Méola était très copain avec Piazzolla) et espagnole. Très rapide comme à son habitude Al Di Méola va enthousiasmer les nombreux guitaristes présents dans l’olivaie par sa virtuosité. Mais sa musique est aride, il faudrait presque la connaître par cœur pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur et le spectateur lambda a vite fait de décrocher malgré quelques moments de grâce où le dialogue guitare-accordéon laisse passer de belles émotions. Ils finiront la soirée par un magique et magnifique Mediterranean sundance tout à fait de circonstance, laissant l’assistance complètement in the mood ! Jacques Lerognon
Les Plages Electroniques
Du 04/07 au 08/08 sur la Plage du Palais des Festivals - Cannes (06).
Les plages Electro de Cannes s’achèvent après cinq dates retentissantes. La fréquentation a battu tous les records et tous les espoirs. Les organisateurs peuvent se féliciter d’avoir réussi ce nouveau challenge pour la deuxième année consécutive !! Une ambiance terrible, des soirées à thèmes avec des artistes de qualité et un prix encore une fois raisonnable. J’ai personnellement beaucoup aimé la soirée techno minimal, avec Jennifer Cardini, qui a su se faire suffisamment dancefloor pour apprivoiser les plus réticents. En route pour l’année prochaine, alors, car on espère bien une troisième édition, histoire de prouver à nouveau aux grincheux que la culture cannoise n’est pas éteinte et que lorsque l’on propose de la qualité aux “ jeun’s ” (comme ils disent), ils répondent présents ! On vous attend donc en 2008 et, encore une fois, VOUS NE DIREZ PAS QU’ON NE VOUS AVAIT PAS PREVENUS !! Vic Polsinelli Crédit Photo (c) Vic Polsinelli
Gare aux Oreilles
Du 27 au 30/06 à La Gare - Coustellet (84).
Ce festival est, comme son nom le laisse entendre, un temps de rencontre inclassable où l’on vient ouvrir grand ses oreilles aux musiques hors normes et où il fait bon découvrir la vie insolite installée autour de cet événement organisé à la Gare de Coustellet. Des ateliers, des rencontres et de la musique avec cette année Fantazio et Nosfell. Le premier présentait un nouveau répertoire après une série de résidences. Jazz, blues et accidents sonores entre deux poésies débridées, Fantazio a dignement débuté ce festival. Nosfell, avec des résonances plus électriques, n’a pas non plus manqué d’étonner la foule, venue applaudir, ce même soir, l’anglais Charles Hayward à la batterie. Mais c’est certainement la virtuosité débridée des Suisses de Stimmhorn qui remportent la palme d’or de ce festival. Pogofonic et Tudosok ne sont pas loin derrière ainsi que les déambulations de Thierry Madiot. À la dernière minute, les marseillais Emmanuel Crémer et Baltazar Montanarot, ont remplacé le groupe Les Hauts de Plafond par une belle improvisation. Cristel Bérard
Zik Zac Estival
Africando / Gnawa Diffusion / Son Veneno...
Le 05/07 au Stade Pratesi - Aix en Provence (13).
Le festival Zic Zac a investi le stade Pratesi du Jas de Bouffan avec “ métissage ” pour seul mot d’ordre imposé, qu’il soit humain ou musical. La soirée du 5 juillet a donc revisité les sonorités africaines, dans ce qu’il y avait de plus original et de plus mixte, deux scènes en plein air se relayant la musique. Tchalé a ouvert le bal par une série de chansons béninoises traditionnelles sur fond de blues : une douce entrée en matière. Malgré le vent, le talentueux et international collectif Son Veneno a débarqué avec un mélange explosif de salsa, reggae, métal et de hip-hop aux accents africains. Sans transition, un concert tendre, à l’image même du festival : Jawa et Rit, qui ont présenté le fruit d’une collaboration entamée en 2002. Puis la salsa d’Africando, qui fêtait ses trente ans d’existence, a enthousiasmé la foule. Enfin, Gwana Diffusion a soutenu son dernier opus, Fucking cowboys, pour un public toujours curieux, réceptif et avide de partages mélodiques. Jeoffroy Vincent
Zik Zac Estival
Du 04 au 06/07 au Stade Pratesi - Aix en Provence (13).
De la Zik festive dans une Zac populaire, rien d’étonnant si ce n’est à Aix, ville bourgeoise par excellence. Et pourtant, ce festival a su se faire une belle place puisqu’il fêtait cette année sa 10ème édition. Pour ouvrir le bal, un Sanseverino version “ big bang ”, avec les bras tatoués et une crête effilée sur la tête. Le poète punk ne s’est rien refusé, pas même une sortie de scène cul nu avant de réapparaître dans un sombre costume pour le dernier rappel. Du grand Sanseverino, porté en première partie par le dynamisme des Poum Tchack, qui jouaient là en terre conquise. Le lendemain, séquence métissage avec les rythmes d’outre-mer d’Africando et séquence émotion avec la tournée d’adieu de Gnawa Diffusion. Pour clôturer l’évènement, après le groupe marseillais Dupain et le couple touareg Toumast, l’Orchestre National de Barbès a rassemblé et fait danser une foule aussi hétéroclite que leur musique. Une soirée terminée en fanfare et un bel hommage aux valeurs populaires de ce festival. Cristel Bérard
Les Estivales
Sizzla / Israël Vibration / Alpha Blondy
Le 05/07 au Palio - Istres (13).
Du dancehall, du roots reggae et du reggae africain… Ça s’annonce bien ! Contrairement à ce que chacun semblait penser, c’est Sizzla qui a démarré la soirée. Turban bleu marine et costume gris, le célèbre artiste dancehall a interprété quelques-uns de ses grands titres. Entre deux pull up, l’artiste déchaîné a chanté un Women I need you captivant. S’il n’est resté que 45 minutes sur scène, Sizzla est bel et bien “ still blazing ” comme on pouvait le voir sur l’un des drapeaux accrochés sur scène ! Applaudi et acclamé par tous, Israël Vibration a débarqué sur scène porté par les bons sons de batterie et de guitare. Interprétant Wish you were here et Far away, une chanson de leur dernier album, les deux chanteurs n’ont pas hésité à démontrer leur énergie ! De Red eyes à Natty dreadlocks, Israël Vibration a encore une fois définitivement su combler son public ! Pour terminer, les vétérans du reggae ont même chanté quelques mots de français, s’exclamant « If you love reggae music ce soir, sautez sauteeeez ! ». Enfin, c’était au tour d’Alpha Blondy, qui a démarré avec Jérusalem et Hypocrite. Enjoué et déterminé, le rasta a clamé à plusieurs reprises son amour pour la Côte d’Ivoire et enchaîné sur Haridjinan. Après un bref rappel, le griot africain est revenu pour chanter son célèbre Brigadier sabari. Du bonheur en plein air… ! Annabelle de L’Epine
Les Estivales
Elista / Kaiser Chiefs / Sonic Youth
Le 03/07 au Palio - Istres (13).
Lorsque le groupe de pop rock français Elista entre en scène, les spectateurs ne se battent pas dans la fosse, mais préfèrent discuter dans les gradins en sirotant des bières. Il faut dire que même si au premier abord Elista a la pêche, les morceaux se suivent et se ressemblent… Pour Kaiser Chiefs, quelques minettes surexcitées descendent remplir un peu la fosse, afin de sautiller gaiement sur les « rubyrubyrubyruby » et autres « nananananana ». Lorsque les plombs pètent, les mines enjouées prennent des airs de fin du monde. 5 minutes après, c’est reparti. Ça devient vraiment long pour la plupart des fans de Sonic Youth. La mise en place du matériel des new-yorkais est longue, très longue. Les gradins se vident, la fosse se remplie. Puis ils arrivent, enfin. Kim Gordon porte une robe blanche des années 60, Thurston Moore a les cheveux en bataille et l’air d’un étudiant, et Lee Ranaldo, avec ses cheveux gris, entre en scène mort de rire. Pendant une heure, ils ont joué les morceaux de leur dernier album mais aussi quelques-uns plus anciens, histoire de satisfaire les fans. Satisfaits ? Moyennement en fait. Basse trop forte, guitares pas assez en avant, voix presque inaudible… On aurait aimé entendre Youth against fascism, Kool thing, ou Dirty boots. Malgré cette pointe de déception, ça reste Sonic Youth. On aurait simplement aimé les voir ailleurs, avant. Virginie Ratto
Furia Sound Festival : Sonic Youth
Sonic Youth toujours vert
Le 01/07 sur la Base de Loisirs de Cergy-Pontoise (95).
Dimanche premier juillet, il est 18h50 au Furia Sound Festival. D’habitude calme et paisible, la base de loisirs de Cergy-Pontoise, en région parisienne, est secouée par les déflagrations sonores de Sonic Youth, mythique groupe de rock indé. Emmenés par le duo Kim Gordon, en robe blanche immaculée et Thurston Moore, chemise blanche qui flotte sur un jean, les new-yorkais effectuent une tournée pour la réédition de l’album Daydream nation, sorti en 1988. Accompagné de l’ancien bassiste du groupe Pavement, le quartet de la jeunesse sonore alterne périodes expérimentales et énergiques, fureurs et nuances, sans même jouer les classiques du groupe. Les dissonances et les mélodies s’entremêlent, le concert est captivant. Dans le public, les slams se succèdent, mais non sans précaution : le slammeur le plus assidu, crête iroquois, t-shirt rouge et pantalon militaire, n’a pas oublié de mettre des bouchons d’oreille. Très professionnel, Sonic Youth cesse de jouer après une |