Lundi 6 Février 2012
Nouvelle Vague | Actualité musicale Sud-Est & ailleurs
Actualité musicale Sud-Est & ailleurs
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Concerts vus et entendus

LES TAMBOURS DU BRONX
Les Tambours du Bronx sont nés en 1987 quand ils ne devaient préparer qu’une seule prestation dans le cadre du festival « Nevers à l’aube ». Cependant, c’est l’aube d’un groupe de percussions urbaines qui sort du ghetto afin de faire la première partie de Johnny Hallyday, Jimmy Page et Robert Plant, KoRn et Metallica. Tout ça en frappant sur des bidons en métal ? Eh oui. Pourtant, leur musique a évolué en utilisant actuellement des sons synthétiques, samples, chants, et en mélangeant des styles divers comme afrobeat, rock ou techno. J’ai eu l’occasion de chroniquer leur dernier album “Fukushima : Mon Amour” (sorti en avril 2011). Un album live qui donne une énorme envie de découvrir le groupe…en live. Et l’occasion s’est présentée. Le Théâtre Lino Ventura est plein, le public (composé de personnes de tous les âges) est impatient. D’après les images et les vidéos qui circulent sur Internet, on devrait s’attendre à un spectacle grandiose. La soirée percussions commence par la merveilleuse performance des élèves de la Classe percussions du Conservatoire National à Rayonnement Régional de Nice. Ils sont passés par les différentes traditions du tambour et ont ainsi agité le public et réchauffé l’ambiance. Pourtant, rien ne peut être comparé au bon son du bidon ! Les Tambours du Bronx montent sur scène : 16 musiciens (13 aux bidons, 2 au stand à samples et 1 au synthétiseur), torse nu, prêts à faire exploser la salle. Et l’effet est obtenu : la mise en scène est impressionnante, l’éclairage est mystique, les musiciens frappent sur les bidons avec une énergie surhumaine, ils crient, ils encouragent et dynamisent le public. Une violente symphonie qui ne laisse guère indifférent et qui amène tout le monde à battre au rythme des Tambours. Entre autre, on a eu l’occasion d’entendre les titres explosifs Noki, Speed Machine, Fever et Aktivtonkor, ainsi que l’agréable Nostalic. Certains fans sont partis en prenant comme un trophée les bidons déformés ou les mailloches cassées. Quant à moi, je suis partie en emportant une interview exclusive et en gardant un souvenir inoubliable... Lyuba Sofronieva


Le tour du monde de Kyle Eastwood
Concert du 20 novembre 2011 à l’Espace Julien, Marseille
Dans la famille Eastwood, il y a d’abord le père, Clint, incontournable cinéaste-comédien et Kyle, musicien de jazz, fils aîné d’une lignée qui compte pas moins de 9 héritiers. Bonne pioche pour passer une fin d’après-midi d’hiver agréable. Un piano, deux cuivres, une basse et contrebasse au bout duquel Kyle, tout de noir vétu, bat la cadence. On entre dans la danse avec Marciac, composé en hommage au Festival de jazz. Dans les mains du grand Kyle, la contrebasse, qui a une ligne courte, semble rétrécie et en plus d’en jouer joliment, le musicien parle suffisamment français pour présenter ses compositions et communiquer avec le public. Pour Soul Captain et Tonic, il délaisse sa fameuse contrebasse pour une basse électrique d’un vert tout aussi cosmic que le morceau suivant. Sur scène, le son devient plus groove, les solos s’enchaînent, saxo et trompette se déchaînent. Le voyage continu avec Marrakech et la belle performance du pianiste, qui fouille dans le ventre de son instrument pour tirer des sonorités orientales. S’ensuit Andalucia, avec une tonalité hispano et Café Calypso plus funk. Puis, c’est la mélodie du film Letters from Iwo Jima. Un dialogue tout en douceur entre piano et basse. Moment de pure émotion pour les inconditionnels des films de papa et c’est déjà la fin. Applaudissement et retour sur scène de Kyle et de sa bande pour deux rappels encore. 20 heures, le voyage se termine définitivement. Kyle et ses musiciens retrouvent à l’entrée le public pour une séance de dédicaces et après deux heures de pur régal, chacun repart avec le sourire aux lèvres. Cristel Béguin


JULIEN DORÉ
Le 03/12 à Cannes (06)
Le Palais des Festival était – il assez grand pour Julien Doré ? L’ancien candidat télé crochet n’a fait qu’une bouchée de la salle cannoise. Devant un parterre quasi plein, l’ex chanteur à la barrette a enchaîné chansons énigmatiques et tubes avec un large panel de talents. Le show man d’abord. Entre « baie des anges », parfaite pour l’occasion et « Roubaix mon amour », l’interprète joue avec des cymbales de façon acrobatique sur de la musique mélancolique. N’importe quel chanteur aurait eu l’air ridicule, mais Julien Doré illumine la salle de son charisme indéniable. L’humour vient ensuite. Une couronne de fleurs sur la tête, le musicien esquisse des pas chassés – souvenir de ses fréquentations cannoises chez Rosella Hightower. Le rire avant le Quart d’heure canadien acoustique. Avec ses musiciens et sa guitare, le chanteur emmène les spectateurs à « Winnipeg », ville canadienne surestimée. Julien Doré pouvait enfin soulever les foules avec « les limites » ou « First Lady» devant une fosse debout surexcitée. Une standing ovation pour le dernier concert du chanteur qui, la larme à l’œil, refait « Kiss me forever »guitare – voix. La boucle est bouclée. Solène Lanza


HOUSSE DE RACKET
Le 28/10 à Nikaïa Live à Nice (06).
Faut-il porter des baskets pour aller voir Housse de Racket sur scène ? Le débat faisait rage chez les rares hipsters venus à Nikaïa Live. La petite salle niçoise n’avait, en effet, pas déplacé les foules ; et ce malgré sa tête d’affiche au deuxième album bien marketé et bon à écouter. Mais avant le coup d’ « Alesia », il fallait affronter la première partie. Et devant le quatuor Killtronik et le jean troué de son chanteur, les mines étaient dubitatives. Mais le groupe cannois a plus d’un tour dans son sac. Les chansons électro rock « Dresscode » ou « Travel to your heart » transforment, comme par magie, la fosse en dancefloor. Une réelle bonne surprise pour ceux qui avaient assuré une première partie des Stranglers moyenne, en septembre dernier à Cannes.Et après c’est le choc. Surtout pour ceux qui ne sont pas Housse de Racketophile! Ils ne sont que deux sur scène et donnent pourtant l’impression d’avoir un orchestre! Pierre à la guitare et Victor à la batterie, avec une énergie époustouflante, rivalisent avec les machines électroniques dès les premières notes d’« Human Nature ». Et c’est parti pour un spectacle poppy bluffant. La rigueur et la puissance sonore sur « Apocalypso » ou « Château » étonnent venant de si minces silhouettes. Les esprits s’échauffent et les pieds trépignent sur « Oh yeah ! ». L’ambiance est à son comble et le son au maximum au point que les paroles simplistes de « Synthétiseur » passent pour être en anglais. Bilan à la sortie: énergie rackettée mais forte comme un coup de basket fluo aux fesses. Solène Lanza



NED
Le 27/10 à La Machine à Coudre de Marseille (13).
Le silence n’était pas de rigueur au Festival Chhhhhut de Marseille. Loin des mélodies lancinantes d’Applause, habitué au Cabaret Aléatoire grâce au dernier Festival Marsatac, la Machine à Coudre tirait les ficelles du festival turbulent. Le temple de la Singer vintage accueillait 3 groupes tout aussi bruyants qu’étonnants : Api Uiz, Ned et Kouma. Le groupe de free-jazz core a longtemps résonné dans la petite salle aux murs colorés. Le trio lyonnais a usé de son saxo et de sa guitare baryton dans un son musclé et expérimentale. Pourtant ces accords saturés rythmés par les cuivres ont trouvé leur public. Les mouvements de la tête des curieux en sont une preuve bien établie. Le temps de prendre une pression au bar, Ned assure la relève. Un relais tout aussi tapageur mais bien plus carré. A l’écoute des morceaux talentueux tels que "44%" ou "The message" sur scène, on sent les heures de compteur du groupe lyonnais. Ses 13 ans d’existence et ses concerts aux 4 coins du monde ont forgé une maîtrise exemplaire des 3 musiciens. Un bordel renversant qui laisse beaucoup sans voix. Alors que retentit la fanfare chaotique d’Api Uiz, une seule remarque vient perturber : Devoir réserver à cette heure tardive, les concerts de découvertes. Mais il n’y a pas à dire, la nuit, tous les groupes sont noizy. Solène Lanza




THE LOST FINGERS
Le 12/11 - Le Poste à Galène à Marseille (13)
Place de concert en poche, direction Le Poste à Galène pour découvrir pour la première fois en live The Lost Fingers, un incroyable trio québécois. Arrivé à la salle de concert, agréable surprise : quelques personnes en train de papoter et d’autres assis autour de tables en train de boire un verre, on pouvait y retrouver le véritable esprit convivial et festif des pubs traditionnels. Trêve de bavardage, le groupe monte enfin sur scène en trois pièces blanc et nœud pap. Ces trois grands musiciens se jouent de leur style très kitch et ainsi charment le public en revisitant, façon jazzy-gypsy, des tubes surprenants des années 80 empruntés notamment à AC/DC, Stevie Wonder, Technotronic, Bon Jovi, Michael Jackson, George Michael, Samantha Fox ou encore Céline Dion... Et comme au bon vieux temps dans les cinémas voilà que The Lost Fingers nous la joue en version old school en faisant un entracte après 45 minutes de show. Pour finir cette soirée, le trio nous offre un nouveau titre repris du célèbre Stromae : « Alors on danse » et là l’ambiance est à son pic ! Leur tournée française s’achève sur une belle note Marseillaise, et pour leur dernière soirée le groupe invite les spectateurs à finir la soirée au Poste à Galène en leur compagnie. Julien Gillet


Le tour du monde de Kyle Eastwood
Concert du 20 novembre 2011 à l’Espace Julien, Marseille
Dans la famille Eastwood, il y a d’abord le père, Clint, incontournable cinéaste-comédien et Kyle, musicien de jazz, fils aîné d’une lignée qui compte pas moins de 9 héritiers. Bonne pioche pour passer une fin d’après-midi d’hiver agréable. Un piano, deux cuivres, une basse et contrebasse au bout duquel Kyle, tout de noir vétu, bat la cadence. On entre dans la danse avec Marciac, composé en hommage au Festival de jazz. Dans les mains du grand Kyle, la contrebasse, qui a une ligne courte, semble rétrécie et en plus d’en jouer joliment, le musicien parle suffisamment français pour présenter ses compositions et communiquer avec le public. Pour Soul Captain et Tonic, il délaisse sa fameuse contrebasse pour une basse électrique d’un vert tout aussi cosmic que le morceau suivant. Sur scène, le son devient plus groove, les solos s’enchaînent, saxo et trompette se déchaînent. Le voyage continu avec Marrakech et la belle performance du pianiste, qui fouille dans le ventre de son instrument pour tirer des sonorités orientales. S’ensuit Andalucia, avec une tonalité hispano et Café Calypso plus funk. Puis, c’est la mélodie du film Letters from Iwo Jima. Un dialogue tout en douceur entre piano et basse. Moment de pure émotion pour les inconditionnels des films de papa et c’est déjà la fin. Applaudissement et retour sur scène de Kyle et de sa bande pour deux rappels encore. 20 heures, le voyage se termine définitivement. Kyle et ses musiciens retrouvent à l’entrée le public pour une séance de dédicaces et après deux heures de pur régal, chacun repart avec le sourire aux lèvres. Cristel Béguin


JULIEN DORÉ
Le 03/12 à Cannes (06)
Le Palais des Festivals était-il assez grand pour Julien Doré ? L’ancien candidat télé crochet n’a fait qu’une bouchée de la salle cannoise. Devant un parterre quasi plein, l’ex-chanteur à la barrette a enchaîné chansons énigmatiques et tubes avec un large panel de talents. Le show man d’abord. Entre « Baie des anges », parfaite pour l’occasion et « Roubaix mon amour », l’interprète joue avec des cymbales de façon acrobatique sur de la musique mélancolique. N’importe quel chanteur aurait eu l’air ridicule, mais Julien Doré illumine la salle de son charisme indéniable. L’humour vient ensuite. Une couronne de fleurs sur la tête, le musicien esquisse des pas chassés – souvenir de ses fréquentations cannoises chez Rosella Hightower. Le rire avant le Quart d’heure canadien acoustique. Avec ses musiciens et sa guitare, le chanteur emmène les spectateurs à « Winnipeg », ville canadienne surestimée. Julien Doré pouvait enfin soulever les foules avec « Les limites » ou « First Lady» devant une fosse debout surexcitée. Une standing ovation pour le dernier concert du chanteur qui, la larme à l’œil, refait « Kiss me forever » guitare-voix. La boucle est bouclée. Solène Lanza


ZIK ZAK
Concerts septembre 2011, Aix-en-Provence (13)
Le festival aixois a fait fort pour sa quatorzième édition. Au pied du viaduc de l’Arc de Meyran illuminé pour l’occasion, c’est au milieu des chapiteaux et de la scène ouverte que s’est déroulé le Zik Zac. Comptez deux scènes, des petites expositions et des performances de grapheurs sur le site, et on oublie totalement l’autoroute et la ville qui nous entoure ! Il y avait beaucoup de monde ce premier soir, au point de frôler les cinq milles personnes pour ce petit festival qui a ouvert le bal avec Poum Tchak et Massilia Sound System, rien que ça ! Si les lascars de la cité phocéenne n’ont pas pris une ride et ont assuré un live féroce en payant leur tournée de joie, de bonne humeur et de pastaga comme à leur habitude, le Zik Zac a surtout permis de présenter une sélection multiculturelle osée d’artistes issus d’Afrique comme d’Europe. Tout d’abord Timek, groupe aixois au ska électrifié tendant à revendiquer la diversité culturelle et le métissage via son collectif Entre Peaux, a impressionné par sa présence scénique, prouvant que guinguette et dubstep peuvent très bien aller de pair ! Les percussions endiablées d’Ejo Groove et les choeurs ancestraux du groupe ont su convaincre par la joie de vivre qu’ils dégageaient. Dans un ensemble plus harmonique, Poum Tchak est resté fidèle à son mélange explosif entre rock, swing et jazz classieux dans un bel hommage à Billie Holiday à l’occasion de son nouvel album. Enfin, ce premier soir se termina avec Flox, qui a également surpris par le mélange batterie/dj set de son dub atmosphérique. La programmation étant exemptée des têtes d’affiche le lendemain, le public était moins nombreux mais elle n’en était pas moins intéressante ! Le pari réussi du rock touareg de Toumast a aisément comblé son auditoire dans un hymne émouvant et électrique à la liberté des peuples par la sincérité de son engagement, mêlant chant traditionnel, percussions et guitare électrique, en équilibre entre orient et occident. Le groupe rock Dissonant Nation a encore démontré son énergie sur scène avec de nouveaux morceaux aux sonorités plus orientées pop. Le chanteur reggae Maxxo a assuré dans un live carré et avec un son irréprochable. Il n’y a rien à redire si ce n’est qu’on aurait préféré un peu plus de créativité dans ce festival visant à bousculer les frontières. Le Zik Zac s’est clôturé avec le Suédois Dubmood, gameboy dans les mains, accompagné d’une batterie métal et de deux chanteurs : une bien belle découverte entre chip music joyeuse et rythmes énervés ! Nos coups de coeur du festival vont à la chanteuse Sena, pour sa voix puissante et envoûtante et le groove de ses musiciens qui assuraient ce soir-là leur premier concert avec elle - autant dire que le meilleur reste à venir - et à Flavia Coelho, chanteuse et toasteuse de Rio de Janeiro survitaminée qui fusionne avec le public avec une facilité déconcertante. Un grand bravo aux organisateurs pour ces deux soirs très réussis. Souhaitons que ce type de programmation métissée aux croisements des cultures inspire plus d’organisateurs de la région ! Vincent Ammour


RAPHAEL SAADIQ
Les 03 et 21/07 au Festival Jazz de Montreux et Festival Jazz de Juan-les-Pins(06).
A Paris, Bourges puis à Juan-les-Pins pour ne citer que ces villes, Raphael Saadiq et ses musiciens ont arpenté les planches tout l’été. Pour avoir eu la chance d’assister à ses concerts à deux reprises en un mois, force est de reconnaître que l’homme qui tient parole, pseudonyme de l’artiste, est vraiment fait pour le live ! Le 3 juillet au Festival de Jazz de Montreux, Aloe Blacc termine son concert avec son désormais célèbre « I need dollar ». Le public bouillonne dans le « Miles Davis Hall » et attend ardemment le pape de la soul moderne actuelle. Vêtu de cuir, béret noir sur le côté et lunettes vintage, Raphael enchaîne ses classiques avec aisance. De « Big easy » à « Let’s Take a Walk », véritables tubes de l’album The Way I See It sorti en 2008, en passant par les titres « Heart Attack », « Day Dream » et « Good Man » de son dernier album Stone Rollin, Charlie Ray Wiggins, de son vrai nom, à été fidèle à sa réputation scénique. Comme à son habitude, « Let’s the Sunshine In », repris en cœur par le public, est venu clôturer un concert de près de 2h. Le 21 juillet 2011, au Festival de jazz de Juan-les-Pins, on retrouve le fil spirituel de Stevie Wonder, avec qui Raphael a d’ailleurs déjà collaboré. Entre le Lac Léman et la mer Méditerranée, rien n’a changé… Pour une première au « Jazz à Juan », l’artiste garde la même énergie et le public est conquis. Producteur, chanteur, Raphael Saadiq a commencé la musique dès l’âge de six ans, en jouant de la basse dans une église. L’artiste fait partie des précurseurs du new jack swing. Il a produit moult artistes et depuis 2002, a déjà sorti cinq albums solo. Et quand Libération lui demande de « qualifier » sa musique, l’intéressé répond : « Entre la pop d’aujourd’hui et la soul d’antan, c’est comme choisir entre une paire de chaussures bon marché et une bonne paire, certes plus chère, mais qui dure pour toujours. Moi, je suis ce mec qui a acheté une vieille paire d’occasion et qui lui redonne une deuxième vie ». En fait, Raphael Saadiq, c’est comme une bonne paire de Stan Smith, c’est élégant, ça se porte avec tout et c’est indémodable ! Maxime Morin


TOOTS HIBBERT
Le 21/08 au Mas des Escaravatiers.
Toots Hibbert est l’un des maîtres de la musique jamaïcaine. En plus d’avoir inventé le mot reggae, il s’est toujours démarqué de ses congénères par une référence toujours assumée à la soul music américaine et le titre de son album culte Funky Kingston résume l’état d’esprit de ses créations musicales dont certaines sont au firmament de l’histoire musicale de la Jamaïque. S’il est courant de croiser cet infatigable soulman sur les grands festivals reggae américains et européens, là, il se produisait au Mas des Escaravatiers. Et c’est tout de suite une expérience musicale d’une autre envergure que l’on vit en sa compagnie. Après un été bien rempli, le Mas nous proposait en guise de clôture de saison cette surprise de taille. Si la faible capacité d’accueil du lieu oblige les tenanciers à maintenir des tarifs plutôt élevés, c’est à chaque fois un sacrifice financier éminemment justifié tant il est possible là-bas de profiter de la musique, et seulement de la musique, comme presque nulle par ailleurs. A la hauteur des pieds de Toots Hibbert et de ses merveilleuses choristes, nous avons assisté hier à un magnifique concert de soul music. De la trempe de ce que les plus grands performers comme Otis Redding, Marvin Gaye ou Rufus Thomas pouvaient produire, avec en bonus une interprétation caribéenne syncopée juste comme il faut pour faire se déhancher un public captivé. Une voix touchante d’émotion et de puissance, un feeling incroyable, des chœurs rythm & blues hypers chantés, le tout accompagné d’un groupe rythmiquement parfait qui va au bout de ses forces sur scène : un bonheur ! A écrire ce laïus seul devant mon ordinateur, les frissons me parcourent encore. Merci à tous ceux qui de près ou de loin ont rendu ce miracle de sensualité possible. Emmanuel Truchet


ROCKORAMA
Du 8 au 10/07 à Toulon(83).
Rockorama, c’est un festival toulonnais de rock indépendant, nouveau venu sur la scène des rendez-vous estivaux. Pour sa 3ème édition, ce jeune festival a su se réinventer en proposant une programmation variée de groupes trop rare en France tels que Veronica Falls, Crocodiles et Robots in Disguise. Loin des grandes messes commerciales de l’été, ce festival s’est voulu intimiste et minimaliste. Un état d’esprit qui a été porté par l’ensemble des bénévoles et surtout des artistes. Ces derniers se sont ainsi montrés très proches du public avec qui, sous condition de maîtriser la langue de Shakespeare, ils ont bu un verre et échangé après leurs prestations scéniques. Un nouveau festival qui commence à trouver son public d’habitués et qui mérite d’être plus connu. Amateurs de rock indépendant rendez vous donc à Toulon l’été prochain ! Au final, qui a dit qu’il ne passait rien dans cette ville ? Mourad Rebbani


PANTIERO
Du 8 au 11/08 à Cannes(06).
Chaque année, tels les pèlerins partant célébrer Dieu, les adeptes de musique se massent au festival Pantiero de Cannes, avides de prestations sonores, de découvertes et de confirmations. Et cette année était un grand cru. Moins rock que l’année précédente, elle a permis à beaucoup d’assouvir leurs penchants pour une musique riche et pourtant, absente des ondes.
Day 1.
Ayant raté le premier groupe (La Femme, sorte de surf music teintée de pop) votre serviteur s’en remettra aux avis de ses complices qui n’auront retenu qu’une prestation en demi-teinte. Mais ouvrir en début de soirée n’est pas chose aisée… Bref, sans s’attarder, passons au second groupe : les bruyants et pourtant carrés Action Beat, cousins consanguins des Lightning Bolt. Ces derniers vont offrir une prestation sans concession, jouant leur noise énergique au beau milieu de la foule dans une tenue des plus dépouillées (slips et chaussettes). Assurément, c’est l’un des plus gros paris de ce festival que de programmer ce groupe anticonformiste qui fera pourtant l’unanimité. La tête d’affiche se profile et les géniaux Battles livrent un set impeccable avec la présence des divers invités de leur dernier opus apparaissant sur des écrans derrière la scène (Mention spéciale à Gary Numan et à Kazu Makino qui sera présente virtuellement avant de se produire le lendemain avec Blonde Redhead). Seul bémol, ils ne joueront que deux titres de leur premier album, plus riche que le second. Rassasiés de bruit blanc et de caisse claire, les festivaliers vont pouvoir se laisser happer par les dérives équilibristes de GaBlé, groupe français adepte des Butthole Surfers et autre Residents. En somme, une entrée en matière des plus réussies pour ce premier soir, malgré un manque d’affluence.
Day 2.
Après une journée d’échauffement assez intense, le festival se poursuit avec une programmation à faire pâlir d’envie les plus gros de ses concurrents. Suuns attaque en plein soleil et ces Canadiens arrivent à subjuguer la foule avec leur post punk répétitif et hypnotisant. Là encore, le seul regret est de n’avoir pas pu apprécier leur prestation dans un cadre plus obscur, permettant une immersion plus intense dans leur électro Krautrock abrasif. Zombie Zombie va alors livrer la prestation la plus ambitieuse de la Croisette, en jouant pendant une heure les thèmes des films de John Carpenter (mention spéciale à Halloween). Jouée impeccablement par le duo parisien, la musique peine à vraiment captiver le public. On se doit pourtant de leur décerner une mention spéciale pour avoir eu l’audace de se livrer à un tel exercice. Les lumières s’éteignent et le trio Blonde Redhead peut enfin en découdre avec une audience qui les attend de pied ferme. Troublants, sensuels et félins, les morceaux s’enchaînent à la perfection même si le trio se focalise plus sur ses dernières compositions, provoquant une certaine déception chez les fans de longue date. Un concert néanmoins magique. La foule amassée dans un état léthargique pourrait, comme les indignés de la Puerta Del Sol, ne plus vouloir quitter un lieu aussi féerique. Qu’à cela ne tienne, les très énervés A Place To Bury Strangers vont lui asséner un des plus violents coup de masse qu’il m’ait été donné de voir. Fiévreux, sans concessions, les trois New-Yorkais vont laminer les survivants de leur rock noise aux accents Shoegaze. Un déluge sonore va couper l’auditoire en deux, voyant les plus téméraires aller au bout d’un Live épique et généreux. La soirée de l’année !
Day 3.
Il y a sur le papier un coté moins rock, un contraste saisissant avec les soirées précédentes. Je dis bien sur papier car la réalité est moins tranchée. Le génialissime Publicist attaque au milieu de la foule et dés les premiers morceaux, ce batteur armé d’un vocodeur va faire se déhancher les plus sceptiques sur une bande son évoquant Miami Vice et ses dérives. Sûrement la plus belle découverte de ce festival. The Field va alors continuer les hostilités, en groupe, à l’aide d’un batteur et d’un bassiste. Le producteur suédois va faire monter la pression crescendo jusqu’à chauffer la foule à blanc. On ne pouvait attendre moins d’une des révélations du label Kompakt. La foule est prête à accueillir Arnaud Rebotini, premier artiste à faire sa deuxième prestation au Pantiero. En 2008, il avait été impressionnant. Ce soir-là il fut magistral. Promenant sa dégaine d’Elvis trash entre les lights et les fils de ses claviers analogiques, il jouera sans concession et fera danser un public conquis sur ses sons très darks. La soirée aurait été parfaite, s’il n’y avait pas eu la tête d’affiche : le pompeux et surestimé Paul Kalkbrenner, bouffi d’orgueil et baillant en mixant sa soupe. Il ne me laissa que la sensation d’une erreur de programmation. On était en droit d’attendre après les trois premiers groupes un génie de la trempe d’Amon Tobin ou Murcof. Au lieu de cela, on eut droit à une vaste fumisterie égocentrique décrochant allégrement la palme de l’artiste-qui-s’est-trompé-de-festival.
Day 4.
Après une soirée presque parfaite et surtout une déferlante de musiciens géniaux, le quatrième soir était le plus éreintant. On a à peine assimilé les jours précédents que déjà la fin se profile... Sous un soleil peu propice, Walls tente de capter l’attention du public avec sa musique aux ambiances drone. Le duo est vaillant mais trop handicapé par des conditions peu adéquates. Dommage, car là encore, on gardera une impression de frustration. Gold Panda va enchaîner avec un set un peu monolithique mais très convaincant. Pas vraiment amateur de minimal, il faut tout de même reconnaître un certain talent au personnage qui allie sons hip hop et visuels inspirés. La grosse tête d’affiche se profile et les adeptes d’électro vont pouvoir se laisser envoûter par Trentemoller. Il arrive avec une armada sonore ultra-efficace (deux guitaristes, un bassiste, un batteur, une chanteuse). Faisant copuler électronique et organique sur un brasier cold wave, le concert sera celui qui marquera le plus les esprits par son aspect efficace et innovant. Après ce déferlement hybride, la tache s’annonce difficile pour le jeune Anglais Nathan Fake. Il s’en sortira pourtant avec brio. Son électro minimal, pouvant se rapprocher d’un Aphex Twin 90’s, va faire mouche. Mais même avec cela, la soirée reste incontestablement celle du Danois qui clôture en beauté une édition réussie. Un Pantiero qui reste définitivement l’un des meilleurs festivals de France. Jean-Paul Boyer


REGGAE SUN SKA
Le 5, 6 et 7/08 à Pauillac (33)
Reggae « Rain » Ska
Janis Joplin retentit… Les camions soixante-huitards diffusent en bord de route l’artiste défunte faisant planer comme un air de Woodstock sur les côtes françaises de l’Atlantique. Malgré des conditions climatiques proches du légendaire festival hippie, il s’agissait bien de la 14ème édition du Reggae Sun Ska qui se déroulait les 5, 6 et 7 août en plein cœur du Médoc, à Pauillac. Le site mis à la disposition pour accueillir l’événement : une ancienne friche industrielle de 30 ha sur les bords de l’estuaire de la Gironde spécialement défrichée pour l’événement. Plus de 50 000 personnes se sont ainsi massées durant trois jours au cours desquels 45 artistes, répartis sur trois scènes différentes, se sont produits en dépit d’une météo déplorable. Vendredi 17 heures, le festival ouvre ses portes. Dubmatix, dans un style dub, reggae, drum, lance les festivités pour une première soirée qui sera plus ragga dance que reggae roots.
Sous une pluie battante, Raggasonic s’empare de la scène Rebel Music. Présent depuis 1990, le groupe français continue de faire bouger les foules malgré un répertoire quelque peu répétitif mais qui fait toujours l’unanimité… La Dub Incorporation prend le relais…Fidèle à sa réputation en live, les Stéphanois enflamment la scène One Love. Textes engagés et voix ultra complémentaires, Bouchkour et Komlan conquièrent le public. Sur une note venue tout droit des Antilles, Admiral T clôt cette première soirée avec un dancehall toujours aussi entrainant et efficace. Plus tôt, Andrew Tosh, fils de la légende jamaïcaine Peter insufflait au festival sa première véritable touche de reggae.
3 heures, les portes se ferment… Percussions et murs du son n’ont pas fini de rythmer la nuit des festivaliers. Le chemin est rude pour rejoindre sa tente… Sur la route, chaussettes, tongs, détritus gisent dans la boue alors que de nombreux fêtards en perdition peinent à cuver leur vin sur un goudron détrempé… Le festival a bel et bien commencé. Estomacs et foies n’ont pas fini de souffrir...
Malgré un temps toujours aussi chaotique, le public est toujours en nombre pour suivre les têtes d’affiche de la soirée de samedi : Patrice, Toots & The Maytals ou encore Danakil. Broussaï, aujourd’hui devenu une référence sur la scène reggae française, paraît pour la première fois au Reggae Sun Ska. Inspiré en partie par Israël Vibration ou Bob Marley, le groupe, relaxé en conférence de presse et très accessible ne déçoit pas son public... Sur les coups de 22 heures, Patrice entre en scène. Très performant en live, le chanteur allemand est à la hauteur de sa réputation. Une voix léchée et chaude de soul reggae man, des mélodies folk et une générosité sur scène à couper le souffle. Probablement le meilleur cru de cette cuvée 2011, l’artiste enivre la scène One Love...
Après avoir apprécié la prestation de Monsieur Bart William, dit Patrice, direction la scène Natty Dread pour Toots & The Maytals. De Pressure Drop à 54-46 That’s my number, Frederik « Toots » Hibbert et ses compères livrent une véritable leçon de reggae. A 65 ans, le timbre de voix du leader des Toots reste intact et sa prestation inspire toujours autant de classe et de respect. Jah rastafari ! Plus tôt, la scène néozélandaise s’était également démarquée : entre une Ladi6 au flow percutant rappelant une certaine Lauryn Hill et les débuts sur la scène française du très bon groupe 100% reggae Katchafire, les artistes maoris ont démontré le rayonnement de la scène reggae du côté du Pacifique.
Dimanche, quelques éclaircies embellissent le ciel bordelais. La soirée se présente sous le meilleur des auspices. Winston McAnuff, Stephen Marley ou encore Harrison Stafford figurent parmi les pointures de ce troisième et dernier jour. Le premier, en duo avec le Bazbaz Orchestra, lance les hostilités. L’album A Bang, dernier opus du tandem est revisité avec maitrise. Les classiques Paris Rockin, Sentenced ou encore Sort Me Out sont également récités par le « Dread Electric » et ses musiciens. Une apparition pleine de fraîcheur et de fougue pour l’une des figures emblématiques du reggae qui fêtait, à l’occasion du festival, ses vingt-cinq ans de carrière.
Venaient ensuite les débuts très attendus d’Harrison Stafford pour sa première tournée en solo. Résultat : une prestation en deca de ses performances d’excellence avec Groundation. Une voix toujours aussi singulière mais moins envoutante notamment en raison d’un manque criant de cuivre.
Pour clore cette 14ème édition, la prestation de deux des fils Marley était attendue comme l’un des moments forts du festival. Grosse ombre au tableau : l’annulation de dernière minute de Ky-Mani Marley, remplacé par des étoiles montantes du reggae contemporain. Stephen Marley est quant à lui bien présent pour l’épilogue de ce festival haut en couleur. Son dernier album Mind Control plébiscité par la critique a été quelque peu délaissé par l’artiste, qui a préféré reprendre quelques classiques de son père…Malgré une averse violente, symptomatique de la météo de ces trois jours, le public s’est transcendé au rythme de la pluie pour reprendre en chœur les classiques No Woman No Cry, One Love, Jamming… Des tubes devenus aujourd’hui incontournables, repris par une scène reggae en perpétuelle évolution qui n’a pas fini de se renouveler et de rayonner sur le Médoc… Maxime Morin & Nicolas Feldmann


LES ENFANTS DU JAZZ
Le 22/07 Parc de la Sapinière- Barcelonnette(04).
Après un rendez-vous manqué l’été dernier pour des raisons de santé, le grand crooner de jazz était de retour ce vendredi 22 juillet pour un concert exceptionnel au parc de la sapinière. Barcelonnette et son 17e festival des Enfants du Jazz faisait en effet partie des 4 concerts donnés par Al Jarreau cet été en France. À 71 ans, ce géant du jazz, affiche une incroyable vivacité et il l’a même assuré à son public, venu nombreux le retrouver : « Vous voyez, j’ai tenu promesse. Désormais tout va bien. » La voix est intacte. Doté d’une large tessiture et d’une réelle souplesse, le chanteur est capable de sauts de registres impressionnants allant du jazz au R’n’B en passant par la pop. Sans s’interdire une touche de funk ou de soul. Al Jarreau reste cependant fidèle au jazz avec un style reconnaissable par un scat agile, percutant et lisse. Sur scène, l’Américain révèle tout son talent et survole quatre décennies de carrière. Avec sept Grammy Awards à son actif, il est l’un des chanteurs les plus polyvalents de la musique moderne, sans compter qu’il est peut-être le plus populaire. Autant dire un phénomène. La nostalgie est à son comble et la foule chantonne avec lui « Breakin Away ». Al Jarreau grimace, sourit, séduit un public de 7 à 77 ans. Une heure trente de régal pendu aux lèvres et un rappel jugé bien trop mince. Sauf que cette année, personne ne repart bredouille ni soucieux de l’état de santé de l’idole. Chacun est réjoui et a le sentiment d’avoir vécu un grand moment. Cristel Béguin


FESTIVAL JAZZ DES CINQ CONTINENTS
Le 20/07 au Jardins du Palais Longchamp- Marseille(13)
Au fil des ans, la programmation du FJ5C a acquis une renommée internationale. Pour cette 12e édition, la jauge du palais Longchamp a été élevée pour accueillir 3 700 personnes par soir. Au total, huit soirées programmées sur deux semaines avec des têtes d’affiche toujours plus importantes. Mais ce soir, celui que tout le monde se presse d’aller entendre, c’est le monstre sacré du jazz : Miles Davis. Pour les 20 ans de sa mort, le festival lui fait honneur avec des artistes tels que Herbie Hancock, Marcus Miller et Wayne Shorter. Trois géants qui ont joué aux côtés du grand trompettiste. Mais avant ça, c’est pas moins d’une heure de queue qu’il faudra faire ! La première partie (le pianiste Sénégalais Ray Lema qui se produit en trio) est donc zappée. Ça râle dans la file d’attente et les oreilles des organisateurs doivent siffler, mais c’est mérité. Enfin arrive le moment tant attendu. Dès les premières notes du trio, les cigales cessent de chanter, la foule retient son souffle, c’est comme une prière. Les phrasés se succèdent dans un puissant et impressionnant échange. Sean Jones à la trompette et Sean Rickman à la batterie accompagnent le trio légendaire. Le public est emporté, soulevé par les solos de basse et de clarinette basse de Marcus Miller. Et lorsque Herbie Hancock troque son piano contre son clavier blanc portable, qui a fait de lui l’icône du funk dans les années 70, c’est l’apothéose. Ses accords répondent merveilleusement au saxophone de Wayne Shorter. Le quintet effectuera généreusement plusieurs rappels, et au final c’est plus de deux heures de musique exceptionnelle, digne du grand Miles. Cristel Béguin


LES ESCAPADES 2011
Les 8 et 9/07 à Château-Arnoux(04)
Un nouveau festival au nom évocateur. Après les Festives de Font Robert, place aux Escapades. Un évènement plus populaire, festif et convivial. Trois jours de musique gratuite avec des têtes d’affiche moins prestigieuses que lors des Festives précédentes, mais des artistes locaux, reconnus par la critique et peu médiatiques. Ainsi se sont succédés le premier soir Melchior Liboà, avec sa poésie brute et sa mélodie sombre, et Ioanès Trio. La musique des trois énergumènes a porté au ciel les rythmes oubliés des complaintes tziganes, avant que n’entre sur scène, la fanfare Amsterdam Klezmer Band. Les cuivres de ces joyeux fanfarons ont transporté le public aux frontières d’une Europe de l’Est à la fois mélancolique et énergique. Un voyage agréable aux mélodies slaves et orientales. Le lendemain, la pluie a fait son chemin et bousculé la programmation. Le groupe Macadam Bazar s’est vu contraint de réduire son temps de chant et ce fut bien dommage. Avec une musique métissée, aux confins du monde et du réel, du punk et du ska, les six musiciens méritaient plus ! Mais 22 h 30 sonnait et Mamani Keita était là. L’ancienne choriste de Salif Keita et de Dee Dee Bridgewater était très attendue. Le ciel s’était enfin éclairci et la voix sans âge de la Malienne faisait des merveilles. Sur scène, sa forte personnalité transpirait. Ses chansons racontaient la savane et les villages de brousse, l’honneur et l’amour, la galère française d’une sans-papiers. Des paroles portées par une magnifique brocante sonore qui donnait tout son sens à cet itinéraire musical placé au cœur de la Provence. Une bien belle escapade ! Cristel Béguin


NICE JAZZ FESTIVAL
Du 08 au 12/07 au Jardin Albert Ier à Nice (06)
Quittant cette année Cimiez pour s’installer pendant cinq jours en plein centre ville, avec six concerts répartis sur deux scènes chaque soir, le Nice Jazz Festival a fait le plein : 6000 à 9000 spectateurs chaque soir. L’affiche était prestigieuse, elle a tenu ses promesses, avec une soirée finale exceptionnelle. Harry Lapp, le directeur artistique, a une fois de plus fait la preuve de son talent. Egalant presque le confort d’écoute des arènes de Cimiez, mais la magie en moins, le Théâtre de Verdure a bien rempli son rôle d’auditorium de plein air, toujours comble pour les concerts de jazz, tous de très haute tenue. Quant à la Grande scène qui accueillait les musiques voisines, bien que manquant de pelouse, de sièges, voire de tribunes, elle offrait à la foule qui s’y pressait, des conditions bien supérieures à celles des jardins de Cimiez. Offert à tous place Masséna, au Sang Neuf et un peu partout dans la ville, le festival « Off » (qui doit beaucoup à Ivoire Music, la Coopérative, le Cercle Méditerranéen Caraïbe, OthentiK-Mag et autres associations partenaires), varié et d’une grande qualité connut un grand succès. S’y illustrèrent notamment : Seb Chaumont 4tet, Jimi Brown New Experience et RomD Collective, tandis que le tremplin était remporté par le trio de Jérôme Vinson. Nice 2011, un très bon cru ! Daniel Chauvet


JAZZ A JUAN
Du 14 au 24/07 à la Pinède Gould - Juan-les-Pins(06)
Des festivals de jazz le doyen mondial, Jazz à Juan a la force tranquille et les exigences des vieux sages... Jean René Palacio son directeur artistique le sait bien, qui tout en programmant des stars incontournables du jazz et des musiques voisines, surfe sur l’air du temps pour présenter aussi des talents peu connus et des vedettes en devenir. Recette fructueuse, la Pinède Gould était comble chaque soir malgré une météo quelque peu capricieuse… Deux concerts par soirée, voire quatre pour le très prisé concours des « Révélations » dont le jury, composé de sommités du monde des médias, a élu cette année le quartet du guitariste australien Alex Stuart (au sein duquel on retrouve Guillaume Perret, jeune et prodigieux saxophoniste et notre batteur « national » Yoann Serra ). Qualité d’écoute et de vision parfaite, cadre enchanteur face à la mer et au soleil couchant. Et le « Off » n’est pas en reste : les « Marching Bands » parcourent les rues de la cité de Sidney Bechet et plusieurs scènes à Antibes et Juan présentent chaque soir des concerts gratuits d’une grande qualité. Quant au « Jazz club», il était tenu par quelques uns des derniers gardiens de la tradition des origines du jazz, venus de la Nouvelle Orleans. Si pour certains candidats au boeuf, c’était un peu comme « la messe en latin », les plus audacieux (Sébastien Chaumont, Sélim Nini) s’y sont régalés. Une réussite ! Daniel Chauvet


THE SURGERIES
Le 09/07 au jeu de boules- Cannet-des-Maures(83)
L’été 2011 commence avec son lot de concerts et puisque certaines municipalités comme le Cannet des Maures ont décidé de mettre le paquet, ce serait idiot de ne pas en profiter… C’est donc parti pour le concert de The Surgeries. Arrivée sur place, ambiance bon enfant et buvette traditionnelle (pour une fois qu’ils ne t’assassinent pas sur le prix lol). Alors que tout le monde s’attendait à voir le quatuor, surprise ! manque à l’appel Sabine Quintet la bassiste et choriste du groupe (nous apprendrons plus tard qu’une dispute a éclaté au sein du groupe deux semaines plus tôt). Le trio assurera tout de même le spectacle avec des titres comme « Luke Skywalker » ou « Somebody is calling me love », mais l’on sent que le c?ur a dû mal à y être. Musicalement, le groupe s’en sort, leur pop-électro est entraînante, mais côté jeux de scène et participation auprès du public c’est un peu la douche froide… Côté technique rien à redire, The Surgeries maîtrise parfaitement son set. Pas évident quand on sait qu’ils ont dû composer toute la soirée avec un membre de moins. Côté organisation idem, scène magnifique, jeux de lumière superbes et un technicien au son millimétré. Une expérience à renouveler sans hésitation ! Céline Dehédin


LOUIS BERTIGNAC
Le 20/07 Au Crazy Week- Nice(06)
De mémoire de rockeur, le Théâtre de Verdure n’avait pas tremblé comme ça depuis bien longtemps… Et pensez donc au programme de cette soirée-là, deux pointures du rock en les personnes de Louis Bertignac et Norbert Krief (LE guitariste de Trust). Ce début de soirée fut ouvert par le groupe Niçois Tapenga. Au son de leur rock électro dynamique, le public présent déjà en grand nombre se réchauffe progressivement… Un changement de plateau plus tard, Norbert Krief (dit Nono pour les intimes) débarque sur scène, lunettes noires, cheveux longs et guitare en bandoulière. Les riffs de guitare s’envolent dans le ciel azuréen. Le public est en liesse et au comble de la joie lorsque Nono joue « Antisocial ». Puis, Louis Bertignac entamera son show, et nous interprétera de nombreux morceaux de son dernier album « Grizzly » avec des titres comme « 22 m carrés » ou encore « Le Grand Ordinateur », mais aussi du Téléphone avec « New York avec toi » et « Ca », et des classiques des Stones, des Who ou The Police. LE temps fort de cette soirée reste le duo totalement improvisé de Bertiganc et Nono, un très beau cadeau que nous ont offert ces deux guitaristes de légende. Un concert qui c’est sûr fera encore longtemps parler de lui ! Céline Dehédin


MUSILAC SAISON 10
du 14 au 16/07 à Aix-les-Bains
Cette année, le festival Musilac a fêté son 10ème anniversaire et ce ne fut que du bonheur pour les milliers spectateurs qui se sont succédé durant ces trois jours de festivités (sans pluie ou presque) sur la magnifique esplanade du lac d’Aix les Bains. Musilac 2011, pour ceux qui connaissent pas (et doivent être rares), en quelques chiffres c’est : 82 000 spectateurs, trois jours de concerts, deux énormes scènes, trente-trois groupes et près de 25 heures de live….10ème anniversaire oblige ! La programmation fut très variée et de très haut niveau pour le plus grand plaisir de tous, alternant musique rock, pop rock, électro, soul…On a pu noter lors de cette dernière édition la présence entre autres de Carlos Santana, Morcheeba, Bernard Lavilliers, Cali, Selah Shue, Ben l’Oncle Soul, Lilly Wood and The Prick, Cocoon, Aroon, The Chemical Brothers, Nouvelle Vague et de Ben Harper qui a donné la 1er date de la tournée européenne 2011 et nous fait partager une grande émotion. Avec deux scènes, Montagne et Lac fonctionnant en alternance, il n’y a eu quasiment aucun temps mort entre les prestations et tout cela dans une ambiance bon enfant maintenue par les centaines de bénévoles, stands d’animations et partenaires. D’après les organisateurs, qui ont fait une brève apparition sur scène pour fêter cet anniversaire et remercier le public pour sa fidélité, la 11ème édition sera tout aussi exceptionnelle !! Alors rendez-vous l’été prochain !!! Rebbani Mourad


GARANCE REGGAE FESTIVAL
du 27 au 30/07 au Pars Arthur Rimbaud- Bagnols-sur-Cèze(30)
Garance Productions sont un des grands acteurs de la scène musicale en France, producteurs d’artistes, tourneurs, organisateurs d’évènements musicaux, tenanciers de salles de spectacle comme l’Elysée Montmartre … Le garance Festival est donc une de leurs créations qui existe maintenant depuis 20 ans.
Reprenant depuis 2 ans le site du parc Arthur Rimbaud de Bagnols sur Céze laissé vacant par diverses organisations comme le Jamaican Sunrise ou le Ja’Sound qui ont tenté sans succès de pérenniser un festival Reggae dans le Gard, la machine Garance s’est lancée dans l’aventure des grands festivals européens Reggae de plein air comme le Sundance, le Chiemsee Reggae festival ou encore le modèle du genre le Rototom Sunsplash. Comprenant programmation musicale et camping sur place ces organisations connaissent un succès public incroyable alors que la musique Reggae reste un parent pauvre de l’industrie musicale et vit sans investissement massif des intervenants du marché musical. Les places s’arrachent et ils affichent tous complet plusieurs jours avant leur ouverture bien qu’ils proposent des capacités d’accueil immenses (200.000 spectateurs au Rototom Sunsplash sur 10 jours).
Annonçant une programmation tournée vers les valeurs sures du Reggae (Third World, Burning Spear, Max Roméo …), le Garance s’est quand même permis quelques jeunes pousses cependant pour les nouvelles têtes et les découvertes du Reggae du monde, il faudra repasser. La jeune génération du Reggae New Roots a été laissée de côté (Morgan Heritage, Luciano, Bushman, Tanya Stephens …) comme les artistes français (Taïro, Tiwony, Lyricson, Baby G., les groupes marseillais …) ou encore comme le Reggae sud américain ou de l’océan indien et la programmation ne laissait pas place à beaucoup d’imagination ni à une culture Reggae orientée vers la création et l’avenir.
En effet si le festival commençait très bien avec Burning Spear et son grandiose groupe en ouverture, les autres soirées notamment celle du jeudi (surtout) et du vendredi (quand même) nous ont un peu laissés sur notre faim et il a fallu attendre samedi pour enfin voir un concert exceptionnel : Queen Ifrica & Tony Rebel accompagnés par un groupe de jeunes musiciens Jamaïquains hyper engagés. La diva du Reggae New Roots est une artiste exceptionnelle dont à mon avis nous n’avons entrevu pour l’instant qu’une partie de ses capacités artistiques. Elle excelle dans sa capacité à transmettre les émotions que dégagent ses textes à travers une voix très contrastée, aussi énergique sur un groove dancehall que suave et sensuelle sur une chanson d’amour, très versatile, sa musique militante explore toutes les formes les mieux à même de soutenir son propos. D’une énergie incroyable, elle transporte son public en alternant une retenue touchante avec des montées d’adrénaline enflammées quand un propos l’émeut, le public, plusieurs fois à la limite des larmes, ne s’y est pas trompé et l’a ovationnée longuement. Tony Rebel, grande personnalité du monde Reggae qui l’encadre depuis ses débuts, croit dur comme fer à son talent et à son avenir et s’efface avec une humilité rare devant l’attraction que provoque sa protégée qui est une des futures grandes icônes du mouvement Reggae qu’elle entraîne loin de ses poncifs. Alors que l’argent ne doit pas manquer sur ce type de festival, il est dommage de constater que Garance n’est pas une force de proposition ni de renouvellement. C’est encore une fois sûrement les salles fonctionnant à l’année (et qui font vivre les musiciens) qui vont faire cet effort et en supporter les risques …. Décevant.
Ne boudons quand même pas notre plaisir car venir sur ce genre de festival c’est surtout vivre coupé du monde, près de la nature et dans un environnement humain qui échappe à presque tous les constats pessimistes sur notre société. En effet passer 5 jours sous la tente sans toilettes ni eau courante (si on fait du camping sauvage) ou sans ombre en plein soleil d’été avec des toilettes malodorantes et des douches collectives style camp de concentration (si on est au camping officiel) aide à se recentrer sur les valeurs humaines de base. Public multiculturel et surtout multi générationnel, stands improvisés de cuisine et boissons antillaises ou africaines, sound systems permanents, entraide constante, ambiance festive et dansante du soir au matin (ou le contraire), bains dans la Cèze (une belle rivière qui jouxte le camping du festival) nous fait rêver à une nouvelle organisation de vie en commun, c’est un véritable idéal de société qui quand on en sent la fin arriver rend tout le monde nostalgique.
Si j’ai passé 4 journées de bonheur dont la musique n’est qu’un des ingrédients, il me semble quand même que le mariage forcé entre la rébellion tiers-mondiste et l’entreprise capitaliste de base (soit elle d’obédience artistique) incite à un peu de réflexion et d’analyse : même si le public de ce genre de festival est attiré par bien d’autres choses que le confort et la qualité touristique de l’accueil, le laisser dans un tel dénuement et un tel manque d’hygiène alors que tous ont payé leur place (100 € pour 4 jours) évoque un détournement de l’expression culturelle progressiste qu’est le Reggae. Ce genre de festival est en équilibre entre deux monde et semble hésiter à choisir son camp : soit on accueille des clients qui payent leur place et enrichissent la société organisatrice qui doit donc réaliser une prestation d’un rapport qualité prix décent soit on se rend à une manifestation associative politique et culturelle à laquelle on participe aussi autrement que par sa contribution financière … Dans le cas du Garance Reggae Festival, une fois l’enthousiasme retombé on a quand même l’impression d’être pris pour des clients rendus naïfs et captifs par l’amour d’une musique et d’une culture qui fait apologie du don de soi, une notion qui n’est visiblement pas mise en pratique par tous de la même manière, l’organisation refusant même des accréditations aux piliers de la culture Reggae que sont les chroniqueurs des sites internet spécialisés tout en se gaussant d’avoir un sujet au 13 h de TF1 (trop classe !) … Pour les déçus du consumérisme Reggae et les activistes plus lucides ou intègres, il existe d’autres festivals Reggae qui comme le Festijam dans les Pyrénées (un super festival à dimension humaine et culturelle) ou le Rototom Sunsplash (fief du militantisme de la communauté Reggae) en Espagne, ne se trompent et ne nous trompent pas sur leurs intentions en restants authentiques, associatifs et engagés. Emmanuel Truchet


CHEVEU ET PRIMAL SCREAM
Midi Festival, le 24 juillet 2011
Le Var, l’été, c’est l’horreur : demeure de vacance des présidents, St Trop’ et les soirées VIP Room faisandées, jeunes qui vomissent du mauvais rosé ou qui tentent de se taper une meuf au camping ; des sales embouteillages… Malgré ça, à Hyères, il y a le Midi Festival qui a compris cette souffrance bourgeoise. Au programme, trois jours de concerts plus ou moins intéressants notamment Cheveu et Primal Scream. Alors que les premiers ont joué sur le toit de la villa Noailles au milieu de la très pénible sphère rockeurs à Rayban et dans des conditions désastreuses (deux amplis pour le son, dont un défectueux), les cinq écossais de Primal Scream emmenés par Bobby Gillespie (au charisme sexuellement bestial) ont fait un retour fracassant. Pour les groupes cultes, la reformation est parfois alimentaire. Pour Primal Scream, on n’en sait rien et on s’en fout. Il faut dire que Screamadelica, véritable hymne de psychédélisme pop et d’acid house est devenu circa 90’s grâce à l’ecstasy au talent d’Andrew Weatherall un disque générationnel. Le groupe précédé par 3 groupes de trop monte enfin sur scène pour égrener avec classe un à un des tubes gigantesques de l’album. Purs frissons sur Slip Inside This House, hystérie sur Don’t Fight It, Feel It, délire psyché sur Come Together. Les titres sont fidèles et le live profite à augmenter l’expérience magistrale pour un concert parfait, quoique vide. Laurent Ciarabelli


ISRAEL VIBRATION
Nuits du Sud (Vence), le 22 juillet 2011
Il est 23 heures. Le concert d’Aziz Sahmaoui & University of Gnawa est juste terminé. Partout on rencontre des spectateurs à dreadlocks ou vêtus aux couleurs du drapeau jamaïcain. L’air est saturé d’impatience, comme si quelque chose de grand allait se produire. Je savais bien qu’Israel Vibration est l’un des meilleurs groupes de reggae. Qu’ils jouent du reggae jamaïcain traditionnel et qu’ils ont fait deux fois la première partie de Bob Marley. Ce que je ne savais pas en revanche, c’est que j’allais assister à un concert, simplement énorme. Après deux morceaux d’introduction du groupe Roots Radics (Cinq musiciens et une chanteuse qui accompagnent toujours Israel Vibration), Skelly et Wiss montent sur scène. Fermement mais lentement, en s’appuyant sur des cannes du fait de la poliomyélite. L’apparition provoque une grande excitation. C’est parti pour un concert magique ! Tout le monde se balance sur le rythme hypnotique si typique du reggae. Un balancement de plus en plus intense. Skelly et Wiss sont impressionnants : deux hommes charismatiques à la forte présence, qui savent mettre à l’aise leur public. Personne ne veut que le concert s’arrête. Le rappel est fou et fascinant, ne laissant d’autre choix que de continuer à danser le reggae. Qui remercier pour ce concert et cette ambiance incroyable ? Le Centre « Mona Rehabilitation » qui les sortit dans la rue ? L’organisation “Douze Tribus d’Israël” qui les incita à adhérer au rastafarisme ? Dieu qui les guida tout au long de leur vie ? Peut-être juste pour ce soir Les Nuits du Sud, pour les avoir invités à dispenser toutes ces vibrations positives sur la ville de Vence. Lyuba Sofronieva


AZIZ SAHMAOUI & UNIVERSITY OF GNAWA
Nuits du Sud (Vence), le 22 juillet 2011
Aziz Sahmaoui est agréable et radieux, c’est la première impression que l’on a lorsqu’on voit ce Marocain monter sur scène. Les étapes de son histoire musicale ? Sahmaoui a été membre de l’Orchestre national de Barbès, ainsi que du groupe Zawinul Syndicate. Désormais, il apparaît avec le groupe University of Gnawa, composé d’un Marocain et de quatre Sénégalais. Récemment, ils ont enregistré ensemble leur premier album et c’est avec grand plaisir que le public a accueilli cette musique Gnawa lors du festival Les Nuits du Sud. Petit à petit, les musiciens nous introduisent dans l’univers musical maghrébin, interprétant avec douceur des compositions influencées par la tradition Gnawa, le chaabi et la musique d’Afrique noire. Des sonorités traditionnelles, riches en sens et en émotions. Aziz Sahmaoui quant à lui, fait le maximum pour expliquer et guider son public dans ce voyage musical. Un groupe vraiment sympa, impressionnant dans sa façon mystique de jouer, et de chanter. Lyuba Sofronieva


FEMI KUTI & THE POSITIVE FORCE
Nuits du Sud (Vence), le 21 juillet 2011
Ils nous ont fait vibrer. Impossible de s’arrêter de danser. Personne n’est resté indifférent à cette musique, ses danses, son énergie et son appel. Il s’agissait d’une Nuit du Sud ordinaire, pour une performance extraordinaire : celle de Femi Kuti et de son groupe The Positive Force. D’abord, il y avait un jeu de scène époustouflant : trois danseuses à la flexibilité et à l’érotisme désarçonnant, une multitude de musiciens habillés en costume traditionnel et lui, le "prince" de l’afrobeat jonglant avec eux et le public agité. Son appel a touché tout le monde : «On lit chaque jour : problèmes en Afrique, problèmes en Afrique. Chaque jour on entend : aidez l’Afrique, donnez à l’Afrique. Et en même temps, on a l’or, les diamants et le pétrole. Peu importe de quelle partie de l’Afrique vous êtes, Africa for Africa ! ». Un slogan qui d’ailleurs le nom de son dernier album la force motrice de sa musique, voire de sa vie. Le fils du légendaire créateur de l’afrobeat Fela Kuti poursuit donc bien la tradition familiale en luttant contre l’injustice et les inégalités par le biais de la musique. Avec ces idéaux politiques et sociaux, l’afrobeat et sa “Force positive” ont réussit à toucher le coeur du public. Un public clairsemé lors de cette soirée mais qui est resté fidèle et infatigable, ne pouvant se rassasier de ces rythmes. Exhorté à un bis, Kuti y a même repris “Water no get enemy”, un morceau de son père. Et cela, jusqu’à une heure du matin. Une heure tardive pour les voisins, mais écouter Femi de son balcon, ce n’est pas donné tous les jours !!! Lyuba Sofronieva


COCOON + SYD MATTERS
Les Voix du Gaou, le 17 juillet.
Après une première partie sympathique du groupe marseillais « We used to have a band », dont on retiendra les chansons « Beyond Beyond » et « Here it goes », Syd Matters a pris le relais. Alors que les marseillais manquent manifestement de maturité et de réflexion quant au style de leur musique, les parisiens ont tout de suite montré qu’ils savaient où ils allaient. L’intensité des guitares et le rythme, équilibrés par les nappes sonores aux claviers et la douceur de la voix de Jonathan Morali résument parfaitement leur univers folk/rock. Les chansons « Hi Life » et « Hadrian’s Wall » sont particulièrement belles et reflètent la tournure plus rock de leur dernier album «Brotherocean», sorti en 2010. L’inspiration sauvage des musiciens se décuple surtout lors des crescendos instrumentaux, provoquant une véritable transe, tant du côté du public que des artistes. On retrouve cependant les caractéristiques qui avaient fait le succès du groupe à ses débuts : l’harmonie mystique des voix et l’omniprésence apaisante des accents folk de la guitare de Jonathan. C’est seulement vers 23h, à cause notamment de la lenteur des techniciens sur scène, que les véritables vedettes de la soirée sont enfin arrivées. C’est bien le nom de Cocoon en effet que scandait le public depuis le début du concert. Le moment musical que nous a offert le duo folk était tout simplement magnifique, à tout point de vue. Mark Daumail et Morgane Imbeaud constituent non seulement un ensemble parfaitement harmonieux mais en plus de cela on a ressenti lors du concert leur générosité et la complicité qu’ils arrivent à nouer avec le public. De fait, la scène était un « cocoon » puisqu’elle constituait un décor de bateau, un salon mouvant où le groupe nous avait invités pour une pause musicale et enchanteresse. Le thème de la mer collait parfaitement au cadre, (l’Ile du Gaou) et rappelait le titre de leur dernier album « Where the Oceans end », sorti fin 2010. Accompagnés sur scène de cinq autres musiciens, le duo nous a joué quelques « tubes » : « Chupee », « On my way », « Vultures », mais aussi quelques chansons du nouvel album, notamment « Dolphins » et « Twilight ». Enfin, on peut noter également la remarquable reprise de « American boy » qui a particulièrement plu au public. Inutile de dire qu’au niveau musical tout était parfait. Chaque chanson, chaque mélodie nous a conquis et le mélange des voix de Mark et Morgane est tellement beau qu’il semble évident… Un concert magnifique donc, qui a failli être annulé à cause de la pluie ! Pour ceux qui sont intéressés, le festival « Les Voix du Gaou » n’est pas encore terminé, on attend notamment Aloe Blac et Selah Sue le 27 Juillet. A bon entendeur…salut ! Dominique Charpentier


JEAN-JACQUES MILTEAU, MANU GALVIN & PALATA SINGERS
Biot, le 5 juin 2011
"Les heures musicales de Biot" est un festival essentiellement consacré à la musique classique. Mais une fois dans la saison, les organisateurs ouvrent les portes de l’église à des genres moins solennels. En ce 5 juin étaient réunis, deux des plus fameux musiciens de blues de l’hexagone, Jean-Jacques Milteau et ses harmonicas ainsi que le talentueux guitariste Manu Galvin. Ils étaient associés pour cette soirée à un groupe de gospel, Les Palata singers venus de Brazzaville. Le blues est pour beaucoup qu’une version profane et séculaire du gospel, d’autres pensent le contraire. Milteau qui se revendique mécréant, à pourtant parfaitement su rajouter sa spiritualité à celles du groupe, le tout rythmé, pulsé mais les 6 cordes de Galvin. Les quatre vocalistes qui alternaient les parties de solistes, chantaient aussi bien en anglais, français que dans leur langue maternelle le kilingo, dont les sonorités s’accordaient merveilleusement avec les harmonicas tantôts chromatiques, tantôts diatoniques de Milteau. Bref une excellente façon de commencer avec ferveur, l’été en musique. Jacques Lerognon


AYO: Une boule d’énergie positive!
au Théâtre de Verdure : 21 mai 2011
« Ayo » signifie « la joie » en yoruba, et ce nom ne peut pas mieux coller qu’à cette jeune auteur compositeur! Ayo est plus qu’une simple artiste ! Sur scène, elle nous transporte et nous emmène avec elle dans un monde heureux où l’on n’oublie tous les petits soucis du quotidien. Pendant le concert, des couples se sont embrassés, d’autres se sont réconciliés et même, des couples se sont formés. Ayo est généreuse, et talentueuse, sa voix extraordinaire à mi chemin entre la soul, le jazz, et même le reggae nous emporte et nous touche profondément. 2h15 de concert et donc 2h15 de bonheur pendant lesquelles Ayo a jonglé habilement avec tous les styles, en interprétant des titres de ses trois albums mais également de magnifiques reprises hip hop, reggae, rock et même électro. La version du titre Run run run était tout simplement superbe, avec une variation sur le thème principal pendant plus de 10 min. Nous avons même pu découvrir une Ayo fan de Michael Jackson, l’artiste a en effet souhaité rendre hommage au roi de la pop en lui consacrant un medley retraçant ses plus grands succès mais aussi en partageant quelques pas de moon walk avec le public. Extraordinaire ! DeABC des Jackson Five à Billie Jean en passant par Smooth Criminal, la voix d’Ayo a parfois certaines ressemblances troublantes avec celle du roi de la pop, notamment lorsque celui-ci a débuté sa carrière avec les Jackson Five en 1969. En bref, un vrai moment live, de l’émotion et un public totalement transcendé. Ayo a malheureusement terminé sa tournée française avec cette date Niçoise mais nous espérons la retrouver très prochainement pour de nouveaux concerts aux côtés de M notamment avec qui elle a beaucoup collaboré sur son dernier album Joyful. Aude Stochmal


BRIGITTE
A la Ville des Inrock’ - Cannes (06), pendant le festival du film.
20h : Nous obtenons les fameux sésames pour le concert de Brigitte grâce à Nouvelle Vague. 21h30 : « Taxi ! », tout le monde en voiture direction la Villa des Inrock’ située sur les hauteurs de Cannes. 21h45 : Nous arrivons sur place et nous retrouvons notre chef de rédaction, Philippe Perret. Le show de Brigitte vient juste de commencer, le cadre est absolument splendide et le public est nombreux à s’être réunis pour voir LE duo du moment. 22h : Brigitte enflamme littéralement les pelouses de la Villa des Inrock’, en dix minutes, tout le public se lève et chante avec elles la reprise génialissime et sensuelle de Ma Benz’, rendue célèbre par le groupe de rap NTM dans les années 90’. Les fans connaissent toutes les paroles par cœur et notamment celles du tout dernier titre des deux demoiselles « Battez-vous ! ». Parmi les fans, une admiratrice de taille, Mélanie Laurent, la maîtresse de cérémonie du festival de Cannes se faisait discrète dans les premiers rangs. 22h30 : dernier rappel pour les filles qui remontent sur scène avec un titre a capella « Encore un dernier verre » et enfin une reprise de « Eyes of the tiger », le public est conquis ! Nous sommes conquis ! Aude Stochmal


CHINESE MAN
Le 26/05 au Théâtre de Verdure – Nice (06)
Le très attendu groupe Chinese Man était de retour sur scène à Nice pour présenter son tout dernier album Racing with the sun. A mi-chemin entre le hip-hop et le jazz, Chinese man a su s’imposer grâce à un style complètement décalé et singulier, et après avoir été choisi pour la campagne promotionnelle de Mercedes avec le titre "I’ve got that tune". Un live très complet, musicalement et visuellement grâce à la diffusion de clips vidéo pendant le concert et grâce au talent des quatre membres du groupe. De très belles découvertes également sur ce dernier album, notamment le titre « One past », une mixture musicale originale, composée de dialogues entre voix et instruments et de mélodies simplistes; ou encore « Get up », une ritournelle mignonnette qu’on croirait directement sortie d’un vieux Walt disney. Sans oublier le titre le plus célèbre de l’album Miss Chang, à l’image des quatre acolytes. A noter également la qualité de la programmation des deux autres parties du concert avec Freeze DBH, un DJ niçois très talentueux et Souleance, un duo de disco-funk très efficace qui a su échauffer les esprits avant l’arrivée du groupe star. Aude Stochmal


Purple Idols
Du 05 au 26/03 au Purple Lounge - Mandelieu (06)
Après le succès du concours Purple Idols au casino de Cap d’Agde et plus récemment au casino 2000 de Mondorf les Bains au Luxembourg, les nouveaux talents se sont rejoints cette année au Royal Casino de Mandelieu pour sa première édition. Le concept ? Un concours tremplin pour les jeunes talents de la scène musicale régionale et nationale dans les Purple Lounge, concept restaurant favorisant un contact direct avec le public. Sur plus de 150 candidatures, seule une vingtaine d’artistes ont été sélectionnés pour tenter de décrocher le titre de nouveau talent de la scène musicale. A l’issue des quatre dîners-concerts, les membres du jury ont été séduits par la voix douce et suave de Kate Yvorra, auteur compositeur de talent. Cette dernière aura la chance d’enregistrer deux jours au célèbre Solid Sound studio à la Victorine, qui a accueilli dernièrement Jennifer Lopez et Nicole Sherzinger. Elle bénéficiera également d’un cachet pour se produire sur la scène du Purple Lounge au Royal Casino de Mandelieu ainsi que les autres finalistes. En réponse aux demandes nombreuses tant du côté des candidats que du public, le casino souhaite aujourd’hui élargir le concept à tous les casinos Créateurs d’émotions. Aude Stochmal


CHEVEU
09/03/11 – outer space series #3
Pour changer la donne (ou : accusant une belle gueule de bois et quelques ecchymoses) on s’est ramenés le lendemain vers 20h, le temps de s’enfiler des pintes et des olives au bar en attendant les copains. Et heureusement qu’il y avait les copains parce qu’à l’inverse de soirée de la veille, celle-ci comptait difficilement une cinquantaine de personnes. On s’est donc agglutinés, on a attendu jusqu’à 22h et des brouettes qu’un type arrive sur scène (Markovo, en l’occurrence) qu’il slappe un peu sur sa guitare avant d’annoncer d’un air désespéré que sa carte son l’avait abandonné et qu’il était désolé – nous aussi. Plutôt que d’enchaîner directement avec le concert suivant, il a fallu attendre l’horaire programmé pour Panico, soit environ 23h à force de bâillements et de bières… Le concert a duré très longtemps sans présenter grand-chose d’original : un chanteur au faux air de Nicola Sirkis trop présent sur scène et des mélodies shoegaze pas innovantes pour un sou. Minuit passe et voilà Cheveu, groupe sur lequel tous nos espoirs reposaient et qui ont réussi à sauver la soirée, subissant malheureusement la fatigue accumulée du public - sorti de nulle part le trio, piquant autant qu’improbable - chanteur défoncé en vieux jogging, guitariste quadragénaire dégarni aux allures d’ingénieur, et grand geek aux claviers - a envoyé un show enragé aux riffs saturés et aux hurlements fiévreux, à la hauteur de leur réputation. Merci, et chapeau. Julie N. Hascoët


THE SUBS
18/03/11 – outer space series #3 - ©photo: Olli Bery
L’apéro a duré trop longtemps, tout ce qui avait rapport à la réalité a foutu le camp et on était déjà bien entamés quand on a mis les pieds au Cabaret Aléatoire. Il était tard (pour des gens sérieux qui doivent faire une chronique) et on avait raté la moitié du programme, mais les stars de la soirée j’ai nommé The Subs, allaient commencer. D’abord, on partait un peu frustrés parce que c’était un DJ set, et que ça faisait quelques mois qu’on se mettait à l’envers sur des titres comme « My Punk » ou « Bang Bang Bang » (de la musique faite pour la drogue faite pour la musique…), mais on avait réussi à se convaincre que : puisqu’ils étaient bons, leur set le serait sûrement aussi. Un long travail de méditation donc, qui n’aura servi à rien puisque le trio gantois a finalement joué ses propres morceaux, s’arrosant à grands coups de vodka devant un public d’environ quinze ans féroce et allumé. The Subs c’est : une combinaison douteuse de couleurs et de motifs (bon, hipster), un physique plutôt médiocre, une capacité à transpirer défiant la normale, une attitude dégénérée et des pantalons serrés qui tombent trop bas, sous des fesses même pas appétissantes. Autant dire que c’est un peu sale, et ça tombe bien parce que musicalement c’est sale aussi – ça se sent déjà sur disque, ça se vit en concert - le genre qui donne envie d’être incorrect mais de le faire avec soin. Petit-bourgeois donc, mais quand même sacrément punk, déchargeant une énergie sans pareil sur des basses incroyables. Une belle performance. Julie N. Hascoët


AKHENATON & FAF LARAGE
Le 09/04/2011 à L’affranchi, Marseille (13)
C’était LE concert attendu par bon nombre d’amateurs de rap des alentours de la cité Phocéenne. En effet, Akhenaton et Faf Larage venaient défendre sur scène leur album commun « We luv New-York », sorti il y a moins d’un mois. L’Affranchi offrait un beau taux de remplissage pour deux figures emblématiques du rap français, même si le concert débuta avec environ 30 mn de retard. Autant le dire tout de suite, le concert a été à la hauteur de l’attente du public ! Deux heures durant, Akhenaton et Faf Larage, accompagnés de DJ Daz et Buddha Kriss, ont joué plus de la moitié des titres de leur album avec une énergie communicative mais ont aussi habilement repris d’anciens morceaux de leurs carrières respectives (énorme frisson sur « NYC Transit »). Avec un show dynamique et l’utilisation de faces B de hits de rap français ou US, le concert sera de ceux qui nous marquent, malgré un volume sonore excessif. Rémi Cavaillès


STUPEFLIP
Les masqués n’ont pas fini de faire parler d’eux ! Après 5 ans d’absence, ce premier concert pour la nouvelle tournée de Stupeflip semblait attendu comme le messie pour les fans du « krou ». Il faut tout de même clarifier un point : on ne va pas voir Stupeflip en concert, on va voir un spectacle. La mise en scène est à la hauteur des espérances, tout y est pour vous transporter en pleine séance de sinode pibouin. King-Ju, Cadillac, MC Salo en guest et les âmes damnées du « krou » se travestissent au fil des morceaux, accompagnés d’interludes visuelles inattendues pour vous préparer au prochain cocktail de guitares sur-amplifiées qui ferait danser le dernier des bourgeois sur « A bas la hiérarchie »… Les classiques comme « Stupeflip » ou « les monstres » y sont présents dans des versions énervées, tout comme une bonne tripotée des morceaux de leur nouvel album « Hypnoflip Invasion ». Attendez-vous à pas mal de surprises, je ne peux pas en dire plus, ils me surveillent… Vincent Ammour


Ebony Bones
LE 05/03 au Théâtre Lino Ventura - Nice (06)
Encouragée par pléthore de journalistes, la bombe multicolore Londonienne a posé ses guêtres dans le Sud à l’occasion du festival « UK » organisé à Nice. Introduite par les Hyper Hyper pénibles Hyphen Hyphen ressuçant les Klaxons période 2006 sans autre grand intérêt, Ebony Bones ! a fourni une prestation explosive. Censée présenter son deuxième album, la situation a été toute autre : Bone of my Bones a été intégralement rejoué, gratifiant le public niçois franchement mou et plus que trentenaire d’une pauvre reprise de Rihanna. Le théâtre Lino Ventura s’est d’ailleurs encanaillé pour l’occasion en permettant de sortir les panoplies rock de la jeunesse dorée qui s’embête. D’un festival soi-disant UK, on retiendra la mollesse qui caractérise si bien la ville, mais également la flemme ultime qu’a eue Ebony à faire autre chose qu’une prestation déjà vue et revue. Certes le show est toujours autant énergique, mais le public interdit l’a courageusement atténué. La configuration live change un peu par rapport aux fois précédentes. Moins nombreux, les membres ont changé : les choristes (filles) sont remplacées par des choristes (garçons), mais les happenings demeurent (un stage invasion, une chorégraphie digne de « ces soirées-là »). Du coup, on se demande bien si ça valait la peine. Mais la région souffrant cruellement du manque d’initiatives de ce genre-là qu’on n’a pas été trop regardants… une fois de plus Laurent Ciarabelli


LOUIS CHEDID
Julien Gillet
S’il y avait bien une date à ne pas louper ce mois-ci, c’était le 10 mars dernier ! Rencontre inoubliable au Pasino d’Aix-en-Provence avec un des grands messieurs de la chanson française : Louis Chédid. Pas besoin de première partie pour chauffer la salle, ce sexagénaire toujours aussi moustachu n’a rien perdu de son talent. Accompagné sur scène par cinq musiciens hors pair, on retrouve un Louis Chédid fidèle à lui-même, chaleureux et accessible, avec pour seule volonté transmettre par ses chansons à textes ses valeurs et l’amour qu’il porte à son public, notamment avec son nouvel album On ne dit jamais assez aux gens qu’on les aime qu’on a pu apprécier à cette occasion. Moment d’émotion, où seul à la guitare il rend hommage à sa mère Andrée Chédid, femme de Lettres, récemment disparue. Et pour les fans de la première heure, nous avons eu droit à une interprétation de ses plus grands tubes dont nous reprenions les refrains en chœur, « T’as beau pas être beau » ou chanson engagée « Anne ma sœur Anne ». Sans oublier un clin d’oeil à son enfance passée dans la région avec le titre « Bouc Bel Air ». 2h15 de concert, 4 rappels, 1 public conquis : standing ovation à l’artiste! Le Pasino (13), 10 mars 2011


DIDIER SUPER ou l’impossibilité d’un être...
Comme il l’a fait remarquer lui même "À 24 euros la place, on a écrémé... D’ailleurs bravo vous êtes les plus cons, ceux qui ont dépensé le plus sur cette tournée pour voir ma tronche!" En effet, excepté un ado qui accompagnait son père (craquant), la moyenne d’âge était de l’ordre de la trentaine voire bien plus. Les jeunes, cette espèce rebelle par définition, fait défaut. Peut-être n’ont-ils pas le recul nécessaire pour encaisser le sarcasme percutant et juste qui les vise?
Public varié mais néanmoins maso, qui est prêt à se faire conter une partie de son hypocrisie, celle du voisin, et du gars pire au-dessus d’eux, pendant une heure et demie de comédie musicale, mais revue à l’économie bien sûr. Sauf pour le titre: "Et si Didier Super était la réincarnation de Jésus Christ?" Et là tout y passe, aucun cliché généré par notre société ou celle de nos parents n’est épargné, porté à son paroxysme puis qui se délite dans sa propre bêtise. Vous dîtes "politiquement correct?" Didier Super vous répond "prout". Le contenu de ce spectacle est délicieusement gras, parfois un peu facile mais c’est ce qui lui permet d’être au-delà des limites de l’acceptable la plupart du temps. Loin, très loin, à perte de vue, du mainstream, car ça dans l’état ça passe pas à la télé. Y a un moment lorsque les tableaux s’enchaînent, brossant le jeune de banlieu stigmatisé "racaille à casquette mais s’il est méchant c’est parce qu’il a le coeur en miette" ou le milliardaire "qui ne distribue pas son argent, car on le sait tous, l’argent ne fait pas le bonheur" en passant par le coit simulé entre Didier Super et un ours en peluche géant animé par une comédienne présentée comme "sa grande soeur", ou alors lorsqu’il hurle que "la myopathie aka "les roulettes" n’est qu’un vaste escroquerie!", "des millions d’euros récoltés tout les ans et on en a pas vu un se lever de sa chaise", on se dit que c’est juste cool et salvateur d’entendre une tonne de saloperies dédramatisantes. On en vient alors à la chanson poétiquement intitulée "ba ba boum", un ton très léger pour évoquer les kamikazes, mais ça il faudra se déplacer pour y assister. Ici pas de sponsors, pas de pub et on le croit volontiers quand il dit ne pas avoir trouvé de producteur pour monter le projet. C’est vrai qu’il chante faux mais il a dû travailler dur pour y arriver, il a dû passer de insoutenable à juste faux. Didier Super a réussi, grâce à son humour sexuellement avilissant pour les femmes et les homosexuels, sa guitare ficelée au chaterton, ses chansons approximatives, son petit sous pull 100% acrylique, auréolé de tâches plus sombre au niveau des aisselles et son ventre rond qui prend vie de manière expressive mais pas franchement sexy, l’exploit de s’imposer au milieu d’un public averti qui l’idolâtre . Et je lui donne raison lorsqu’il affirme sur ces tee-shirt, vendus à la fin du spectacle que "Didier Super me fait rigoler même quand j’ai mes règles"
DIdier super c’est juste un adulte qui parle à d’autres adultes mais de manière ludique, voilà tout. Charlotte Daldossi


GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR
Espace Julien 28 janvier 2011
Godspeed You! Black Emperor fait partie de ces groupes cultes qui tapissent le paysage musical de la dernière décennie. Bien plus influents que leurs renommée, les canadiens étaient de passage à Marseille pour une tournée de reformation. Mais, le manque créant l’envie, l’annonce a provoqué l’hystérie chez les fans et les a fait tourner à guichets fermés. Le post-rock a fait des émules : post-danse, post-joie, presque post-apocalyptique, mais surtout post-sympathique, la salle, pleine à craquer de très sérieux trentenaires chauves portant lunettes carrées à bords épais et streetwear à capuche n’est pas remuante. La foule, observatrice et silencieuse, aime à rappeler par un sévère « CHUT » entre chaque chanson que GYBE c’est sérieux, GYBE, c’est dur, ça s’écoute ça, monsieur, et puis si t’es pas content, le bar est ouvert et tu nous fous la paix. Malgré tout, la musique est belle et balance avec l’élitisme apparent du public. Leur long set renforcé par des projections 16 mm bien choisies permet des envolées incontrôlables qui font oublier le temps. On entend ce qu’on est venu entendre grâce à un son excellent qui finit de sublimer une prestation live d’un groupe toujours un peu plus insaisissable… Laurent Ciarabelli


Présélections du Printemps de Bourges 2011
L’Affranchi, Marseille (13) – 17/12/10
La soirée a débuté avec We Used To Have A Band, duo voix-guitare acoustique. Les chansons pop interprétées se sont révélées agréables même si l’ensemble a manqué d’un peu de folie. Puis c’est le groupe Gaïo qui est monté sur scène. Force est de constater le charisme du chanteur et de ses 2 choristes envoûtantes qui ont su admirablement communier avec le public. Les morceaux, épurés, ont été très bien accueillis par le public. Ensuite c’était au tour de Sashird Lao. Malheureusement les titres trop brouillons, d’influences hindoues à base de beatbox et de trombone, n’ont semble-t-il pas convaincu le public. Enfin c’est le groupe de 4 beatboxeurs Under Kontrol (Champions du Monde par équipe s’il vous plaît) qui a clôt cette soirée. Les membres ont démontré tout leur talent pendant un set hallucinant de 45mn, allant du hip-hop électro, à la drum n’bass en passant par le jazz. Le public ne s’y est pas trompé, réservant une ovation au groupe pendant et à la fin de leur passage Rémi Cavaillès


WE HAVE A BAND
Poste à Galène 12/12/2010.
We Have Band, c’est le groupe des minorités visibles des années 80 : une fille, un black, un roux et même un trucker métalleux tout droit sorti d’un film de genre à la croisée Ghost World et Beavis and Butt-Head. Suite logique à ce melting-pot, personne n’a la vedette : le chant partagé entre tout le monde et l’énergie sans prise de tête que dégage le groupe fait plaisir à voir. Et non seulement ils font de la bonne musique avec plein de synthés, une basse mise en avant comme si Gang Of Four regagnait du talent, une batterie chirurgicale et plein d’énergie dedans ; mais en plus ils sont super cool. Le genre de groupe que tu vois et qui te fait dire automatiquement au bout de 30 secondes au mec/fille/serveur/poteau/enceinte/truc à ta droite « ouais, t’as vu, c’est super sympa ! ». Alors quand ils rejouent tout gênés en bonus du rappel parce qu’ils n’ont pas assez de compos, ça devient tellement chou que tu ne peux qu’adorer We Have Band. Et alors, lorsqu’ils t’attendent directement après le concert crevés par le marathon de leur tournée (le même concert avait été annulé quelque temps auparavant) et que Marseille fait office de dernière date, que même si la salle a été plus remplie, mais qu’ils sont là pour encore te taper la bise, discuter et te remercier des 3 heures de routes que tu as fait pour venir les voir, EUX, on ne sait plus trop quoi dire à part qu’on est très heureux que des mecs comme ça existent encore. Laurent Ciarabelli


MICS (MONACO INTERNATIONAL CLUBBING SHOW)
Pour sa première édition, le MICS, acronyme de Monaco International Clubbing Show, a démontré qu’il était possible d’organiser dans la Principauté un événement entièrement dédié au monde de la Nuit, dans ses déclinaisons les plus folles. Comme tout salon semi professionnel, le principe est simple. La journée, ouverte au public moyennant finance, des discothèques, des alcooliers, des fabricants de son et lumière et tous les autres acteurs de ce petit monde font démonstration de leur savoir-faire dans un environnement chatoyants. Les DJs voulant distribuer leurs démos côtoient les directeurs artistiques de clubs venus passer de deals avec des boissons énergétiques, au milieu de jeunes clubbeurs avides de nouveautés sonores et visuelles (sans bien sûr parler des jolies hotesses). Le soir, tout ce beau monde, plus ceux qui n’ont pas pu venir la journée, se réunissent dans divers lieux de Monaco pour faire vivre en direct une vraie soirée Clubbing. On notera les performances, dans des registres assez opposés, de Boys Noize, qui n’a pas manqué de balancer sur son Twitter sa satisfaction d’avoir joué sur le Rocher, et de Bob Sinclar dont la prestation dans la boite délocalisée du Palais Club de Cannes, a ravi tout le public. Pierre Orsini


SCRATCH BANDITS CREW/HOCUS POCUS
Le 29/10/10 à l’Esplanade Guy Mocquet – La Garde (83)
Pour l’ouverture de la 10ème édition de son festival, KALITY STREET avait prévu une belle affiche : SCRATCH BANDITS CREW et HOCUS POCUS. En 1ère partie, DJ Supa-Jay, DJ Geoffresh et DJ Syr ont interprété des morceaux de leur album « En petites coupures » lors d’un set énergique de 45mn devant un jeune public survolté. Malheureusement on déplorera une abondance d’effets et de sons ainsi qu’une balance approximative qui ont nuit à l’appréciation du concert. Il faut souligner la créativité du trio qui compose avec une disqueuse et un incroyable procédé qui module les scratches ! Ensuite venait au tour de HOCUS POCUS d’entrer en scène. Le public se faisait plus nombreux sous le chapiteau monté pour l’occasion. Comme à leur habitude, les nantais ont fait une solide prestation remplie de bonnes vibes, pimentant leur show de petites nouveautés ici et là. Musiciens impeccables, 20Syl extraordinaire dans son rôle de chef d’orchestre : au risque de me répéter, foncez les voir ! Rémi Cavaillès


INTERPOL
16 novembre 2010, Dock des Suds (13).
Presque 3 ans… 3 ans pour réentendre des nouveautés de la part des New-Yorkais d’Interpol. Toujours ce côté un peu mièvre sur album à mi-chemin entre rock cold surexploité et ballades sur fond de déception amoureuse. N’empêche que les amateurs de rock indé extrémistes et étroits d’esprit qui ne jurent que par le diptyque éculé Franz Ferdinand/Arctic Monkeys se tromperaient s’ils n’allaient pas les voir. Pas très connus pour être très chaleureux en live, les membres du groupe ont été brillants. Ils ont joué non pas une sélection quasi complète de leur dernier album mais l’essentiel de leur répertoire à la perfection grâce à leurs sons tour à tour incisifs, mélodiques et percutants. 2 heures de live intenses sans réelle surprise non plus. Du charisme et des frissons derrière un rideau de fumée bleue, une foule transie bien que peu remuante… Si on a cru que le rock comme ça était mort il y a 3 ans, Interpol a réussi à nous faire aimer et chavirer le c?ur, encore ; car Interpol est le groupe pour les gens qui ont souffert et qui trouvent une résonnance à leur douleur, qu’elle soit amoureuse ou complètement autre. Laurent Ciarabelli


FESTIVENTU
Du 27 au 31/10 à Calvi
Pour sa dix-neuvieme édition, le bien-nommé Festival du Vent s’est aligné sur ses standards habituels, à savoir conférences, rencontres et débats autour de la thématique écologie, développement dura- ble et humaniste. A l’opposé de l’autre "grand" festival de la ville, Calvi on the Rocks et ses cohortes de Bobos, le Festiventu se la joue plutôt carrément Baba avec des stands, des animations, des ateliers tournés vers le commerce équitable, le recyclage et la valorisation des déchets et toute autre activité dans cette veine. Toute la ville de Calvi, qui normalement commence à rentrer dans sa léthargie hivernale, se remet à vivre et à bouger au rythme des fanfares qui longent le port. Aux détours d’une rue, on croise de-ci de-là des oeuvres artistiques réalisées par des sculpteurs ou plasticiens en résidence dans les alentours.. Pour les fanas de musique, des concerts sont organisés chaque soir, et la programmation est éclec- tique et chaloupée. Le Festival du Vent représente donc un événe- ment complet dans sa programmation, avec un côté "Porto Allegre" prononcé, et surtout un environnement visuel d’une qualité excep- tionnelle. Un bon moyen de découvrir la Corse, et se découvrir, en dehors des hautes saisons touristiques. David Bartoli


HUGUES AUFRAY
Le 29 octobre dernier, au Dôme de Marseille, a eu lieu le nouveau spectacle d’Hugues Aufray. En première partie, nous avons découvert Annabelle, une chanteuse de folk exceptionnelle qui nous a offert une demi - heure de standards incontournables. Ses interprétations de The Boxer de Simon et Garfunkel, de Donna donna ou de Diamonds and rust de Joan Baez ont fait naître une émotion véritable auprès du public. Sa voix magique et sa présence lumineuse ont été le premier cadeau de cette soirée. Puis, le toujours jeune Hugues Aufray est venu partager avec nous ses chansons intemporelles dans un décor représentant la ville de New York. Nous avons pu mesurer une fois encore la grande force d’un répertoire dans lequel world music ; folk américain et variété de qualité se côtoient harmonieusement. Entouré de musiciens de très grand talent incluant Christian Séguret et le fidèle Georges Augier de Moussac, Hugues Aufray a encore une fois régalé ses nombreux fans avec vingt six titres dont les grands standards de Santiano à Stewball en passant par Dès que le printemps revient et ses reprises désormais mythiques de Bob Dylan. Dans une forme insolente qui fait qu’on lui donnerait au moins quinze ans de moins que son âge actuel, ce chanteur qui a marqué de son empreinte le paysage musical de la chanson française des cinquante dernières années a confirmé cette place totalement à part qu’il conserve dans le c?ur de son public. Raymond Sérini


Quand Yves Jamait fait sa « Nuit des Musiciens »
© photo: Paul Bella. De gauche à droite : Thierry Caens, Aldebert, Agnès Bihl, Karimouche, Carmen Maria Vega, Thierry Romanens, Yves Jamait, Les Joyeux Urbains.
« Ils m’ont fait un cadeau : un spectacle avec plein de copains et de copines ». Samedi 6 novembre, à l’espace parisien Pierre Cardin, Yves Jamait était heureux. « Les Nuits des Musiciens » lui ont offert cette année la dernière de ses trois soirées, consacrée, après le jazz et la world music, à la chanson française. Suite à Aldo Romano jeudi et Manu Dibango vendredi, le chanteur dijonnais a donc pu, à son tour, faire sienne la scène du théâtre Cardin et y laisser libre cours à ses envies. Car tel est le but des « Nuits des Musiciens » : chaque invité a carte blanche et invite qui il veut. Yves Jamait ne s’est pas privé : il a fait venir 15 amis, pas moins. Dans des styles différents (Jean Guitoni, Karimouche, le trompettiste Thierry Caens, Les Joyeux Urbains, Thierry Romanens, Carmen Maria Vega,…), seuls, à deux, ou plus ; tous ont répondu à l’appel de leur hôte pour faire de cette soirée un moment d’éclectisme, de rencontre et d’échange musical unique. Le premier duo, entre Yves Jamait et Agnès Bihl, fut peut-être le plus beau. Leur interprétation de « Jamais + Jamais » (d’Agnès Bihl), d’une justesse et d’une émotion rares, a immédiatement conquis l’auditoire. Juste avant qu’il ne soit surpris par l’exceptionnelle prestation solo du pianiste Guillaume Vincent, littéralement bluffant. Puis touché, sans doute, par le duo Aldebert-Yves Jamait reprenant le morceau d’Aldebert « Plus tard quand tu seras grand. » Entre deux invités (le guitariste Jean-Félix Lalanne et son surprenant medley de Michael Jackson, Agnès Bihl et « Son mec à moi »,…), Yves Jamait, égal à lui-même, a réjoui ceux, nombreux, qui étaient avant tout venus l’entendre lui. « C’est l’heure », « Quitte-moi », « Célibataire », « Qu’est-ce que tu fous », « C’est pas la peine »,… il a pioché dans chacun de ses albums pour le plus grand plaisir du public. Pour finir, après 3h30 ( !) de show, avec un « Ok tu t’en vas » qui, bien qu’attendu, n’a nullement déçu. Céline Rastello


Concerts de Septembre – Grand Auditorium – Cannes
La ville de l’image refuse la rentrée des classes et le départ des touristes. Résistant à la baisse de fréquentation de ses établissements nocturnes et permettre aux sudistes d’être récompensés des prix abusifs des cocktails, le Grand Auditorium a été investi pour une série de concerts, eh oui ! Classe ! Absent le premier soir et ayant préféré m’abstenir pour Nina Hagen, auteure d’une performance catastrophique l’an dernier à Marseille, le reste fut enchanteur. Mention spéciale pour Christophe, crooner écorché. Ouvert par un Jean-Louis Murat peu avenant et trop soporifique, l’homme aux lunettes bleues a cueilli tout en finesse un public curieux et sage. Oscillant entre vieilles chansons et nouveautés proches des américains de Suicide, Christophe est étonnant en sincérité, laissant tout le monde rêveur en presque 2 heures de live. Le lendemain, un peu refroidi par la présence des sièges et du côté un peu strict de la sécurité, Laurent Garnier a tout de même été l’auteur d’un set remarquable et osé. Soutenu par des musiciens de jazz (piano, cuivres) ainsi que d’un 2ème DJ, avant-dernière date de sa tournée, les vieux tubes ont été rejoués (rhaaCrispy Bacon) épaulés par des montées animales ! Etienne de Crécy, aka Le Cube grâce à son visuel conceptuel a remis les pendules à l’heure en matière de french touch malgré quelques soucis techniques. Un set magistral quoique souffrant d’un petit manque de relief. Laurent Ciarabelli


MUSICALES DE BASTIA
Du 13 au 17/10 à Bastia (20). Pour sa 23ème édition, ce festival reste fidèle à sa ligne de conduite : présenter, autour des performances vocales, une programmation éclectique d’artistes, confirmés ou en devenir. En première partie de soirée, c’est dans la magnifique Fabrique de Théâtre que se produisent les jeunes artistes. Ce lieu offre un écrin propice aux prestations intimistes et chaleureuses. On a notamment pu apprécier les belles prestations d’Alima & Lone Kent, une chanteuse d’origine algérienne, habitée et captivante ; les harmonies vocales de June & Lula, deux très jeunes filles accompagnées seulement d’une guitare ; le charmeur Ben Mazué qui, avec ses chansons enjouées, enthousiasme le public. Côté confirmé, les Musicales proposaient notamment Marc Lavoine, Liz Mc Comb, la prêtresse de la tradition gospel, et l’explosive Carmen Maria Vega. Cette dernière, petit bout de femme à l’énergie tellurique a littéralement soufflé la salle. Une fois encore, les Musicales nous ont apporté leur lot de découvertes et de sensations. Philippe Perret


Jean-Louis MURAT
Cannes Palais des Festivals, 23/09/2010
S’être déplacé pour écouter Christophe et espérer en prime (time) découvrir Jean- Louis Murat sans le connaître par ses disques ? C’est probablement être revenu perplexe. Que "donne"-t-il sur scène ? Difficile de l’apprécier, tant il illustre l’adage selon lequel "on ne donne qu’aux riches". Mais pour les irréductibles, ceux qui attendent chaque année son dernier album - et ne craignent qu’une chose, que la source se tarisse -, ils ont reçu ce qu’ils attendaient : qu’il dérange ce qu’on aime de lui, qu’il chamboule la plupart des chansons écoutées chez soi où tout ce qu’on aime est à sa place, musique aux arrangements subtils et voix qui porte un texte ciselé. Sur scène, au diable intimité et subtilité : les mots semblent jetés plus par la guitare que par la voix, dans une énergie sèche, irradiante sans doute surtout pour ceux qui connaissent les textes qu’elle accompagne, comme ce "Coupe la mort" extrait de l’album Taormine, répété à satiété comme une conjuration par ce poète existentiel : inquiétude et extase, mort et sexe, ce qui nous tourmente et ce qui nous comble. Trois mots qu’il nous jette en pature, que sa guitare triture, comme se moquant de lui même, de son voeu absurde ; le sexe est toujours là, porté par des images suggestives ; c’est lui qui fait oublier que "tout est baratin", dans la chanson "On va se mettre aux anges", pierre angulaire des deux derniers concerts de la région, chanson pour lui sans doute fétiche, qu’il chante seul au piano au concert de Nice de 200- , ici aussi dans sa saveur d’origine. "Se mettre aux anges", beau programme pour un chanteur qu’on qualifie trop facilement de déprimant. De l’album fondateur avec sa chanson à grande audience "Le sentiment nouveau" qui suivait le magnifique et poignant "Lien défait" de 1991, à celle du dernier album "Falling in love again" (rare entorse pour cet amoureux de la langue française), on tient le fil rouge d’un poète hanté par l’éphémère, "vagabonde erreur"- (ou "vagabond d’erreur"?). Le quatuor de fidèles (Fred Jimenez à la basse, Stéphane Raynaud à la batterie et Denis Clavaizolle au clavier), c’est sa mesure, lui qui peut bricoler - au sens noble - un disque entier dans son studio, près d’Orcival -, l’ascèse, sa démesure : pas de rappel pour un public d’où avait émergé, à son arrivée sur scène, une voix masculine : "Jean Louis, on t’aime" ; la réponse a été : "C’est ça, être en première partie..." : est-ce la vraie raison ou est-elle dans le refus d’aller au devant de l’adhésion facile du public ? Pudeur ou exigence ? Dépit de celui qui n’aurait pu, hélas, remplir seul ce grand auditorium ? Un conseil à ceux qui l’ont peu apprécié : écoutez, par exemple, l’album "Lilith" dans un bon fauteuil, et si des choses sont nouées en vous, elles se dénoueront peut-être... Difficile à aimer, mais c’est ce qu’on aime aussi en lui, c’était, ce soir-là à Cannes, Jean-Louis tel qu’en lui-même... Nicole Leroy


Festival « Rock en Seine » #8
27, 28 & 29 août 2010 Domaine National de Saint-Cloud / Paris http://www.rockenseine.com
Que retenir de cette 8ème édition du festival rock en Seine en 1.000 signes maximum ?? D’abord l’affluence record de 105.000 festivaliers sur les 3 jours, un festival complet avant même l’ouverture, et une météo pas trop catastrophique, même si Arcade Fire a dû clôturer le festival sous une pluie battante dimanche soir. Mais quoi d’autre ?? Pas d’annulation au dernier moment des têtes d’affiche, et ça aussi c’est plutôt à souligner après les frasques d’Amy Winehouse en 2008, et la baston entre les frères Gallagher l’an dernier. Et sur le plan musical ?? La programmation affiche toujours un éclectisme de bon aloi, tapant dans toutes les esthétiques pour ratisser large et ne fâcher personne. Ainsi, sur les 3 jours on passe de la fusion rap & rock de Cypress Hill, au garage rock noisy de Black Rebel Motorcycle Club, du skate – punk de Blink 182, à l’électro 90’s d’Underworld, du rock lourd de Queens of the Stone Age à l’électro punk de LCD Soundsystem, de l’atmosphère sombre de Massive Attack à la bastard pop de 2 Many Dj’s, du glam-rock de Roxy Music au rock flamboyant d’Arcade Fire, pour ne parler que des mastodontes du festival. Mais pourquoi pas, dès l’origine le festival a toujours assumé ce grand écart entre les genres et le public a toujours répondu présent. Seule déception, avoir raté Quadricolor le samedi 28 à 17h, programmé trop tôt dans l’après-midi, ce n’est pas tous les jours que des niçois jouent dans un gros festival. Sinon la prochaine édition aura lieu les 26,27 & 28 août 2011 et les billets sont déjà en vente… Fabrice Le Querré


Festival Pantiero 2010
Festival incontournable des sudistes et touristes, mi festival/mi concert, formule hybride devenue célèbre, le Pantiero a accueilli cette année un public en demi-teinte à cause peut-être du mauvais temps, ou de la programmation un peu plus audacieuse que les années précédentes. On a pu voir jouer les excellents Foals qui nous ont délivré leur savoureux mélange de mathpop/indie rock, le très étrange Omar Souleyman , venu de loin pour nous jouer son show hybride entre trance et musique traditionnelle, les noisy Raveonettes ou encore indoor Popof et Zombie Nation. Les transitions comme toujours étaient assurées par des dj’s aux performances aléatoires (Aaaah, les enchainements à la truelle du le 3ème soir)… Le public pas toujours très nombreux restait quand même fidèle aux sons distribués par les nombreux artistes. Cette année exit le hip-hop, comparée à la fantastique édition de l’année dernière… Comme d’habitude, les shows millimétrés d’un peu moins d’une heure laissent parfois un petit arrière-goût d’inachevé (ou de longueur c’est selon). Les jeunes indie boys & girls, overlookés, pas toujours là pour la musique restent partagés entre fashion et live et donnent la pâte si particulière au festival, coloré comme un arc en ciel. Les gens sont jeunes et beaux, ils dansent et slamment partout en se la pétant un max. Qu’importe, c’est grâce au Pantiero devenue une valeur sûre, que le Sud recommence à bouger, alors continuez ! Laurent Ciarabelli


Jazz in Régusse
(6 août 2010) à Pierrevert
Trois cents personnes environ se sont pressées sur le très joli site du domaine vinicole qui prêtait ses terres pour la deuxième année au festival de musique jazz. Du vin et du jazz, une sympathique combinaison. Cinq groupes se sont succédé dans une ambiance de joyeuse kermesse. Pâte à swing a ouvert la soirée. Un mélange de sonorités manouches et musettes qui n’a pas manqué de frayer son chemin au milieu des gens attablés pour l’apéro au coucher du soleil. Rejoins par leurs amis José et Chaquito, la prestation a fini façon flamenco et c’était un peu comme les Saintes sans la mer. Aksak est ensuite monté sur la scène installée près de la chapelle. Des compositions bien huilées qui malgré la beauté des instruments et le style balkanique n’ont pas suffi à donner une envolée énergique. Quelques applaudissements tout aussi soporifiques et ce fut le moment de préparer la scène pour les suivants. Jean-Marc Dos Santos a accompagné cette pause de chansons brésiliennes et françaises tirées du répertoire de Nougaro et de Leprest. Animé de passion pour ces deux grands artistes, le chanteur a su être autant qu’eux, communicatif et généreux dans sa musique. Don Billiez, co-organisateur de la soirée, a clôturé le festival avec une formation de 4 jeunes musiciens (clavier, contrebasse, batterie et percussion), le trompettiste Philippe Annicaux et le chanteur à la voix d’ange, Atef Seddkoui. Saxophoniste et compositeur de renom, la musique s’est cette fois envolée, mais les belles compositions et l’interprétation impeccable de Don Billiez ne sont pas parvenues à réchauffer l’atmosphère ni à retenir le public. Du mistral ou de la présence prétentieuse du saxophoniste, on ne saurait dire ce qui a participé à vider les bancs. Personnellement, c’est les manières outrecuidantes de Don Billiez qui m’ont fait fuir, je n’avais qu’un refrain en tête et c’était celui de Sansévérino : « Il se la pète ! ». Dommage, car la qualité y était. Cristel Béguin


CrestJazz Vocal
(du 1 au 7 août 2010) Compte rendu du 3, 4 et 5 août à Crest
Le festival à Crest c’est comment dire… classieux ! Faut préciser que les organisateurs font tout pour, y compris pour que les journalistes aient la vie agréable, pourvu que ça dure ! Bref, c’est un peu loin, mais c’est toujours un régal. Alors en sortant du boulot, direction la Drôme à toute blinde et 2h30 après, j’arrive pile-poil pour écouter Renaud Garcia Fons. La soirée démarre joliment avec le prodigieux contrebassiste. Les mélodies sont envoûtantes et les spectateurs séduits par le rythme flamenco souligné par le pas d’une ravissante danseuse. Plus tard, c’est Ibrahim Maalouf qui fait son entrée et là encore, quel souffle ! Une bouffée libanaise dans un univers de rock oriental ; époustouflant, même si l’on peut regretter que le trompettiste soit accompagné par de jeunes musiciens qui manquent un peu de légèreté. Le lendemain Grzegorz Karnas et son 5tet sont une belle découverte. Le Polonais affiche une évidente décontraction tout en transgressant les codes du jazz vocal. Youn Sun Nah suit et le public, conquis par la voix cristalline, lui fait une ovation. Pour ma part, je trouve dommage que son répertoire ne soit pas consacré au jazz. Du folk et de la variété, c’est toujours décevant à entendre dans un festival de jazz, même avec de troublantes vocalises. Enfin, la soirée que j’attendais : Abraham Inc avec son génial Krakauer à la clarinette. Mais auparavant, j’ai la belle surprise de voir Nico Morelli qui accommode la musique populaire italienne aux sonorités jazzy. Il en ressort une formidable énergie et l’envie de danser la ritournelle. D’ailleurs, Nico et Claudio l’accordéoniste finissent dans la foule, l’emportant dans sa danse d’Italie du sud. Instant sympathique ! Ça y est, les voilà qui montent sur scène et tout le monde se presse pour les applaudir : Abraham Inc et leur Klezmer party. Le virtuose David Krakauer, le tromboniste Fred Wesley et Socalled, l’architecte du beat. Entourés de musiciens tout aussi talentueux, ils nous ont entraînés dans un moment de pur délice où jazz, klezmer, funk et hip-hop font bon mélange. Une sacrée soirée comme dirait l’autre ! Cristel Béguin


Jazz à la Londe
du 30 juillet au 1er août 2010.
Jazz à la Londe est un jeune festival puisque nous avons assisté à sa deuxième édition. Les points forts de ce festival : un cadre magnifique, la scène est installée sous deux immenses pins, au bord de la plage ; les artistes présents sont des têtes d’affiches ; et c’est un festival gratuit ! Pierre de Bethmann et son groupe ont ouvert le festival vendredi. C’est avec Eric Legnini Trio que les Londais avaient rendez-vous samedi soir. Le trio a assuré une très belle prestation d’une heure et demi pendant laquelle ont été joués plusieurs titres du dernier album Trippin’. On a apprécié la couleur africaine de « Casa Bamako », le groove de « Rock the days » qui met en lumière le Fender Rhodes et bien sûr« Trippin’ ». Le piano solo « Nightfall » et le thème des « Feuilles mortes » revisité ont ponctué ce concert très agréable, à ne pas manquer si ce trio passe près de chez vous ! On regrettera toutefois que la contrebasse ait été mise un peu en retrait sur le plan de la sonorisation. Dimanche, C’est le Jérôme Barde All Stars qui concluait ce festival. Pour l’occasion, Eric Legnini Trio, Pierre de Bethmann et quelques invités étaient de la partie. Sur un plan personnel, j’ai trouvé que les compositions manquaient de rythme, excepté « Indie », composé sur un rythme africain très entraînant. Malgré tout, Jazz à la Londe est un festival récent qui gagne à être (re)connu, à qui on souhaite de devenir un grand festival de jazz ! Rémi CAVAILLÈS


Vitalic – La Pinède Golfe Juan
La Pinède Golfe Juan 29 juillet
On va finir par me prendre pour un monomaniaque avec lui, mais comme vous l’ont dit vos professeurs à l’école, c’est en assénant quelque chose qu’on finit par le retenir. Donc retenez bien ceci : courrez voir Vitalic si vous en avez l’occasion. Bien que ses prestations soient trop souvent courtes, elles sont intenses, bardées de sons qui empêchent le corps de se contrôler. A fond les ballons d’un impeccable professionnalisme, Vitalic a fait la part belle à la musique electro française en jetant comme un vieux kleenex les sons glitch qui remplissent les clubs. Ouvert par la rose et remuante Missill qui nous a abreuvé d’un truc assez énergique, Vitalic, comme à son habitude était impeccable, aucune erreur de tempo (bon si une toute petite, mais c’est déjà pardonné). Ses titres, dans sa formule V-Mirror live prennent une dimension gigantesque, une ampleur pas forcément perceptible en CD. Les basses frappent de plein fouet et laissent pantois un public un peu lourd ce soir là (trop statique). Mais deux litres de sueur et trois de bière plus tard, c’est encore (en empruntant l’expression à Fischerspooner) A Kick in the Teeth qui envoie au tapis et qui fait aimer le monde ! Voilà, c’est dit… Laurent Ciarabelli


Concert d’Axel Red- Nuits du Sud
Nuits du Sud- 29/07/10 - Vence (06)
Dans un cadre toujours aussi magnifique, Vence a su encore une fois éblouir par la beauté de sa cité et par des Nuits du Sud très éclectique…Cette soirée du 29 juillet fut ouverte par un groupe de Cuba « Yaïte Ramos » très caliente, mais inapproprié à la tête d’affiche ! Après quelques retards, la sublime Axel Red fait enfin son apparition… Guitare à la main, tenue décontractée mais démarche chaloupée, la jolie Belge n’a rien perdue de son talent. Le public découvre ainsi son premier album en Anglais « Sisters and Empathy »déjà certifié disque d’or en Belgique, et puis bien sûr Axel Red ne serait pas Axel Red sans les incontournables tubes qui ont fait son succès comme « Sensualité » ou la troublante « Rester femme », moment intense d’émotions, car lorsque Axel se met au piano, la foule fait silence tant sa voix suave enchante l’assistance… Un excellent concert qui permet de découvrir une interprète exceptionnelle, pleine de talent et qui force l’admiration. Céline Dehédin


MIDI FESTIVAL
Le Midi Festival, tu n’y étais pas? Et bien je te dirai merci… Partir à la découverte de groupes quasi inconnus mais au talent énorme, dans le cadre idyllique des Jardins de la Villa Noailles à Hyères, en sirotant ton verre sur une rabane, peut être difficile pour les oreilles non averties. Comme chaque année, le cru de la programmation 2010 était de qualité avec quelques prestations millésimées. Le vendredi soir : les Vivian Girls, groupe de filles entre l’énergie du premier Hole et le noisy de My Bloody Valentine ainsi qu’Egytian Hip Hop. Ils ont 17 ans mais en paraissent 15, font du rock et non du hip hop, sont de Manchester et pas d’Egypte, et vous scotchent avec leur rock indé sincère teinté de montées à la New Order. Le samedi soir, à l’unanimité du public magnifique prestation des locaux Mina May ainsi que les mystérieux et généreusement talentueux Wu Lyf qui donnaient leur premier concert français avec un rock qui vous tiraille, vous porte et vous prend jusqu’aux entrailles. Enfin le dimanche, nous avons eu la magnifique surprise de découvrir Clara Clara. La batterie est puissante mais agile, les claviers sont légers mais plus qu’architecturés et la basse réveille des instincts rageusement pop. Cher festivalier qui attend la tête d’affiche, le tube qu’il pourra fredonner, le DJ qui fait semblant de mixer, peut être que ce festival n’est pas celui que tu attends, va en boite et laisses moi très égoïstement profiter du Midi Festival. Julikhertz


Les enfants du jazz
(du 19 au 25 juillet 2010) Compte rendu du 22 et 23 juillet à Barcelonnette
C’est un peu fatiguée que j’entamais la montée dans l’Ubaye en ce jeudi, ravie cependant de la soirée qui m’attendait au parc de la sapinière. Al Jarreau, l’homme aux 7 Grammy Awards ; celui qui après 40 ans de carrière reste un éternel expérimentateur musical avec sa voix hors norme. Bref, pour faire court : un des chanteurs jazzy américains les plus populaires. Arrivée à tout juste 19h à Barcelonnette, il me fallait encore garer mon véhicule, trouver de quoi rassasier mon estomac avant d’être prête à voir sur scène le phénomène Al Jarreau. Sauf qu’entre temps, le septuagénaire avait fait un malaise cardiaque et avait été admis dans un état critique à l’hôpital de Gap. Gloups, nous étions des centaines à avoir fait la route et à repartir bredouille, soucieux de l’état de santé de notre idole. Néanmoins pendant le festival, Barcelonnette vit à l’heure du jazz et du rythme, il y en a partout dans les rues et les bars. Alors ce soir-là, on était nombreux amassés au café du Choucas pour écouter les enfants de l’école de jazz et leurs professeurs (cela dit excellents !). Le lendemain, rassurée sur la santé d’Al jarreau et la météo (cette fois c’est la pluie qui a failli annuler le concert), c’est impatiemment que j’attendais le Dieu noir Richard Bona. J’allais le voir pour la troisième fois sur scène, mais c’est toujours un moment de pur régal. 21h30, il fait un froid glacial et je rajoute des pulls, lorsque enfin il arrive avec sa basse. Je l’écoute tout entière transportée par sa voix câline. Sa musique, campée au carrefour d’une foule d’influences, entre beat africain, groove funk, latino et harmonies jazzy, prend une ampleur particulière dans les mains de cet extraordinaire bassiste et comme le bonhomme manie aussi bien l’humour que sa basse à cinq cordes, il enchante tout le monde. Le seul hic, c’est qu’on en redemande et qu’on aura droit qu’à un seul petit rappel malgré les applaudissements et les sifflets d’encouragements. Qu’à cela ne tienne, je terminerai la soirée comme la veille au Choucas et surprise : les musiciens de Richard Bona viendront y taper le bœuf avec les profs de l’école de jazz. Ils seront rejoints plus tard par le maître en personne qui ne manquera pas d’empoigner une contrebasse (mollement, mais l’horloge affichait déjà 2h) pour nous jouer un petit air de jazz. Y a des soirs comme ça où l’on est bien inspiré ! Cristel Béguin


Musiks à Manosque
à Manosque (du 17 au 22 juillet 2010) Compte rendu des 17, 18, 19, 20 à Manosque
Pour ses 25 ans, le festival a battu tous ses records. Du son, du plaisir, du partage et de la gratuité, tout était là pour fêter gaiement l’anniversaire de cette nouvelle édition. Samedi, parc de Drouille 21h. La foule se presse. Sous un ciel trois étoiles, la voix chaude et pleine de Siméo retentit et raconte des histoires qui de toute évidence donnent le sourire aux gens. À 22h30, ils sont + de 7 000 dans l’arène pour entendre Julian Marley. Une belle soirée, même si le fils du grand Bob manque de charisme, comme quoi il ne suffit pas de porter le nom de papa et un blouson rouge, jaune et vert. Le lendemain, Raoul Paz a quant à lui ravi l’assemblée, venue presque aussi abondante que la veille se déhancher sur des airs latinos. L’auteur, compositeur et interprète cubains n’a d’ailleurs pas hésité à pousser la chansonnette au milieu du public pour terminer la soirée. Lundi, ce fut au tour de Tété d’emporter la foule. Le bras levé et la voix élevée, ils étaient nombreux à fredonner les refrains des chansons de leur idole et tout aussi nombreux à regretter que sa prestation ne dure pas plus longtemps. La fanfare du Gros Tube a fermé la soirée et là encore, tout le monde en redemandait. Mardi, le concert de Bratch fut d’un autre genre. Genre jazz-tzigane sans fausse note, mais dans une ambiance rendue sobre et froide par des musiciens trop rigides. Le groupe In the Club passait derrière avec un rock plus explosif, mais ça n’a pas davantage séduit et les gradins ont fini de se vider. Pour les deux dernières soirées, je n’y étais pas, mais j’ai largement eu écho de celle avec Manu Dibango qui revenait à Manosque pour la 3e fois. À 77 ans, le jazzman électrisait parait-il encore le public (9 000 personnes, une soirée record), tant par son talent que par son dynamisme. 30 000, c’est la barre franchie des spectateurs venus cette année à Musiks à Manosque, un baromètre chaud bouillant ! Cristel Béguin


Les Plages Electroniques
Peut-on vraiment passer un été sur la côte d’Azur sans avoir passé au moins une soirée « Aux plages » ? Avec une fréquentation l’année précédente qui lui avait donné le statut de plus grand festival du sud-est, cette cinquième édition s’annonçait comme celle qui confirmerait le succès croissant du festival, l’essai fut concluant avec plus de 50 000 participants. La recette des plages repose sur un tarif très bas, une programmation mélangeant les découvertes locales et des artistes en pleine ascension et des légendes qui font aussi bien le bonheur des amateurs de musiques électroniques que de autres venus simplement pour danser sur le sable. Adieu les robes et les smokings, bonjour les tongs et les maillots de bains ! Cette année encore les cinq soirées jonglaient entre techno, drum & bass, minimal ou encore électro groove. Derrick May, un des fondateurs de la techno faisait donc bouger les têtes et annonçait une cinquième édition mouvementée. Les derniers spectateurs partis, le chronomètre démarrait afin de rendre la plage aux touristes à 6 heure du mat. La semaine suivante, les Crookers relançait la machine avec de l’électro vitaminée qui allait épuiser les « plagistes ». Une semaine de repos et ce fut la soirée drum & bass, où les brésiliens DJ Marmy et Stamina MC nous offrait un set très « sunshine » dixit CSB. Pour l’avant dernière soirée, le britannique Norman Jay offrait un son très groovy pour une soirée plus particulièrement appréciée par les connaisseurs et qui offrait aussi le coup de cœur du festival, DJ Kentaro, champion du monde DMC, orfèvre de platines. Sans doute un des moments fort de ces cinquièmes plages électro. Pour la dernière soirée, le public était au rendez-vous pour ne pas manquer la dernière soirée annonçant la fin de l’été qui laissait comme un parfum de nostalgie. Qu’à cela ne tienne, il fallait venir profiter du son des frères de Tiefscharwz et de leur son minimal qui laissait les festivaliers rentrer chez eux en se demandant si il n’était pas possible de faire une sixième soirée. Les Plages électro c’est donc fini pour 2010 mais désormais vous êtes au courant que c’est là qu’il faut être l’été et vous n’avez plus d’excuses pour dire que vous ne le saviez pas. M.S.


WORLDWIDE FESTIVAL SETE 2010
Du 8 au 11/07 à Sète (34)
Retour d’un des festivals les plus enthousiaste de l’hexagone, le WORLDWIDE est en effet à part, mêlant éclectisme musical d’avant-garde et joie de vivre universelle, GILLES PETERSON et les FRESHLY CUTS nous en encore ravi malgré quelques petits loupés impondérables. En effet l’ouverture Jeudi fût affectée par l’annulation du « pape » Gil-Scott Heron pour cause d’intoxication alimentaire !! Malgré tout son groupe nous à quand même fait l’honneur de jouer mais l’adition reste chère. Dès le lendemain, tout est oublié avec la délicieuse Ladybugz pour un set ensoleillé sur la plage de l’ACD. Arrivés en début de soirée au théâtre de la mer, 2 ème punition puisque nous pouvons lire à l’entrée que Joy Orbison et Flying Lotus sont eux aussi annulés pour les même raison !! Ca commence à faire…mais c’est sans compter sur nos performants organisateurs qui ont plus d’un tour dans leurs besaces et nous sortent du chapeau un invité mystère, nous y reviendrons. Nous assistons donc au concert d’Havana Cultura et la déesse Danay, chanteuse au flow suave et mélodieux piloté par Gilou lui-même puis l’Orchestre Poly Rythmo de Cotonou qui nous délivre une performance à travers des trombes d’eau qui s’abattent sur l’écrin de pierre mais n’affecte en rien leur prestation magique et revigorante, tout le monde debout pour soutenir et accompagner le groupe dans une véritable célébration sous la pluie. Direction le Phare du Mole pour une nuit qui s’annonce chaude, après avoir surmonté la longue queue de festivaliers, arrivée un peu tardive et DJ Garfid a déjà bien entamé son set, dommage car la fin laissait présager un bon cru. C’est au tour de The Gaslamp Killer et Gonjasufi : original et intrigant mais difficilement dansable, MC inclassable extra terrestre qui balance la vibes enfumée d’un grand sorcier psychédélique sur un son improbable, saturé et brutal de Gaslamp complètement déchainé sur sa MPC. Enfin l’invité mystère, le sauveur du festival disent certain, Laurent Garnier fait son apparition mais malheureusement pour un Dj set à la place de Flying Lotus, on commence house classique très sympa mais je reste sur ma « faim » quant au bout d’une heure cela prend une toute autre tournure pour nous délivrer des tracks plus Dubstep comme le remix « I’m sorry » de Brenda Lee par Woodhead & Blenda et drum’n’bass accompagné par MC Dynamite. Pour finir en beauté c’est au tour du nouveau trublion anglais SBTRKT présenté par Gilou comme le renouveau de la scène club, des sonorités nouvelles et bien corrosives pour nos petites oreilles déjà bien échauffées mais un pur régal effectivement. Samedi c’est repos sur la plage l’après midi avec une pléiade de Dj et des sons brésiliens, jazz et hip hop, parfait pour « chiller ». Rythme de croisière oblige, départ pour les concerts avec la chaleur d’Hypnotic Brass Ensemble : Une grosse session : 8 cuivres pour 8 frères et le batteur Gabriel Wallace. La foule se déchaine pour une messe endiablée entre Jazz et Hip Hop avec une attitude ultra « fresh » et une bonne humeur qui a mis tout le monde d’accord. Changement de plateau rapide pour Quantic y su Combo Barbaro : Le jeune artiste émérite Quantic toujours très bon mais musicalement trop propre et en deçà de ses représentations passées. Au phare par contre il faudra attendre la fin de la nuit pour vraiment décoller après la pale prestation de D.O.P : Le chanteur ayant un peu trop abusé de l’hydratation à fini à poil sur scène avec un flow dégoulinant malgré la jolie sonorité Deep House à grand renfort de samples cuivrés. C’est donc JOSH WINK qui nous à fait danser sur une Acid House à l’ancienne, un travail super soigné pendant plus de 2 heures.. Le dimanche, la clôture comme à l’accoutumée sur la plage de l’ACD transformée en un dance floor de sable géant, c’est parti pour 15 heures de fête non stop avec les passages remarqués et mémorables de Norman Jay toujours aussi classe, une grosse tuerie orchestrée par Simbad vs Son of Kick, la magie des doigts de fée importée de Détroit : Jeremy Ellis, un véritable ovni vocal mélangeant sample et une dextérité incomparable sur sa machine et bien sûr le set final de Monsieur Garnier qui joyeux comme un enfant le jour de noël et après 4 heures de mix ne voulait toujours pas laisser les platines…On ferme !!! Bilan très positif, une expérience unique dans un cadre idyllique en compagnie d’une foule aux visages radieux et épanouis par tant de bonheur musical et d’échanges, même les professionnels locaux comme les chauffeurs de taxi ou autres commerçants le soulignent : une apparence parfois décalée mais les gens sont d’une gentillesse et très bien élevés, comme quoi on peut toujours renverser les aprioris. Vous savez se qu’il vous reste à faire pour l’année prochaine !!! Jérôme Gillet aka Skyfast


Les Voix du Gaou
Presqu’île du Gaou - Six fours
les 22, 23 et 28 juillet
Venu des 4 coins de la France, le public des Voix du Gaou a pu assister à une série de concerts en plein air sur la petite île du Brusc pendant 10 jours. 35 artistes reconnus ou talents prometteurs se sont enchainés chaque soir pour le plaisir de tous. -M- a offert un véritable spectacle à son public. Excellent guitariste, le showman décomplexé a plongé toute l’île dans son univers complètement déjanté. Loin de l’hystérie provoquée par Christophe Maé quelques jours avant, la Reggae Night était inaugurée cette année par Julian Marley. Il surf avec habileté entre compositions personnelles et reprises de notre grand Bob, mais sans jamais l’égaler. Puis c’est aux Toots and the Maytals d’entrer en scène. Doyens de la musique jamaïcaine, ils ont fait vibrer un public qui leur était déjà tout acquis. Les survoltés de Skip The Use, groupe français plutôt prometteur, étaient une bonne mise en bouche pour cette soirée qui s’annonçait résolument Rock. Metronomy, plus calmes, ont ensuite pris la relève. Mais les anglais sont meilleurs en studio et plutôt maladroits en live. Après une pause bière (servie dans un Ecocup), nous avons eu l’honneur de voir monter sur scène les Babyshambles. Car oui, l’imprévisible Pete Doherty est bel et bien venu ce soir ! Hormis ses écarts habituels, l’ex des Libertines a quand même assuré son concert jusqu’au bout. Mais le public s’impatiente, crie un autre nom. Place à Phoenix ! Leur indie-pop électrique semblait calibrée sur mesure, tout comme le jeu de lumière sur scène. Une alchimie parfaite. Cette année, le festival s’est clôturé sur une soirée clubbing réunissant Bob Sinclar, Big Ali et Joachim Garraud.Véritable métissage musical, le festival des Voix du Gaou a cette année encore réussit sa programmation, offrant une palette d’artistes de qualité s’adaptant à tous les styles, pour tous les publics. Margaux Maurisset


NICE JAZZ FESTIVAL
Jardins de Cimiez du 17 au 24 juillet - Nice ’06)
Petite pointe de nostalgie...c’était donc la dernière édition du festival dans les jardins et les Arènes de Cimiez...D’autant que, cette année, la programmation étant sacrément à la hauteur de la réputation internationale de l’évènement, il y avait de quoi réjouir les plus exigeants des mélomanes. Puisqu’il faut faire un choix, je retiendrai quelques moments intenses qui ont fait vibrer les Arènes autant qu’à l’époque des Hampton, Getz, Heath Brothers, Pepper, Gillespie, Marsalis ou Petrucciani. Fabuleuse performance, donc,  lors des hommages à Claude Nougaro , de Maurane, d’une justesse et d’une sensibilité remarquables,  et de David Lynx,  entouré de Pierre-Alain Goualch (p), Diego Imbert (b) et du merveilleux batteur André Ceccarelli, qui recréent un univers d’une grande subtilité à partir des chansons du «plus jazz des chanteurs français». Moment exceptionnel aussi (et je pèse mes mots),   le concert du Freedom Band du formidable pianiste et compositeur Chick Corea, avec le fabuleux Christian Mc Bride (mon contrebassiste préféré  avec Buster Williams et Charnett Moffett,), le prodigieux  sax alto Kenny Garrett et le bondissant batteur (75 printemps) Roy Haynes.  Spectateur conquis, le guitariste John Mc Laughlin se garda bien de refuser l’invitation de rejoindre sur scène, ces musiciens de rêve, pour recréer presque à l’identique le Five Peace Band (NV#152), pour un final d’anthologie. Dire qu’il y a quelques années, les enregistrements étaient tolérés...et que les amateurs pouvaient se repasser, en boucle, les huit soirs de concert, l’hiver,  au coin du feu...Heureux temps !... Daniel Chauvet 


Festival de jazz à Toulon
Du 16 au 25 juillet
Toulon aura vécu au rythme du jazz à l’occasion de la 21ème édition du Festival « Jazz à Toulon ». Retour sur quelques uns des concerts de cet événement qui a tenu toutes ces promesses. On notera la prestation sur-vitaminée du Maraca New All Stars Project mené de main de maître par Orlando « Maraca » Valle au Pont du Las. Une ambiance incroyable deux heures durant, place Bidouré, où le public a vibré au rythme de la salsa et du jazz cubain ! Sur la place Puget, en centre ville de Toulon, ce sont les Alligators Jazz Band qui nous ont proposé des standards de jazz New Orleans des années 1930. Malgré quelques maladresses, le concert aura été ponctué d’anecdotes intéressantes sur l’origine des morceaux interprétés. Le public était nombreux pour assister au concert du Marcel Sabiani Quartet sur la place Raimu. Entre hommages, compositions très jazz clubs et solos de haute voltige, Marcel Sabiani et ses musiciens nous auront offert une magnifique prestation. Les 4 Essential, sur la place Louis Blanc, auront proposé un jazz tout en subtilité qui a eu peut-être plus de mal à trouver son public. Concluons avec Will The Blue Griot, artiste « Coup de Cœur » de ce Jazz à Toulon 2010. Le groupe a inondé la place Passani au Mourillon, en fin d’après-midi, de compositions soul, de reprises sublimées de Marvin Gaye ou Ray Charles. Un véritable coup de cœur pour nombre de personnes présentes et promis à une belle carrière ! Rémi CAVAILLÈS


C’était comment les Vieilles Charrues ?
15/07
Alors ca y est Nouvelle Vague est allé faire un tour aux Vieilles Charrues pour voir à quoi ressemble le plus grand festival français. D’abord il faut compter une bonne demi-heure de marche avant d’arriver au premier point de contrôle puis encore une dizaine de minutes pour arriver devant l’entrée. Le site de Kerampuil est immense, pas moins de six scènes nous attendaient pour une trentaine de concerts par jour (à l’exception de la journée d’ouverture). Tout est prévu pour accueillir les festivaliers de façon très confortable (campings, douches, épiceries) donc pour ceux qui pensent que les festivals c’est un peu trop « roots » pour eux, plus de raison de s’en priver. Enfin un dernier détail, les festivaliers portent presque tous des bottes car la pluie à tendance à transformer le site en champ de boue. Un conseil : évitez donc d’y aller en tong comme certains d’entre nous l’ont fait… La multitude de scènes reparties sur le site du festival permet de toucher à tout, de découvrir des styles qui ne vous sont pas forcement familier et en discutant un peu avec les habitués, il est facile de repérer les découvertes à ne pas manquer ou les bons plans. Mais quatre jours de concerts ça peut paraître long pour certains alors pourquoi ne pas jeter un œil au Verger où les arts de rues sont rois et des animations vous attendent. Pour la soirée d’ouverture Revolver, Jacques Dutronc et Muse furent chargés de lancer le festival. Ces derniers ne se laissant pas décourager par une pluie battante ils assurèrent le spectacle malgré la météo, le public suivait et les anglais offraient au festival une soirée d’ouverture qui promettait une grande édition 2010. Le lendemain NTM et leurs rugissements chauffèrent le public à blanc, la pluie revint mais cela n’y faisait rien les festivaliers tenaient bon. Puis à peine le temps d’aller boire une bière et Mika était déjà là à distiller son univers pop coloré et débordant d’énergie. Puis la soirée se termina au son de Vitalic qui ôtait aux festivaliers leurs dernières forces. Le lendemain dès 15 heures, le festival ouvrait à nouveaux ses portes et c’était reparti ! De découverte en découverte, il s’agissait d‘un véritable voyage musical. Gaetan Roussel, Indochine et DJ Kentaro animèrent la soirée, pendant que l’on encourageait les candidats du concours « d’air biniou ». Minuit passé, Phoenix se faisait attendre, les versaillais assurèrent et la grande scène secouée. Un dernier petit tour et la soirée se termina en compagnie de Boys Noize et Gojira. Puis le dernier jour arriva, le festival était passé à toute vitesse mais il restait encore malgré tout quelques bonnes surprises. Pony Pony Run Run enchaînait les tubes, puis Souchon fit son entrée. Toujours aussi à l’aise avec son public, il savait nous mettre à l’aise, même au milieu de 60 000 personnes, on avait l’impression d’être en petit comité. Il ne fallut que quelques riffs de guitares à -M- pour retourner la grande scène et le show pouvait commencer. Pour terminer, on avait mis Jamiroquai au frais pour fêter la fin du festival. Le chanteur à la coiffe d’indien, peut être un peu fatigué par sa traversé de la plaine de Kerampuil, offrit au festival une clôture digne de ce nom. Alors les festivaliers pouvaient rentrés chez eux fatigués mais heureux. Les Vieilles Charrues 2010 terminées, on en retiendra la chaleureuse ambiance bretonne et sensation étonnamment agréable de bien être de se retrouver au milieu d’une foule immense. Le festival breton est décidément un lieu unique, différent de tous les festivals français et il faut y avoir participé pour en saisir l’atmosphère particulière. Alors peut être se croisera-t-on l’année prochaine… M.S.


Festival Popanalia
Jardins du musée Fernand Léger, Biot, vendredi 9 juillet 2010
La renaissance du mythique "Popanalia" créé en 1970 était une des attractions de l’été sur la Côte d’Azur.Un cadre superbe, une affiche copieuse et étonnante... la soirée s’annonçait festive !Côté organisation, malgré une évidente bonne volonté, ce n’est pas encore çà : longue file d’attente à l’entrée, une seule buvette où il fallait faire la queue trois fois (louer un verre, prendre un ticket, aller chercher sa consommation), et une scène un peu trop basse qui ne laissait pas une grande visibilité au public debout... quelques points à améliorer pour une prochaine édition. Côté musique, le duo Archie Shepp et Tom Mc Clung a tenu ses promesses, même si leur jazz intimiste aurait mérité une écoute plus confortable. Le trio Trilok Gurtu, Paolo Fresu & Omar Sosa a semblé satisfaire le plus grand nombre avec une musique à mon goût trop fourre-tout, hésitant entre jazz/jazz-rock/world music/new age... Enfin, Gong a offert dans un show énergique un best of de ses classiques, très proche de celui proposé quelques mois plus tôt au théâtre Lino Ventura. Un regret encore : N’aurait-il pas été possible de rendre le musée accessible durant cette soirée ? Pour le festival "seconde nature" à Aix en Provence, il était bien agréable de trouver les salles d’expo de la Fondation Vasarely ouvertes pendant les concerts..Malgré ces quelques réserves, souhaitons que Popanalia mûrisse pour devenir très vite un rendez-vous incontournable de l’été azuréen !
 Raymond Sérini


Superbus - Festival CRAZY WEEK -
Crazy week- 09/07/2010
Le dernier soir de la crazy week fût extraordinaire, Superbus était attendu depuis l’hiver dernier… Le groupe ne s’est pas ménagé… Pendant plus d’une heure et demi, Jennyfer Ayache a fait décoller le public au son de Ramdam, Pop’N gum, Radio Song et autre Sunshine. En exclusivité, nous avons eu le droit aux morceaux bonus de leur premier best of dans les bacs en septembre, et le titre « Mes défauts ». Une tournée sous forme d’anniversaire s’est donc enclenchée et le public n’est pas au bout de ses surprises. Superbus encore une fois joue la carte du glamour et des années 50, et on retrouve avec plaisir Jenny et ses potos musiciens. A grands coups de guitares électriques, Patrice nous a remonté les oreilles et Gregory à la batterie a fait remuer le dancefloor ! Superbus a donc su faire oublier l’absence de la veille, de Pete Doherty avec brio. Seul bémol à cette soirée, la ville de Nice qui avait organisée une série de concerts sur scène roulante juste à côté du théâtre de verdure. 2 concerts qui se jouent côte à côte, ce n’était pas très pertinent ! Céline Dehédin


Les Nuits du Sud 2010
Du 8 Juillet au 7 Août - Vence (06)
Lorsque j’étais étudiant à Nice, j’étais désespéré de la méconnaissance par mes collèges de promo, de notre région. Lorsque je leur disais que j’étais de Vence la plupart me disaient « ah oui Vence ! St – Paul de Vence ! Yves Montand tu passeras le bonjour au petit Valentin » parfois c’était pire « Vence ! ah oui Le Vence (pour Levens) ». A chaque fois j’étais effrayé qu’ils n’aient pas eu la curiosité de découvrir les merveilles de notre cité. Une commune qui démarre à 150 m pour finir à 1000m, qui a des rivières, un col lunaire, des paysages à couper le souffle, des artistes de renom, un centre historique préservé, des dizaines de fontaines, autant de chapelles, la chaîne des baous, un évêché, la plus petite place du monde, 300 jours de soleil par an…. Il a fallu attendre la naissance du festival des Nuit Du sud il y a 13ans pour qu’une grande partie de mon entourage découvre Vence. Aujourd’hui quand je dis à Nice que je suis de Vence on me dit « A oui Vence les Nuits Du Sud ». Ouf… aujourd’hui je respirerais mieux car je vous assure qu’il y a 15 ans mon chauvinisme en prenait une claque à chaque fois. Si notre festival des Nuits du Sud est aujourd’hui si réputé, c’est qu’il le mérite amplement. Il a un concept, bien a lui, la ville se retrouve l’espace de 15 soirées, une salle de concert, où les enfant peuvent danser en toute quiétude aux abords des fontaines, pendant que les parents dînent en écoutant la musique, ou dansent à en perdre haleine. La programmation est variée, ouverte à toutes les musiques du monde dès lors qu’elles sont de qualité. En plus comme l’entrée est au prix modique de 18 € la foule se presse et on en redemande. Pour moi cette année la programmation fut la plus réussie depuis la naissance du festival. En effet il y en avait pour tous les publics, c’était plus ouvert, n’importe qui, quel que soit son age, sa condition sociale, son pays d’origine trouvait chaussure à son pied. L’affiche d’ouverture avait de quoi faire saliver. Suzanne Vega et Youssou N’Dour. Suzanne Vega est sans conteste une des plus grande artiste qu’a accueilli le festival. Cette New Yorkaise nous offrit une folk tout en douceur et sentiment, qui a ouvert la voie à Tori Amos ou Fiona Apple. Malheureusement l’américaine n’était pas en grande forme ce soir-là. Il faut dire aussi que le son n’était pas parfait pour son show. Reconnaissons qu’il est difficile d’offrir un son intimiste qui se prête à la musique de Suzanne Vega, sur une place en plein air devant 6000 personnes. Dommage. Au niveau du son ce concert a servi de rodage, tout sera parfait par la suite notamment pour Youssou n’Dour qui arriva avec tout son attirail pour nous proposer sa world musique sautillante, à noter un léger tournant reagge pour le sénégalais puisqu’il rend des hommages appuyés a Bob Marley. Le lendemain se fut au tour de Natacha Atlas une princesse Egyptienne qui nous fit littéralement fondre avec son raï tout en douceur allant de ballades murmurées à des classiques plein de poésie. Sa prestation nous a beaucoup plus touchés que lors de sa précédente venue, à l’époque c’était plus electro, nous la préférons largement dans le registre romantique. Omar Pene a oscillé entre rythmes mbalakh et world le tout avec une touche de jazz, bref entre tradition et modernité. Ensuite c’était au tour de la soirée « Jeunes » avec tout d’abord Mickey 3D qui nous a littéralement régalés avec sa pop rock au texte pointu et engagé. La présence de la piquante Cécile Hercule au clavier apportait une touche délirante à l’ensemble qui a fait frôler l’excellence à ce groupe de St-Etienne. Après je craignais le pire avec Le peuple de l’herbe. Le nom de ce groupe m’horripile, dans le style mauvais goût je le compare à Licence IV. Mais bref ne nous fions pas aux apparences, le Peuple a transformé la place du grand jardin en machine à danser avec leur fusion que ne renierait par Asian Dub Fondation. La quatrième soirée fut riche en émotion pour Audrey Spitz, en effet Los Angeles Crenshaw Gospel Noir étant bloqué dans les embouteillages, Téo Saavedra (l’organisateur du festival) a demandé à Audrey de monter à la volée sur scène accompagnée par son seul compagnon David Marion (stagiaire au Nuit su sud) au piano. Ils nous offrirent 3 morceaux touchants. Un peu avant 22h les Los Angeles Crenshaw Gospel Noir, avec près d’une heure de retard sautaient de leur mini bus pour monter sur scène. L’absence de balances, fit que leur concert a eu du mal a démarrer, il a fallu attendre une bonne demi-heure pour profiter pleinement de leur énergie et sautiller avec eux. Joli coup que la programmation de Ben L’Oncle Soul, Téo a vu le vent venir en bouclant l’artiste durant l’hiver avant qu’il ne devienne plus célèbre et donc trop cher pour les finances du festival. Je ne suis pas très friand de Soul, mais je dois reconnaître le talent de Ben qui se risque à chanter en français et arrive presque à faire sonner notre langue aussi bien que les classiques de Wilson Pickett ou Marvin Gaye. Je ne me suis toujours pas remis de la 5eme soirée du festival qui pour moi a été la plus réussie de cette édition. Shibusa Shirazu Orchestra est un véritable OVNI, cet orchestre japonais nous a proposé une musique expérimentale, totalement déjantée que n’aurait pas reniée Gong. Musicalement cela était parfois un peu cacophonique, passant allégrement d’une style jazz manouche à de la noisy. Mais si l’on avait les yeux vers la scène quel spectacle. Il y avait des musiciens partout, tous plus déguisés les uns que les autres, des danseuses sortaient de nulle part pour danser avec des bananes géantes sur des échelles, il y avait même un peintre créant en direct une œuvre gigantesque. Le clou du spectacle fut lorsque l’on découvrit un dragon géant gonflé à l’hélium voler sur nos tête pour s’envoler lentement vers le col de vence. Le col de Vence aurait d’ailleurs été le lieu idéal pour ce spectacle d’anthologie, les paysages lunaires se seraient prêtés a merveille à cette féerie musicale et visuelle. Je suis même sur que s’il y a vraiment des extraterrestre au Col, ils seraient sortis pour assister à ce concert tellement il était réussi. Nous aurions ainsi la réponse à ce mystère éternel : « Y a-t-il oui ou non des OVNIS au col de Vence ? » Difficile pour Toots and The Maytals, de passer après ça. Pourtant il s’en est sorti à merveille proposant un reggaes roots authentique volant 1 million de fois au dessus de ce style trop répétitif à mon goût. Par exemple on n’a pas entendu une fois de la soirée les mots Jamaïque ou Babylone. Cela doit être la première fois dans un concert de Reagge. Pour être tout a fait honnête lorsqu’on m’a annoncé que c’était du reagge j’ai pensé à m’enfuir. Et bien je suis resté jusqu’au bout, applaudissant même debout à la fin pour réclamer un rappel. La redescente sur terre fut difficile pour la sixième soirée qui eut malheureusement une des plus faibles affluences depuis que le festival existe. Fréderic Galliano et ses Africans Divas ont du remplacer au pied levé Admiral T, pour une soirée electro, dance-floors. Bibi Tanga and the Selenites nous offrirent ensuite un mélange entre jazz et Funk. Johnny Clegg étant déjà venu plusieurs fois a Vence j’ai boudé la soirée, mais heureusement ce ne fut pas le cas d’un public venu nombreux et qui m’a semblé conquis par le zoulou blanc, vu les nombreux sourires que j’ai croisés en rentrant chez moi à l’heure où se finissait le concert. Il y a 3ans j’avais vu Axel Red qui se produisait le même soir qu’Emmanuelle Seigner au palais des festival de Cannes. Je n’avais pas accroché partant au bout de quelques morceaux, j’ai donc choisi de ne pas assister à la 8eme soirée, préférant me rendre à Port Grimaud pour les Dandy Warhols. Depuis j’ai appris que la belge travaillait dorénavant avec la fine fleure de la scène française tel Florent Marchet et Christophe Miossec, peut être ai-je eu tort d’aller dans le Var ? Avec mes cheveux mi longs on croit parfois que j’écoute du ska festif. Cela n’est vraiment pas le cas. J’ai juste écouté du bout des oreilles la scène alternative française à la fin des années 80. Je n’ai donc pas vibré sur Chico Trujillo. Toutefois, ce groupe ne se prend pas au sérieux une seconde et leur bonheur de jouer est un plaisir à voir. Mes lointains souvenirs de la scène alternative française me poussent à ranger ces chiliens près du français Sergent Garcia. La malienne Rokia Traoré nous a livré un show très classe ou même ces intermèdes nous ont conquis. Lors de son précédent passage au festival, la Malienne nous avait offert un show plus dansant et j’avais été envoûté, n’arrivant pas à la lâcher du regard. Cette année c’était malheureusement par moment un peu trop linéaire. Il devait être écrit quelque part que la 10eme soirée des Nuits Du Sud serait problématique, nous avions appris au début de l’été l’annulation de Luz Casal, cette artiste chère à Almodovar soufrant d’un cancer avait du annuler toute sa tournée. Elle fut donc remplacée par Julia Mingues, mais le 5 Août la pluie tombait fort sur Vence, et l’on a bien cru que le concert serait annulé. Il n’en fut rien, une heure avant le concert un magnifique arc en ciel apparut et la pluie cessa ce qui permit au concert d’avoir lieu. Malheureusement beaucoup de spectateurs avaient déclaré forfait en raison de la fraîcheur, une fois de plus les absents ont eu tort. Julia Migenes nous a régalés d’un flamenco intimiste aidée par des musiciens au charme hispanique qui ont du faire craquer les trois quarts des femmes présentes ce soir la. Le sénégalais Baaba Maal s’appuie sur les percussions pour construire sa musique au carrefour des cultures. L’avant dernière soirée était celle que j’attendais le plus en raison de la présence d’une légende sur notre place de grand Jardin George Clinton & Parliament Funkadelic, je ne fus pas déçu Clinton nous a fait un concert d’anthologie de plus de 2h15, ce baladant dans son répertoire qui a marqué au fer rouge l’histoire de la pop musique, cela allant du Funk, au guitare héros, a l’experiental, au planant. Un pur régal. A tel point que traditionnellement en fin de soirée Téo remonte sur scène pour donner la programmation du lendemain. Ce soir là il n’a pas pu le faire, tellement le public criait pour réclamer le retour de Clinton sur scène. Avant Clinton se produisait Asere, je dois reconnaître que je n’ai pas eu une oreille très attentive attendant avec impatience l’entrée sur scène du leader des Funkadelic. J’ai tout de même pu me rendre compte que Asere produit une musique cubaine très efficace mais déjà entendue. La clôture fut assurée par Raul Paz et Grupo Fantasma mais honnêtement tout le monde avait encore la tête dans la féerie de la veille. Grupo Fantasma nous fit faire quelque pas de salsa. Raul Paz est un cubain qui vit en France, sa musique va donc des rythmes traditionnels à la pop. N’oublions pas les deux soirées Talents du sud, qui sont pour moi des concerts à part entière. Durant deux soirées la scène est ouverte à des talents locaux sélectionnés par un jury. Les 10 groupes se produisent chacun une demi heure et sont jugés par un jury de professionnels. Le premier soir la programmation aurait pu être faite par l’équipe de L’Oreille Qui Gratte tant les artistes pop indé proposés correspondaient à la couleur de l’émission d’Agora FM. Malgré le réel vivier de talents présent ce soir là je dois reconnaître que le Duo Hannah s’est très largement imposé. Leur folk à l’énergie débordante a littéralement retourné la place, qui s’est mise à danser au rythme endiablé d’un batteur détonnant. Il faut dire Qu’Emmanuel Alarco le chanteur a une sacrée expérience pour avoir écumé depuis des années toutes les scènes de la région. Je pense que l’avenir leur est grand ouvert on ne peut en effet rester insensible a leur musique. Pour les autres groupes la barre était trop haute, pourtant la pop anglosaxone de Spy Fox est en constante progression. Astrolab évolue dans un style plus pointu plus noisy. Soleils Mouilles en début de soirée a assuré au son de ses accordéons dans une ambiance plus traditionnelle pour les Nuit Du sud. Yuna Project déjà vu l’an dernier sort petit à petit de la trip hop pour s’aventurer à merveille vers d’autres genres. A noter dans ce groupe la présence à la guitare de Stephane Guy, qui a été présent toutes les soirées du festival puisqu’il était le régisseur plateau. Je tiens sincèrement à le féliciter pour son travail qui fut absolument impeccable. On l’a vu courir de partout tout en restant disponible et souriant. La deuxième soirée des Talents Nuit Du Sud était un ton légèrement en dessous. Timek a séduit puisqu’ils ont remporté le prix public. Nous avons eu beaucoup de mal à croire qu’Amen Viana était un talent débutant tant sa technique est nickel. Zimmerlane nous a fait voyager vers l’Ecosse avec une musique qui gagnerait à être écoutée un wisky à la main dans un lieu intimiste. Ziline a de la classe avec sa musique jassy et travaillée, quand à Sandrine Destefanis elle est habituée à des lieux plus petits et je dois dire qu’elle a su habiter avec grâce la scène. Bien évidement le jury ne s’est pas trompé et Hannah fut déclaré grand gagnant. Si cela n’avait pas été le cas j’aurais fait une réclamation Avant de conclure, je souhaite faire allusion au magnifique mag, journal d’environ 10 petites minutes diffusé pendant le changement de scène vers 22h30-23h. Ce journal dans une bonne ambiance due à la fraîcheur de Mariama faisait le tour des concerts et diffusait des extraits live et interviews. Ce mag était aussi disponible sur le site du festival et s’avère être un résumé parfait du festival. Je pourrais encore parler longtemps, de l’ambiance du festival, des jours du sud, des cours de danse, du concours de vitrine de toutes ces choses qui font vivre notre ville pendant l’été mais par ma fenêtre j’aperçois la grisaille de l’automne qui arrive et je n’ai qu’une hâte me retrouver en Juillet 2011 pour la 14eme édition de cet indispensable festival. Simon Pégurier


IAM - Festival CRAZY WEEK -
à Nice le 7 juillet 2010 au théâtre de verdure
IAM en concert, c’était à Nice le 7 juillet 2010 au théâtre de verdure dans le cadre du festival CRAZY WEEK. Après avoir « boudé » la ville de Nice sur leur dernière tournée pour cause d’incompatibilité politique, en effet nos compères du rap français se sentaient mal à l’aise face aux résultats électoraux de notre chère contré, ils sont revenus en force pour nous donner un concert de folie. Le groupe composé d’Akhenaton, Shurik’N, Kheops, Imhotep, Kephren fût tout de suite dépossédé de ses idées reçues quand dès son apparition, ils purent constater l’énergie et la ferveur d’un public Niçois hétéroclite qui venu en masse (Environ 2000 personnes) ont tous crié leur joie de vivre ensemble. Fini le stéréotype du concert de Rap, les « PAPAS » attaquèrent fort avec un florilège de bombes passées, un best off réorchestré entrecoupé des derniers morceaux pour mettre tout le monde à l’unisson sans le moindre incident, un bon esprit régna dans l’alcôve du bord de mer et toutes les générations s’y retrouvèrent. Les maitres du phrasé nous ont donc enchantés, une présence scénique digne de sportifs de hauts niveaux et on pouvait observer sur leur visage tout le bonheur qu’ils avaient à donner mais à recevoir eux aussi, d’ailleurs la pression était telle qu’Akhenaton à dû retirer ses oreillettes pour le retour devant une foule égosillée par le chant et les liesses d’allégresse. Une belle leçon et un carton plein pour les godfathers Marseillais. Le rap français n’est donc pas mort, pour eux pas une ride, juste la nostalgie d’une époque déjà si vite passée due à la récupération du genre par des radios trop clientélistes et « markétées ». Jérôme Gillet aka Skyfast


13 ème Charlie Jazz Festival
Du 2 au 4 juillet 2010 (Compte rendu du 3 et 4 juillet) à Vitrolles
C’est un jazz équitable qui nous a été servi cette année au domaine de Fontblanche. La 13e édition du festival s’est inscrite dans une démarche de développement durable en sensibilisant son public au respect de l’environnement par de multiples initiatives (co-voiturage, tri sélectif, toilettes sèches, restauration bio et vaisselles biodégradables). Et la musique dans tout ça ? Et bien elle était là, fidèle au rendez-vous dans ce cadre exceptionnel situé au milieu de platanes tricentenaires et en bordure de rivière. Samedi c’était la fanfare marseillaise Samenakoa qui accompagnait le dîner. Avec ses 11 instrumentistes et une musique festive, la soirée s’annonçait plutôt bien. À 21h ce fut le tour du trio Sashird Lao. Subtil mélange des genres : du squat, du groove, de la soul, du swing et de la word music, le tout interprété par une chanteuse native d’Égypte. L’hommage à Bashung ne fut pas des plus réussi, mais pour le reste, ça fonctionnait bien. Le trompettiste Enrico Rava et son Jazz Lab sont ensuite montés sur scène. Ce vétéran italien joue mieux que jamais de son instrument, contrairement à la règle qui veut que les lèvres s’altèrent avec l’âge. Un style épuré et de superbes mélodies qui n’ont pas manqué d’émerveiller le public. Le lendemain, ce fut déception avec la fanfare Wonderbrass. Peu entraînante et surtout très limitée : 3 petits tours et puis s’en vont. Mina Agossi a très vite fait oublier cette mauvaise passe avec les compositions de son nouvel album Just like a lady. Accompagnée pour l’occasion par Phil Reptil, compositeur et interprète dans l’univers électro-acoustique, la voix chaude de la chanteuse franco-béninoise était soulignée d’un rythme plus rock qui lui allait comme un gant. Pour finir, le saxophoniste Odean Pope et son All Star Group ont soufflé un jazz de pure tradition et c’est avec émotion qu’Odean termina par un hommage rendu à Max Roach avec lequel il a joué pendant 20 ans. Vivement l’année prochaine ! Cristel Béguin


Calvi On The Rocks !
Du 02 au 07/07 – Calvi – Corse
« Ibiza c’est fini ; la nouvelle destination, c’est Calvi ! » promettait le teaser de l’édition 2006 du festival qui n’a de rock que le nom (ou presque). En 8 ans, Calvi On The Rocks est devenu un incontournable pour les amateurs de bon son, de soleil et de rosé bien frais. C’est ainsi que l’île de beauté devient le rendez-vous de la jeunesse chic et branchée parisienne en quête de plages de sable fin, venue pour faire la fête aux flux et reflux des rythmes électro des DJ sets. Il est vrai que le cadre idyllique et la programmation du festival en font un petit paradis éphémère où l’on n’a jamais le temps de s’ennuyer. Au menu : pas de farniente mais une tournée des lieux incontournables qui ont secoué la petite citadelle cet été. Un vrai périple. Réveillé par la chaleur vers midi, la journée commence aux alentours de 15 heures. Revêtu d’un maillot léopard et de vos lunettes fluos (de préférence), vous avez le choix entre poser votre serviette sur la plage de l’Octopussy où les filles au bronzage parfait se trémoussent sur Busy-P et DJ Koze, ou aller au Bout du Monde (juste à coté) pour siroter un cocktail à une table, les pieds dans l’eau de mer. Puis direction le Glacier avec ses apéros Uniqlo animés par Marcodos et ses invités (Busy P, So_Me, Breakbot…).Ensuite, c’est au théâtre de Verdure que ça se passe ! Forcément, il y a eu du bon et du moins bon (unique en son genre : Carl Craig, qui part en plein set et laisse tourner son iMac pendant 10 min…) mais il faut avouer que la programmation éclectique et électrique a fait ses preuves tout au long du festival. Et c’est sur une unique scène très intimiste que nous avons vu défiler grosses pointures et talents prometteurs qui nous en ont mis plein les yeux (et les oreilles). Les australiens de Midnight Juggernauts nous ont offert une excellente prestation scénique et Yuksek a été efficace (Tonight et Extraball en live ont fait l’unanimité dans le public). Coup de coeur pour Mayer Hawthorne, la parenthèse exotique du festival, qui nous a transporté dans son univers rétro grâce à sa musique soul avec une légère touche de reggae (Just Ain’t Gonna Work Out était tout simplement magique). Toute autre dimension avec Hot Chip, qui nous ont donné un excellent show avec une vraie présence sur scène (ces gars là ont vraiment la classe !), suivis des très attendus LCD Soundsystem et leur fidèle festivalier James Murphy qui se sont montrés à la hauteur de nos attentes et nous ont surpris avec un New York I Love You revisité façon Jay-Z & Alicia Keys. Ce sont les 2 Many DJ’s (en very very spécial guest) qui ont clôturé le festival en faisant monter tous leurs copains DJs sur scène. Ça ressemblait à un joyeux bordel, mais ce n’était que du bonheur ! Après les concerts, le must est de se retrouver Chez Tao tout en haut de la citadelle, où il y a du monde, beaucoup de monde. Heureusement, Le Baron, Brodinski & Co. ont su nous faire oublier le manque de place et la chaleur étouffante de l’ancien cabaret russe dont la devise « Vivez heureux aujourd’hui car demain il sera trop tard » est appliquée à la lettre. C’est aussi la vue panoramique du balcon qui nous pousse à rester jusqu’au petit matin, afin de voir le soleil se lever et inonder de lumière toute la baie de Calvi. Pour les plus fêtards, le Club 24 est ouvert jusqu’à l’aube…En résumé, Calvi On The Rocks est un beau festival fait de rencontres, de bonne musique, de nombreux apéros et d’un lieu exceptionnel. On comprend que certains y reviennent chaque année... Margaux Maurisset


Hadracadabra !
du 1er au 4 Juillet à Lans en Vercors
Pas de fautes de frappes ici c’est la compil’ issue du fameux festival psy trance goa Hadra qui s’est déroulé cette année du 1er au 4 Juillet à Lans en Vercors, 30 minutes au dessus de Grenoble. Il regroupe beaucoup de styles électro différents et se déroule en plein air. Cette année Hadra a encore une fois été largement à la hauteur de sa réputation, un line up exceptionnel avec beaucoup d’artistes étrangers, une météo idéale, et des stands divers et de qualité, des organisateurs et intervenants passionnés et talentueux, 6000 personnes au rendez-vous pour vous le confirmer. Arrivés le Vendredi après un charmant périple à travers les gorges de Bourne, l’habituel parking navette se passe plutôt bien, les contrôles de police ralentissent beaucoup les entrées mais l’ambiance entre les arrivants est très détendue et les organisateurs quoique très occupés sont abordables et disponibles. Sur place le site est fantastique. Station de ski l’hiver, c’est verdoyant, sauvage et naturel l’été. Le détail déco des machines à remontées mécaniques donne au paysage un gout d’authenticité d’autant plus exacerbé. Le dancefloor principal, environ 500m2, est très décoré, des couleurs chaudes et vives, personne n’a lésiné sur le lycra fluo et le rendu est parfait, des graphismes riches. Il n’a rien a envier au dancefloor secondaire, situé à l’autre bout du festival, tout aussi soigné, avec un line up plus éclectique et des sons moins électro, de l’acoustique et des sons plus expérimentaux. En descendant sous le dancefloor, c’est une immense galerie, sur 3 étages, avec des passages souterrains, des allées gigantesques, des minis passages secrets, avec stands de massage, nourriture et matériel bio, piercings, tatouages, body workshops, le tout sur une base de bien-être et de respect de la nature. Des cuisines de tous horizons nous restaurent et l’ambiance à travers tout le site est très détendue et chaleureuse. Le matériel de sonorisation était d’une qualité exceptionnelle, et se combinant avec le line-up que nous avait concocté Hadra, le dancefloor n’a pratiquement pas désempli pendant tout le festival. Retrouvez tout le line-up et pleins de photos sur le site officiel d’Hadra, et si c’était la quatrième édition de ce festival, moi je sais déjà que je ne raterai pas la cinquième, rendez-vous l’année prochaine ! Layla Brockway


Bob Dylan
Nice Nikaia, 22 juin 2010
Il était bien difficile d’enfourcher sa moto ou de se glisser derrière le volant de sa voiture en ce début de nuit de juin. Nous venions de passer presque deux heures en compagnie du dernier des monstres sacrés des années soixante. Un long moment quasiment dans l’intimité de Bob Dylan. Un Dylan qui tout au long du concert n’a cessé de déshabiller ses propres chansons pour les revêtir de nouveaux atours pour la plus grande joie (et parfois au grand dam) des centaines de fans de tout âges qui remplissaient la salle de concert, certes en petite configuration. Vêtu d’un costard à parements rouges assez improbable, coiffé d’un chapeau qui lui dissimule une grande partie du visage Bob va donc aligner les chansons, anciennes, très anciennes ou d’autres plus récente. Je vous passe la setlist mais disons de "Leopard-Skin Pill-Box Hat" à "All Along The Watchtower" en passant par "Under The Red Sky" ou "Tangled Up In Blue" Sa voix est éraillé à souhait, qui la voudrait autrement, son groupe assure de façon très rock’n’roll, les guitares sont en avant, Donnie Herron donne une petite touche country grâce à ses banjo, mandoline ou pedal steel, Dylan quittera, parfois même au milieu d’une chason, ses claviers pour une Fender électrique, il ira même jusqu’à "choruser" une fois ou deux sous l’œil goguenard de la six-cordes du génial Charlie Sexton, tout sourire. Mais le grand moment restera, pour ma part, la magnifique interprétation de "Masters Of War" ce brûlot qui date quand même de 1963 et qui hélas est toujours d’une brulante actualité. Même s’il ne l’a pas chanté ce soir là Bob reste à jamais "Forever Young". (Et si vous voulez en savoir plus sur Dylan, sa vie, ses textes, sa musique, le tout en français, une seule adresse: http://www.bobdylan-fr.com/). Jacques Lerognon


Seconde Nature
Aix en Provence du 2 au 12 Juin 2010.
C’est avec joie que l’on a pu assister cette année à une nouvelle édition d’un des festivals les plus pointus de l’hexagone. Après le fâcheux épisode des caravanes l’an passé, bravant les obstacles, l’équipe de Seconde Nature n’a rien lâché et a pu nous faire partager en ce début d’été des moments rares, chargés de découvertes et d’émerveillements devant tant de créativité et d’innovations. Une programmation étalée sur 10 jours de plaisir, des lieux magiques et atypiques, des artistes locaux et internationaux de grands talents, un public clairsemé mais conquis : un seul amour !! (Sauf pour ceux qui ont préféré rester devant le Foot !!!). Une initiative pluridisciplinaire inscrite dans le domaine des musiques électroniques et des arts multimédias, qui favorise le croisement des pratiques, l’expérimentation de nouvelles formes, écritures ou langages, et donne à vivre des expériences esthétiques inédites. Vue la pléiade d’artistes, je préfère ne pas énumérer certain afin de pas minimiser la prestation des autres car il faut dire que tout vaut le détour. Je vous invite donc à étayer votre curiosité en vous rendant directement sur le site : www.secondenature.org. La clôture s’est achevée à la fondation Vasarely, haut lieu de l’art contemporain, à mon avis le maître de l’art cinétique ne s’est pas retourné dans sa tombe !! Encore un grand merci pour toute l’énergie dégagée, un spécial Big Up pour ma part au King of cream : OCCULT69. Pour les absents, ne soyez pas en reste puisque l’équipe vous attend pour des rendez-vous publics tout au long de l’année (concerts, expos, rencontres…), Seconde Nature soutient la création artistique, organise des ateliers et des master class, met en œuvre des actions de sensibilisation, et développe aussi un programme d’échanges internationaux en direction de scènes émergentes et locales. Jérôme Gillet aka Skyfast


Dutronc
27/05 - Nikaïa - Nice (06)
Dutronc qui se joue de sa réputation d’escroc, de dilettante, voire de fumiste (de havane) nous a offert dans un Nikaïa fort bien rempli, à 67 ans tout de même, un show de quasi 2 heures, intense, debout, dans sa tenue noire, notre "Man In Black" parisien.
Un show de pur rock’n’roll, c’est du lourd, nous ne sommes pas dans la variété de papa. Fred Chapelier à la guitare, Erdal Kızılçay, longtemps compagnon de route de Bowie, passe de la trompette à l’alto quand il délaisse sa guitare, à la basse Jannick Top himself, un batteur, un clavier, une choriste largement superfétatoire, sauf quand elle joue de sa flute magique, les douces notes de "Paris S’éveille". Une "set list" en forme de "best of", il n’a pas de nouveauté à défendre et peut se plonger avec délice dans ses tubes que tout le monde fredonne. Il y aura même des petits intermèdes, quand il reçoit des filles de la salle divers vêtements intimes ou quand il brandit le drapeau à tête de Maure, histoire de protéger sa villa de Monticello en corse. Deux petits regrets, il ne joue que très peu, et pourtant bien, de guitare et il n’a pas chanté "l’hôtesse de l’air".
Rendez-vous dans quinze ans? Jacques Lerognon


HOCUS POCUS + YSAÉ
Le 22/05 à Châteauvallon (83)
C’est dans le cadre magnifique de Châteauvallon qu’environ 200 personnes se sont réunies pour assister au concert de Hocus Pocus, dont la tournée promo de leur nouvel album « 16 pièces » se devait de passer par le Var ! En première partie, Ysaé s’est chargé de chauffer la salle. Force est de constater que le défi a été relevé haut la main : variant les ambiances légères et plus graves, accompagné par des musiciens impeccables, Ysaé (en très grande forme) nous a gratifié d’un excellent show, qui laisse entrevoir de bonnes choses pour la suite de sa carrière. Hocus Pocus est entré sur scène peu de temps après. Qui n’a jamais assisté à un concert de Hocus Pocus ne peut imaginer la débauche d’énergie dont ce groupe est capable ! En maître de cérémonie hors pair, 20Syl et ses musiciens ont assuré le spectacle pendant près de 2 heures non stop, enchaînant les titres sur un rythme endiablé. Enrichissant leurs concerts au fur et à mesure de la tournée, on se plaît à redécouvrir les titres arrangés spécialement pour la scène, où le public est considéré comme un acteur du show. On en ressort heureux, lessivés et on attend le prochain concert avec impatience ! Rémi CAVAILLÈS


Festival Seconde Nature
Aix en Provence du 2 au 12 Juin 2010
C’est avec joie que l’on a pu assister cette année à une nouvelle édition d’un des festivals les plus pointus de l’hexagone. Après le fâcheux épisode des caravanes l’an passé, bravant les obstacles, l’équipe de Seconde Nature n’a rien lâché et a pu nous faire partager en ce début d’été des moments rares, chargés de découvertes et d’émerveillements devant tant de créativité et d’innovations. Une programmation étalée sur 10 jours de plaisir, des lieux magiques et atypiques, des artistes locaux et internationaux de grands talents, un public clairsemé mais conquis : un seul amour !! (Sauf pour ceux qui ont préféré rester devant le Foot !!!) Une initiative pluridisciplinaire inscrite dans le domaine des musiques électroniques et des arts multimédias, qui favorise le croisement des pratiques, l’expérimentation de nouvelles formes, écritures ou langages, et donne à vivre des expériences esthétiques inédites. Vue la pléiade d’artistes, je préfère ne pas énumérer certain afin de pas minimiser la prestation des autres car il faut dire que tout vaut le détour. Je vous invite donc à étayer votre curiosité en vous rendant directement sur le site : www.secondenature.org La clôture s’est achevée à la fondation Vasarely, haut lieu de l’art contemporain, à mon avis le maître de l’art cinétique ne s’est pas retourné dans sa tombe !! Encore un grand merci pour toute l’énergie dégagée, un spécial Big Up pour ma part au King of cream : OCCULT69. Pour les absents, ne soyez pas en reste puisque l’équipe vous attend pour des rendez-vous publics tout au long de l’année (concerts, expos, rencontres…), Seconde Nature soutient la création artistique, organise des ateliers et des master class, met en œuvre des actions de sensibilisation, et développe aussi un programme d’échanges internationaux en direction de scènes émergentes et locales. Jerome Gillet aka Skyfast


Nuits sonores 2010
NUITS SONORES 2010 : QUAND LYON SORT SON CAPITAL ELECTRO ... LES NUITS SONORES FONT UN RECORD ! QUAND LYON SORT SON CAPITAL ELECTRO, ce sont près de 81 000 spectacteurs qui ont pris d’assaut le festival lyonnais organisé par l’association ARTY FARTY. Pour cette 8ème édition, c’est la première fois que l’ensemble des évènements payants a affiché complet avant même l’ouverture des portes. Il faut dire que les temps forts annoncés étaient nombreux... dont un spectacle des mythiques The RESIDENTS, programmés comme part magie au théâtre des capucins, en clôture de festival. QUAND LYON SORT SON CAPITAL ELECTRO, ce sont des milliers de jeunes qui butinent de site en site, parmis les 14 étapes proposées gracieusement pour un circuit électronique d"une qualité hors pairs, de l’incontournable passage Thieffait (le Café cousu et Boolimix invitant entre autres Blundetto vs Elile Omar /Radio Nova) à la péniche Sonic (Julie typex !!!)... QUAND LYON SORT SON CAPITAL ELECTRO, ce sont les oreilles, l’engagement et la qualité de la programmation assurée par l’association ARTY FARTY qui nous a offert quelques flashs avec des artistes à aller voirsur scène (ou à écouter) dont : Prins Thomas / The Go! Team / Yuksek / Mathieu Hebert / Trans Am / Liars / 2many djs / Agoria / Vitalic /OXIA (Goodlife / label de The Hacker) / The Almighty Defenders (combo formé par les Black Lips et King Khan & the BBQ show !!!!). Sans oublier la carte blanche à Montréal place du Palais de la bourse (Lesbian on Exctasy ; The Wolves) et les 10 ans du label Bee RECORDS (Noone ; Parale-l ...). Ainsi malgrè quelques problèmes techniques et de son pour HOT CHIP, GANG OF FOUR, carte blanche à Montréal ... le froid : donnez nous du vin chaud ! donnez du grog ! ... et quelques sites qui explosent de public... nous pouvons cependant être jaloux d’une telle manifestation qui investit l’intégralité d’une ville pendant 4 jours ... et habille péniches, parcs, places, rues aux couleurs de l’electro dans un esprit... on se prend à rêver que nos belles villes de l’extrême sud-est de la FRANCE valorisent leurs espaces de la sorte pour la plus frande joie de tous les publics (et oui même les enfants avaient leur 1er Mini SONORE)... saluons ici nos compatriotes avec La plage électronique cannoise exportée sur les rives lyonnaises! Enfin, pour gambader joyeusement lors d’une électro pétanque dans le jardin des chartreux ou d’une mythique sieste sonore du dimanche (cette année dans l’immense parc Gerlan !)... il vous reste 1 an pour vous préparer aux prochaines Nuits Sonores qui auront lieu, non en mai, mais au début JUIN 2011 ... à vos agendas ! Delphine Lacroix


Sexy Sushi
Finalement, un live de Sexy Sushi c’est exactement ce à quoi je m’attendais : du grand et explosif n’importe quoi avec plein de bonne musique dedans. Attendus au Cabaret Aléatoire par un public venu en masse voir le phénomène electropunk, le duo composé de Rebeka Warrior et Mitch Silver (ou récemment transformé en Fräulein Warrior et Herr Silver) n’a pas mis longtemps à mettre la scène sens dessus dessous (environ trois secondes à vrai dire). Dès les premières notes l’énergie incroyable de Rebeka transcende l’auditoire qui se laisse aller à des pogos dantesques assez brutaux, il faut bien l’avouer. Le décor de la scène (sobrement composé de deux ficus) n’a pas attendu très longtemps avant de se faire dégommer. Entre tubes épileptiques et nouveaux titres (non moins barbares aussi), le duo n’a pas soufflé une seconde et s’est vraiment donné à fond pendant toute la durée du show. Frôlant l’incident technique lors d’un stage invasion, privilégiant une formule de concert assez participative, les Sexy Sushi nous ont maltraités physiquement, mais comme dans toute relation sado-maso, ceux qui souffrent consentent. Sexy Sushi c’est très loin d’être une arnaque sur scène : hyper spontanés avec une énergie punk rarement visible, on les aime pour ça. Sexy Sushi, c’est aussi exactement comme leur nom : beau et bon ! TEPR qui n’est pas tout neuf dans le métier aura bien eu du mal à remotiver le public complètement abasourdi par ce qu’il vient de voir. Laurent Ciarabelli


Toxic Avenger – Make the girl dance
Très enthousiaste d’enfin voir Toxic Avenger au Cabaret après une tentative avortée à Cannes, j’ai été déçu. La prestation efficace d’Anticlimax a réchauffé le public de jeunes démarrant au quart de tour (des premières parties nous ont habitué à pire). Puis Make The Girl Dance sont arrivés. La 1ère fois que je les avais vus, leur prestation assez plate m’avait ennuyée. Mais il faut l’avouer cette fois-ci, ils ont su capter l’ambiance et ont pu servir un plat épicé de tubes pendant 1 heure 30 malgré quelques réchauffés. En faisant abstraction de la « sphère gravitationnelle » de blaireaux qui accompagne le duo dans ses déplacements et qui a passé le temps à se la jouer VIP en se photographiant et se filmant sur scène ; des titres déjà passés par Anticlimax ; leur « Baby » que je trouve insupportable ainsi que deux coupures inopinées, le reste était bien. En revanche, pour Toxic c’était très dur. Un début sympa avec Orelsan mais un manque de passion évident a aplati le live. Peut-être le public n’était pas assez nombreux à son goût ? Les cotillons ambiance festive détendue on-ne-se-prend-pas-au-sérieux lancés sur le public n’y ont rien changé. L’ambiance était bien morte pour un set un peu bizarroïde dont on sentait que les capacités de Toxic n’étaient pas exploitées. Une grosse déception pour le coup. La soirée a laissé un arrière-goût amer, et c’est bien dommage, même si on a senti que Toxic était capable de bien mieux. Laurent Ciarabelli


Brian Jonestown Massacre
Il était presque inespéré de voir un jour sur scène Brian Jonestown Massacre (BJM pour les intimes). Emmenée par Anton Newcombe, un mec un peu fou et un peu ingérable, la formation est plus connue pour ses déboires scéniques que pour le très impressionnant background musical qu’elle a apporté au rock depuis une vingtaine d’années. Les BJM c’est un diamant noir non taillé et de toute façon intaillable. De passage à Marseille au Cabaret Aléatoire, le groupe a rameuté un public très (très) nombreux. L’audience, ravie de pouvoir voir live une formation désormais rare mais toujours hyper influente dans le paysage contemporain rock, a pu sauter en rythme des sons psychédéliques de leurs quatre guitares. Le public était heureux, ça oui ! Les BJM ont offert une prestation digne d’un pur et vrai moment de Rock’n’Roll authentique comme on en fait plus trop souvent. Capables de fournir une prestation intense et sans artifices, les presque deux heures de show se sont évaporées très vite. Même s’ils étaient partis probablement pour plus longtemps, le show a dû s’arrêter un peu tôt pour les fans (comme toujours). Mais il serait difficile de conclure sans reprendre les désormais célèbres mots d’Anton himself : BJM sont les écrivains du rock, pas les messagers ; on est bien d’accord ! Laurent Ciarabelli


Vitalic
Voir Poney Part 1 en live et mourir. C’était ce que n’importe qui aurait pu se dire lors de la sortie de Poney EP il y a (Oh ! P…) 9 ans déjà ?!?... Puis lorsque OK Cowboy est apparu, la liste s’est rallongée : voir Poney Part 1, My Friend Dario et La Rock 01 (surtout, parce que c’est la meilleure chanson electro de tous les temps…quoi ? Je suis objectif pourtant !), puis mourir. Oui, mais non ! Fin 2009, une claque dans la tête et c’est reparti avec Flashmob. Alors là, tout de suite, le discours se transforme. On reprend les même auxquels on rajoute One Above One, See the Sea (red) et surtout Second Live. En somme c’est ce qu’il s’est passé le 16 avril au Dock des Suds quand M. Pascal Arbez, aka Vitalic est venu semer son electro racée et classe sur un public envouté et relativement hors de contrôle. Oui, parce que les voeux de la salle étaient là, et qu’un mec génial, tout seul avec ses machines les a tous exaucés. Pas d’enchaînements hasardeux, pas de blanc (bon un petit bug habilement rattrapé), mais rien que classe et maîtrise pour celui qui est incontestablement devenu un des meilleur produit que la France puisse donner avec le Champagne. Voir tous ces tubes incroyables et mourir … de bonheur… sur place ! Laurent Ciarabelli


Blood Red Shoes
Blood Red Shoes sont venus sur Marseille le 14 avril pour nous gratifier d’un live classe et nerveux comme le rock en a encore le secret. Précédés par les très bons Kings Of Conspiracy qui distillent un son à la saveur psychédélique, l’énergique duo fait alors son apparition. Emmené par sa charmante guitariste (parfois chanteuse) et par son charmant batteur (parfois chanteur, aussi), c’est un rock d’une haute maturité qui est joué dans la salle du Poste à Galène ce soir-là, loin des prétentieux standards actuels. Le son post-punk par moment, permet d’électriser le public (et moi aussi !) dans un soubresaut épileptique. Les deux membres sont jeunes mais savent où ils mettent les pieds. Dans une alchimie simple et décomplexée, ils emmènent le public tour à tour sur les côtés des ballades pop et du rock tendance pogo. Le concert permet de voir que les Blood Red Shoes savent sortir des sentiers de leur album très produit pour un live spontané et d’une grande fraîcheur. Le public conquis a malheureusement été tristement lacunaire quand il s’agissait de sauter partout sur les refrains endiablés. Mais dans l’ensemble, s’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est de vite courir voir ce petit duo au charme et au talent presque insolent. Laurent Ciarabelli


DE LA SOUL + YSAE
Environ 150 personnes dans la salle (à moitié pleine) pour assister à la venue de DE LA SOUL à Six-Fours, c’est peu, surtout au vu de leur statut de monument du rap US. Ysaé ouvrit le show en première partie. Son rap teinté de jazz, de soul et de pop se révéla particulièrement efficace et entraînant. Accompagné par de très bons musiciens, Ysaé livra un set plaisant, qu’il conclut sur l’excellent morceau « Dimanche ». DE LA SOUL entra enfin en scène ! DJ Mase chauffa quelques instants la salle pour l’arrivée des MC’s Posdnuos et Trugoy. L’ambiance ainsi que la bonne humeur furent au rendez-vous, le public donna de la voix sans rechigner. Alors, oui, on pourra déplorer d’avoir assisté à un live décousu, mais quel plaisir de les voir entonner « Oooh », « Saturday », « Ring ring ring » et bien d’autres morceaux qui, à chaque fois, firent mouche ! Les spectateurs, regroupés devant la scène, participèrent à ce joyeux bazar, sautant dans tous les sens. Pas exceptionnel mais un concert à ne pas manquer ! Rémi CAVAILLÈS


Francis Lalanne
Le récent concert de Francis Lalanne à Nice le 18 mars dernier aura été à la hauteur du talent du personnage. Il n’était pas chose facile de reprendre un répertoire éclectique de chansons immortelles, avec un éventail très riche allant de Trenet, Brel, Brassens, Lama, Nougaro, Gainsbourg, Bécaud, ainsi que des poèmes de Prévert, Eluard, Rimbaud, Baudelaire et bien d’autres. Alors que nombre de ses confrères se sont cassé les dents en reprenant des mélodies n’allant pas avec leur possibilité vocale, Francis Lalanne nous a gratifié d’un spectacle parfait, dans lequel humour, poésie et enthousiasme ont fait bon ménage. Les mélodies éternelles de ces grands auteurs étaient mises en lumière par le piano de Caroline Gaudfrin. L’aisance de Francis dans tous les registres, sa générosité naturelle, la maestria pianistique de Caroline ont été appréciés par un public qui en redemandait et a pu apprécier un final de quelques grand succès tirés du répertoire de Francis Lalanne. Avec ce simplissime duo piano-voix, les deux protagonistes nous ont offert une soirée rare et magique de presque trois heures. Tandis qu’une prochaine date est annoncée dans notre région à Aix en Provence le 16 avril prochain, nous ne pouvons que vous inciter à aller voir sur scène ce chanteur – enchanteur qui à travers ce spectacle, a prouvé à tous qu’il fait partie définitivement du peloton de tête des chanteurs français. Bien loin de l’image fausse relayée par certains médias, Francis Lalanne a toujours été un être sincère et généreux. Vous pourrez le constater durant la tournée de ce spectacle Textes immortels qui se poursuit jusqu’en Juillet prochain. Raymond Sérini


Les Quatre Barbues
unepetitevoixmadit.com
Espace Magnan, Nice, les 26-27-28 février 2010 Les Quatre Barbues, qu’est-ce que c’est ? Quatre chanteuses comédiennes épatantes + une drôle de petite pianiste, gracile et énergique comme un personnage d’album illustré. Pas beaucoup de poils de barbe dans tout ça, vous me direz. Attendez, tout s’explique. Il y a 40 ans, le groupe vocal des Quatre Barbus sévissait en France, régalant le public de leur fantaisie et de leur humour libertaire. Pour leur dernière création (en résidence à l’Espace Magnan), les filles de la compagnie Une petite voix m’a dit prennent le relais de leurs prédécesseurs masculins et s’approprient le grand répertoire classique (Beethoven, Ravel…), détourné par Pierre Dac et Francis Blanche. Alors, dans leur spectacle lyrico-comique, il n’y a guère de barbes sinon postiches, mais de très belles voix, un art consommé de la comédie et une mise en scène ultra inventive qui n’en finit pas de faire surgir les personnages, de créer des situations nouvelles et de métamorphoser l’espace. Quand ces barbues-là passent sur les planches, on sent un air de liberté, comme si au fond le monde n’était pas plus lourd à soulever qu’une chansonnette. Sandrine Montin


BERNARD ALLISON
La soirée commence par une première partie de qualité (pas si courant), Marjorie Martinez, en trio. Armée de sa guitare acoustique, la jeune femme, yeux bleus profonds, nous offrira un set très enlevé d’une musique, alliant folk, blues et country. Superbe voix, rappelant celle faussement moqueuse de Ricky Lee Jones à ses débuts. A suivre! Puis arrive les vedettes du jour, Bernard Allison et ses cinq compères. Le début du set est plutôt funky, fusion, Allison va jusqu’à offrir à son guitariste, l’excellent Michael Goldsmith, le premier chorus de la soirée. Mais il reprend vite la main et s’enfonce dans le blues. Du blues certes, mais survitaminé. S’il parle beaucoup de son daddy (le génial Luther Allison, hélas disparu en 1997 ) on sent surtout l’influence de frères de guitare tel Hendrix, Steve Ray Vaughan, Buddy Guy, Johnny Winter qu’il agrémente à la sauce Bernard, épicée, celle de la nouvelle génération. Les solos sont variés, il joue de sa "Blade" verte comme si il était né avec (sa première "strato" date de ses 13 ans si on en croit la légende). Véritable show man, son groupe n’est pas en reste, il partage avec plaisir et malice la scène, les soli. Mais c’est seul avec sa 6cordes qu’il grimpe toutes les marches du théâtre pour épater les spectateurs au plus prés. Avant de changer pour une guitare rouge, un bottleneck et repartir dans du blues incandescent. au TLV, Nice le 16/03/2010 Jacques Lerognon


Dee Dee Bridgewater
Un concert qui commence avec le traditionnel ¼ d’heure niçois de retard dans un opéra archi comble où se mêlent habitués du lieu endimanchés et amateurs de jazz émoustillés. Les quatre musiciens emmenés par l’immense (dans toutes les acceptations du terme) et élégant James Carter, saxos et flute sous le bras, prennent possession de la scène pour le rituel morceau "d’échauffement". Le public est déjà conquis quand en arrive Dee Dee. Le show s’emballe dès le premier titre "Lady Sings The Blues", l’hommage à Lady Day se s’arrêta qu’avec le départ du groupe et les lumières qui se rallument. Dee Dee Bridgewater est plus qu’une chanteuse, c’est une interprète, elle vit littéralement toutes ses chansons, elle fait du scat doublé au saxo par James Carter, un magnifique duo (Mother’s Son-In-Law) avec le bassiste Ira Coleman - qui pour la peine quittera son tabouret pour jouer debout. On pourrait citer tous les titres, elle joue de sa voix avec le discret pianiste et arrangeur Edsel Gomez ou se plaint qu’à son âge, elle ne peut plus se remettre du solo de batterie qu’elle exécute doublant à la voix les inventions rythmiques de Greg Hutchinson derrière ses fûts. L’émotion est à son comble quand elle interprète le "Strange Fruit" qui inaugurera les ennuis de Billie Holiday avec le show biz. Heureusement elle enchaine sur le dynamique "Miss Brown To You". Un court rappel et la diva à dix voix rejoignait la coulisse et nous, encore sous le charme, la nuit niçoise. Opéra de Nice 11 mars 2010. Jacques Lerognon


C’était la folie. Normal, c’est Pete Doherty.
Le rockeur s’est invité à La Flèche d’Or (Paris 20ème) le 18 janvier. Et on n’est pas prêt de l’oublier. 19h30. Bien avant la salle, une impressionnante et interminable file descend la rue de Bagnolet. Pas de moins de 2.000 fans patientent calmement (pour l’instant), espérant tous pouvoir entrer (on ne sait comment) dans la toute petite salle parisienne. On boit des bières, on fume, on fredonne les titres du dandy rockeur, et on reboit une bière. «On n’a jamais vu ça ici, c’est Johnny ?» ironise le boulanger d’en face. Non. Mais c’est normal, c’est Pete Doherty. 20h. Pendant que la file grandit encore, des fans de plus en plus nombreux s’agglutinent devant les (petites) portes de la Flèche d’Or. Invités et journalistes sont priés de patienter : impossible d’entrer. Normal, c’est Pete Doherty. 20h30. Les cadavres de bière jonchent le sol et les esprits s’échauffent. Entre des «Il vient pas, non je rigole», «Il sera au Truskel à minuit» et «Arrêtez de pousser, j’étouffe», l’ambiance est (encore) bon enfant. Des spectateurs entrent au compte-goutte. Les autres piétinent dans le froid. Des amitiés de trottoir se lient. On passe le temps comme on peut. Et on attend. D’un coup, gros mouvement de foule. Ça se bouscule sérieusement. Normal, c’est Pete Doherty. 21h30. Toujours dehors. On connaît tout le monde. On se fait même des blagues. Certains, découragés, pensent à renoncer. Pour finalement patienter encore un peu. Normal, c’est Pete Doherty. 22h. Un taxi stoppe devant l’entrée des artistes. Attroupement express. Des filles hystériques accourent. Pete Doherty s’extirpe de la voiture, sempiternel chapeau vissé sur la tête. Flashs. Cris d’extase. Une jeune fille hurle «I love You.» Normal, c’est Pete Doherty. 22h05. Marre de patienter devant l’entrée, je plante mes nouveaux amis et me faufile par l’entrée des artistes. Non que ça soit dans mes habitudes, mais là, tant pis, c’est Pete Doherty. 22h10. Pete Doherty entre en scène. Seul, en sueur, guitare en bandoulière et cigarette au bec. En forme, le dandy rockeur alterne avec brio des morceaux des Libertines, des Babyshambles et de son album solo «Grace/Wastelands». Il attaque fort avec «You can’t stand me now», puis enchaîne, entre autres, «There she goes», «Last of the English roses», «Albion», «Fuck forever», «1939 returning» ou encore «What Katie did», pour le plus grand plaisir de ses fans. Entre deux titres, il boit de la Guinness et sert du vin rouge aux premiers rangs. Normal, c’est Pete Doherty. 23h40 et des brouettes. Après une bonne vingtaine de chansons partagées avec une salle sous le charme, c’en est fini pour Pete Doherty. Alma et Louise, 18 ans, ont attendu quatre heures dehors et n’ont pu assister qu’aux trois derniers morceaux. Déçues ? Pas du tout. «Ça valait trop le coup» lâchent-elles, heureuses. «Il a la voix, le rythme et le style qu’il faut, à la fois décalé et déjanté.» Normal, c’est Pete Doherty. Pete Doherty à Flèche d’Or (102, rue de Bagnolet, Paris 20ème), lundi 18 janvier 2010. Céline Rastello


SLUM VILLAGE
Attendu depuis cet été et l’annonce de sa venue exceptionnelle en France, Slum Village n’a malheureusement pas rempli le Théâtre Lino Ventura en ce mercredi pluvieux. Après deux heures assurées énergiquement par DJ OBD puis par Atletico et Ebola, ce fut au tour des rappeurs de Detroit. Elzhi et T3 sont entrés sur scène, précédés par leur dj, invitant rapidement les fans à se rapprocher. Charismatiques, les Américains assurent le show quoi qu’il arrive, même devant un public maigre et éparpillé. A l’image de leur musique, tantôt jazzy, tantôt funk, les rappeurs déambulent et scandent leurs textes élégamment, communicatifs avec le public. Comme on pouvait s’y attendre, deux noms sont plusieurs fois cités : Jay Dee, producteur et membre fondateur, et Baatin, autre rappeur du groupe récemment décédé. Le set est composé de classiques et de titres de leur nouvel EP Villa Manifesto, sur des productions signées notamment par Madlib, de bonne facture. Ils quitteront cependant la scène après seulement une petite heure, avant de revenir pour deux titres de rappels. Malgré l’ambiance presque intimiste créée par ce show aux allures de concert privé, on déplorera tout de même un son un peu saturé. Le dj du groupe remontera sur scène pour un mix qui achèvera la soirée au son de quelques classiques et samples de J-Dilla, J-5, Black Moon… qui contenteront le public resté un peu sur sa faim. Thomas Giguet


Arnaud Rebotini
Arnaud Rebotini est venu braver le froid (si si) de la Cité Phocéenne pour nous faire partager la release party de l’excellent Music Component REV2 le 18 décembre au Cabaret Aléatoire. Cette soirée placée sous le signe de l’électro sombre s’ouvre non pas sur un live, mais un dj set de Black Strobe. La déception se lit sur les visages des spectateurs. Certes les choix musicaux sont impeccables mais le public surpris déserte doucement la salle. L’ambiance tombe plus bas encore pendant le set de Xaver Naudascher qui peine à démarrer. Mike Vamp, moitié du célèbre Märtini Brös, prend alors seul la relève. Mike assure et joue un set aux accents moustachus et épiques. Sorte de showman, il réchauffe difficilement l’ambiance grâce à sa volonté et des mélodies impeccables. C’est à trois heures qu’Arnaud Rebotini fait son entrée, entouré de ses 10.000 synthés (au moins). La sauce prend tout de suite. La foule restante, bien que fatiguée et peu nombreuse, est alors envoûtée dès les premières notes. La puissance et la chaleur de ses instruments prennent tout leur sens. Ici la réalité de « musique électronique » frappe au visage et éclate en mille morceaux. Jonglant tel un acrobate entre toutes ses machines, Arnaud réchauffe et animalise l’audience par ses sons puissants. Pas avare, il finira même par jouer en impro totale avec ses deux autres comparses. A lui seul il a redressé la barre et est reparti vers Paris, ne laissant derrière lui que le vent de l’hiver… Laurent Ciarabelli


Wax Tailor
Le 23/11 au Théâtre Lino Ventura – Nice (06).
Le DJ hip hop le plus en vogue du moment a ajouté une nouvelle étape à Nice pour sa tournée et la présentation de son nouvel album “In the mood for life“. C’est dans une salle du Théâtre Lino Ventura une nouvelle fois comble que Jean-Christophe le Saoût, alias Wax Tailor, a fait sonner toute sa panoplie d’influences sonores. Sur des bases de hip-hop/trip hop, le DJ est toujours accompagné sur scène d’un violoncelle (Mathieu Detton) et d’une flûtiste (Ludivine Issambourg) pour accompagner tous ses samples, et donner ce côté swing, funk et soul qui donne à sa musique un style unique et vous transporte dans des univers visuels issus du début du siècle. Au chant, c’est le rappeur Mattic qui assure avec son flow grave et chaleureux, tandis que la féerique Charlotte Savary nous magnifie toujours avec élégance les chansons sur lesquelles elle pose sa voix (“Go without me“ !!!). “Que sera“, “The game we play“, “Sometimes“... ont ponctué un show basé essentiellement sur les tubes de ses précédents album, le tout dans un univers visuel complètement remanié par rapport à la tournée précédente de « Hope and sorrow ». À noter la très bonne première partie assurée par Yuna Project, groupe local hip hop/électro acoustique. Nicolas Tarragoni
Crédit photo (c) Nicolas Tarragoni


Kyle Eastwood
Le 21/11 au Théâtre de Vienne (38).
Jazz et polar sont complices depuis bien longtemps déjà. Pour fêter la quinzième édition du Festival Sang d’Encre, les organisateurs ont proposé une soirée spéciale en partenariat avec leur voisin de Jazz à Vienne : un concert de Kyle Eastwood. La filiation de Kyle avec le polar est évidente, compositeur des musiques de film de son père Clint, bassiste expérimenté, leader de son 5et, le fils avait toute sa place à Sang d’Encre. Beaucoup de gens étaient certes venus plus pour le nom d’Eastwood que pour le prénom du fiston Kyle, mais c’est bel et bien un concert de Kyle - et un bon - auquel le public de Vienne a assisté dans un pimpant petit théâtre à l’italienne plein à craquer. Cinq musiciens, un batteur, un pianiste discret mais efficace et un duo trompette, saxophone qui assuraient pour leur leader un tapis moelleux sur lequel Kyle pouvait poser ses chorus. Passant sans complexe d’un jazz presque traditionnel à un jazz rock vigoureux, le show ne se résume pas à un concert de bassiste, chaque musicien passe sur le devant de la scène, le leader assurant sa part, une bonne pulsation. Loin de la frime d’un Marcus Miller, Kyle Eastwood promène ses doigts sur le manche sans se départir d’un sourire malicieux. Bref, un grand moment de jazz dans le monde du polar. Et Clint n’a pas à rougir de Kyle. Jacques Lerognon


Massive Attack
Le 18/11 au Dôme – Marseille (13).
Seul concert prévu dans notre région, autant dire que notre arrivée à Marseille était accompagnée d’une certaine excitation tant cette nouvelle tournée était attendue ! Agréable surprise en 1ère partie avec Martina Topley-Bird dont la participation ne s’arrêta pas là puisqu’elle assurera tout au long du concert plusieurs morceaux du groupe dont “Psyche“, issu du nouvel album, et une version live de “Teardrop“, différente de l’originale (la version studio avec Liz Frazer restant unique) mais tout aussi envoûtante. Mes espérances de voir d’autres présences ont également été exhaussées avec les participations supplémentaires d’Horace Andy (Angel) et Shara Nelson (Unfinished Sympathy). Sur scène le groupe continu ce qu’il sait faire de mieux, des visuels omniprésents, partie intégrante de leur concept scénique et des jeux de lumières impressionnants ! Rajoutez le choc sonore des basses puissantes et une légère saturation qui peuvent cependant irriter les puristes du son plus propre des albums, mais après tout si c’est pour avoir la même chose que sur le CD, autant rester chez soi... Les présences de Daddy G et 3D sont par contre totalement opposées, le 1er étant très effacé, se contentant de quelques apparitions, le 2nd quant à lui étant omniprésent sur scène, bougeant énormément. Mon seul petit bémol de la soirée concernera une playlist légèrement retenue à mon goût... Mais putain quel groupe ! Nicolas Tarragoni


Indochine
Le 17/11 au Palais Nikaia – Nice (06).
De mémoire de fans, on avait jamais vu un tel déploiement de moyens techniques… Une pluie de lumière est venue arroser la foule pendant une heure et demie de pure folie musicale ! L’expérience du Alice et June Tour a bien laissé quelques traces, puisque Indochine a repris l’idée de la projection sur rideau dès le début du show ! Comme pour plonger la foule dans une sorte d’angoisse guerrière, un cavalier fantôme, masqué, avance sur le public au son de « Go Rimbaud Go ». Puis le voile tombe, et là, le groupe apparaît sous un déluge de lumières multicolores… Nicola Sirkis, très en forme, gesticule de part et d’autres de la scène, bien difficile pour les photographes de le suivre ! Les chansons de l’actuel album « La république des meteors » alternent tour à tour, avec les titres qui firent jadis le succès d’Indochine ! Le public de tout âge exulte et éructe de joie, dans une communion totale, comme toujours ! La performance visuelle est à souligner, tant elle fût originale et créative. Cinq écrans, formant un 180 degrés, laisse apparaître un portrait de Salinger à la Andy Warhol sur le titre éponyme ! Le magnifique duo de « Un ange à ma table » avec Suzanne Combeaud, sorte de ping-pong artistique entre la bande vidéo représentant l’ex membre de Pravda et un leader déchaîné. Pour clôturer le spectacle, nous aurons le droit bien sûr au traditionnel « L’aventurier » et un mini film en 3D d’un champ de bataille, défilant en continu sous nos yeux effarés. J’ai ouï dire d’après leur manager, que cela représente un an et demi de travail, je n’ai qu’une chose à dire, chapeau bas messieurs ! Céline Dehédin


Ghinzu
Le 17/11 au Théâtre Lino Ventura – Nice (06).
Aller à un concert de Ghinzu, c’est un peu comme faire un tour de grand huit. Tout d’abord, ça commence classe, tranquille, on admire le paysage, puis d’un coup, sans qu’on s’y attende, c’est la chute libre, ça part dans tous les sens, puis ça se relâche, mais soudain une nouvelle décharge d’adrénaline arrive, on pense enfin avoir fait le tour du manège et savourer tranquillement l’arrivée lorsque que tout à coup, quand on s’y attend le moins, c’est l’ultime sensation qui nous donne le vertige ultime. On sort de là un peu déboussolé, on ne sait plus vraiment où l’on est, on a la tête qui tourne, mais qu’une envie, remettre ça au plus vite. Vous devez penser que je romance, que j’en fais trop ! Mais non, c’est bien ça Ghinzu, ça démarre classe au piano, avec un chanteur en costard noir. Puis, tout à coup, c’est une avalanche de larsens, et comme dans un bon film, on a à nouveau droit à des scènes sentimentales et romantiques, mais comme tout le monde sait que les histoires d’amour finissent mal en général, ça repart pour un tour de guitare dissonante. Pendant ce temps-là, le chanteur tombe la veste, ouvre sa chemise, et se retrouve à danser sur le piano. Et puis quand on pense que c’est fini, ils reviennent une ultime fois avec cette fois un chanteur à la fois caché par des lunettes de soleil et une serviette de toilette. Ça peut vous paraître du n’importe quoi, mais c’est tout l’inverse. Ghinzu a ingurgité tout ce qui se fait de mieux en matière de musique bruitiste et vous le ressort dans une synthèse parfaite. C’est par moment du Deus, du Strokes, du Muse, du Sonic Youth, du Franz Ferdinand, mais à l’arrivée, cela donne un son unique et inimitable qui est celui de Ghinzu. Simon Pégurier


Miossec
Le 14/11 au Palais de la méditerranée – Nice (06).
On est de moins en moins nombreux à écouter Miossec sur disque. C’est trop plat, trop linéaire, sans surprise. Par contre, sur scène, c’est toujours une surprise de le voir brailler ; en vrai ça à bien plus d’impact, d’autant plus que les morceaux de « Finistérien », son dernier album, (aux musiques composées par Yann Tiersen) étaient bien rugueux, bien plus incisifs que sur disque, c’était ceux là qui rendaient le mieux. A contrario, c’est fou de voir la réaction du public sur l’intro de "La facture d’électricité", on ne choisit pas ses tubes... On dit Miossec fatigué (bon il marche avec une canne), mais il a assuré son job, tchatché avec le public dans la bonne humeur. Son groupe était correct, un mec aux claviers/violon en guise de Tiersen, un black à la basse, mais heureusement ça ne swinguait pas comme chez Lavilliers. Le concert, initialement prévu au Théâtre Lino Ventura, avait finalement déménagé dans le lieu haut de gamme du Palais de la Méditerranée. Ce fut donc un concert debout, dans une salle luxuriante qui rappelle l’ambiance du Midem. Les décibels du rock n’étaient pas totalement adaptés au lieu, mais devant le son n’était pas degueu. On captait les paroles, ce qui reste l’essentiel chez Miossec. Impossible de conclure sans regretter le fait que ce concert ne se soit pas joué à guichet fermé. Évidemment la concurrence du match de foot Irlande/France le même soir à été très rude. Une salle pleine aurait pu être un hommage à Jacno, le pote de Miossec, surtout si tout le monde avait repris en chœur « Le sport », son dernier hit hymne anti-sportif. Alain Hamila (Pour le fond) Simon Pégurier (Pour la forme)
Crédit photos © Alain Hamila


Breakestra
Le 13/11 au Cabaret Aléatoire – Marseille (13).
Après leur set à Bol de Funk 2006 devant une salle comble, le retour de Breakestra à Marseille semble devoir avoir lieu dans un Cabaret Aléatoire qui peine à se remplir. Après un warm up assuré par le résident des Funk Bless You, C-Real, et sa sélection de vieux connaisseur, c’est au tour de Souleance, duo composé du DJ parisien Soulist et de Fulgeance et sa MPC, de tenter de remuer un public timide, avec un electro funk déstructuré mais au groove très 70’s. A l’arrivée de Breakestra, toujours moins d’amateurs que prévu, mais les californiens, dirigés par leur leader Miles Tackett, sauront à nouveau réchauffer les retardataires, un peu frileux en ce vendredi 13, avec leur son vintage en diable. Ils joueront des extraits de leurs deux récents LPs, et quelques medleys dans la lignée de leurs deux albums Live Mix. A la manière des DJ’s hip-hop, ils y enchaînent avec authenticité breaks et thèmes funk, ne répétant parfois qu’une mesure ou deux, telles qu’on les entend chez EPMD, JVC Force… Des références aux Meters, JB’s et autres mais aussi à des artistes bien plus obscurs comme Jean-Jaques Perrey. On déplorera l’absence du chanteur/MC Mixmaster Wolf, mais le groupe s’alloue également sur scène les services d’Afrodyete, diva soul invitée sur leur récent album Dusk Till Dawn, qui apporte une voix puissante, proche de Betty Davis. Elle nous gratifiera entre autres d’une reprise d’ »It’s my thing » de Marva Whitney… Après un long rappel, C-Real repassera aux platines pour achever cette soirée, qui, à défaut de faire le plein, n’en fut pas moins musicalement excellente. Retrouvez une sélection des reprises jouées par Breakestra dans le podcast #91, sur http://www.paulsboutique.fr. Thomas Giguet aka Paul Kersey (Paul’s Boutique – Radio Monaco).


Pulse
Le 07/11 au CAL Bon Voyage – Nice (06).
Le 07 novembre dernier, au CAL de Bon Voyage, le groupe Pulse a offert un concert de toute beauté. Pulse est un groupe de reprises des célèbres Pink Floyd. Emmenés par un light show impressionnant, les musiciens ont proposé un voyage dans toute la discographie du groupe avec comme cadeau royal l’intégralité du mythique album « Dark side of the moon ». Les trois cents spectateurs présents ont fait un triomphe à cette formation dont on parle de plus en plus dans la région. Raymond Sérini


Mulatu Astatke & The Heliocentrics
Le 24/10 au Cedac de Cimiez – Nice (06).
Une soirée qui s’annonçait grandiose, pour un résultat qui dépassa les attentes. Dès 21h, et devant une salle comble, les huit membres des Heliocentrics investissent la scène pour planter le décor, résolument psychédélique, lors d’une longue et hypnotique introduction. Mulatu Astatke apparaît à son tour et prend place au centre, derrière son vibraphone, un kit de percussion et un Fender Rhodes. En maître de cérémonie, il présentera les morceaux du concert, affichant un plaisir évident tout au long de la performance. On notera comment chaque musicien puise des sonorités singulières de son instrument : cuivres, violoncelle, guitare, Hammond, Moog, naviguent sur une section rythmique au groove imparable, à la fois soutenue et élégante. Étonnamment, même lors d’improvisations, chaque voix se mêle à l’ensemble sonore, conservant homogénéité et cohérence pour ainsi démontrer toute la puissance et l’identité de cette formation d’exception. Le groupe enchaînera extraits de son nouvel album « Inspiration information » (encensé par la critique) et interprétations inspirées des classiques de Mulatu (la plupart extraits de la B.O. de « Broken flowers »), comme « Yekermo sew » ou « Yegelle tezeta » dans des versions étirées qui, dès les premières notes reconnues, feront vibrer et hurler l’assistance. Conquise d’avance, celle-ci manifestera un enthousiasme grandissant jusqu’au rappel. Ce concert a su ravir à la fois ceux qui étaient simplement friands d’entendre la bande son de film de Jim Jarmusch, mais également les amateurs de free jazz, en leur proposant un élargissement musical de grande qualité. La file d’attente au stand de disque à la sortie en fut la meilleure preuve. Thomas Giguet aka Paul Kersey
Crédit photo (c) Marc Huguenin – www.funk-fu.com


Mick Taylor
Le 21/10 au Cedac de Cimiez – Nice (06).
Réunir 2 ex stars éphémères des années 70 pour un concert de blues semblait une gageure, un pari risqué… Mais la soirée fut une véritable réussite blues, musicale. Joel Dayde, en première partie, nous a gratifié d’un set de toute beauté, plein de bonne humeur et de note bleue. Très bon guitariste, compositeur méconnu, interprète inspiré, il restera hélas dans les annales comme celui du "Mamy Blue" phagocyté par la mièvre version de Nicoletta. Puis vint Mick Taylor, l’homme qui à oser dire non à Mick Jagger, celui qui a remis les Stones dans le droit chemin après le départ précipité et aqueux de Brian Jones ! Mick Taylor a commencé avec John Mayall et cela se sent, il a le blues dans le sang, dans les doigts, même si le chant laisse parfois à désirer, quelle dextérité, quelle maestria. Il ne s’agit pas d’impressionner, juste de faire ce qu’il a toujours fait, jouer encore et toujours, du blues. Un artisan des 12 mesures, un technicien des gammes pentatoniques et du mode mixolydien. Et quand il reprend un morceau de ses anciens copains (Les Rolling Stones), ce n’est pas un de leur méga tube mais un blues roots qu’il revigore, réinvente, ressuscite. Et si l’age et les excès ont eu beaucoup d’effet sur son physique, ses doigts sont loin de l’arthrose, son délié, son feeling, impressionneraient une bonne « papardelle » de jeunes guitaristes virtuoses. Long live Mick ! Jacques Lerognon


Souljazz Orchestra
Le 14/10 au Cedac de Cimiez – Nice (06).
C’est dans la salle (petite mais non moins charmante) du Cedac de Cimiez que Souljazz Orchestra a déchaîné les foules (surtout la mienne) grâce à son pep’s plus qu’énergique. Ces cinq Canadiens sont tout simplement impressionnants. Impressionnants par leur présence, par leur passion, par leur savoir-faire, et surtout par leur musique. En tournée pour présenter leur dernier album, le groupe nous a aussi joué d’anciens morceaux. Le live était d’ailleurs d’autant plus délectable, car on assiste à ce véritable mixage de styles et de sonorités. Les bouffées longues et ardentes des cuivres, les bruits subtils et indispensables des percussions, le clavier qui mène, les cadences saccadées de la batterie, et la voix puissante du chanteur (soit dit en passant également batteur), ont eu un effet quasi sacré sur nos oreilles, nos cerveaux, nos corps. La salle n’étant pas forcément adaptée, le public n’a pu résister à cet appel de vie, de joie, et chaleur que suscite l’effet Souljazz. Passionnés, et dynamiques, les artistes nous ont donné une leçon de musicalité. Alors soul, jazz ? Je ne réussirai donc jamais à lui coller une étiquette précise (et c’est mieux ainsi), mais quel bonheur d’avoir pu vivre un de ses rares moments où la musique nous fait vraiment vibrer ! Cécilia N’zaou


Jane Birkin
Le 09 /10 au Forum Grimaldi – Monaco (98).
C’est sûr, on aurait cent fois préféré voir Serge Gainsbourg, ok on se fout complètement de ses nouveaux albums. Je reconnais qu’aujourd’hui Jane Birkin est un peu « has been ». Mais bon c’est quand même la femme qui a partagé la vie de Gainsbourg pendant plus de 15 ans. C’est pour elle qu’il a composé ses dernières belles chansons, alors que dans les années 80 ses propres albums étaient très médiocres. Et puis on a aussi le souvenir d’une femme à la beauté rare dont l’image de femme enfant illustre la pochette de « L’histoire de Melody Nelson », l’un des tous meilleurs (si ce n’est le meilleur) album de l’histoire de la chanson française. Alors oui, j’ai décidé d’aller à ce concert. Ma première réaction devant la faible affluence fut de constater qu’une fois de plus, il est bien difficile de faire sortir les niçois des limites de leur ville ! Jane arrive sur scène accompagnée de 4 musiciens et d’entrée elle a le sourire vissé sur ses lèvres, elle ne le quittera pas du concert, revisitant le répertoire du grand Serge, interprétant des titres qu’elle n’avait jamais chanté (« Les petits papiers », « Ford mustang », « Pas long feu »…), qu’elle intercalait avec des classiques absolus (« Fuir le bonheur, « Quoi », « Ex-fan des sixties », « Amours des feintes »…). Au milieu de tout cela, elle plaça son dernier album « Enfants d’hiver » pour lequel elle a composé toutes les paroles. Elle n’a pas à rougir de ce disque, mais très honnêtement, à chaque fois quelle démarrait une de ses compositions, on n’attendait qu’une chose, qu’elle finisse pour entendre un titre signé Gainsbourg… Entre les morceaux, on avait souvent droit à des commentaires timides et sensibles, le tout dit avec son éternel accent anglais qui nous fait tous craquer. La proximité était au cœur de ce spectacle, Jane ayant la particularité de regarder un à un les spectateurs dans les yeux, pour que chacun ait l’impression qu’elle chante rien que pour lui. Alors oui, bien sûr, ce concert ne fera pas date dans l’histoire, mais je suis persuadé que tous les membres du public auront passé une agréable soirée. Simon Pégurier


Les Musicales de Bastia
Du 07 au 11/10 à Bastia (20).
Déjà la vingt-deuxième édition pour ce festival vraiment à part, que ce soit pour la période, en ce début d’octobre, comme pour la programmation très éclectique. Il faut reconnaître que se rendre sur l’île de beauté n’est pas le périple le plus désagréable qui soit, et pouvoir en plus profiter d’une sélection musicale aussi variée que reconnue permet de coupler l’utile à l’agréable. Utile, car de nombreux talents à suivre étaient à l’affiche : Kabbalah, Padam, Karimouche ou Ya’zmen entre autres... Cela a ainsi permis de les découvrir live, de se faire une idée sur ces groupes dans un cadre assez intimiste, propice à une alchimie. Agréable car, en plus du cadre, les lieux choisis pour les concerts (Fabrique de Théâtre en fin d’après midi puis le Théâtre municipal le soir) sont tous simplement magiques, parfaits pour transmettre cet aspect serein qui semble être le leitmotiv de ce festival et permettre de s’immerger aux côtés d’artistes plus établis qui se produisent en tête d’affiche, de Eric Bibb et son blues intemporel à Vincent Delerm et ses chansons faussement innocentes, de Lisa Ekdahl et son folk enfantin à Abd Al Malik et son slam poétique. Des vacances en musique ou la musique de ses vacances. J.P. Boyer


Manu Chao
Le 01/10 au Palais Nikaia – Nice (06).
Manu Chao à Nice : c’est pas trop tôt ! Depuis le début de sa carrière, il n’avait jamais dénié mettre les pieds dans la capitale de la Côte d’Azur ! À tel point que, moi le chauvin, j’ai longtemps penser boycotter son concert… Si on n’a pas été digne de lui pendant 20 ans, pourquoi aujourd’hui nous le serions ! Mais bon, j’ai tellement été fan de la Mano Negra, ce groupe qui a déculpabilisé le rock français, et puis honnêtement, quand je ne sais pas quoi écouter dans ma discothèque, je retombe très régulièrement sur « Clandestino », disque qui fera date a tout jamais. Pour être tout à fait honnête, j’ai cessé de suivre la carrière de Manu Chao depuis longtemps, j’ai sans doute été lassé qu’il s’autosample constamment. Je pensais donc qu’aujourd’hui encore que Manu Chao faisait une musique latino très calme et nostalgique. Sur scène, il n’en est rien. Avec son groupe Radio Bemba, ils nous refont le coup de la Mano Negra. C’est ultra rythmé (ska, punk, reggae…), ça bouge dans tous les sens, ça saute, ça crie, ça réagit. La recette est bien souvent la même, une grosse accélération partant de la batterie et Manu suit avec des paroles binaires et répétitives et tout le public est au diapason. Bref, c’est le feu et la salle est emportée. Au milieu de cette féerie, tout son répertoire est revisité de la Mano à « Clandestino ». Au bout de 2h15 de cette orgie sonore lorsque Manu et ses musiciens saluent, on est repu, nous avons passé une très agréable soirée, et la surprise Manu revient sur scène pour nous faire une deuxième concert de plus de 30minutes où il nous propose l’album « Siberie m’était comptée», un disque disponible uniquement en téléchargement gratuit depuis son site. Ce disque que je découvrais sur scène est composé uniquement de chansons françaises, proche du style de rue du début du XXeme siècle. On se rappelle soudain qu’avant la Mano, Manu travaillait avec Françoise Hadji Lazaro, et l’on sent la toute sa touche. Ce fut pour moi de loin la meilleure partie du concert, car la plus authentique. Plus qu’une cerise sur le gâteau d’une belle soirée, ce rappel a transformé le concert en une soirée d’exception. Simon Pégurier


Manu Chao
Le 01/10 au Palais Nikaïa – Nice (06).
Manu Chao, comme à son habitude, a enflammé les passions avant d’enflammer la salle du Palais Nikaïa. Plusieurs heures avant le concert, alors que toutes les places étaient vendues, on pouvait croiser sur le parvis du palais des dizaines de fans désespérés en quête de place. L’ambiance du concert était à la fois électrique et conviviale. Tout le monde se parlait, se souriait et dansait. Il y avait une profusion de torses nus luisants de sueurs. Les fans de Manu se bousculaient joyeusement. Est-il nécessaire de parler de sa prestation ? C’était du pur Manu Chao, sa musique, son humanisme et sa générosité étaient présentes. Ils nous a fournis plus de deux heures de show endiablé. Je n‘ai qu‘une seule chose à dire : Merci de ne pas faire regretter à certains de tes fans le prix des places de concert. Tout le monde en a eu pour son argent. Hasta luego Manu ! Reviens quand tu veux ! Kadha Cissoko


Babyshambles
Le 25/09 au Palais des Festivals – Cannes (06).
On nous avait prévenus, Babyshambles sur scène, ça peut être tout et n’importe quoi. Peter Doherty étant totalement incontrôlable, tout peut se passer, à commencer par l’annulation pure et simple du concert car le chanteur n’y vient pas ou qu’il n’est pas en état de faire le spectacle. Soulagement Doherty et les siens sont bien là, au milieu d’une scène dépouillée à l’extrême, où rien ne prend place outre les quatre membres et leurs instruments, seul un jeu de lumière et parfois deux danseuses en tutu ont le droit d’accompagner le groupe. À l’écoute des premières notes, on a de suite une certitude : il n’y a pas eu de balances, le son est une véritable cacophonie, en plus les musiciens ne jouent pas ensemble, bref on a l’impression d’avoir une répète en direct. Et puis, petit à petit, on s’habitue à ce désordre ambiant, aidé en très grande partie par le charisme hors norme du leader, qui, dans un costume cravate, plus chapeau se balade à son aise sur scène. Ses airs désinvoltes et cockney nous amusent et nous font passer une soirée agréable, d’autant plus que le public est ici véritablement le cinquième membre du groupe, l’assemblée est très jeune et très féminine, ça crie de partout, ça bouge, bref la salle vit à l’unisson des déhanchements maladroits de Peter. D’ailleurs quelques soutiens-gorge ou autres petites culottes voleront sur scène. On passait donc une soirée fort agréable à l’écoute de ce rock bordélique, quand, au bout d’une heure de concert, la scène fut soudainement envahie par le public en furie. Au bout d’un morceau, il fallut donc arrêter le spectacle. Le public reprit place sagement et les roaddies firent un boulot de dingue pour permettre au show de redémarrer au bout d’un quart d’heure. Et la surprise Doherty revint dans une forme incroyable, ses chansons sonnaient comme jamais et, allez savoir pourquoi, le son était meilleur qu’avant la coupure. Mais ce qui devait arriver arriva. La sécurité fut très vite débordée par des spectateurs qui essayaient à nouveau de monter sur scène. Surtout que Doherty, au lieu d’appeler au calme, rajoutait de l’huile sur le feu, par exemple au moment où la sécurité était le plus sur les nerfs ; l’air de rien il s’approcha du pauvre régisseur qui faisait ce qu’il pouvait et hop il le poussa dans la foule. Au bout de trois morceaux le concert dû donc être arrêté définitivement. Sur les derniers instants il eut quelques scènes qu’on aurait aimer ne pas voir comme ces membres de la sécurité traînant un spectateur par les pieds ou à l’inverse un fan faisant délibérément tomber à coup de pieds une enceinte. Mais qu’importe, au final, grâce à ces évènements, nous avons vécu une soirée qui sortait largement de l’ordinaire. Un vrai concert de rock’n’roll en somme. Simon Pégurier


Louis Bertignac & Band Of Gnawa
Le 24/09 au Palais des Festivals – Cannes (06).
Il est des concerts, des lieux, des gens qu’on oublie jamais… Il est des rencontres qui laissent un souvenir impérissable dans les têtes. Un concert de Louis Bertignac, c’est ça ! Plus qu’un simple moment d’écoute musicale, c’est un moment de communion au son de la Gibson Junior. Le groupe reprendra bien sûr les non moins célèbres « Cendrillon », « New York avec toi » ou encore « Ca c’est vraiment toi » de Téléphone. Dans la salle, tous les âges sont présents, car c’est aussi ça Bertignac ! Proche de son public, le chanteur guitariste l’a toujours été et le prouve ce soir-là une fois de plus. Mais, la plus grosse surprise de cette soirée résida dans le fait que nous n’avons pas eu le droit à un mais bien deux concerts ! En deuxième partie, la troupe Band of Gnawa a mis le feu aux planches et à la salle. Rythmes orientaux et danses marocaines fusent dans une symbiose parfaite avec la guitare électrique. Ambiance rock’n roll assurément, car nous aurons le droit aussi bien a du Led Zeppelin, Lenny Kravitz, du Beatles emmené par la voix sensuelle du beau et ténébreux Akram Sedkaoui. Ce show est absolument à voir une fois dans sa vie tant les couleurs de cette diversité musicale font chaud au cœur ! Comme quoi la musique peut vraiment réunir les gens sans aucune discrimination ! Je me suis même surprise à moi aussi danser au son du guembri. Céline Dehédin
Crédit photo (c) ALGo


Rock en Seine
Les 28, 29 & 30 août au Domaine National de Saint-Cloud – Paris (92).
Rock en Seine, le festival maudit !!! Après l’annulation d’Amy Winehouse, tête d’affiche en août 2008, c’est la séparation d’Oasis qui aura marqué l’édition 2009. Par sûr d’ailleurs que le festival en sorte perdant, l’événement ayant fait le tour des médias, contribuant ainsi à bâtir l’histoire et la légende du festival. Évidemment, tout le monde attend désormais la programmation 2010 pour débusquer parmi la liste de noms qui sera l’année prochaine le mouton noir qui fera faux-bond aux organisateurs et au public au moment de monter sur scène… Mais d’ici là, que retenir de cette édition 2009 à part la bonne prestation des frères Gallagher ?? Quelques noms sortent du lot, le concert de Yeah Yeah Yeahs et Vampire Weekend le 28 août ; Le retour de Joy Division et de My Bloody Valentine dans un seul groupe, soit The Horrors le 29 août ; Le rock qui sent la sueur d’Eagles of Death Metal, à l’opposé des mélodies euphorisantes de MGMT le 30 août. Et à part ça ? Ben, il y a toujours des jeunes qui ne tiennent pas l’alcool et les psychotropes… Fabrice Le Querré
Crédit photo (c) Pamela Littky


Sziget Festival
Du 11 au 17/08 à Budapest (Hongrie).
Haut de deux mètres et long d’une cinquantaine, c’est un mur — éphémère — qui se dresse à l’entrée du Sziget de Budapest, l’un des plus grands festivals européens de l’été. Décorée de graffitis aux messages d’espoir et de paix, cette installation artistique célèbre le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin et de celle du rideau de fer en Hongrie. Mais avant de voir ce symbole, les quelque 390000 festivaliers de l’édition 2009 ont traversé un pont qui relie la terre à l’île d’Obuda, une ancienne base militaire où se déroule le Sziget. Sitôt franchie cette frontière entre la vie quotidienne et une parenthèse hors du temps, la fête et les rencontres internationales commencent. Sur l’île, le public se compose de presque autant de pays différents que les artistes présents. Déguisés en robots de carton, en pirate des Caraïbes, recouverts de boue ou encore entièrement nus, les costumes de certains festivaliers traduisent l’ambiance qui règne sur place. Les contacts sont faciles et la musique, ininterrompue. Dans ce haut débit sonore, composé de grands noms (Lily Allen, Offspring, Placebo) et de découvertes (Copy Con, King Ferus, Turbonegro), le génial chanteur de Faith No More, Mike Patton, s’est distingué. Crooner, rappeur et showman à la fois, il a imposé son charisme. Expérimental et dansant, Squarepusher a bluffé par sa créativité, tandis que Birdy Nam Nam a triomphé devant une très forte colonie française (plus de 10 000 hexagonaux). Accompagnée de doux violons, la performance de Coldcut a été éclectique et remarquable, comme dans un autre registre l’atmosphère envoûtante du concert de Tricky ou le post-rock subtil de The Notwist. Très attendu, Prodigy a été avare de son temps et de ses décibels, malgré une interprétation convaincante, alors que Fat Boy Slim a radoté des tubes, notamment plusieurs fois Seven nation army, le refrain favori des supporters de football. Mais le Sziget ne se limite pas à ses têtes d’affiche internationales. Très populaire auprès des jeunes hongrois, le vieux chanteur de variété György Korda — sorte de Julio Iglesias local — et sa blonde épouse ont ainsi accompli une performance surréaliste, sous les acclamations d’une foule qui hurlait « Sur la grande scène ! Sur la grande scène ! ». Marc di Rosa


Pantiero
Du 08 au 11/08 sur la Terrasse du Palais des Festivals – Cannes (06).
Un été sans le festival Pantiero, ce serait un peu comme un dimanche de Pâques sans chocolat ou encore comme un album de Snoop Dogg sans grossièretés, triste et au fort goût d’inachevé. Véritable baromètre des dernières tendances musicales (et aussi vestimentaires d’ailleurs !), ce festival cannois s’est imposé à tous comme un incontournable. Quel bilan peut-on tirer du cru 2009 ? Eh bien, une fois de plus, on peut considérer que c’est mission accomplie. Quatre soirées très différentes et très réussies. Le public a afflué en masse et s’est régalé. Déhanchements sauvages sur le groove d’Ebony Bones, headbanging et slam durant les prestations débridées de Stuck in The Sound et des Anglais de Late of the Pier, danse et transe sur les beats de Mr Oizo, tous les artistes se sont appliqués à donner le meilleur d’eux même. Bref de quoi nous donner envie d’y retourner en 2010 ! Christophe Guilbert


Crest Jazz Vocal
Les 07 et 08/08 à Crest (26).
DPZ en première partie, Abd Al Malik en seconde, la soirée s’annonçait hétéroclite et ce malgré un ciel qui, lui, s’annonçait orageux. Finalement, ce fut sans pluie, avec juste ce qu’il faut de rock, de jazz et de slam, pour passer un agréable moment. Les artistes ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ça n’a pas manqué de se répercuter sur le public qui ne cessait d’applaudir et d’en redemander. Pour clôturer le festival, et comme le veut la tradition, il y eut d’abord le concours de jeunes talents et cette année, c’est Chloé Cailleton et Armel Dupas qui ont eu le privilège de monter sur scène faire la première partie de Dee Alexander, surnommée à juste titre « le Rossignol de Chicago » et de Lucky Peterson, le multi instrumentiste de génie. Deux pointures américaines qui ont enchanté la petite ville, laissant un souvenir mémorable à tous ceux qui étaient présents. La tour de Crest en est encore toute bouleversée ! Cristel Béguin


Crest Jazz Vocal
Le 07/08 à Crest (26).
De tous les artistes ou groupes que j’ai eu la chance de voir cet été, mon coup de cœur va à Abd Al Malik. C’est vrai qu’on a beaucoup entendu parler de lui, mais cette année j’ai eu le bonheur de le découvrir sur la scène du Crest Jazz Vocal, festival qui a lieu au début du mois d’août à Crest (Drôme). Abd Al Malik est vraiment talentueux, tout comme les musiciens qui l’entourent. C’est un vrai plaisir à entendre et à voir aussi. C’est un poète, je n’invente rien, c’est ce qu’on dit de lui. Mais c’est vrai et c’est encore plus fort sur scène. Abd Al Malik est en communion avec ses musiciens et avec le public. Au bout de quelques minutes de concert, l’ambiance était là. On n’a pas pu s’empêcher de bouger avec lui (et lui il bouge plutôt bien). On découvre ou redécouvre ses textes engagés et un nouvel aspect du hip hop. Crest Jazz Vocal existe depuis 34 ans. Ce festival propose chaque année une programmation variée explorant toutes les facettes du jazz. L’accueil chaleureux des organisateurs, la programmation et les différentes petites choses que l’on peut déguster sur place (chèvres chauds, ravioles, bière locale…) font de ce festival, un espace très convivial. Aurélie Ferrier


Cross Over
Du 28 au 30/07 à Nice (06).
Première édition d’un festival né de la volonté de différents acteurs locaux de croiser des champs artistiques innovants, musiques émergentes, arts plastiques, vidéonumériques à travers différents lieux emblématiques de la vie locale : Théâtre de Verdure, plage du Florida, restaurant Chez Simon à Saint-Antoine de Ginestière, Grand Café des Arts à côté du MAMAC (manque juste le stade du Ray…). Une soirée d’ouverture qui frappe fort en réunissant 2 Many DJ’s, Miss Kittin & The Hacker et la formation locale Washing Majazzz. Après un apéro à rallonge qui m’a mis dedans pour la première partie, Miss Kittin balance son electroclash froide et sensuelle à la fois. Ça sonne un peu daté aujourd’hui, mais en 2001 à la sortie de « First album » c’était top hype et branchouille !! Puis, après une attente bien longue vu que le bar est inaccessible, c’est au tour des frères Stephen et David Dewaele d’envoyer la sauce sur la Prom’ avec un mix de tubes plus ou moins improbables qui a fait leur réputation. Ainsi, ils enchaînent sans sourciller Gossip, Can, MGMT, Jackson, Nirvana, et même quelques grosses daubes comme Gloria d’Umberto Tozzi… Du grand n’importe quoi donc, à faire passer le théâtre de Verdure pour un magasin Cash Converters, mais assez jouissif et efficace néanmoins. Vivement l’année prochaine pour la deuxième édition… Fabrice Le Querré


Plages de Rock : Handsome Furs / Emiliana Torrini
Le 06/08 aux Prairies de la Mer – Port Grimaud (83).
Plages de Rock est sans conteste le festival le plus atypique et attachant de l’été. Le lieu est imprévu. Les Prairies de la Mer, l’un des plus grands campings d’Europe (situé à Port Grimaud, les pieds dans la mer, en face de St Tropez) organise chaque année un rendez-vous incontournable. Au milieu des estivants et des activités familiales qu’offre un camping se trouve une scène à taille humaine où, chaque jeudi de l’été, se produisent des artistes pop indé, parmi les plus pointus. La soirée du 6 août débuta par les 10 000 volts de Handsome Furs, un couple à la scène comme à la ville, qui nous proposa un rock survolté où la guitare stridente répondait à des boucles synthétiques. L’originalité n’est pas le fort des montréalais, mais la folle énergie d’Alexei Perry qui nous emporte, derrière ses machines, nous fait passer un très agréable moment, faisant oublier nos oreilles « larsinantes ». Ambiance totalement différente ensuite avec la douce Islandaise Emiliana Torrini qui nous fait oublier le souffre du rock’n’roll pour une ambiance feutrée tout en douceur. Évidemment, impossible d’empêcher la comparaison avec Björk, cela jouant bien entendu en défaveur d’Emiliana ; sa musique, bien que charmante, manque de rebondissement et d’énergie, tout est prévisible. On imagine qu’elle a composé ses chansons en marchant tranquillement dans la neige fraîche de ses contrées, on regrette que quelques fois, elle ne se soit pas mise à courir. Par contre là où Emiliana est ex-aequo avec Björk, c’est dans l’horreur de ses tenues vestimentaires avec une espèce de drap sorti des années 70 et 3 trous (1 pour la tête, deux pour les bras). Si tout le monde s’habille comme ça là-bas ça doit être gai ! Si seulement Emiliana était du Groenland plutôt que de l’Islande, on éviterait la comparaison et l’on se pâmerait devant l’aisance mélodique et la grande classe des musiciens. Mais très sincèrement, la musique d’Emiliana rend mieux dans son salon, dans une ambiance relax, le live malheureusement n’apportant rien. Quoi que... la pleine lune qui se reflétait ce soir-là dans la Méditerranée n’était-elle pas le meilleur décor possible ? Il aurait seulement fallu déguster ça, couché dans le sable fin de la plage, et là, je parie qu’on aurait passé une soirée d’anthologie. Simon Pégurier
Crédit photo (c) Kristinn Ingvarsson


Papet J. VS R.I.T. / Planète Puzzle
Le 30/07 à Cuges-les-Pins (13).
Pour le quarantième anniversaire de la célébration de la fête traditionnelle de la Saint-Eloi, le petit village de Cuges-les-Pins a vu les choses en grand. Le 30 juillet dernier, Papet J., chanteur et co-fondateur du Groupe Massilia Sound System, est venu présenter son nouveau projet musical certifié «100% Marseille». En duo avec son compère R.I.T., il a offert pendant près de deux heures un répertoire où blues, dub, reggae et ragga se répondaient dans une ambiance à la fois festive et très intimiste. En plein air, dans un cadre magnifique au milieu des pins, Jali a volontiers interprété quelques tubes bien connus des fans de Massilia comme «Lo micro es romput», «Toujours» ou encore «Qu’elle est bleue». En première partie, les Ciotadens de Planète Puzzle, groupe aux sons colorés d’Espagne, du Maghreb, d’Afrique et de Marseille, a su chauffer la foule venue pour l’occasion des quatre coins de la région. Un grand bravo au comité Saint-Eloi pour avoir mis en place cet événement qui n’avait rien à envier à ceux organisés dans les plus grande villes de la région ! Virginie Ratto


Festival de Nîmes : Cocoon / Charlie Winston...
Le 25/07 aux Arènes de Nîmes (30).
Soirée pop/folk/soul pour l’avant dernière date du Festival de Nîmes dans un des cadres les plus plaisants de l’été. C’est notre petit duo français Cocoon qui lance la soirée en faisant sonner guitares, clavier et ukulélé au travers des meilleurs morceaux de leur premier album (« Chupee », « Vultures », « On my way »...). Les très sympathiques Mark et Morgan ont également joué 2 titres de leur prochain album en nous énumérant quelques histoires de sushi, d’éléphants de mer, de phoques... Bref, vous l’aurez compris, le prochain thème de Cocoon concernera la mer. S’en suit la très belle voix de Duffy, sublimée par l’acoustique des Arènes. Impressionnante au chant, la petite britannique ne nous a cependant pas fait vibrer avec un show très sobre, très carré (trop peut-être). Ce n’est pas quelques mots adressés en français et ses 2 petites choristes habillées façon sixties qui la feront adopter par le public hexagonal. Mais cette soirée se terminera en beauté avec un Charlie Winston venu en véritable showman ! Avec un public conquis et une énergie débordante illustrée par son talent de danseur et des échanges constants avec les spectateurs (chants, récits "loufoques" (des navires auraient accosté dans les Arènes il fut un temps...) traduites et partagées avec son bassiste...), le spectacle était au rendez-vous ! Le jeune anglais finira par traverser la fosse à pieds pour s’y jeter de l’autre côté pour retourner sur scène en se faisant porter par le public. - Nicolas Tarragoni
Crédit photo (c) Steph Dray


Midi Festival
Du 24 au 26/07 à la Villa Noailles – Hyères (83).
Le Midi Festival, c’est un peu le plus insolite de tous les festivals de France et de Navarre. Avec son cadre très particulier et très apaisant (la Villa Noailles sur les hauteurs de Hyères) et sa programmation pointue et indie à souhait, le jeune festival varois a pris son envol et a atteint une affluence record cette année. Les groupes présents ont su combler les attentes du public, Dent May avec ses lunettes de Grand-Mère et son ukulélé a captivé les foules, les Américaines de Telepathe, malgré un son un peu confus, ont fait remuer plus d’un popotin, et Jeffrey Lewis a médusé les masses avec ses comptines anti-folk barrées. Le festival a aussi permis de faire quelques bonnes découvertes, comme les heureux kiwis de Little Pictures, ou encore les math-rockers de Mahjongg. On en est ressorti comblé, charmé et surtout avec des souvenirs plein la tête. Pas de doute, l’année prochaine on y retournera les yeux fermés. Christophe Guilbert


Nice Jazz Festival : Joe Jackson / Magma...
Le 21/07 aux Arènes de Cimiez – Nice (06).
Bien que je le comprenne, n’étant pas un véritable fan de jazz, je regrette le retour aux sources du Nice Jazz Festival vers une programmation quasiment exclusivement jazz (très belle au demeurant). Le NJF est pour moi un passage obligé chaque année, je ne pouvais donc me soustraire à la règle, j’ai juste choisi avec précaution la soirée la moins jazz… Au programme, il y avait tout d’abord le grand Joe Jackson. Il a la réputation d’être bon sur scène et cela s’est vérifié. Il nous a proposé, dans une formule à trois musiciens, sa pop, funk, où, bien entendu, nous avons tous frissonné au titre de son classique absolu de 1982 « Nigth & day » au son latino. Les frères Belmondo étaient connus pour moi uniquement pour leur participation à « Chatterton » de Bashung, je regrette d’avoir mis autant de temps à les découvrir. Leur jazz à trompette est une pure merveille. Honte à moi, je n’avais encore jamais vu Magma sur scène. Évidemment le format festival, seulement 1 heure de concert, n’est pas celui qui convient le mieux à un groupe qui a des morceaux de 10 minutes et où une grande part du concept vient des longues montées qui créent les ambiances planantes. Mais Vanders et les siens s’en sont bien sortis en nous proposant un concert d’une très grande tenue. Regrettons quand même le niveau sonore largement trop élevé. La belle Priscilla Ahn nous a ensuite régalés avec sa folk tout en douceur. La seule fausse note de la soirée venant d’Erykah Badu qui nous propose une soul à la sauce hip hop. Il n’y a rien pas une once de mélodie, c’est une véritable supercherie où tout est dans l’apparence. Dommage donc que cette belle soirée finisse aussi mal, mais cela n’a que très légèrement terni cette soirée de prestige. Simon Pégurier


Voix du Gaou : Max Roméo / Buju Banton...
Le 21/07 sur la Presqu’île du Gaou – Six Fours les Plages (83).
Imaginez une presqu’île avec comme décor naturel pinède et Méditerranée, où le soleil réchauffe les âmes et une belle soirée reggae en perspective. Le site des Voix du Gaou est un petit coin de paradis. Le premier concert démarre à l’heure, il fait encore jour, et le jamaïcain Max Romeo assure un live de haute qualité. Max Roméo a une voix puissante, ses musiciens assurent et le public se laisse agréablement bercer par ses vibes roots. Au plus grand bonheur de tous, le chanteur reprend ses tubes « Chase the devil » et « War inna Babylon ». Le rasta termine son concert (trop) vite, prouvant qu’il reste une véritable figure parmi les grands artistes reggae. Le temps de changer de plateau, et Buju Banton débarque sur scène avec une énergie explosive. Certains lui reprocheront sa voix particulière, grave et écorchée, mais son live me prouve qu’il a un talent mérité dans la scène new-roots jamaïcaine. Avec un charisme qui lui est propre, Buju Banton interprète ses nouveaux morceaux de son excellent dernier album « Rasta got soul ». De véritables qualités vocales, des textes conscients et une prestance énergique sur scène laissent à chacun un très bon souvenir de son passage. Pour terminer, c’est l’artiste ivoirien Alpha Blondy qui montera sur scène pour un concert rodé, sans grande surprise à mon goût. Il démarre cependant avec l’un de ses très bons titres « Jerusalem » qui rassemble la foule enthousiaste. Après d’autres titres comme « Cocody rock », il clôturera la soirée par le célèbre « Brigadier Sabari ». Vivement l’année prochaine pour un autre pur moment de bonheur. Annabelle de l’Epine


Cabaret Frappé
Du 20 au 29/07 à Grenoble (38).
Neuf soirées denses, variées, sous grand écart permanent, option adducteurs au supplice (entre les Congolais de Konono N°1 et Tahiti " pop " 80) une foule d’activités offertes (jeux, lectures à la fraîche) un cadre enchanteur – avec kiosque à musique placé bien au centre du Jardin de Ville, mis quotidiennement en mode " découverte sous gratuité " – une équipe aux petits soins qui pense également " garderie gratuite pour parents stressés de sortie ". Tout du long de ces deux magnifiques soirées : tendresse, énergie, échanges, apnées et déflagrations soniques se seront légitimement partagées, affiche, et chapiteau. Après l’initiale claque Syrano (assénée de plein air !) les You and You ont su titiller le cœur " vanille fraise " des âmes en attente, portés par la pureté d’une voix, le chiadé des compos et un groupe qui travaille, cisèle, ou enlumine. Élevés sous bannière The Wanderer, les torses nus et cordes en fusion de Jil Is Lucky ont bien failli puiser un poil sur les réserves d’énergie des présents : au point d’hypothéquer la venue (ici en mode " clôture ") de Clare et Ses Reasons. Un " after " hors du temps, en bordure d’onirique, avec rouge sur lèvres tissus et dedans de l’œil qui clignote de plaisir et lorgne sur Pluton la déclassée… Le 24, une fois le blues Suisse encaissé de frais (Hell’s Kitchen) et les facéties habillées de Franglais du sémillant Hugh Coltman (" pop folk soul caribéenne ") évaporées, Joseph Arthur n’oubliera pas d’appuyer à fond sur sa pédale d’effets, afin de mener ses Astronautes Solitaires jusqu’aux confins enfiévrés de l’Iran… Incontournable ! Jacques 2 Chabannes


Nice Jazz Festival
Du 18 au 25/07 dans les Jardins de Cimiez – Nice (06).
Nous voilà plongés dans un univers musical incontournable de l’été, le Nice Jazz Festival qui bien évidemment n’a pas failli à la règle cette année encore, en nous offrant de spectaculaires moments musicaux sous les oliviers des célèbres jardins de Cimiez. Comme chaque année, c’est l’un des évènements les plus attendus de la saison, et l’affiche, a été surprenante d’inventivité, cette année encore, avec pour la soirée d’inauguration, une Tracy Chapman majestueuse qui a donné le ton de cette nouvelle édition. Le Nice Jazz Festival, ce sont des artistes connus, mais aussi des découvertes, avec un tremplin off organisé depuis quelques années, et qui rencontre un succès grandissant, et puis, ce sont aussi les habitués comme Joe Jackson, Keziah Jones, Raul Midon, Bozilo, la sublime Erykah Badu, Richard Galliano ou encore B.B. King entre autres, que l’on peut croiser au détour d’une allée si l’on a de la chance. Huit soirées thématiques où chacun trouve ce qu’il recherche en venant à Cimiez, du plaisir avant tout, au travers des concerts, certes, mais pas seulement. Cimiez c’est une ambiance, un art de vivre la musique à son rythme, et, cette fois encore, la tradition a été respectée ! Bien que cette année, l’organisation du Nice Jazz Festival ait eu à souffrir de l’absence de la scène Arènes, en travaux pour rénovation, ce n’est qu’une très faible baisse de fréquentation qui a été enregistrée, et les deux scènes restantes, Matisse, aménagée cette année pour que le public soit assis, et bien sûr la fameuse scène Jardins n’ont pas déçu le public. Les concerts s’y sont enchaînés sans jamais se chevaucher, une organisation réglée comme du papier à musique ! Angélique Alasta


La Pleine Lune
Du 17/07 au 01/08 à Payzac & en Sud Ardèche (07).
La Pleine Lune est le festival ardéchois par excellence. Solidement implanté depuis 98 dans ce magnifique terroir, ce festival se décompose en deux temps. Tout d’abord des concerts itinérants dans plusieurs villages du sud de l’Ardèche, avec les proches voisins de Mickey 3D en fil rouge. Puis les deux soirées de clôture sur le site de Payzac, magnifique village de caractère, bordé de vignes. Convivialité et éco-citoyenneté sont les maîtres mots de l’organisation. Tout est mis en oeuvre par l’équipe de l’Art Scène pour que l’on se sente bien (déco chaleureuse, nourriture originale préparée sur place), tout en ayant un comportement responsable (toilettes sèches, gobelets consignés, etc.). Côté musique, la chanson festive de la Rue Kétanou et le reggae millésimé de Max Romeo ont dispensé les bonnes vibrations. On se sent bien à Payzac ! Pierre Mustier


Voix du Gaou
Du 15 au 29/07 sur la Presqu’île du Gaou – Six Fours les Plages (83).
Notre région a la chance d’accueillir bon nombre de festivals, et toujours de très belles programmations. Cette année, les Voix du Gaou ont gâté les festivaliers avec pas moins d’une dizaine de soirées. Et quelle programmation mes amis ! La première soirée en ouverture avec Mr Lenny Kravitz et oui rien que ça ! Un concert à la mesure de la star avec une très belle scène sur un site comme toujours exceptionnel, les pieds dans l’eau. De ce festival, on pourra en retenir la soirée carte blanche à Philippe Manœuvre avec des groupes montant comme l’excellent Second Sex. Et puis aussi, le concert d’Alpha Blondy bien sûr, ce coup-ci les pieds dans le sable, on se croirait presque en Jamaïque ! La soirée qui aura fait le plus de bruit restera quand même Motorhead, tout simplement énorme, tellement puissant que même le sol et mes jambes en tremblaient. Cette soirée qui fût encore une belle occasion d’écouter du rock pour tous les amateurs du genre : les métalleux, les punks, les gothiques... Grand Corps Malade et son slam, toujours aussi sympathique, a continué le festival. N’oublions pas non plus l’excellent groupe Tryo. Tryo qui dans la continuité de Pep’s (qui en assurait la première partie), a produit un spectacle de qualité. Un set très chaleureux, en formation avec deux batteries et un violoncelliste. Un concert totalement hallucinant tant les arrangements sont différents du début de leur tournée. Bref, un très bon moment de plaisir musical en cette avant dernière soirée. Pascale Picard, qui clôtura le festival, a dispensé un folk très enlevé avec son groupe. Pour ceux qui aurait manqués le festival, rendez-vous l’année prochaine ! Céline Dehédin


Jazz à Juan : S.M.V. / Jeff Beck
Le 15/07 à la Pinède Gould – Antibes Juan les Pins (06).
SMV, c’est Stanley Clarke, Marcus Miller, Victor Wooten. SMV, c’est 3 Super Musiciens Virtuoses, 3 générations de bassistes électriques qui ont fait passer la basse de simple objet rythmique à celui d’instrument à part entière. Les voir ensemble sur scène pouvait donc être un grand moment. Hélas, le projet ne tient la route, malgré le magnifique soleil qui illumine la baie, que l’espace de 3 morceaux où chacun fait montre de sa technique. Un magnifique chorus de Wooten, tout en finesse et mélodie, ouvre le bal, les deux autres suivront. Puis l’ennui gagne doucement par le côté démonstration, « regardez ce que l’on sait faire ». Mais vint le moment magique où Marcus troque sa basse pour une clarinette (basse elle aussi) et Stanley s’assoit derrière une contrebasse. La symbiose, le swing, la musique sont enfin venus sur scène pour une fin de set de pur enchantement. Après un changement de plateau plutôt long (bière oblige !), le grand Jeff Beck, tout de blanc vêtu, Stratocaster crème en bandoulière, prenait possession de la scène avec ses 3 musiciens. Vinnie Colaiuta, qui fut le batteur de Zappa, la jeune et talentueuse bassiste Tal Wilkenfeld, 23 ans à peine, et le claviériste Jason Rebello. Pendant 90 minutes, Jeff nous régalera de toute la panoplie de son talent passant avec maestria du heavy métal le plus brut au slow « santanien », alternant le reggae déjanté, le jazz fusion débridé avec une petite démo de basse à quatre mains, il partage alors le manche de la Jazzbass avec la belle Tal. Le final fut brutal, grandiose, avec la reprise du "A day in a life" de Lennon/McCartney. Il laisse tout le monde bouche bée avec les sons qu’il tire de sa guitare. Pas de médiator, rien que les doigts sur les cordes et quelques pédales d’effets. Quel dommage que Jeff Beck communique si peu avec le public, avec un peu plus de charisme quelle carrière n’aurait-il pas fait. Jacques Lerognon


U2
Le 15/07 au Stade Charles Ehrmann – Nice (06).
Durant les années 80-90, U2 est un sacré bon groupe. Leur carrière démarre par un rock héroïque à l’énergie brute et aux mélodies impeccables. Vient ensuite une période plus posée, par moments atmosphérique ou presque progressive. Ils deviennent à ce moment officiellement le meilleur groupe en exercice et remplissent les stades. Après « Rattle and hum », un album totalement raté, ils prennent leur virage électro avec « Achtung baby », période qui est pour moi la meilleure artistiquement. Quel courage pour un groupe planétairement reconnu de faire un tel virage, et puis ensuite… plus rien… U2 « s’autoplagie », devenant sa propre caricature. Bien qu’il faille reconnaître que leur dernier album (« No line on the horizon ») remonte un peu la pente (mais ce n’est pas difficile me direz vous). Une fois cet historique fait, on peut se poser maintenant la question de savoir s’il est utile de voir U2 en concert aujourd’hui. Tout dépend du prix des places. La plupart étaient à 87,50 euros, alors là oui, c’est clairement trop cher, ils ont vieilli, Bono a réellement perdu sa voix, le concept scène à 360 degré ne fonctionne pas, c’est une scène tout bonnement traditionnelle, le groupe est en roue libre (par exemple : un hymne pour stade tel que « Pride » n’arrive plus a mettre le feu), le côté humanitaire est vraiment pesant, cassant le rythme et faisant baisser la tension. Par contre, si vous avez obtenu un place moins chère, les premiers prix étaient à 34 Euros (certes il y en avait peu), ou si vous en avez eu des places bradées au marché noir, alors là oui il fallait y être. Un concert de stade, c’est toujours du grand spectacle, vous en avez plein les yeux et les oreilles. U2 c’est une machine à tube, une légende, Entendre tous ces hits enchaînés, oui ça fonctionne, surtout que personne ne peut nier que « With or without you » ou « One » sont d’incroyables bonnes chansons. Les plus anciens auront pris plaisir à réentendre les vieux tubes tels « The unforgettable fire ». U2 (à l’inverse de Madonna) réussit à faire un concert de rock dans un stade où le centre reste la musique, les chansons et non le décorum au demeurant très réussi. Alors ça valait le coup d’y aller oui ou non ? Il aurait été préférable de les avoir vu fin 80, début 90, mais si vous les aviez ratés a cette époque, vous aurez eu en les voyant en 2009 une part de la légende. Simon Pégurier
Crédit photo © Alain Hamila.


Jazz à Juan
Du 11 au 19/07 à la Pinède Gould – Antibes Juan les Pins (06).
Pour sa 49ème édition, le plus ancien festival de jazz d’Europe a fait swinguer Juan les Pins au son des plus grands artistes. De Keith Jarrett à Jeff Beck, en passant Allen Toussaint, Jean Jacques Milteau, Stanley Clarke, Marcus Miller ou encore Alice Russell, ils étaient tous là, et plus encore ! Bien entendu, le public a répondu présent, friand des notes de ces maîtres du jazz au firmament de leur art. Car il faut bien le dire, assister à ces concerts, presque intimes, les pieds dans le sable, avec des artistes comme Joss Stone la magnifique ou Jamie Cullum qui n’hésitent pas à descendre de la scène pour se mêler au public, forcément ça fait envie. Comme si la frontière entre les artistes et le public était tout à coup abolie, pour le seul plaisir de se laisser emporter par la majesté de cette musique universelle et fédératrice. L’un des moments magiques fut sans aucun doute la rencontre improbable entre le maître Roy Hargrove et son majestueux Big Band, avec celui qui manie si bien la langue de Molière, M. Claude MC Solaar. Nuit magique, Au clair de la lune, le saxophoniste entame seul, dans un silence quasi religieux les premières notes de la célèbre comptine quand tout à coup la voix grave de MC Solaar vient se poser, comme un oiseau, sur le filet musical que tout le public, enchanté, fredonne à l’unisson.. Mémorable et unique ! Jazz à Juan ce sont des concerts sous la pinède certes, mais à l’instar de la Nouvelle Orléans, la ville bat au rythme de la musique pendant 10 jours avec des manifestations à tous les coins de rue ! Juan les Pins la ville qui ne dort jamais bien longtemps et seulement au rythme du Jazz… D’ailleurs comment ne pas évoquer Sidney Bechet, auquel un hommage a d’ailleurs été rendu cette année, et tant d’autres encore. Car depuis sa création, le Festival de Jazz de Juan-les-Pins n’a cessé d’être une source d’inspiration pour les festivals de Jazz du monde entier, tout en sachant rester authentique. Vivement l’été 2010 à Juan les Pins, cadre idyllique pour un 50ème anniversaire, qui restera dans les mémoires ! Angélique Alasta


Nuits Guitare : John Butler / Jus d’Orange
Le 11/07 dans les Jardins de L’Olivaie – Beaulieu sur Mer (06).
Arrivée à Beaulieu pour le concert de John Butler à l’occasion du festival des Nuits Guitares 2009 qui se déroulait au Jardin de L’Olivaie, dans un cadre plus qu’agréable. La première partie est assurée par Jus D’Orange un groupe de rock niçois aux textes écolos et transpirant l’énergie. S’en suit quelques minutes d’attentes, le temps que le soleil finisse de se coucher et d’installer les lumières. Puis le guitariste australien fait son entrée sur scène. Seul avec sa guitare, il va mettre le feu pendant près de deux heures, devant un public conquis, venu en nombre et des quatre coins du monde. En solo, John Butler joue aussi bien des morceaux plus anciens (Zebra, Treat yo Mama) que ceux du dernier album Grand national (Used to get high), puis le très attendu Ocean avec lequel il a littéralement enflammé la foule. Pour la fin du set, John Butler invite sur scène le nouveau batteur du trio pour quelques morceaux à deux et une improvisation de presque 15 minutes pour clôturer le concert. Ce concert restera un grand moment de musique avec un John Butler en grande forme qui nous a démontré tout son talent technique et sa grande proximité avec le public. Jérôme Molinier


Nuits du Sud
Du 10/07 au 08/08 sur la Place du Grand Jardin – Vence (06).
Encore une fois les Nuits du Sud ont été l’occasion de découvrir des artistes plein de talents ! Les têtes d’affiche comme Kassav’ en ouverture de festival, qui dès la première soirée a fait “ salle comble “, ont permis de faire découvrir Novalima, groupe métissé venu tout droit du Pérou. Entre Gilberto Gil et sa bossa nova endiablée, et Yuri Buenaventura et sa salsa colorée, les Vençois ont pu profiter d’un joli panel de musiciens de renom ! Grand Corps Malade touchant de sincérité, et très disponible notamment lors des séances de dédicaces, a donné beaucoup de sa personne lors de son passage très remarqué le 18 juillet. Alpha Blondy qui continue son petit tour d’horizon dans notre belle région, a fait trémousser le public au son des percussions. Et le soir de Khaled, des familles entières sont venus écouter son concert, dans un esprit de liberté et de tolérance. À noter la sublime prestation de Dominique Fillon (pianiste de jazz) et Juan Carmona, réunis par les Nuits du Sud pour un concert unique et exceptionnel. En aparté, les deux compères, ont fait part de leur envie de continuer à travailler ensemble. Les Nuits du Sud instigateur de partenariat musical ? mmmhhh possible ! Et puis de ce festival, il faut aussi en retenir les deux soirées du tremplin Talents Nuits du Sud Unisys, qui ont permis de faire connaître au public des groupes incroyables comme Yuna Project, Leïdo, Quadricolor ou Haute Couture, public qui ne s’y ait d’ailleurs pas trompé puisqu’il a élu ce dernier gagnant du prix public. Et c’est donc avec plaisir qu’on a pu les retrouver en première partie de Khaled. Un festival haut en couleur encore une fois, et l’on se demande ce que les organisateurs vont nous concocter, lors de la prochaine édition. On peut faire confiance à Téo Saavedra et à son intarissable curiosité musicale et culturelle. Chapeau bas en tout cas ! Céline Dehédin


Nuits Guitare : Mattrach / Shudderwall
Le 10/07 dans les Jardins de l’Olivaie – Beaulieu sur Mer (06).
Passons charitablement sur la première partie dont on oubliera jusqu’au nom du groupe. La vedette était Mattrach, dont le buzz Internet était tel que l’on s’attendait à une performance exceptionnelle du jeune prodige chti. Mais la déception fut au niveau de l’espoir. Il ne suffit pas d’aligner des riffs et des chorus dans un ordre à peu prés quelconque pour faire un concert de guitare. Certes le jeune homme est un technicien hors pair, mais un showman peu convaincant. Peut-être la pression était elle trop pour ces jeunes épaules. Malgré une section rythmique de qualité, la plupart des morceaux tombaient à plat, sans parler de la catastrophique reprise d’un tube de Hendrix. Mais comme dit le poète "on n’est pas sérieux quand on a 17 ans", gageons que pour la vingtième éditions des Nuits Guitares, le jeune Mattrach, devenu alors plus mature éblouira de son talent les spectateurs et les oliviers. Jacques Lerognon


Les Enfants du Rock
Du 09 au 11/07 au Théâtre de Verdure – Nice (06).
Le Rock’n Roll a résonné dans tout Nice dès le début de l’été, et pour son édition 2009, Les Enfants du Rock a rencontré un bien beau succès, tout âge confondu. Alors remercions encore chaleureusement les organisateurs de ce bien beau festival pour leur pugnacité et leur courage, même en pleine chaleur… Petit flash-back de ses trois soirées brûlantes et ébouriffantes ! C’est avec joie que les Quadricolor, nos quatre jeunes niçois qui ont le vent en poupe ont ouvert le bal, suivi de Made Again (tribute to Marillion) qui ont presque même mieux joué que le groupe d’origine. La soirée s’est ensuite poursuivie et clôturée avec triomphe grâce au talent de Fiction Plane. La deuxième soirée du festival (la plus attendue), a réuni tous les punks et autres mordus de rock. A l’entrée, pêle-mêle, vous auriez croisé des fans d’AC/DC (fraîchement remis de leur concert à Marseille), de Metallica, des Rolling Stones et bien sûr de Trust, puisque le groupe phare des années 80 était la tête d’affiche. Mais aussi des punks en tout genre, des jeunes, des moins jeunes, bref une belle diversité au niveau des spectateurs. The V-Cious nous a offert une jolie palette de son répertoire dans un set de 30 min. Shoot to Kill et leur rock énervé ont poursuivi le show… Trust arrive enfin, le public en sueur, les pogos dans la fosse, le chanteur en transe et le public complètement survolté ! Les chansons du dernier album s’enchaînent jusqu’à « Anti-social » que tout le monde attendait frénétiquement et le concert se finit en apothéose dans un déluge de guitares électriques au rythme de la batterie. Les murs de Nice en tremblent encore ! Le dernier soir du festival laissa la place à un public beaucoup plus jeune que la veille. Pas étonnant quand on sait que c’est BB Brunes qui devait mener la danse ce soir là ! Maupity, groupe local, assure la première partie, c’est un plaisir de les avoir revu sur scène, toujours aussi bien calés, toujours aussi professionnels avec leur rock français à la Noir Désir. Le groupe Asyl enchaîne la soirée, l’occasion de découvrir les chansons de « Brûle, Brûle, Brûle », leur deuxième album, et quelques classiques comme « Intérieur Extérieur ». Asyl plus mâture, a surpris la foule ce soir là, énergique, sulfureux, le groupe a réellement fait un très beau concert. Quand BB Brunes arrive, c’est l’hystérie des groupies adolescentes, au premier rang. Nous aurons le droit bien sûr aux 2 titres qui ont fait leur succès « Le gang » et « Dis-moi » et une jolie reprise. Les derniers sons de gratte résonnent dans l’air et c’est déjà la fin du festival, mais j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, Ivoire Music remet le couvert en 2010, une 8ème édition est prévue, miam miam j’en salive d’avance et vous ? Céline Dehédin


Festives de Font Robert
Du 09 au 24/07 à Château-Arnoux et Peyruis (04).
« Pourquoi Dante ? Parce que j’avais envie de dire que j’ai traversé mon enfer pour trouver mon paradis.... ». Ainsi, le poète slammeur Abd Al Malik entre en scène et explique pourquoi il a choisi ce nom à son récent album. Premier invité des Festives, il a sur scène admirablement mélangé le rap, le slam aux chansons françaises et aux airs de jazz pour offrir au public un savoureux cocktail, ou Gréco, Brel et Nougaro avaient leur place. Du lourd donc pour débuter le festival, contrebalancé le lendemain par l’énergie et la grâce d’une reine toute en couleur dans son dernier opus « Tchamantché » : Rokia Traoré. Avant dernier soir avec Maxime Le Forestier, fidèle à ses thèmes de prédilection (Om Mani Padmé Hûm) et ses ballades romantiques. Le dernier soir, reporté au 24 juillet à Peyruis, a merveilleusement clôturé les Festives avec Beverly Jo Scott et un Calvin Russel en grande forme, une guitare vissée à l’épaule et une voix aussi tremblante et précise qui sied si bien au blues. Cristel Béguin


Nuits Guitare :Calvin Russell / Speed Rock Machine
Le 09/07 dans les Jardins de l’Olivaie – Beaulieu sur Mer (06).
Ces nuits guitares commençaient fort avec, pour ouvrir le bal, les Vençois de Speed Rock Machine, habile mélange de Trust et de Téléphone, du XXIème siècle. Beaucoup d’énergie, de musicalité, de frime, de rock, à l’image du charismatique chanteur, harmoniciste qui va, à la manière d’un Pete Townshend, jusqu’à briser sa guitare (la pauvre) en fin de show. Suivait Calvin Russell dans son habit de Blues Brother, épaulé par une équipe de musiciens parisiens mené par l’excellent guitariste Manu Lanvin. C’était parti pour près de 2 heures de southern rock, mâtiné de country-blues. C’est dans les morceaux acoustiques qu’il est le plus émouvant car sous le chanteur Calvin se cache le conteur Russell et ses histoires d’hommes du sud. Mais il est reste très inspiré même sous le feu des guitares de ses acolytes. Le grand moment fut la reprise majestueuse de « Gimme Shelter » des Stones qui venait clore le premier rappel, une cover qui aurait sûrement fait pleurer Jagger himself ! Mais après encore quelques titres dont le sublime "Crossroads" repris en choeur par le public, il nous abandonnait, pantois, à la nuit. Jacques Lerognon


Metallica / Mass Hysteria / MOPA
Le 07/07 aux Arènes de Nîmes (30).
Non mais putain ce concert... CE CONCERT ! Encore une fois Metallica a prouvé que sur scène, ils sont au dessus du lot, avec un plaisir de jouer que j’ai rarement vu chez des groupes aussi confirmés, et une setlist qui m’a fait bander pendant un peu plus de deux heures ! Et quand un tel live a lieu dans cet endroit mythique des Arènes, avec une ambiance « terriblissime », c’est le bonheur total.

Metallica aux Arènes de Nimes, c’était une rumeur constante, chaque année depuis un bail. Alors quand l’annonce officielle a vu le jour, il y a plus de 6 mois, forcément les billets sont partis en quelques heures... Se retrouver pour un tel événement avec des amis et potes de toute la France ou presque, à se boire des coups en terrasse ombragée, à déconner et savourer l’instant présent, c’est déjà beaucoup.

Quand on se décide à rentrer dans les Arènes, le premier groupe M.O.P.A en finit sous les huées des gens déjà présents. Comme on ne s’est pas pressé, et que nous avons pour la plupart des places en tribune libre, on va se retrouver tout en haut des gradins sur la droite, une première pour ma part, ayant fait tous mes lives ici dans la fosse. Mais ça ne m’a pas traumatisé car j’avais ma barrière perso avec Eric, et nous avions un angle de vue génial de la scène et de la foule en folie. Que de frissons en voyant tous ces bras levés au refrain d’un "Master of puppets", des "Die die die" de "Creeping death", ou du choeur sur "Seek and destroy"... Par contre, je ne comprends toujours pas pourquoi la fosse était aussi peu compacte ! Il restait franchement de la place pour une bonne centaine de personnes...

Je passe rapidement sur Mass Hysteria, deuxième groupe d’ouverture, vu que je n’aime pas du tout ce qu’ils font, surtout le chanteur... Cependant ils auront eu le mérite de bien chauffer une partie du public, et à l’applaudimètre final ils s’en sont très bien sortis !

Mais tout cela n’est que broutille au vu de ce qui nous attend... Quand l’intro en fade in de "Blackened" retentit, et que le combo arrive et plaque le premier accord, nous passons dans une autre dimension.... Déjà, moi je passe dans la dimension du plaisir pur, celle que seuls quelques groupes que j’adore au plus haut point me font connaître. Celle où plus rien d’autre ne compte, où je vais me déchaîner, hurler les paroles, me déboîter les cervicales, ne faire plus qu’un avec ce que je vois et entend. Ce qui est toujours le cas avec Metallica.

D’ailleurs à leur propos, je ne pensais pas que la date du Werchter 2007 pourrait être égalée ni dépassée (http://www.concertandco.com/critique-concert.php?s=metallica&id=18380&p=1), mais je dois avouer que ce fut le cas. Car si la setlist est peut-être un poil en deçà (mais tout est relatif hein !), le plaisir dégagé par les musiciens, et cette ambiance de malade qu’il n’y avait pas en Belgique puisque c’était un festival hétéroclité, et non pas une armée de fans comme hier, font que j’ai personnellement vécu une soirée mémorable.

Et je ne pense pas être le seul au vu des échos postérieurs, et surtout de la puissance exprimée par les milliers de metalheads hurlants, répondant à chaque sollicitation de James Hetfield, chantant les refrains de "Master of puppets", "Sad but true", "One" ou "Enter sandman" sans aide, « banguant » comme des mastres ou au contraire silencieusement emportés par la beauté de "Fade to black" ou "Nothing else matters"... J’ai beau le dire à chaque compte-rendu que je fais d’un live à Nîmes, mais ces Arènes ont le don de transcender l’atmosphère, les gens, les groupes... Il y a ce petit quelque chose que je ne retrouve pas ailleurs, et qui amplifie un bonheur déjà immense de vivre un excellent concert.

Les Mets eux-mêmes, par la voix de James, diront qu’ils sont heu-reux de jouer dans un tel site chargé d’histoire. Et comme je le disais au début, j’ai rarement vu un groupe prenant autant son pied sur les planches ! C’était incroyable de voir Hetfield avec une banane constante sur le visage, un Trujillo intenable, un Lars impeccable et un Kirk sans fausses notes, enquillant les soli comme autant de perles. Car s’il n’est pas le meilleur « gratteux » du monde, loin de là, il assure toutes ses parties sans failles, ce qui n’était pas le cas dans les 90s... Et j’ai remarqué que globalement, au plus ils vieillissent, au plus ils sont carrés et au plus ils s’éclatent !

Le coup de la scène ouverte était franchement une bonne idée ! On a longtemps parlé de scène centrale, pensant qu’elle serait au milieu de la petite fosse des Arènes, et puis on a appris qu’elle serait normale deux jours avant, et puis on s’est rendu compte que ce qu’ils appelaient "central" c’était peut être cette scène totalement open, sans rideau de fond, permettant aux musiciens d’arpenter sans discontinuer tout l’espace. Idée géniale que de mettre des micros aux quatre cotés, laissant Hetfield (et les autres pour les choeurs) choisir son emplacement de chant au gré de ses envies. Finalement, ceux qui avaient acheté des places à visibilité réduite (mises en vente dans les 30 euros récemment) ont parfois eu la meilleure vision, étant pile en face de la scène derrière.

Et pendant ce temps-là, moi du haut de mon perchoir, j’exultais ! Et le mot est faible.... J’étais en transe totale ! Imaginez... Ils ont joué quatre putain de morceaux issus de "...And justice for all", mon préféré quasiment. Dont trois que je rêvais d’avoir ! "Blackened", qui en intro m’a direct envoyé sur orbite, "Harvester of sorrow", heavy de chez heavy, hymne au déboîtage de cervicales, et le mythique "Dyers eve" que je n’attendais même pas tant ils la jouent peu souvent, et pourtant une des meilleurs à mon sens, concentré de hargne sur les couplets, hyper mélodique au refrain, sans oublier son solo jubilatoirement hard à exécuter. Vous rajoutez le classique, mais non moins indispensable, "One", ainsi que l’intro de "Frayed ends of sanity" balancé en revenant sur les rappels, et vous comprendrez que déjà rien qu’avec ça j’étais atteint de priapisme aigu !

Rajouez "Fade to black", ma chanson favorite de Metallica, (et une de mes favorites tout court), qui m’a valu un intense moment d’émotion, un "Master of puppets" d’anthologie qui a embrasé les Arènes, un "Fuel" agressif avec multiples pyros, un "Stone cold crazy" de Queen ultra rageur enchaîné à un "Motorbreath" orgiaque, et un "Creeping death" toujours aussi efficace, et vous aurez l’ossature d’un orgasme foudroyant !

Mais je crois que le plus beau dans tout ça, c’est encore les nouveaux titres qui s’intègrent parfaitement dans le show ! Rare chez Metallica de jouer autant de chansons du dernier opus en date. Après, on aime ou on n’aime pas sur album, mais live, je peux vous assurer que ça bastonne sévère ! Le riff de "Broken, beat ans scarred" est un de leur meilleur depuis 18 ans ! Et avec le gros son qu’ils avaient, c’était un régal de se secouer les poils sur "Cyanide", "All nightmare long" et le final de "The day that never comes", fantastique morceau crescendo. "Death Magnetic" est ce qu’ils ont fait de plus thrash depuis "....And justice for all", et de loin. Alors en avoir eu les quatre meilleurs brulots, c’était également un plaisir énorme.

Évidemment, de par leurs durées conséquentes respectives, ces derniers ont pris la place d’autres classiques (c’est la seule différence d’avec les deux dernière tournées estivales best of), et ça explique certainement la surprise de n’avoir eu qu’un seul hit de "Master of puppets", mais je ne vais pas bouder la joie d’avoir du vrai heavy thrash récent, plutôt que du "Saint Anger" hein...

Nous aurions mérité un vrai rappel, car après le "Seek and destroy" final et durant la standing ovation qui a suivi, je n’ai vu personne quitter les lieux, saluant et applaudissant longuement les quatre musiciens qui ont tout donné, et qui apparemment n’avaient pas plus que nous envie de quitter la place, tant ils sont restés un moment à remercier encore et encore, chacun y allant de son petit mot, avec un Trujillo balançant des dizaines et des dizaines de médiators, et une photo finale dos à la foule bras dessus bras dessous, certainement pour illustrer le futur DVD prévu pour octobre.

A l’instar du concert de Rammstein ici même en 2005, je parie que l’on reparlera encore de cette soirée dans deux décennies... Comme souvent dans des moments de pur bonheur, les mots sont bien faibles pour retranscrire le vécu, alors la prochaine fois foncez les voir si vous les avez manqué. Moi en tous cas j’en serai. Anytime anywhere. Pirlouiiiit
Crédit photo (c) Pirlouiiiit


Charlie Jazz Festival
Les 04 et 05/07 au Domaine de Fontblanche – Vitrolles (13).
Quand le jazz est, quand le jazz est là… Et cette année, il était encore bien là, au programme du Charlie jazz festival de Vitrolles avec dès le samedi soir le son free et original de Vrak’Trio, associant flûte, tuba et batterie. Le quintet de La Fanfarine aux rythmes variés, passant du Klezmer aux sons latino avec toute la fraîcheur de ses musiciens. Puis David Murray et ses musiciens. Le saxophoniste n’a pas manqué de confirmer sa place de digne successeur des grands noms du jazz avec deux superbes solos et un hommage à John Coltrane en guise de rappel. Au dernier soir du festival, l’éclectisme fut au rendez-vous avec Yves Laplane et son quartet de jazz moderne, l’incontournable Fanfarine, le duo harpe/voix d’Isabelle Olivier et de Youn Sun Nah et le tempérament explosif du Paris Jazz Big Band avec ses 17 musiciens. À retenir : la voix cristalline et émouvante de la Coréenne Youn Sun Nah, quand elle ne chante pas du Maria Carey, et les cuivres du plus grand orchestre français, le Paris Jazz Big Band qui rendait ce soir-là hommage à Dizzy Gillepsie. Alors vivement l’édition 2010 pour que le jazz soit encore et toujours là ! Cristel Béguin
Crédit photo (c) Nah Inu


Calvi on the Rocks
Du 03 au 06/07 à Calvi (20).
Parmi les nombreux festivals existants, certains se démarquent rapidement par leur programmation, leur esprit, leur localisation ou bien les trois en même temps. Calvi on the Rocks possède tous ces atouts grâce à son cadre idyllique, une température idéale, un line-up alléchant, et une ambiance particulièrement festive. Inutile de préciser que les marmottes ont du mal à évoluer à Calvi ! Tout au long de ce week-end, le festivalier danse, écoute, s’imbibe de cette joie de vivre ambiante. Du lever au coucher, si coucher il y a, plusieurs étapes sont inévitables. Il y a tout d’abord les séances « pieds dans l’eau » des magnifiques plages corses. Chaque après-midi, la plage de l’Octopussy est notamment l’hôte de DJ set enflammés. Cocktails ou jolies bouteilles de Schweppes, à siroter dans l’eau ou sur le sable, le volume reste le même et le son est tout autant bon. Parmi les différents chefs d’orchestres journaliers, se sont succédés notre frenchy Busy P, accompagné de ses sons résolument électroniques ou encore James Murphy et sa musique house aux accents funk/disco. Puis quand les prémices de fin de journée s’annonçaient, direction le Théâtre de Verdure pour des concerts d’exception. La musique repartait alors de plus belle. On retiendra de nombreux moments de bonheur, ceux où l’on se sent en parfaite harmonie avec la musique et les artistes. Yuksek par exemple, a tout simplement fait un carton de son style electro/club teinté de pop, à l’instar du pop/rock synthétisé et frénétique de We Have a Band, ou encore de Klaxons. D’autres groupes nous ont également passionné, comme les Anglais de Friendly Fires, dont le savoir-faire entreprend un style qui réunit à la fois électro, pop, et disco. Ce n’est pas tout, n’oublions pas la vague tropicale d’Ebony Bones où un certain post-punk se mêle aux sons électro, mais aussi la brillante prestation rock/indie de Poni Hoax. Le dernier concert s’est achevé sur la tête d’affiche de ce festival, j’ai nommé Phoenix. Nos amis versaillais ont su communiquer leur « Lisztomania » au public avec une énergie aussi agréable qu’impressionnante. Quant aux after, eux aussi promettaient tout autant d’animation musicale. Jennifer Cardini, Superpitcher, Ellen Allien, plusieurs DJ de renommée ont débarqué avec leur platine chez Tao, le club où se donnait rendez-vous le tout Calvi (ou presque), pour nous faire danser jusqu’au petit matin. C’est pour dire, seul le spectacle magnifique du lever de soleil pouvait nous déroger de la piste de danse. En somme musique non stop, décors paradisiaques, cool attitude, voici le résumé de ces journées calvaises. Cécilia N’zaou


Plages Électroniques
Du 02/07 au 13/08 sur la Plage du Palais des Festivals – Cannes (06).
Cinq soirées, 55 000 personnes, plus de doute : les Plages Électroniques sont désormais le plus important festival de la Côte d’Azur. Ce pari débuté en 2006 ne rassemblait à l’époque que 7000 personnes. Techno minimale, electro, drum’n’bass, electro hip-hop et breakbeat bailefunk, cette programmation éclectique ravit généralement tous les publics et offre quelques belles têtes d’affiche : Yuksek et Brodkinsky, duo le plus en vue de la scène electro française ; Andy C, légende de la drum’n’bass anglaise et surtout Afrika Bambaataa, initiateur de la Zulu Nation à l’origine du mouvement hip-hop. Mais le public vient surtout aux Plages pour l’excellente ambiance qui y règne. Avec un tarif imbattable de 5 euros, il n’en fallait pas plus pour en faire un succès populaire qui permet à certaines personnes de voir peut-être là leur seul concert de l’année à une époque où leurs prix s’enflamment. Cette édition conforte ainsi Cannes sur la carte des villes musicales qui comptent en France (encore plus si l’on tient compte de Pantiero) et doit pousser les organisateurs à garder le cap artistique et économique du festival pour l’année prochaine. Il leur serait facile de céder aux sirènes de l’augmentation de tarif ou de la relâche artistique. On compte sur eux pour conserver cet esprit qui fait que le succès des Plages Électroniques ne se dément pas d’année en année. Jean-Sébastien Zanchi


World Wide Festival
Du 02 au 05/07 à Sète (34).
Pour sa 4ème édition à Sète, le Worldwide Festival nous a encore bien régalé avec un Gilles Peterson omniprésent et accessible, qui a fait le show tout au long de ces quatre jours et nuits de pur bonheur, avec une programmation redoutable sur des sites prestigieux en compagnie d’un public averti qui dépasse nos frontières. Les après-midi débutent sur l’ACD beach, une grande plage privée où s’entremêlent cocktails, effluves de monoï et bikini sur des rythmes fous, dans une ambiance très sexy, avec au menu des DJ’s set qualitatifs entre house, broken, soul, jazz et hip hop, idéal pour se prélasser et hocher de la tête ; Fuzati tombe le masque avec un mix soulful, Son of Kick bien pêchu pour se réveiller les jambes sur du breakbeat, ghetto tech, et dubstep, et bien sûr la clôture mémorable du dimanche : 16 heures de mix non stop avec Gilles Peterson accompagné au mic par Earl Zinger pour une messe downtempo, alors que DJ Suv réchauffait les corps avec un set drum&bass, magnifique moment de musique en présence de DJ Oil revenu avec des sonorités lointaines et organiques… Les concerts du début de soirée se tiennent dans un amphithéâtre, écrin de pierre face à la mer avec un passage époustouflant du groupe de death jazz nippon Soil & « Pimp » Sessions, un live avec des musiciens chauffés à blanc, des looks improbables et une énergie de folie très rock’n’roll, tout le monde debout, c’est l’hystérie ; Jimi Tenor nous envoûte avec son afro-jazz band électrisé et l’on peut également y déguster une cuisine locale de qualité. Enfin, les nuits se poursuivent jusqu’au petit matin sous le phare du Mole, une grosse scène sous les étoiles où nous retrouvons Theo Parrish et son set house Détroit à tendance soul Motown, pas énorme techniquement mais une sélection très classieuse. Le passage survolté de Diplo déchaîne la foule avec un mix pour le moins efficace et consensuel, tandis que Carl Craig, toujours au top, offre une leçon de DJing sans faille, avec une sélection parfaite entre house et broken minimal. Mon coup de cœur s’oriente sur le live de Fulgeance ; une véritable boucherie orchestrée sur MPC 2000, qui a littéralement retourné le dance floor, une communion sous la pluie !!! Bilan hyper festif et joyeux, vous savez ce qui vous reste à faire l’année prochaine… Jérôme Gillet


Pep’s / Jah Legacy
Le 02/07 au Mas des Escaravatiers – Puget sur Argens (83).
Pep’s est un de ces artistes chaleureux, généreux, inventifs, qui s’est fait un nom grâce au public. Aujourd’hui un vrai buzz s’est créé autour de lui sans vraiment l’avoir chercher. Depuis sa nomination aux Victoires de la Musique cette année, il enchaîne les dates un peu partout à travers la France. Et son chemin l’a conduit dans notre belle région, au Mas des Escaravatiers plus précisément. Le bouche-à-oreille a fait le reste et en cette soirée du 02 juillet, il y a foule… En première partie, Jah Legacy nous entraîne dans leur univers jamaïcain teinté de couleurs chatoyantes et de sonorités reggae roots et de bonnes vibrations. Pep’s arrive sur scène en deuxième partie de soirée et c’est l’ovation. Il nous régale ainsi des 16 morceaux présents sur son album « Utopies dans le décor ». Utopique, certes Pep’s l’est forcément, mais aussi touchant de sincérité. C’est un homme qui a vécu, couché sur le papier, puis mis en musique ses sentiments. C’est peut-être pour cela que chacun peut se reconnaître dans ses chansons et, en fait, à bien y réfléchir, elle est peut-être là, la clé du succès de Pep’s ! Toujours est-il qu’il nous a régalé les oreilles pendant plus d’une heure et quand est venu le moment du titre qui l’a fait connaître, « Liberta », un frisson de douceur s’est faufilé à travers le public. Sans oublier « Mélodie » qui tourne en boucle sur toutes les radios en ce moment… Bref, Pep’s c’est une bonne humeur communicative. Vous ressortez d’un de ses concerts, le sourire aux lèvres ! Céline Dehédin


Nuits Carrées
Les 26 et 27/06 dans l’amphithéâtre du Fort Carré – Antibes (06).
Il a fait bon vivre les 26 et 27/06 à Antibes, où se déroulait la 3ème édition du festival des Nuits Carrées, au cœur du magique amphithéâtre du Fort Carré. Label Note nous a une fois de plus concocté deux soirées hors du commun avec une programmation intéressante, mêlant musique et théâtre, acoustique et électronique, pour un public hétéroclite venu en nombre, du mélomane averti à la famille en quête de culture, dans une ambiance très chaleureuse. Une très bonne organisation, professionnelle et accueillante qui souligne sa responsabilité en s’engageant dans l’éco-conception : Eco-toilettes, Eco-cup... On a pu découvrir entre autres La Compagnie du Théâtre à Cru, troupe qui, bien que très engagée, fut très récréative, avec un rythme soutenu, de bonnes performances d’acteurs, le goût de la provocation, sur une bande son originale omniprésente. Bugge Wesseltoft a fait un passage remarqué, avec une étonnante approche entre piano acoustique et « triturages » électroniques, accompagné de son VJ, procurant de très bonnes sensations. Kim Cao s’est bien approprié le public avec une bonne prestation, seul avec sa guitare et un charme ravageur, mais je dois bien admettre que je laisse ce refrain aux midinettes. La carte blanche du festival était réservée à Sly Johnson, ce talentueux maître du beatbox en France ne s’est quant à lui vraiment pas illustré, du Freestyle total, musicalement décevant. Pour finir, les Chinese Man ont retourné le dancefloor et embrasé la foule avec un set beaucoup moins pointu que d’ordinaire, pour le moins racoleur et commercial, mais efficace. Vivement l’année prochaine pour remettre ça !!! Jérôme Gillet
Crédit photo (c) C.F. Wesenberg


AC/DC
Le 09/06 au Stade Vélodrome - Marseille (13).
21h et des broutilles de trotteuse : Stade Vélodrome (Massilia en Cambrousse) Il suffit de jeter une rapide giclée de prunelle alentours ou sur la pelouse, pour sentir que la tension n’émarge pas loin de son optimum désormais…
Les cages thoraciques enflent au rythme de la rumeur, des avancées de cadrans et des allées et venues des roadies qui préparent la (gigantesque) scène.
C’est le moment choisi par les écrans (non moins gigantesques) pour exploser et suivre la loco de Rock’n’Roll Train, lancée à donf sur les rails sinueux de la redite…
Tandis que l’on assiste à la première érection de diablotin – entre salles des machines, charbon, et pétasses en transe d’Angus ! – la scène est investie sous un déluge pyrotechnique censé accueillir le énième décalque du séminal riff d’Highway To Hell et nous fait lâcher sur l’instant les écrans, pour la… Réalité ?
Front bas caché sous (une) casquette de laine que n’aurait pas reniée feu mon grand-père : Brian Johnson entame sa longue traversée et balade son physique de mineur Gallois d’un côté à l’autre de la scène… Poussé au cul par les phalanges d’Angus, qui nous gratifie de son fameux « je me fais des cornes sur ma tête à l’aide de mes deux mains, je suis libertin, je suis un diablotin… » ; un geste qui se répand et se décline sur le champ partout autour du stade, à l’infini, façon « ola »…
Back In Black survient à point nommé pour lancer véritablement les choses : hélas, le gars Brian donne toujours l’impression de s’étouffer dans ses propres cordes vocales, de ne pas arriver à vivre sur SES hauteurs gravées sur bandes ; un titre de légende, de nouveau sauvé par les doigts agiles d’Angus qui tirent et qui remontent les cordes sans forcer, comme au… Siècle dernier !
« On » nous annonce l’arrivée imminente d’un titre du nouvel album : « elle » n’a plus le « Jack » carré où je pense, cette fois, non, mais bel et bien un Big Jack ! désormais… Sans que cela ne change grand-chose au propos de l’ensemble (absence de localisation corporelle précise, exceptée).
Ça fait bizarre à dire/lire, mais, sur certains des gros plans de Malcom Young (guitare/voix) et Cliff Williams (basse/voix) j’en viens à penser que les Stones ne font pas vieux, c’est dire…
Sur Dirty Deeds Done Dirt Cheap, le groupe semble trouver son rythme et le parterre paraît fumer à l’unisson de l’immense loco perchée au-dessus de leurs amplis. Autant, le port de ces fastueuses et lumineuses petites « cornes rouges de l’enfer ! » semblent aller à ravir à ce jeune garçon en extase, autant, sur d’autres chefs plus âgés, ben… De même, quand je porte mon regard au loin, sur les hauteurs arrondies des virages et quarts de virages situés tout là-bas à l’opposé, ben, comment dire… « Est-ce bien ainsi que les hommes vibrent ? » (me souffle une synapse plus érudite que les autres !).
Une fois la casquette du chef Angus, ôtée : il ne reste guère plus que quelques espaces non « calvitiés », qui font le collégien et ses rêves d’éternelle jeunesse, au loin, se casser… Shot Down In Flames est fort heureusement là, fidèle au poste, histoire de nous rappeler le peu d’importance de cette désertification capillaire en cours : « ça » frétille encore partout, partout, partout sur « manche », et la trique semble enfin collective.
Vivement la venue des « Blacks » céans (en novembre) je parie qu’on peut les battre aisément, rayon ferveur et cris qui crissent, ces brassées de fans sur pelouse ou tribunes, déchaînés. Sur Thunderstruck, Angus émarge visiblement au rang de Wallaby en furie : sautant sans retenue d’un espace à l’autre, d’un riff à son suivant, d’une caméra à sa copine, de visu, à l’écran.
À l’écoute de Black Ice, rien de nouveau ne semble pointer ou pousser du classique, sous le givre épais du temps. Il en ira ainsi de tous les titres extraits de ce bien pale nouvel album : copie dénuée de génie des précédents et estampillé « pour fans only ! » (et débutants sous acné acceptés de frais).

Après avoir taxé Angus de, « Cet homme à le diable dans les doigts, et le Blues dans l’âme ! » (l’avis de Brian !) Johnson déflore énergiquement « une chanson qui parle d’une salope qui s’y connaît, pour faire chialer les mâles ! » (ça va nous changer comme thème, ça, tiens) : place est alors faite au The Jack de légende espéré tout à l’heure. Un blues classique, noyé de gros plans de filles du public, plus ou moins dénudées – qui semblent ravies de l’avoir où je pense, elles… – avec public en transe, au moindre bout de sein ou de soutif en gros plan sur écran affiché (manque plus que les t-shirts mouillés, et je m’autodétruit en suivant, obligé !). La scène se pare alors des « red-lights » préférés de Sting (et d’Amsterdam) afin de constituer l’écrin idéal qui soit à même de convenir à cette coucherie collective, à cette partouze à 50 000 milles avec voyeurs devant derrière et sous caméras ! Émoustillé de frais : Angus tombe la Gibson et en remet une couche version « Strip », qui frotte là où ça démange. Le short résiste un tantinet, avant que de magistralement dévoiler le plus laid des caleçons AC/DC jamais miré : dis, Angus, tu connais l’expression « tue l’amour ! », dis ? Le solo final venant, une fois de plus, sauver la mise en bière gériatrique annoncée par les dessous « pas chics » du chef. C’est quand tes doigts râpent la corde de pulpe, que t’es sexy, mon gars, pour le reste…
C’est bien beau d’en avoir une très longue (scène) mais ça ralentis un poil le rythme des chansons et… Merde, v’la LA cloche des enfers qui descend, j’ai plus qu’à la fermer !
Pendant le riff d’Hells Bells, je crie « Tou-lon ! Tou-lon ! », sous le regard consterné de mes sièges et néanmoins voisins (qui ignorent que ce riff introduit généralement l’entrée sur stade Mayol des joueurs du RCT). Putain, c’est pour celle-là que je suis venu ce soir : adieu carnet, stylo, neurones, microbes couvés, et… ARGHHHHHHH ! ! !
Plaisir pris et excepté, la scène (et le costard) semble quand même taillée trop grande pour l’élasticité en berne du Johnson – j’avoue avoir longtemps rêvé d’entendre Bon Scott se racler les cordes sur celle-ci en mes vertes années, snif ! – oui, ok, mais ce riff, pu-tain, ce riff, CE RIFFFFFFFFFF ! ! !
Collé aux fesses du monument, Shoot to Thrill profite encore des nombreux frissons nés sous cloche, mais se clôt sous un solo très scolaire : ce que semble totalement ignorer ce charmant couple d’à côté qui vient de s’offrir (mutuellement) une (double) paires de cornes, avant de s’immortaliser illico sur mobile. Putain, c’était quand même bien la pellicule sur paraffine, ça permettait/nécessitait de TRIER et de réfléchir avant de faire jouer son doigt qui fait « click » ; « ça » se méritait, « ça » se payait pas plein des têtes anonymes comme ça, là, à la va-vite, façon album de famille ou souvenir de vacances pour gogo.
« Single » annoncé du groupe, War Machine permet de reposer corps et esprit, le temps de mâter LA vidéo de circonstance : un bombardier ceint des cornes rouges réglementaires, qui largue des guitares… Angus aux commandes, qui gère le cheptel de pétasses installées à l’intérieur – avant de les larguer, via parachutes, sur une terre dévastée qui ne lui a rien demandé ! – ceci précédant l’arrivée d’un beau galion (battant pavillon du groupe) qui déclenche aussitôt la canonnade ! Je me dis alors que mon fils aurait a-do-ré : 11 ans, c’est le bon âge pour le mirer.
On les dit « taillés pour les stades », alors que j’aimerais me les faire dans un petit club, à l’ancienne, juste pour sentir, sentir, SENTIR ce dont ils sont réellement capables aujourd’hui.
Un nouvel extrait de Black Ice (Anything Goes) douche de nouveau l’enthousiasme ambiant. You Shook Me All Night Long les voit alors tenter une relance depuis les « 22 » : une version endiablée, de nouveau lestée du retour des gonzesses dénudées sur écran, sur mâles épaules juchées (je ne l’ai fait qu’une seule fois et j’ai pas tenu vingt minutes, alors, respect !).
V’la que « ça » déclenche une dose de TNT sur scène en retour : histoire de maintenir tendu(s) ce(ux) qui doi(ven)t l’être : avec doses d’explosions crachées sous loco, solo d’époque et flammes qui s’en viennent lécher les parties duvetées de l’ex-écolier. Ce qui me gonfle, c’est l’apparition de cette vielle pute de (Whole Lotta) « Rosie », qui envahit à son tour la scène ; elle va visiblement sur ses 55/65 piges, et 5 ou 6 fois plus, côté buste surdimensionné qui menace d’exploser à tout moment (ou de changer les lois de l’attraction terrestre au moindre mouvement) les « rois du bon goût » sont une fois de plus sauvés par la qualité intrinsèque du morceau en lui-même ; qui se passerait bien de cette mise en scène « pathétoc », et qui dispose de bien beaux (et musicaux) arguments, LUI ! ! !
Let There Be Rock voit Angus se projeter sous projos, comme d’hab’. Il s’avance seul face à la foule, gagne la scène montée au milieu du stade à ce seul effet et… Y entame son long solo sous confettis lancés. Pendant ce temps, les autres font tous petits, eux, massés, resserrés autour de la batterie acharnée de Phil Rudd (comme des pingouins mazoutés patinant sur banquise dérivant au gré de la fonte en cours). En bon camarade, Angus, ne tarde pas à les rejoindre et jogge de tout son long, avant de tomber de nouveau des trillions de notes à leurs côtés, d’en rajouter sans cesse : sous les regards ébahis des apprentis guitareux en approche du Nirvana de la « six cordes ». Vu en (très) très gros plan sur écran, ses doigts et plans ne payent pas de mine, de prime abord, c’est ça le pire, la première (fausse) impression est TOUJOURS la bonne, c’est quand « ça » ne va pas vite (de visu) que c’est injouable (dans les faits) et… Rideau !
Après le classique et incontournable Higway To Hell : nanti des flammes de l’enfer, du solo qui vous y envoie, et de cette fameuse « Bon note » pas braillée par son successeur, c’est l’arrivée de la mythique « Tribu des 12 canons ».
For Those About To Rock (We Salute You) est logiquement (et malheureusement) noyé de qualité sous la canonnade réglementaire ; je me prends alors légitimement à rêver que le prochain visuel du groupe contienne une soucoupe volante ou une gigantesque cité enfouie sous les mers, juste pour voir jusqu’où ils seraient prêts à aller côté reconstitution, sur scène… Un morceau d’anthologie qui clôt ce (très) court rappel craché d’un dernier et trop sec : « goodbye ! ».
Pour les mecs du virage, tout là-haut, là-bas, ils sont ENCORE sur scène – distance et décalage vidéo oblige ! – alors qu’en réalité, nous les voyons prendre leurs jambes à leurs cous pour rejoindre leurs véhicules direction… L’Hôtel ! (Ou la prochaine destination abordée).
Un départ précipité, qui ternit et légitime d’autant, la nécessité des pales feux d’artifice donnés pendant ce temps sur scène, toujours, toute d’obscurité plongée. Une fin mitigée. Un concert en manque des brasiers anciens et feux passés, qui hoquète et chute(s) de tensions, qui maintien l’érection sous pilule bleue affilié : If You (really) Want Blood : visez votre platine et appuyez sur « play »! ! ! Jacques 2 Chabannes

Crédit photo (c) Guido Karp


Sandra Nkaké & Al Jarreau
Le 08/04 au Palais Nikaia – Nice (06).
Ce mercredi 08 Avril, au Nikaïa, Viviane Sicnasi, ancienne gestionnaire du Nice Jazz Festival, nous a proposé une soirée exceptionnelle, placée sous le signe de la soul, du groove et du jazz. Vers 20h30, une jeune femme à la démarche féline s’avance sur scène, pieds nus, sans blabla, elle entame son tour de chant et la panthère noire se mue en diva néo soul. Armée de son micro et accompagnée d’un sampler Sandra Nkaké subjugue l’auditoire par son originalité et la maîtrise parfaite de sa voix. Venue nous présenter son premier album « Mansaadi », elle a interprété 5 titres dont le merveilleux « Happy » et sa reprise de Brassens « La mauvaise réputation ». Intensité, beauté, virtuosité et profondeur ont inondé la salle jusqu’à un a capella improvisé en dernière minute, une marque d’amour et d’honneur adressée aux spectateurs niçois. Puis, timidement et respectueusement, elle annonce l’entrée imminente du chanteur aux 7 Grammy Awards : Al Jarreau. La classe intégrale prend alors ses quartiers et même si le premier titre est un peu hésitant, le roi du scat retrouve rapidement ses marques et son public. Entre sa gestuelle compulsive, typique du bassiste, guitariste et pianiste sans instrument (à la Joe Cocker sous LSD) et ses petits déhanchements, ses sourires complices avec sa sublime chanteuse et ses musiciens, cette véritable légende a alterné dans un rythme soutenu, ballades (dont une reprise de « My funny Valentine ») et succès R&B/Soul (comme le fameux « Boogie down ») mettant sans cesse en avant ses acolytes avec beaucoup d’humilité. Contraint d’honorer deux rappels d’un public conquis, son final enflamme la foule avec notamment son interprétation magique et immortelle des « Agua de beber » et « Mas que nada » made in Brazil. Ce concert fut l’occasion d’un rapprochement bien pensé de l’ancienne et de la nouvelle génération Soul/R&B. Nicolas Hillali
Crédit photo (c) Flore Sparfel


Babylon Circus
Le 03/04 à l’Alhambra – Paris.
On a beau ne pas avoir suivi de près le parcours de Babylon Circus pendant les dernières années, quand on voit qu’ils passent près de chez soi, on se dit qu’il ne faut pas manquer cette soirée. Babylon est l’assurance d’un bon concert puissant, dynamique et toujours dans une ambiance conviviale. Malgré un moment de silence, le groupe monte sur scène comme si on ne s’était jamais quitté, une soirée entre potes pour simplement faire la fête tous ensemble. D’ailleurs, la symbiose avec le public se fait dès le troisième morceau où tout le monde se lance dans une valse endiablée. Les membres du groupe invitent même des filles du public sur scène pour se joindre à leur danse. Ensuite, c’est la folie !!!!! La fosse saute dans tous les sens, la scène s’enflamme d’une magnificence ska comme seul Babylon sait l’offrir. Les nouveaux morceaux de l’album « La belle étoile » sont très bien accueillis et se mélangent parfaitement avec les vieux standards. Le groupe nous avoue un certain stress de leur part, étant au début de cette nouvelle tournée, mais l’ovation de l’Alhambra a sûrement dû les rassurer. Après un rappel survolté, le groupe nous quitte « jusqu’à la prochaine fois ». On ne sait pas quand on se reverra, mais on sait déjà que ce sera, comme toujours, incroyable. Guillaume Martel


Manfred Mann
Le 25/03 au Moods – Monaco (98).
Le groupe légendaire Manfred Mann’s Earth Band a donné un concert le 25 mars dernier dans le cadre tout à la fois feutré, intimiste et clinquant du Moods. Au fil des mois, ce lieu devient peu à peu incontournable du fait d’une programmation très éclectique et d’un rapport qualité/prix exceptionnel pour une ville aussi prestigieuse que Monaco. Cette formation qui existe depuis le début des années soixante-dix a évolué autour de son leader claviériste, le bien nommé Manfred Mann, et les musiciens actuels nous ont offert un best of live de toute beauté, dans le style pop rock prog qui les caractérise. Noel McCalla au chant, Mick Rogers à la guitare, Steve Kinch à la basse, Jimmy Copley à la batterie et Manfred Mann aux claviers ont interprété tous les grands succès du groupe, avec bien sûr les incontournables « Blinded by the light », « Spirits in the night », « Mighty Quinn », « Davy’s on the road again » et « Don’t kill it Carol ». Un moment de pur bonheur vécu avec intensité par les deux cents personnes présentes. Raymond Sérini


Duos éphémères du Louvre : M comme… Magie
Le 20/03 à l’auditorium du Louvre – Paris (75).
Pour la troisième édition des Duos éphémères programmés cette année par –M-, c’est un des fidèles du chanteur qui oeuvrait ce soir. DJ Shalom accompagnait ainsi une sélection de films de Georges Méliès datant du début du siècle et ayant comme thème commun la magie. DJ Shalom n’était pas venu seul ce soir puisqu’accompagné sur certains films par l’artiste des Beaux Arts Susie One qui se tente à la chanson depuis 2003 et l’incroyable clarinettiste de jazz et musiques improvisées Sylvain Kassap. Shalom débute la projection seul derrière ses machines, claviers et platines. Surprise, les sonorités sont plutôt rock, agrémentées de scratches toujours bien placés. Sur « Affiches en goguettes », qui conte la rébellion de personnages de panneaux publicitaires qui s’incarnent en êtres vivants, c’est une version très à propos de « Anarchy in the UK » très trafiquée que choisit de passer DJ Shalom. De quoi coller parfaitement au thème. La suite devient ensuite plus hip-hop et electro (au sens premier du terme) pour migrer petit à petit vers une pure techno dansante accompagnée parfois du chant de Susie One, pas forcément très juste, et de la clarinette de Sylvain Kassap, par contre bien au dessus en terme de qualité. Shalom est d’ailleurs certainement le meilleur élève en ce qui concerne la synchronisation de sa musique avec les images. Il va même jusqu’à enthousiasmer le public sur sa production proposée avec « La chambre ensorcelée ». Pur moment d’hystérie, d’un homme qui devient fou dans une pièce manifestement hantée. Comme à son habitude, -M- viendra rejoindre tout ce beau monde sur le dernier film pour ajouter sa touche à la guitare. Le public en redemande même et arrive à faire céder les artistes pour un rappel sans images avec une improvisation totale qui fait toujours plaisir. Au final, la prestation de DJ Shalom et ses invités étaient très réussie, mélange de musique électronique et acoustique, dans un bel effort d’accompagnement des images. La suite des Duos éphémères aura lieu le 18 septembre avec Chat et le 9 octobre avec la famille Chédid. Jean-Sébastien Zanchi


Graeme Allwright
Le 13/03 à la Black Box – Nice (06).
A près de 83 ans, Graeme Allwright a tenu la scène pendant quasiment 2h et demi, debout, pieds nus avec sa guitare, derrière le micro. Accompagné à la guitare et à la basse par 2 musiciens malgaches exceptionnels, il a tout d’abord fait chanter à tout le public sa "Marseillaise de la paix", la musique reste identique, seules les paroles guerrières sont remplacées par des mots d’amour et de fraternité. Puis son show a véritablement commencé, passant de l’anglais au français, alternant les nouveautés avec les vieux tubes, parfois dans de nouveaux arrangements. Mais cela n’a pas empêché le public chaleureux de l’accompagner dans des chœurs plus ou moins réussis, mais avec quelle ferveur. Tom Paxton, Bob Dylan, Leonard Cohen et d’autres étaient là avec nous et ce fut une très belle soirée. Il faut souligner aussi l’accueil chaleureux lui aussi de tout le personnel de la Black Box, ce n’est pas si courant. Jacques Lerognon


Joseph Arthur / Appletop
Le 12/03 à L’Omega Live – Toulon (83).

Part I (salle en cours de remplissage et va et vient fébrile, sous groupe du cru qui angoisse en coulisses)

À peine entrés dans l’antre de l’Omega, on se prend (à chaque fois) à rêver que notre « bonne » ville de Marseille ait eu la même bonne double idée à l’époque : réussir à la fois parfaitement l’acoustique du Dôme et y implanter une salle de cette dimension à l’intérieur, en lieu et place de ces multiples coursives et ouvertures donnant sur le vide, l’inutile, le néant et SA cousine germaine : la perte de place… D’entrée de jeu, c’est Appletop qui s’y colle : un honnête trio local qui a vu l’homme qui a vu l’ours qui a vu les Libertines regarder les Jam composer… Et tâcher de ne pas en perdre une seule miette jusqu’à tenter de retranscrire le tout en tentant d’y adjoindre un soupçon de personnalité… Chose difficile, il est vrai ! Un set un poil longuet en raison d’un manque parfois évident de chansons qui dessert leur louable énergie, leur louable volonté de relever le gant jeté à terre il y a longtemps par les multiples hordes anglo-saxonnes d’invasion.

Part II (une bière et demie plus tard : alcootest éventuel sous retour, oblige) :

Dès le premier accord gratté, on sent que quelque chose il y a : que « ça » se met tout doucement en place, mais que ce n’est pas encore véritablement « lancé », comme au sortir d’un mauvais rêve ou d’une sieste un poil longuette. Nanti d’une guitare acoustique et d’un extrait du EP « Vagabond skies » (« Even when you’re blue »), Joseph peine à trouver son rythme et en vient quasiment aux mains avec un début de larsen persistant qui le poursuit tout du long de l’incontournable « A smile that explodes (sommet de « Our shadows will remains »). Ignorant à la fois les lois de la gravité et celles de l’industrie du disque, il nous fait son Dylan et nous livre son « Desolation row », son « Changing of the guards » perso : « All the old heroes » ! (rejoint en cours de route, par le groupe au grand complet). Immédiatement, un murmure parcours l’assistance et se répand, voyageant à vitesse grand « V » entre mes trois compagnons de droite (et de route) et ma petite personne aux yeux humides de plaisir : mais où donc est passée Jennifer Turner ? Présente depuis les tous débuts de l’aventure des Lonely Astronauts, la blonde guitariste enlumine le son du groupe de sa guitare, de sa voix, de ses accords de slide, rétablissant parfaitement la parité « hommes femmes » au sein du gang. Histoire de pallier illico au manque, l’Arthur prend son premier solo : nanti comme toujours de cet étrange regard fixe – celui d’une poule engluée dans un coin de champ OGM-isé, postée face à des tongs UMP oubliées – au moment de choisir ses pédales d’effets… Marqué du sceau dépenaillé de « Let’s just be », Spacemen fait fort opportunément monter la sauce, accompagné des baguettes bondissantes de Greg Wiz ; malgré un pied un tantinet incertain qui crisse maladroitement sur la pédale wah-wah… C’est enfin LE moment tant attendu : réjouis-toi, cher label distributeur français répondant au doux nom de Fargo – désormais en charge de l’« animal » originaire d’Akron, Ohio ! – voici que se pointe au loin « Temporary people », premier extrait de bravoure de l’album éponyme, qui offre enfin son premier solo au fidèle Kraig Jarrett Johnson (piano/guitares). Un sommet d’énergie maîtrisée qui emporte les premiers rangs dans une folle farandole de pieds et mains mêlés ; nous sommes désormais trois à danser, chanter en rythme, ou accueillir comme il se doit l’arrivée de la foi en un devenir musical calé sur ces augustes bases (Faith). Je délaisse un court instant la scène pour regarder l’assemblée du soir, me désole de la relative passivité ambiante – ces gens qui poussent tant et tant, d’ordinaire, criant et hurlant à s’en faire péter les vaisseaux derrière la mêlée en reconstruction du RCT ! ! ! – mais reviens juste à temps pour le voir passer au piano. Délestée de la boîte à rythme et du clavier qui la plombait au cours de ses dernières tournées solo, « Eyes on my back » retrouve toute la perspicacité de ses débuts de piano enchaîné à un inédit encore tout chaud, tout neuf : « Come out » (un rien maladroit sur ses pattes, soit, mais promis à un bel avenir…). Si nos radios nationales avaient eu un tant soi peu de jugeote et de courage, ou juste possédées un soupçon de sens musical – juché entre leurs deux oreilles FM-isées – « Enough to get away aurait été un tube hexagonal, Européen, mondial, Vénusien, Jupitérien ! Mais que dire, alors, du sommet constitué à lui tout seul par « In the sun »… Ce morceau, c’est son passeport pour l’éternité, son sauf-conduit à destination du paradis des songwriters, son quartier de noblesse, sa carte de visite « pas gagnée sur le net ni montée à la hâte par le copain d’à côté qui pige vaguement sur Photoshop » ! Reprise par Peter Gabriel, Michael Stipe (REM), ou Coldplay, elle est là pour nous rappeler sans cesse que la semi-confidentialité du gars est plus qu’imméritée, hors propos, révoltante, limite honteuse ! Ignorant ces bassesses matérielles, l’homme suit néanmoins son chemin, composant toujours et encore, accouchant parfois d’autres monuments à la hauteur du précité : à l’instar du décalé, du mystique et éthéré « Missy Baba ». Une cavalcade 70’s d’une rare évidence qui fait les zygomatiques se rallonger et la guitare se pâmer. Ce truc là, c’est un shoot de plaisir à haute dose, une douceur de bien-être à déguster paisible à l’ombre, en tailleur – la position assise, bien sûr, pas le vêtement guindé de réunion qui fait mollement frétiller dans le pantalon des cadres ! – c’est le chaînon manquant flottant dans l’espace et le temps, situé à équidistance de l’épique Lonely Astronauts du Spacemen constellé de Glam. La fin de la trilogie stellaire, en somme… Un morceau qui bénéficie des rondes notes (et sourires déclinés) de Sybil Buck (basse) présente et effacée, précise et concentrée, accorte et dessinée, toute de plaisir partagé, nimbée… La foule pousse un râle profond lorsqu’il consent enfin à construire patiemment la rythmique de « Take me home » en empilant patiemment les couches à l’« ancienne » : tapant sur le corps de la guitare ou caressant les cordes au gré de sa fantaisie. À l’origine joli, rond et soigné, cet extrait de « Let’s just be », a subi un traitement de choc qui monte, qui monte, qui monte, puis qui explose sous les coups de baguette du « Wiz » et les accords saturés de son créateur. De quoi inonder à foison les dessous-de-bras d’un liquide chaud et collant plus qu’odorant ! De quoi faire coulisser douloureusement les cervicales et se tendre les adducteurs, soumis à rude épreuve. Un dernier signe de tête ou de main plus loin, à peine envoyé, et… Les voici de nouveau sur la brèche, pour un petit supplément joué debout, à même le stand « lithographies, CD’s et 33 Tours » situé dans l’entrée. Habituellement joués à destination des fans impatients – en attendant que le concert du soir ne soit complètement gravé sur CD et disponible à la vente ! – ces mini-sets acoustiques tournent vite au concert type « feux de camps », avec chœurs improvisés et sourires niais affichés. Ce soir, c’est l’occasion rêvée d’y annoncer le grand retour du séminal « Mercedes »… Une demi-heure plus tard, il est toujours là, parlant avec l’un et l’autre, signant du papier à tours de bras, posant sous objectif, expliquant telle ou telle anecdote, offrant un t-shirt à un jeune garçon d’une dizaine d’années qui le regarde sans mot dire, d’illumination touché : disponible, accueillant, regrettant, comme toutes et tous, que le show du soir n’ait pu être enregistré et gravé – quasiment une première, depuis 2002 ! ! ! – pour une vulgaire histoire d’Euros réclamés par la salle, qui plombe cette belle soirée de relents chargés d’amertume… Jacques 2 Chabannes

Crédit photo (c) LOF


Flower Power
Le 28/02 au Théâtre Croisette – Cannes (06).
Samedi 28 février 2009, le trio composé de Baptiste Trotignon, Aldo Romano, et Thomas Bramerie a présenté son dernier thème intitulé « Flower Power ». « Flower Power » est la rencontre de trois grands musiciens français de jazz actuels passionnés de la musique pop-folk-rock des années 60. Ici, le pianiste Baptiste Trotignon, le batteur Aldo Romano et le contrebassiste Thomas Bramerie ne jouent pas les standards du jazz mais des chansons populaires qui ont marqué l’époque Flower Power, parce qu’elles sont engagées, à texte, ringardes ou encore d’amour. Le trio ne se contente pas de « revisiter » ce riche répertoire mais se l’approprie avec une passion si envoûtante qu’on se laisserait fredonner. « Flower Power » est également la rencontre de morceaux que nous pouvons tous chanter, même sans en connaître les titres tant la mélodie est restée célèbre. Un jeu où le spectateur laisse libre cours à ses réminiscences avec « Love me, please love me » de Polnareff, « Je t’aime moi non plus » de Gainsbourg, « Mr Tambourine Man » de Bob Dylan, « The End » des Doors, ou encore « Your song » d’Elton John. En somme « Flower Power » est une rencontre entre une idéologie et une ode à la musique. Les musiciens veulent nous jouer que les chansons sont comme des fleurs. Des fleurs qui ne fanent pas grâce au pouvoir de la musique, qui les fait perdurer au fil des générations. Cécilia N’zaou


Duos éphémères du Louvre
Le 13/02 à L’Auditorium du Louvre – Paris (75).
M comme… Mer avec Ibrahim Maalouf et Talvin Singh
Hier soir se tenait la seconde soirée de la série des Duos éphémères du Louvre. Cette fois-ci, Mathieu Chedid avait invité Ibrahim Maalouf et Talvin Singh à composer la bande originale fictive de vieux films ayant comme thème la mer. C’étaient deux grands musiciens qui étaient conviés à cette session. Le Franco-Libanais Ibrahim Maalouf est tout simplement un très grand nom de la trompette, dont la particularité est de jouer sur un instrument accordé en quarts de ton, inventé par son père dans les années 60. Talvin Singh, Londonien d’origine indienne, est l’une des figures anglaises des tablas, mais aussi de la scène électronique. Le musicien a en effet réussi à faire le lien entre les deux mondes qui s’accordent finalement très bien, un vrai goût d’Asian Underground. Après quelques problèmes de micro qui permettront finalement l’improvisation d’une sympathique session acoustique, les deux musiciens parviennent enfin à poser leur musique sur une sélection de films réalisés entre 1896 et 1920. On y trouve aussi bien des images documentaires que deux fantastiques fictions de Georges Méliès narrant les voyages au fond de la mer d’aventuriers. Comme souvent avec le réalisateur, son imagination débordante fonctionne aussi bien dans l’humour que dans les scènes plus oniriques. On se rend une nouvelle fois compte des talents de visionnaire du réalisateur. Pas facile sur ces images de trouver musique à leur hauteur et pourtant les deux comparses nous livrent des pièces musicales de toute beauté. En plus des tablas et trompette attendus, les ordinateurs et autres loopers en tout genre leur permettent d’exprimer une créativité qu’on imagine sans limites. Contrairement à la première édition où Hubert Blanc-Francard avait du mal à se synchroniser avec les images, cette fois-ci le rendu est bien plus efficace et on se laisse totalement prendre au jeu tellement les deux expressions artistiques s’accordent. Une nouvelle fois, Mathieu Chedid viendra rejoindre les deux musiciens lors du dernier court-métrage pour y ajouter quelques touches de guitares terriblement bien placées. Ce dernier morceau était d’ailleurs l’une des grandes réussites de la soirée. On espère maintenant que le prochain duo éphémère opéré par DJ Shalom le 20 mars prochain sera du même acabit, cette soirée M comme… Magie sera constituée de projection d’images qui s’annoncent psychédéliques. Jean-Sébastien Zanchi


René Lacaille
Le 12/02 au New Morning – Paris (75).
Magnifique soirée pour le lancement de la tournée qui portera sur scène le nouvel album « Cordon kaméléon » de l’incontournable René Lacaille. Accompagné de la relève franco réunionnaise, l’ambassadeur officieux de la musique de l’île porte aux nues les vertus du métissage et de l’improvisation et nous avalons des litres de poésie, de swing, et de danse océanique. Quand apparaît le truculent Loïc Lantoine, c’est le théâtre qui monte sur la piste dans un décor d’accordéon. Puis Fantasio et consorts font montés la température d’un cran et ça y est, on y est, et on ne veut plus repartir. Je ne connaissais pas cette immense artiste qui fête ces 55 ans de scène et il ne me connaît pas mais c’est déjà un ami. William Masson


Inauguration des « Lundis du Jazz »
Le 02/02 au Bœuf sur le Toit – Paris (75).
La lutte pour les petits-fours fut rude ce soir-là dans ce haut lieu Art Déco de l’histoire de l’avant-garde française de l’entre-deux guerres. Cocteau y inventa l’expression : « Faire le Bœuf » et après quelques bons dans le 8ème , c’est ici, rue du Colisée que vinrent se délier les doigts quelques artistes : Charlie Parker, Benny Carter, Django Reinhardt… Ce sera sous la direction de Frédéric Charbaut que chaque premier lundi du mois, la brasserie tentera de perpétrer l’esprit jazz de ce lieu sanctifié à coup d’accords enrichis. Et ce fut certainement un départ prometteur avec l’excellente performance de nos deux stars du petit écran Anne Ducros et André Manoukian ainsi que de l’éternel Manu Dibango. Les prochaines sessions seront organisées sous la forme « artiste + guest », ne manquez pas Guillaume de Chassy le 4 mai. Nous vous en dirons davantage sur l’accueil et le charme des lieux lorsque la foule des premières ce sera dissipée.
Web : www.boeufsurletoit.com William Masson


Duos éphémères du Louvre : M comme… Moon
Le 16/01 à l’auditorium du Louvre – Paris (75).
C’est donc à l’auditorium du Louvre qu’oeuvrait hier soir Hubert Blanc-Francard, moitié de Cassius, aux platines durant la projection de films des premiers temps du cinéma. Une expérience loin d’être inédite, mais toujours intéressante à voir. Cette saison 2009 des Duos éphémères du Louvre est donc orchestrée par Mathieu Chedid ou plus officiellement –M-. Après Laurent Garnier, Vincent Ségal et Arthur H lors des trois premières éditions, c’est à lui d’orchestrer ces prestations de musiciens exécutées parallèlement à la projection de films. Pour cette première soirée baptisée M comme… Moon, c’est donc Hubert Blanc-Francard qui ouvrait le bal. Fils de Dominique Blanc-Francard, ingénieur du son réputé, et demi-frère du chanteur Sinclair, il est surtout connu pour être la moitié du duo Cassius avec son acolyte Philippe Zdar ou pour avoir produit les premiers albums de MC Solaar sous le pseudo Boom Bass. Comme support à sa prestation, le Louvre avait choisi des films allant de 1898 à 1912 avec comme point commun la Lune et Georges Méliès. Aussi bien documentaires que fictions, les films en question représentaient une éclipse de Soleil ou la science-fiction de l’époque évoquant le vieux rêve d’atteindre le satellite de la Terre. Le point d’orgue fut bien sûr « Le voyage dans la Lune » de Georges Méliès, inspiré du roman de Jules Verne, dont on connaît tous l’image de la Lune représentée avec un visage humain. Il est d’ailleurs très étonnant de voir comment l’esthétique et la représentation des voyages sur la Lune étaient communes à l’époque. Elle est toujours représentée tel un visage, les voyages vers elle s’effectuent presque exclusivement en projectile lancé par un canon, et sa surface est souvent faite d’une topographie escarpée et hostile. Face à tant d’imagination et d’inventivité pour une époque où les effets spéciaux relevaient du bricolage, pas facile pour Hubert Blanc-Francard et ses platines de se faire une vraie place. On regrette en fait que sa musique ne soit pas plus synchronisée avec les images. Pourtant, certaines idées étaient très bonnes, comme la musique chancelante sur « Rêve à la Lune ou l’Amant de la Lune » de Gaston Velle et Ferdinand Zecca, qui représente un ivrogne qui tient difficilement debout lors d’une hallucination le menant droit à la Lune. Finalement, les morceaux les plus connus comme « Windowlicker » d’Aphex Twin ou « Everything in its right place » de Radiohead ne seront pas les plus adéquats à ces images, car véhiculant d’autres images issues de leurs clips très marquants. Et ce n’est pas l’intervention de Mathieu Chedid à la guitare sur le dernier film (celui de Méliès) qui y changera grand-chose. Pourtant, le duo avait des petits airs de celui entre Steve Hillage et Laurent Garnier sur le morceau « Sirenes » issu de l’album « Point 3 » de System 7. Deux autres Duos éphémères sont d’ores et déjà programmés pour 2009, toujours sous la direction de –M-. M comme… Mer aura lieu le 13 février avec le trompettiste Ibrahim Maalouf et le percussionniste Talvin Singh sur fond d’images sous-marines. Le 20 mars c’est DJ Shalom (l’un des compères de scène de M) qui s’y collera, sur des projections qui s’annoncent comme plus étranges pour une soirée baptisée M comme… Magie. Jean-Sébastien Zanchi


Macbeth
Le 06/01 au Théâtre National de Nice (06).
Après des films ayant traité le sujet de manière plus conventionnelle (Orson Welles) ou abrupte (Roman Polanski) et une multitude de versions théâtrales (le terme classique n’est-il pas indissociable de cette œuvre), il n’était pas aisé de revoir l’œuvre de Shakespeare et de la rendre actuelle sans la vider de son essence propre. Pourtant en mettant le doigt sur l’universalité du thème (la plongée dans la folie, la transgression des tabous) et en osant une mise en scène novatrice (musique de Magma, Hendrix ou Zorn), résolument nerveuse et traversée de mise en abîmes comiques comme autant de paliers de décompressions, le pari est remporté. Les neufs acteurs arrivant à jouer tous les rôles, à se dédoubler tout en rendant le fil conducteur clair et prenant. Aussi habitée et haletante qu’un concert, basée sur l’urgence, cette version devrait permettre aux profanes de mieux concevoir l’universalité du travail de Shakespeare et aux plus conservateurs adeptes du théâtre d’accepter le traitement novateur d’une pièce séculaire. J.P. Boyer


Tryo
Le 09/12 au Cabaret Sauvage – Paris (75).
Alors que la nouvelle tournée tourne à plein régime, passant d’une ville à l’autre dans des zéniths toujours bondés, Tryo à fait un petit détour par la capitale pour fêter en musique les 10 ans d’une salle qui est un peu comme une deuxième maison pour le groupe. Le Cabaret Sauvage est non seulement la salle que Tryo a squattée pendant des semaines en jouant tous les soirs, donnant au final le DVD « De bouche à oreille », mais aussi le lieu de rendez-vous quotidien pour Mali, Manu, Guizmo et Danielito. Ils y viennent pour répéter leur concert, tester leurs nouveaux morceaux ou tout simplement pour prendre du plaisir à jouer ensemble. C’est donc avec ce plaisir non dissimulé, que le groupe est monté sur scène (a guichet fermé) pour souhaiter un joyeux anniversaire à cette terre d’accueil qu’est le Cabaret Sauvage. Scène minuscule, ambiance intime, on a l’impression de venir voir jouer le groupe du quartier, ce qui est, dans ce cas, pas si faux que ça. Tryo fait comme à la maison et monte sur scène sans mise en scène, décor ou artifice, ils prennent le temps de faire monter le grand patron de la salle, puis ils enchaînent en jouant leur dernier album « Ce que l’on sème » dans sa quasi-intégralité. Ils se font plaisir et vont même jusqu’à s’offrir un moment de percu à faire pâlir la majorité des batucada. On regrettera un retour trop rare vers les anciens morceaux (5 pour tout le concert) même si les incontournables étaient bien là (« La main verte », « L’Hymne de nos campagnes », « Désolé pour hier soir »…). C’est donc en famille qu’on a fêté ce merveilleux anniversaire pour une salle qui mérite d’exister encore plusieurs décennies. Guillaume Martel
Crédit photo Ph.B.Benant


Transmusicales de Rennes
Du 03 au 06/12 à Rennes (35).
Pour son trentième anniversaire, le festival des Transmusicales de Rennes est resté fidèle à son esprit de découvertes musicales, davantage même que les années précédentes. « Notre intention est de défendre, de diffuser une autre idée de la musique que celle dont on cherche à gaver le public », clamaient les organisateurs lors des premières Transmusicales en 1979. Une volonté de défrichage à laquelle les quelque 30 000 spectateurs de l’édition 2008 ont pu goûter pendant quatre jours, sans être distraits par aucune tête d’affiche. À part Birdy Nam Nam et les autres français (Beat Torrent, Brodinski, Manu Le Malin, SebastiAn), voire le DJ américain Diplo et le duo italien Crookers, la programmation ne contenait aucun nom ronflant : The Black Angels, Clara Moto, Hifana, Filthy Dukes, DJ Ride, The Count and Sinden etc… Mais les Trans ont toutefois invité un groupe culte, rare et mystérieux, fondé dans les années 60. Déguisés en lapins noirs et blancs, les musiciens de The Residents ont interprété un incroyable opéra-rock dans un décor d’œuf de Pâques. Une fois entré dans le singulier univers de cette formation américaine, leur performance à mi-chemin entre le théâtre et le concert se révèle captivante. Deux tendances ont émergé du festival, l’électro-rock bling bling et décomplexé ; les DJ sets conçus comme une playlist sur Deezer. Pour la première catégorie, les chorégraphies amusantes des Naive New Beaters ont réchauffé un auditoire tétanisé par le froid hivernal. Plus mature et plus varié, Success a laissé entrevoir un prometteur mélange entre acoustique et machines. Chanteuse charismatique à l’impressionnante coiffure afro, Ebony Bones a déployé sur scène une énergie communicative, mais sa musique, dans une veine CSS en plus débridée, s’avère un peu lassante. Formation live et rap-métal, le Missill live gang a affiché les limites de la djette française au chant durant un concert poussif. Du côté des platines, malgré la surabondance de musique stockée dans leurs ordinateurs portables, certains DJ se contentent paradoxalement d’enchaîner les mêmes tubes : Nirvana, Rage Against the Machine, House Of Pain etc. A quelques minutes d’intervalle, MGMT a ainsi été joué par deux DJ différents. Dommage, car la diversité et l’intérêt de leur mixes disparaissent dans ce radotage musical. Très attendu par une salle archi-comble, le DJ set de Diplo, producteur qui a œuvré pour M.I.A. et Santogold, est monté très haut pendant plus d’une demi-heure intense de sons baile funk et Baltimore club (styles très festifs et très répétitifs de musique électronique qui mélangent des rythmes chaloupés et accélérés avec des paroles rappées). Mais il a sombré ensuite dans des collages racoleurs (eurodance et gros hits), au point de décourager les danseurs. A l’inverse, les DJ Milanais Crookers auront mieux tenu la distance avec une prestation énergique et variée, mélange de house puissante et de hip-hop rebondissant. Marc di Rosa


Syd Matters
Le 04/12 au Forum Nice Nord (06).
Un des côtés les plus passionnants du métier de journaliste musical est le défrichage. Nous avons la chance de recevoir moult disques, chacun a sa propre personnalité, mais finalement peu se détachent vraiment du lot. Quand cela est le cas et que l’on a l’impression de tenir un trésor caché dans nos mains, notre joie est immense. C’est ce que j’ai ressenti il y a 5/6 ans quand j’ai tenu dans mes bras la première maquette de Syd Matters (à l’époque nommée « Syd project »). Rien de bien transcendantal au premier abord, du folk parfaitement écrit avec une voix chaude, mais allez savoir pourquoi c’était des frissons à chaque écoute. Nous n’hésitions pas une seconde et l’invitions de suite à l’Oreille Qui Gratte pour qu’il nous fasse partager ses émotions. Sa venue fut à la fois son premier passage radio et son premier mini-concert. Nous avons donc toujours suivi de prés son parcours, sa victoire au concours CQFD des Inrocks nous remplit de joie, nous fument tout aussi ravis des éloges unanimes qui entourèrent la sortie de « Ghost days ». Nous n’avions jamais eu l’occasion de le voir sur scène pour un vrai concert, c’est dire comme mon attente était grande. Comme malheureusement on est souvent déçus parce que l’on espère trop, je craignais d’être contrarié. Ce ne fut pas le cas une seconde, il a même dépassé mes espérances. Sur scène sa folk qui nous renvoie à Robert Wyatt, Radiohead, Nick Drake, Grandaddy, Smog ou Eels est sublimée par des guitares qui font oublier le Crazy Horse de Neil Young. À la fin du concert, un fort sentiment de fierté nous habitait pour avoir participé aussi faiblement soit-il à l’aventure de ce grand Monsieur. Ma compagne Ariane qui m’accompagnait pour la première fois à un concert depuis Madonna, me dit, une fois rentrés dans la voiture, dans un cri du cœur : « et ben c’était bien mieux que Madonna ». Tout est dit ! Simon Pégurier


Gonzales & le Together Ensemble
Le 29/11 au Théâtre Lino Ventura – Nice (06).
En fin de concert, Gonzales nous a expliqué dans un slam qu’on pouvait le définir par ce qu’il n’aime pas c’est-à-dire : Benabar, -M- et Julien Doré. Effectivement moi non plus, je ne les aime pas. Et Gonzales lui je l’aime. Gonzalez, c’est un touche à tout de génie qui à chaque album s’impose un style et s’y tient ; on l’a découvert trip hop, puis rappeur pour devenir pianiste solo et revenir ensuite à la pure chanson. Il faut aussi savoir qu’en plus de sa carriere solo, Gonzales produit à tout va, c’est notamment à lui que l’on doit le son électro du dernier Katerine qui a remporté le succès que l’on sait. Gonzales est en ce moment dans une vague retro kitch, presque eurovision fin 70. Sur scène, il est accompagné de 4 musiciens avec qui l’entente est plus que parfaite, chaque morceau est une petite perle mélodique où la technique de l’un répond à la prouesse de l’autre. Et pour ne pas gâcher le tout, Gonzales est un véritable show man qui manie l’humour à la perfection. Les entractes entre les morceaux où l’attitude désinvolte du monsieur rajoute à la bonne humeur présente, font de ce concert l’un des meilleurs auxquels j’ai assisté depuis longtemps. Simon Pégurier


Julien Doré / Hugh Coltman
Le 29/11 au Dock des Suds – Marseille (13).
Dans un deal fatal avec ma douce, je me retrouvais en sa compagnie pour le concert de Julien Doré, et cela contre un visionnage le soir suivant de « T’empêche tout le monde de dormir » de Gérard Lauzier. N’allez pas croire que je vais m’amuser à faire un parallèle entre le titre de ce blockbuster français et le concert du nouveau king d’ici. Dans une salle au trois quart pleine, constituée d’une majorité de trentenaires et de quelques adolescentes au premier rang (mais a-t-on déjà vu des adolescentes ailleurs ?), je me suis découvert un goût immodéré pour Hugh Coltman qui faisait la première partie du spectacle. Et j’avoue, séchant ma plume de mauvaise foi sur le dos du nouveau Duchamp que le Juju a assuré sa prestation au-delà de mes espérances. Crispant, arrogant pour certains, donc miel pour moi, il a fait le show, enchaînant les titres de son premier album et quelques reprises. Jouant au bad-boy cynique, il sait divertir le public par une antipathie d’apparence pour emballer lors de ses chansons, entouré par de très bons musiciens. Comme le poil à gratter, il irrite de se savoir beau, bon et doué sur scène. Espérons pour lui qu’il change de répertoire à l’avenir car ce qui est pardonné comme une erreur de jeunesse pourrait vite devenir lassant. Le cuistre m’a diverti, le roi lui pardonne donc et s’en va devant sa télé. Pierre Derensy


Jamait / Padam / Une Touche d’Optimisme
Le 27/11 à L’Espace Julien – Marseille (13).
Planté dans le décor urbain qui habille la pochette du troisième album de Jamait (« Je passais par hasard »), le groupe Une Touche d’Optimisme ouvre le bal. En provenance de Montpellier, ces huit petits jeunes bien soudés sur la scène offrent un univers bien ancré dans la chanson, certes un brin convenu, mais diablement sympathique. C’est au tour de Padam, en formation trio, de nous gratifier d’une seconde partie de soirée presque trop courte : « La route du bonheur » ou « La vodka » sont transcendées par Nader Mekdachi… et c’est déjà la fin. L’humeur de l’Espace Julien est au beau fixe, la chaleur à son comble. Le temps de se faire désirer une minute, Jamait arrive après ses musiciens. Autant vous dire que, la casquette soudée sur son crâne, Jamait prend possession de toute l’audience. Soutenu par des musiciens hors pair, le chanteur à la voix rauque entame un beau tour de chant qui condense bien l’univers de ses trois albums. Le chanteur joue à l’ascenseur émotionnel : entre deux chansons à l’émotion brut, Jamait déconne avec son public. Tantôt assis sur une poubelle, tantôt fumant une cigarette, ce grand bonhomme ne perd pas une occasion de montrer son assurance et sa connivence. L’ambiance, malgré une chaleur presque étouffante, est très conviviale. Alors que l’on pourrait redouter une morosité due à la mélancolie des textes de Jamait, c’est le contraire qui se produit. Depuis les classiques chantées à l’unisson (« Dimanche », « Y en a qui », « Ok, tu t’en vas »…) jusqu’aux nouveaux titres (« Des mains de femmes », « Athées souhaits »…), ce chanteur dijonnais est vraiment un putain d’artiste. Jeoffroy Vincent


Femi Kuti & The Positive Force
Le 21/11 au Theatre Lino Ventura – Nice (06).
Nous pouvions nous attendre à un concert exceptionnel le 21 Novembre dernier avec, à l’affiche du théâtre Lino Ventura, Femi Kuti et son Positive Force. Mais le cadeau qu’a offert le fils du « Black President » à un auditoire enivré fut, plus qu’une simple prestation, un véritable show digne d’une soirée au Shrine à Lagos. Accompagné d’une section rythmique impressionnante (batteur, percussionniste, clavier, bassiste et guitariste), d’une section cuivre endiablée (composée de 5 souffleurs solistes en puissance) et de ses 3 danseuses (chantant aussi les chœurs) le « Prince de l’Afro Beat » en personne a interprété avec une énergie débordante une musique engagée et réaliste dopée au funk. En tournée pour la sortie de son dernier opus « Day by day », la formation a interprété les principaux titres de l’album sans une seule interruption, accompagnant ainsi la chaleur et l’ivresse des spectateurs mutés pour l’occasion en danseurs afro. Avec une générosité et une force rares, Femi a chanté les souffrances de son peuple au Nigéria, il a évoqué la vie à Lagos et fit un clin d’œil au black president of the U.S.A récemment élu. Posant son saxophone pour sa trompette, Femi a chanté, crié, murmuré, parlé, il a aussi joué de l’orgue et a dansé, montrant sans réserve l’étendue de son savoir-faire… Terminant son spectacle sur un « Water no get enemy » enflammé, il revint pour le rappel en laissant entrevoir quelques bribes de son prochain disque. Une pure merveille… Nicolas Hillali


Francis Cabrel
Le 14/11 au Palais Nikaïa – Nice (06).
Décor minimal : quelques diapos de motifs floraux en accord avec la pochette de son dernier CD défilent très lentement en fond de scène, des éclairages mesurés, pas de débauche de décibels non plus, pour une fois la sonorisation laisse apprécier la qualité des paroles. Orchestre de seulement cinq musiciens, tous, il est vrai, poly-instrumentistes. Le premier guitariste joue aussi de la pedal steel guitar, le second est aussi violoniste, le clavier est souvent à l’accordéon et parfois au melodica, le bassiste alterne basse électrique et contrebasse, tandis que le batteur devient parfois percussionniste. On l’aura compris, Cabrel ne fait pas dans la démesure scénique appliquée le plus souvent dans cette salle. Pas besoin d’artifices. La musique solide mais sobre et les textes truffés d’images poétiques suffisent. Le public plutôt recueilli, se laisse entraîner dans l’imaginaire onirique de ses chansons d’amour, garde la même attention pour les moments graves (“La corrida”, “Les cardinaux en costume”, “Des hommes pareils”, “African tour”, “Des roses et des orties”) et exulte lorsque, fort de cette complicité, Cabrel chante “L’arbre va tomber” et ”Petite Marie” accompagné de sa seule guitare. On quitte la salle, à regret, après un troisième rappel (“Je l’aime à mourir” en solo), au bout de deux heures d’un récital, nourri de “l’essentiel”... Daniel Chauvet


12ème Rencontres de Jazz - Soirée de gala
Le 08/11 à La Coupole – La Gaude (06).
Les organisateurs ont proposé pour cette dernière soirée des Rencontres une programmation des plus éclectiques, à même de satisfaire le public bigarré qui fréquente le festival. La soirée commençait très fort par la Compagnie So What. Le quintet de La Gaude, sur ses terres, proposait quelques-unes de leurs nouvelles compositions, du jazz moderne, pointu, lyrique. Henri Roger abandonnant par moment son piano pour une Stratocaster. Ils finissaient un (trop) court set par un de leur tube "Dépêche-toi chérie " de quoi ravir les fans du groupe.
Pour suivre, un étonnant duo Barre et Dave Phillips, deux contrebasses en acoustiques, un peu au-delà du jazz, de la musique improvisée, des moments de pure émotion, d’une grande subtilité qui a pu, certes, surprendre les spectateurs qui n’avaient pas de véritable mélodie sur laquelle se poser. Barre Philips, un grand musicien - jetez un œil à sa discographie vous verrez - avait animé dans l’après-midi une master class pour quelques contrebassistes jeunes ou moins jeunes. Une session où il a essayé de transmettre sa vision, sa philosophie de la musique. Un grand Monsieur, pour une grande soirée!
Suivait, après un entracte, le Nice Jazz Orchestra. Entendre un big band c’est assez rare, on attendait du NJO, une version PACA de l’ONJ, moderne , inventive, hélas non, il nous offrait un flash-back au temps de Roosevelt, une musique de base navale de l’US Navy, où l’on s’attendait presque à voir un marin éméché, son bob blanc sur la tête, traverser la salle à la poursuite d’une jeune fille en jupe à fleurs. La première partie restait malgré tout sympathique, swinguante, mais un peu terne, et ce malgré les quelques pointures qui tenaient les pupitres, ne citons que par exemple, le remarquable François Chassagnitte à la trompette. L’arrivée d’une chanteuse dans le dernier set enchanta une bonne partie du public, tout en laissant certains très dubitatifs. Mais c’est ça le Jazz à La Gaude, il y en avait pour tous les goûts. On attend d’ores et déjà avec impatience les futures XIIIème rencontres en 2009. Jacques Lerognon


Paolo Fresu Devil Quartet
Le 07/11 au Cedac de Cimiez – Nice (06).
Il y a quelques années, le trompettiste sarde Paolo Fresu survoltait le Cedac avec son Angel Quartet. En ce mois de novembre, c’est accompagné de trois musiciens italiens comme lui, qu’il a charmé, envoûté le public de la salle Stéphane Grappelli avec sa nouvelle formation, ironiquement dénommée Devil Quartet ! Si le nom change, le lyrisme, le phrasé et l’inventivité qui caractérise le jeu de Fresu perdurent bien évidemment. Le trompettiste semble faire corps avec son instrument, tantôt lové sur lui-même comme pour distiller la note qu’il cherche au plus profond de son âme, tantôt levant le bugle vers le ciel, comme dans un prolongement métallique de son être, pour envoyer vers l’au-delà, vers Miles Davis ou Chet Baker une note, un son. Citons ses complices, formidables camarades de jeu qui font bien plus que l’accompagner, ils le transcendent : Paolino Dalla Porta virtuose et discret à la contrebasse, Bebo Ferra à la guitare, sarde lui aussi, il se complète parfaitement jusque dans d’étonnants chorus à l’unisson, Stéfano Bagnoli précision, pulsion et sérénité derrière ses fûts et cymbales. Quelque soit la formation avec laquelle il joue, Paolo Fresu réussit toujours à surprendre et à exprimer une émotion rare ! Jacques Lerognon


Paolo Fresu Devil Quartet
Le 07/11 au Cedac de Cimiez – Nice (06).
Paolo Fresu est un de ces musiciens de jazz dont le son, le grain et la musicalité parlent à tous. Né en Sardaigne en 1961, la trompette s’impose à lui dés le plus jeune âge et l’accompagne durant toute l’adolescence. Mais ce n’est qu’à l’écoute de Miles Davis et de John Coltrane, à 20 ans, que sa vie bascule dans l’univers de la note bleue, celui des clubs, des jam sessions et de la nuit. Le 7 Novembre dernier, dans la salle Stéphane Grappelli du cedac de Cimiez à Nice, avait lieu une représentation exceptionnelle du trompettiste épaulé par son « Devil Quartet ». Composé de Paolino Dalla Porta à la contrebasse, Bebo Ferra à la guitare et Stefano Bagnoli à la batterie, la salle, comble pour l’occasion, a pu assister à une prestation élégante menée toute en finesse et en douceur. Un éclairage tamisé, des sonorités cool et intimistes, une proximité séduisante que Paolo a cultivé tout au long du concert en plaisantant avec un auditoire conquis, lui contant ses périples de musiciens et sa vie de jeune papa. Certes les fantômes de Miles et de Chet ont flotté toute la soirée autour de la formation italienne, à partir du « Another way to Tombouctou » jusqu’à la dernière « berceuse » du rappel, mais la force de Fresu, c’est justement cette capacité à raviver des couleurs connues sans trop en faire, usant de suavité il affiche une personnalité propre, attachante et généreuse. Ses mélodies, souvent d’une simplicité déconcertante, recèlent des trésors harmoniques. La profondeur de ses compositions, la maîtrise de son souffle et le contrôle total de son instrument et de sa boîte à effets mettent en valeur un son feutré et délicat, mêlant mélancolie et nostalgie. Un charme à l’italienne efficace. Nicolas Hillali


Jazz’n’Klezmer : Kabbalah
Le 06/11 à l’Espace Rachi – Paris (75).
Les marseillais de Kabbalah nous ont convié ce soir-là à une rencontre surprenante. Déconcertant d’abord, le lieu dont l’accès, avant de parvenir à l’agréable et accueillante salle de concert, fait plutôt penser à une banque ou une ambassade plutôt qu’à un lieu de culture : garde policière, sas de sécurité, fouille… Triste rappel des réalités de la condition juive dans notre pays « fraternel ». Étonnante ensuite, avec la musique décomplexée, virtuose, hétéroclite, et incroyablement réussie que cette sauce yiddish riche en épices et en groove. Sur scène Coltrane côtoie sans complexe les mélopées klezmer et les beats reggae et hip hop. Mélange des langues et des styles, l’austère bâtiment est vite devenu chaud comme une fête. Un show subtil et chaleureux qui mérite amplement sa standing ovation. Un festival et un groupe à suivre. William Masson


Sébastien Tellier / Chevelure
Le 02/11 au Palais Nikaïa – Nice (06).
L’avantage avec un concert de Sébastien Tellier, c’est qu’il y a deux show en un. Il y a bien entendu la face musicale, avec une musique électro à la fois expérimentale regardant vers Pink Floyd et planante, là c’est à Air que l’on pense, le tout dans une ambiance sensuelle et sexuelle rappelant les meilleurs heures de la disco italienne. La deuxième facette est celle du comique, de l’amuseur public, entre chaque morceau Sébastien se lance dans des dialogues loufoques et surréalistes souvent hilarants, à chaque fois troublants. Son humour est très lourd, il est celui d’un mec bourré qui n’a ni gêne ni tabous, se permettant de dire des conneries monumentales tout en assumant un ego surdimensionné. Le résultat est souvent désopilant, nous faisant oublier le bas niveau du propos. Tellier nous explique par exemple que son ex est l’actuelle de Muriel Robin, ceci expliquant cela… Ses bêtises, entre les morceaux sont un peu devenus sa marque de fabrique, à tel point que lorsqu’il est sérieux, comme récemment à l’Olympia, le public repart déçu. Il est aussi troublant de voir à quel point son humour est improvisé et a contrario à quel point le concert est rodé, carré, le tout rendant une efficacité maximum. En première partie Chevelure nous a proposé une rencontre inattendue entre l’univers barré de Katerine et du glam-rock. Sur scène, on retrouve 5 musiciens connus de tous ceux qui suivent un tant soit peu la scène underground noise, qui se lâchent dans un délire parodique à base de sexe et de gros sons. Les mines réjouies du public (la mienne comprise) prouvaient qu’il avait totalement adhéré à ce délire, et qu’on les suivrait les yeux fermés à l’avenir.
Une vidéo d’une interview de Tellier réalisée dans la soirée est disponible sur www.myspace.com/loreillequigratte (rubrique vidéos).
Simon Pégurier


Jacques Higelin / Chinaski
Le 25/10 au Théâtre Lino Ventura – Nice (06).
Le dernier concert d’Higelin auquel j’avais assisté m’avait laissé un sentiment de dégoût en bouche (le mot n’est pas trop fort). Ce soir-là, dans le cadre des impeccables Nuits du Sud vençoises, Higelin avait produit un concert frôlant l’arnaque totale, faisant plus d’onomatopées improvisées ou involontaires que de chansons. Ce soir-là, il avait l’alcool endormi. À la sortie, j’avais même entendu un journaliste du plus grand quotidien azuréen dire « C’est un scandale ! Avec un concert comme ça il ne devrait pas être payé ». Suite à cela, j’avais un peu boudé Higelin, n’assistant pas à ses deux derniers concerts niçois. Cette fois, je me suis laissé tenter, d’une part en raison de l’accueil toujours impeccable qui nous est réservé au TLV, d’autre part, grâce à « Amor doloroso », dernier cru très en forme d’Higelin, et à la présence en première partie de Chinaski. Ouf, je ne fus pas déçu ! Higelin a fait du Higelin des grands soirs. C’est-à-dire du n’importe quoi, mais avec classe. Higelin était accompagné sur scène d’un seul percussionniste mais surtout de 5 gros classeurs d’écolier, contenant les ébauches de paroles de son futur album. Higelin a donc fait une séance de travail en public, testant ses nouvelles idées, improvisant quelques musiques pour accompagner ses nouveaux textes. Bien sûr, par moments, ce fut un peu lourd, mais le constant dialogue nonchalant et hilarant avec le public adoucissait le tout et rendait l’exercice très agréable. Je regrette tout de même qu’au cours d’un concert très long, on eût droit qu’à trop peu de titres de l’excellent « Amor doloroso », mais quand on fait durer ses morceaux 10 minutes, même en trois heures de show, on ne peut pas en placer plus de vingt. Mais peu importe, me voila réconcilié avec Higelin, je suis à nouveau décidé à suivre son actualité de près. En première partie, comme de coutume, Chinaski fut irréprochable (mais est-ce encore besoin de le rappeler). Malheureusement son show fut un peu court, mais avec une énergie digne d’un champion olympique de 100 mètres. Chinaski tenant ce même rythme depuis plus de 10 ans, il est inexorable qu’à un moment ou un autre il récolte les lauriers qu’il mérite tant. Simon Pégurier


High Tone / Brain Damage
Le 22/10 à La Cigale – Paris (75).
Soirée electro explosive que celle qui s’est déroulée à guichets fermés dans la belle salle de La Cigale. Une ouverture par Brain Damage, groupe de St Etienne qui enflamme les salles depuis 1999. Avec un electro dub brut comme base sonore, Brain Damage triture ses sons pour en dégager des ambiances surprenantes de tous bords : du psyché à l’urbain bien rentre dedans. Une introduction parfaite à la performance de High Tone. Fidèles à eux-mêmes les lyonnais ont retourné la petite salle qui avait rarement vu un tel raz-de-marée de slammeur sur la mer de bras levés, battant crescendo sur les rythmes d’un live explorant chaque aspect de leur discographie conséquente. Dub, hip hop, breakbeat, ethnique et drum’n bass savamment mixés pour fournir un parfait psychotrope musical. Les performances live de High Tone restent une valeur sûre. David Jeanne


Chinaski / Benoît Doremus
Le 16/10 à la Salle du Canton – Monaco (98).
Tables rondes, lumières tamisées, public épars. Et clap, clap, clap. Y a des soirs comme ça, on dirait bien qu’on s’est planté d’adresse. Du genre tu pars pour un concert et tu t’retrouves assis au « plus grand cabaret du monde ». Pourtant les mecs sont là, sur scène, et se démènent comme ils peuvent pour envoyer leur son. D’abord il y a Chinaski, les gars du coin, pour une première partie énergique à souhait, avec textes noirs et refrains électriques. Et puis il y a Doremus, Benoît de son prénom, le petit parisien qui monte, et qu’est descendu sur la Côte pour l’occasion. Il enchaîne ses titres, petits bijoux de poésie ou de rébellion, de regrets ou de nostalgie. Entre une dédicace à Renaud et une reprise d’NTM, Doremus surprend et séduit. Et au bout de plus d’une heure de concert, on a bien envie de se lever pour applaudir des deux mains. C’est ce qu’on fait d’ailleurs, en oubliant qu’autour, les autres restent assis à mater leurs sms. Bon concert, public en bois. On repart frustré, en espérant qu’un jour, sous peu, le garçon reviendra jouer dans nos contrées et qu’on pourra se refaire une réputation. Amélie Maurette


Emilie Satt / Micky Green
Le 03/10 au Théâtre Lino Ventura – Nice (06).
Certaines musiques doivent être écoutées les yeux fermés. Leurs sonorités invitent au voyage, les yeux fermés on est davantage emportés car l’imagination est alors plus débordante. Avec ce chant suave, en gardant les yeux clos, on croit avoir affaire à une belle métisse à la voix de Norah Jones qui nous offre un cocktail de folk, jazzy, blues, le tout dans une ambiance douce, intimiste, mélancolique empreinte de nostalgie. En ouvrant les yeux, on a affaire à Emilie Satt, une frêle jeune fille d’une beauté naturelle aux cheveux d’or et au charisme évident. Elle n’en fait jamais trop, elle reste sobre et sincère. Et là, on ne regrette pas une seconde d’avoir ouvert les yeux. En Tête d’affiche Micky Green nous proposa une pop synthétique de bonne facture regardant vers les années 80, la rythmique impeccable compensant aisément la légèreté de mélodies pour donner un spectacle fort agréable. Simon Pégurier


Yves Simon / Suzanne Vega
Le 28/09 au Palais des Festivals – Cannes.
La France a une grande tradition de la chanson. Malheureusement celle-ci s’est égarée avec l’arrivée du rock’n’roll. Au lieu de continuer à assumer leurs particularités, les chanteurs se sont mis à faire des reprises niaises de standards américains. On a ainsi vu des Johnny Guitares, des Dick la banane, des Eddy le swing, des cloclos et ses claudettes fleurirent à tous les coins de rue. Je n’ai pas peur de dire qu’Hallyday et consorts ont fait perdre prés de 35 ans à la chanson française, avant que les choses s’arrangent avec Dominique A, Miossec et autres. Bon ok ce n’était pas complètement le désert, il y avait quelques résistants tel Gainsbourg, Bashung ou Manset. Il y avait aussi le dandy Yves Simon qui nous proposait une variété de luxe, littéraire et fleur bleue, s’adressant principalement à la gent féminine. Attention tout n’était pas rose, il y avait un côté psyché bien présent, créant une personnalité propre et forte au bonhomme. Allez savoir pourquoi en pleine gloire, Yves Simon a décidé d’arrêter la scène et de réduire ses sorties d’album. Aujourd’hui, 30 ans plus tard, il revient avec une motivation renouvelée. Le concert fut très classique, Yves fut très bavard partageant à part égale son concert entre anciens et nouveaux morceaux. Il proposa un spectacle de qualité mais sans surprise qui séduisit le plus grand nombre. Ce fut une soirée à double tête d’affiche, avant lui Suzanne Vega nous proposa un show semi-acoustique puisqu’elle était uniquement accompagnée d’un guitariste. On imagine que Suzanne Vega raconte des histoires d’une femme mure qui en plus d’une vie familiale remplie écrit sur son carnet intime des petites histoires sombres, regardant un monde plutôt médiocre. Fiona Apple ou Toris Amos ont suivi la même voie mais n’apportent pas la même grâce à cet exercice, Suzanne maîtrise à la perfection l’écrire pop-folk intimiste. Simon Pégurier


Marsatac
Du 25 au 27/09 à Marseille (13).
Le festival Marsatac est désormais un évènement incontournable de la rentrée, un de ces petits bonheurs qui rendent le mois de septembre moins triste. C’est le jeudi soir que le soleil a commencé à briller avec une nouvelle venue : l’Afrique. La soirée audacieuse fut réussie quand on connaît la préférence longtemps laissée au rock et à l’electro. Le vendredi a créé l’évènement avec la fermeture tardive de 6 heures. Y étaient très attendus les rappeurs US de De La Soul qui ont retourné la scène, ainsi que le slammeur Saul Williams au flow inégalable et touche à tout magique du hip hop US. Le public attendait fermement le dernier soir, et bien que l’annulation de The Willowz ait refroidi la programmation, l’organisation a géré avec brio le stress. On a pu alors pogoter sur Polysics, japonais déjantés, rejetons de Devo, et rêver avec The Notwist qui nous ont offert avec virtuosité une épopée virtuelle frôlant l’émotion de Radiohead. Petite déconvenue avec Minitel Rose, très attendus, dont le show un peu mou a déçu, mais dignement rattrapé par le maître incontestable de l’electro française Laurent Garnier qui a achevé cette 10ème édition de Marsatac dans un dancefloor survolté. L’écologie a eu sa place (covoiturage, recyclage de gobelets, toilettes sèches) ; seul hic, pas de distribution d’eau courante. Aujourd’hui, Marsatac impose son style et l’éclectisme. Le petit évènement né il y a dix ans tient plus que debout et s’impose comme un évènement culturel majeur, d’ailleurs l’un des fers de lance de Marseille Capitale Européenne de la Culture 2013. Marsatac… ? Vivement l’an prochain ! Christophe Guilbert et Laurent Ciarabelli


Iggy Pop and The Stooges
Le 27/09 au Palais des Festivals – Cannes (06).
Iggy Pop et les légendaires Stooges, au Palais des Festivals, à Cannes, qui aurait pu le croire ? Eh bien… il est clair que cette soirée était au-delà de toutes les espérances. Une salle archi-comble, des fans survoltés arborant fièrement des tee-shirts de leur idole (à toutes les époques de sa carrière), et une ambiance bon enfant déjà palpable au bas des marches. Après une première partie assurée par les très énergiques Eon Megahertz, l’Iguane entre en scène. Torse nu comme à son habitude, il saute, danse, gigote, grimpe sur les amplis, harangue le public, se roule par terre et se paie même un bain de foule ! Du haut de ses 61 ans, Iggy Pop est toujours aussi en forme, et réussit en quelques secondes de présence sur scène à faire passer toute la jeune garde du rock pour une bande de grabataires. Les tubes de la grande époque s’enchaînent (« I wanna be your dog », « Search and destroy », « TV Eye »…) et on reste médusé devant tant d’énergie. Iggy invite même ses fans à danser avec lui sur scène, et le service de sécurité de s’arracher les cheveux à ce moment-là ! Iggy Pop et les Stooges ont réussi à nous offrir un vrai spectacle, sans aucun artifice scénique tape-à-l’oeil, ni aucun jeu de lumières outrancier…c’est ça le vrai Rock’n Roll, il n y pas de doute. Christophe Guilbert


Iggy Pop & The Stooges
Le 27/09 au Palais des Festivals – Cannes (06).
« Et Mince je suis sourd », « J’entends pas ce que tu me dis», « J’ai les oreilles qui sifflent »… Voilà le style de phrases qu’on pouvait entendre à la sortie du concert des Stooges. En effet, vu le niveau sonore il est a peu près certain que chaque spectateur a perdu un peu de son audition. Iggy s’amuse comme un petit fou, devant ses trois vieux copains sexagénaires, à faire exploser les tympans de la terre entière en disant des insanités sur scène tout en gesticulant animalement. Voir les Stooges sur scène c’est un petit cours d’histoire rock en direct. Alors qu’au début des années 90 on s’extasiait devant la noisy, distordue et dissonante de My Bloody Valentine ou Ride, les Stooges avaient déjà tout inventé aidés par The Velvet Underground plus de 20 ans avant. Cela fait du bien de se le rappeler surtout qu’ils ont toujours autant d’énergie. Bien sur Iggy a un peu vieilli, on commence à le sentir fatigué physiquement, les frères Asheton ont un look hideux d’anti-rock star absolu, digne de n’importe quel routier. Mais ça fonctionne toujours du moins pendant la première moitié du spectacle car au bout de 45 minutes une lassitude certaine s’installe chez le spectateur ! Est-ce le niveau sonore vraiment trop fort, est-ce l’arrivée sur scène d’un saxophoniste androgyne qui rajoute à la cacophonie ambiante, est-ce aussi les choix étonnants dans la set list les gros hits au début, est-ce la montée programmée des spectateurs sur scène en début de spectacle ou peut-être que tout simplement on tourne en rond devant le jeu de scène répétitif d’Iggy. Je ne sais, cela doit être un mélange de tout, ou peut être simplement du fait que je me fais vieux, d’ailleurs durant le concert mon voisin de 15 ans mon benjamin voyant mes cotons dans les oreilles m’a dit « c’est pas trop fort c’est que t’es trop vieux ». Si bien que la fin du concert n’est pas une frustration mais un soulagement. Mince ! Je viens de me relire je suis extrêmement dur sur 1h15 de spectacle 45 minutes furent royales pour 30 minutes éprouvantes, ça vaut bien un bon 13,5 sur 20. Simon Pégurier


En Vrac et d’Ailleurs
Le 26/09 au Forum Jacques Prévert – Carros (06).
On les avait quittés dans nos pages en première partie des Ogres de Barback au théâtre Lino Ventura (rien qu’ça). On les retrouve volontiers sur la scène du Forum Jacques Prévert. Ici et ailleurs, En Vrac a tracé sa route, étoffé son style, imposé ses compos… De p’tits bars en grosses scènes, à 4, 5, 7… Toujours des potes, des accordéons, une gratte et d’la bonne humeur. Et puis une contrebasse, une batterie, un violon, des percus, un clavier, un saxo aussi … Oubliées les reprises pour une set liste presque 100 % maison, En Vrac chamboule tout et nous laisse sur le cul. France d’après guerre, d’en bas et ou d’ailleurs, le groupe fait péter ses chansons à retardement. On se marre pour « Le jongleur » à deux balles, on gueule « mort aux cons », on écoute « Utopiste », on reconnait « La France » et on oublie qu’il y a des fauteuils dans une salle de spectacle. À coup de plume et de grosse caisse, En Vrac balaye ceux qui préfèrent le kärcher et nous balance entre rire et larmes. Pas fatigués, de rappels en « une autre », de la scène au hall du Forum, les amplis débranchés, impossible d’arrêter la musique. Ça danse, ça chante, ça se donne rendez-vous. Un dernier « Bella ciao », et à bientôt ! Aurélie Selvi


Rock en Seine
Du 20 au 29/08 au Domaine National de Saint-Cloud (92).
Alors, que retiendra-t-on de cette 6ème édition de Rock en Seine, à part l’annulation de dernière minute d’Amy Winehouse pour la seconde année consécutive ?? Bon, nous on préférera se souvenir du DJ set enfiévré de Mix Master Mike ; l’arrivée vêtu en prisonnier de Guantanamo, la tête encagoulée, de Rage Against the Machine ; le concert habité de Tricky, possédé par la transe ; le rock à papa de R.E.M., définitivement inutile ; Jon Spencer, beau comme un diable et son blues rock à remuer de la croupe ; The Raconteurs, moins percutant que les White Stripes à Rock en Seine en 2004 mais pas mal quand même ; la difficulté de programmer un groupe comme Justice en live, rien à voir et furieuse impression d’écouter l’album, circulez ; et enfin, Mike Stinner de The Streets qui a réussi à relever le défi de remplacer Amy Winehouse sur la grande scène au dernier moment, sans se faire huer ni balancer des cannettes, alors que les 2/3 du public était là pour la diva junky. A part ça il a fait beau, ce qui était plutôt rare en août 2008 à Paris, il y avait un peu moins de monde que d’habitude, et on se demande tous si Amy Winehouse sera programmée une troisième fois en 2009… Fabrice Le Querré


Graeme Allright
Le 29/08 à Volonne (04).
Le 29 août dernier, le village de Volonne, situé tout près de Châteaux Arnoux, dans les Alpes-de-Haute-Provence, accueillait Graeme Allwright pour un concert exceptionnel. Les organisateurs, qui font tous partie de l’association locale Amitiés et Loisirs, se sont démenés corps et âmes pour faire de cette soirée un évènement. Le lieu du concert est, quant à lui, des plus inhabituels, puisque nous voici dans une église transformée en salle de spectacle qui va s’avérer trop petite pour contenir les nombreux fans du chanteur. Le succès tient à la personnalité et au charisme de Graeme Allwright, humaniste engagé dont les mots ont touché la sensibilité de plusieurs générations. Et si à presque 82 ans, il fait toujours déplacer les foules, il le doit surtout à cette formidable authenticité qui lui a permis, entre autres, de fuir dans les années soixante-dix les sirènes souvent capricieuses du show biz pour vivre une existence conforme à ses idéaux. Voir Graeme Allwright en scène est toujours un moment d’une qualité rare et le poids des ans n’est pas un problème pour notre homme qui va nous offrir deux heures trente de grande émotion. Le début du concert est déjà un moment très fort, puisque celui-ci nous présente à capella le texte de La Marseillaise, revu et corrigé de sa main, qui devient un chant d’amour, d’espoir et de fraternité et que le public reprendra en choeur. Graeme Allwright est accompagné d’un guitariste et d’un contrebassiste malgaches de très grand talent. Ce spectacle s’avèrera être une sorte de tour d’horizon d’une œuvre qui s’étale sur quatre décennies avec les titres les plus connus (Suzanne, Petit garçon, La ligne Holworth…) et d’autres moins célèbres mais tout aussi intenses (Abuelita, Je m’envolerai, Océane…). Alternant formidables reprises (le plus souvent de Leonard Cohen) et chansons originales ciselées, Graeme et ses deux musiciens vont donc nous offrir un moment intense de pur bonheur et un échange avec le public de grande qualité. Tout cela sera vécu dans la simplicité et la sincérité qui sont la marque des grands. Dans cette nuit chaude de fin d’été, Graeme Allwright s’est tout naturellement révélé intemporel, tout comme ses chansons. Raymond Sérini


Madonna
Le 26/08 au Stade Charles Ehrmann - Nice (06).
Le concert de Madonna du 31 Août 1987 fut mon tout premier concert. J’avais 14 ans. J’avais très sincèrement beaucoup aimé ce grand spectacle, durant lequel Madonna avait jeté sa petite culotte dans le public. Je me souviens d’avoir joué des coudes pour me faufiler afin de bien y voir, arrosant la soirée de quelques-unes mes premières bières. Qui sait, ce concert a peut-être changé ma vie car il fut le premier d’une impressionnante série, les concerts étant mon principal but de sortie. J’ai, depuis ce jour, gardé une faiblesse particulière pour la Madone. Bien que je n’adhère pas toujours à sa musique grand public, je reconnais volontiers qu’elle a toujours su bien s’entourer et a le nez fin puisqu’elle sent venir les modes et les devance. Britney ou Kylie courent toujours derrière elle. De plus sa personnalité extravertie qui assume pleinement sa sexualité a, je pense, fait beaucoup pour l’émancipation des femmes. Souvenez-vous il y a 25 ans, ses bretelles de soutif choquaient tout le monde. Revenons à la musique. Musique c’est vite dit ! Ça doit être la première fois où je vais à un concert sans musiciens sur scène, ils sont remplacés par des danseurs. À ça oui des danseurs il y en a et de toutes sortes : des flamencos, des boxeurs, des rappeurs… Bref c’était plus un spectacle de danse sur des musiques de Madonna qu’un concert de rock. Spectacle certes agréable mais bon… On regrettera aussi beaucoup l’absence totale de rappel qui finit le concert à la hache et nous laissa sur notre faim. Signalons aussi l’étonnante léthargie du public, ce qui me laisse penser que je ne suis pas le seul à être resté sur ma faim. Mais ne rendons pas les choses plus graves quelles ne sont, ce concert ne sera certainement pas le dernier de ma vie. Simon Pégurier


Festival du Gapeau
Le 23/08 à Sollies-Toucas (83).
Un vent de reggae a soufflé sur l’esplanade de Solliès-Toucas. Un vent frais, de fin d’été, mais qui n’a pas découragé pas les derniers festivaliers. DJ Izmo accueille le public dans un mix infernal et entraînant de dub et de ska. Passant de disques en disques, c’est un vrai magicien, virtuose du rythme. En deuxième partie de soirée, le groupe Smoof monte sur scène. Sept musiciens, tous plus étonnant les uns que les autres ! Un batteur, une basse, des percussions, deux guitares électriques, un pianiste mais surtout, un saxophoniste hors pair : Cyssou ! Une grande diversité musicale donc dans ce groupe atypique et une très bonne surprise à découvrir. Au son de Birds fly et Miss Joplin, Smoof berce le public dans de douces mélodies aux ambiances enfumées et pleines de bulles de savon. À noter, la voix puissante de Fatou, au clavier, contrastant avec celle de John, à la guitare (qui n’est pas sans rappeler celle de Jamiroquaï). Smoof encore une fois, prouve sa diversité et son mélange parfait, homogène, entre tous ses membres. Pour clôturer cette fin d’été, on retrouve la chanteuse Mo’Kalamity et son groupe The Wizards. Très roots, elle puise ses influences dans ses origines africaines et chante la liberté ! Une invitation au voyage, tout simplement… Justine Sirkis


Pantiero
Du 08 au 11/08 sur la terrasse du Palais des Festivals - Cannes (06).
Avec ses quatre soirées placées sous le signe de l’éclectisme musical, le festival Pantiero a été une fois de plus un réel succès. La réputation de l’événement n’a fait que s’affirmer au fur et à mesure des années, et la programmation a su rester à la pointe. Du hip-hop cockney et jubilatoire de Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, ou encore d’Antipop Consortium, en passant par l’electro endiablée de Simian Mobile Disco et de Sebastian, sans oublier le rock nerveux des barbus d’Archie Bronson Outfit, l’éventail musical était on ne peut plus large, et il y en avait pour tous les goûts. Le public, sans cesse plus nombreux chaque soir, a répondu à merveille à la quasi-totalité des groupes présents, chantant, bondissant et même slammant comme un seul homme ! On avait rarement vu un tel engouement et une telle ferveur ! Sur ce dancefloor géant à ciel ouvert, rares étaient les sceptiques qui ne dansaient pas ! A part l’annulation des demoiselles de Ladytron, Pantiero s’est approché de la perfection, et on peut considérer cette édition 2008 comme l’une des plus réussies. Vivement l’année prochaine ! Christophe Guilbert


Cap Jazz
Du 12 au 14/08 dans l’Amphithéâtre de la Mer - Cap d’Ail (06).
J’aurais pu évoquer la soirée du jeudi avec le subtil piano de la japonaise Ryoko Nuruki et la pop jazzy de Jilly Jackson. Ou bien le formidable hommage à la musique de Gainsbourg qu’ont rendu André Ceccarelli et ses compères Darryl Hall et Pierre-Alain Goualch. Faire swinguer Les sucettes à l’anis et Le requiem pour un con, il fallait l’oser ! Mais c’est sans conteste la prestation exceptionnelle du duo Musica Nuda qui a enchanté les quelque 500 spectateurs du Théâtre de la Mer. La voix pure et envoûtante de Petra Magoni, la contrebasse tantôt caressante tantôt vive et fulgurante de Ferruccio Spinetti passent allègrement des Beatles à My funny Valentine. Sans oublier l’irrésistible Il camello e il dromedario de près de 10 minutes. Un show à la scénographie impeccable où l’émotion et l’humour s’invitent tour à tour pour célébrer la musique. Le Fever en rappel avec l’étonnant trio Sashird Lao qui les avait précédés sur scène, donnait à cette soirée un instant de magie supplémentaire. Jacques Lerognon


Kality Street Festival
Le 01/08 sur l’Esplanade Guy Mocquet 2 - La Garde (83).
Ez3kiel / Alexandre Kinn / Les Touffes Krétiennes / Pépé la Chaude
S’il est un groupe à retenir lors de cette 8ème édition du Kality Street Festival, c’est Alexandre Kinn. Ce varois d’origine est un poète des temps modernes. Dans la chaleur de cet été 2008, c’est un vrai vent de fraîcheur qu’il nous a amené ! Dès les premières notes, la foule se rassemble près de la scène pour entamer en chœur « chalalalalalala… ». Sa manière atypique de jouer de la guitare, assis, peut surprendre les néophytes, mais c’est un vrai plaisir que de l’écouter jouer et chanter. Des chansons sur la vie, chantée à la manière d’un certain Tété. De ça et là quelques sonorités reggae, puis retour du folk avec Moi, moi même, et ma bouteille. Ses acolytes musiciens ne sont d’ailleurs pas étrangers à cette bonne humeur scénique. Lawrence Clais, le batteur virtuose se lâche… le public en redemande ! François Fuchs le contrebassiste et bassiste n’est pas en reste, puisqu’il accompagne à merveille l’harmonica d’Alexandre. Toute la soirée sera ainsi l’occasion de découvrir tous ces groupes étonnants et rafraîchissants : Ez3kiel, les Touffes Krétiennes et Pépé La Chaude. Un très bon choix de groupes et une édition haute en couleur ! Rendez-vous l’année prochaine ! Justine Sirkis


Roger Hodgson
Le 26/07 sur la Z Plage/Hôtel Martinez - Cannes (06).
Soirée magique le 26 juillet dernier à Cannes avec Roger Hodgson, ex leader de Supertramp. Au fil d’une tournée triomphale qui passa à travers l’Allemagne, l’Espagne, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège, la Suisse et la France (Carcassone), celui-ci nous gratifia d’une halte sur la Côte d’Azur et d’un concert de plus d’une heure trente véritablement inoubliable. Il est vrai que le cadre était fabuleux (la plage de l’hôtel Martinez sur la Croisette). Bien sûr, notre enchanteur nous offrit une sélection de ses meilleurs titres écrits pour Supertramp (Give a little bit, Breakfast in America, The logical song, School, etc.) ainsi que quelques perles tirées de son répertoire solo (Lovers in the wind, Along came mary ou The more I look). Les titres de ce concert ont pris encore plus de relief du fait d’une formule acoustique dans laquelle Roger jouait du synthétiseur accompagné du seul Aaron MacDonald, son inséparable saxophoniste. Ce concert a confirmé, si besoin était, que Roger Hodgson, qui était la voix et l’âme de Supertramp, demeure un immense artiste dont les chansons continuent de captiver un nombreux public. Raymond Sérini


Nice Jazz Festival
Le 24/07 dans les jardins de Cimiez - Nice (06).
Alain Bashung
Il y a à peine plus d’un an (avril 2007) commentant l’impeccable concert de Bashung à Six Fours, j’avais écrit « on imagine qu’à la manière d’un Johnny Cash, il sera encore là sur son lit de mort à chanter comme s’il fallait coûte que coûte poursuivre le combat ». À ce moment-là, on ignorait tout de sa maladie. Malheureusement, mon écrit était prémonitoire mais aussi ô combien juste. Depuis, Bashung a contracté le cancer, et pourtant il est bien là sur scène pour assurer le show. Il défend son dernier-né Bleu pétrole, il s’est entouré de Manset, Joseph d’Anvers et Gaétan Roussel pour les textes. C’est étonnant comme chacun des paroliers a réussi à se mettre dans la peau du maître pour écrire des textes qu’on imagine sortis du cerveau de Bashung. Tout est mystérieux, nostalgique, regardant vers le passé, beaucoup de phrases sont définitives, faisant le point d’une manière ironique sur la futilité de nos vies. Quand on connaît l’état de santé de Bashung, cela n’a que plus de sens, de poids, pourtant rien n’est lourd, tout est en émotion. Sur scène Bashung a une économie de gestes, tout est dans la posture, son chant n’a pas bougé, quelle voix ! Il met des frissons dans la phrase la plus banale qui soit. Et puis quel culot de démarrer un concert d’à peine plus d’une heure (timing festival oblige) par Comme un lego, morceau peu connu de Manset de 10 minutes. Le reste de la set-list privilégia les morceaux récents, évitant de ce fait le côté juke box que l’on peut avoir avec les artistes ayant autant de hits à leur actif. Une fois de plus Bashung a touché au mille dans ce concert, espérons de tout cœur que ce ne soit pas le dernier auquel j’aurai assisté. Simon Pégurier


Nice Jazz Festival
Le 22/07 dans les jardins de Cimiez - Nice (06).
Léonard Cohen
Léonard Cohen en concert a Nice ! S’il y avait bien une date que je ne pouvais manquer sous aucun prétexte c’était celle la. Léonard Cohen fait partie de ma vie, je l’ai écouté un nombre infini de fois, me baignant jusqu’à plus soif dans ce spleen idéal, auquel personne ne peut résister surtout pas les filles, la voix de crooner aidant. Avec Cohen, la mélancolie devient le plaisir de la tristesse. Pourtant je me méfiais de ce concert, je sais que lorsque les dinosaures du rock remontent sur scène, c’est parfois pour agoniser en public. J’entends encore les plaintes suite au concert de Dylan à la Palestre il y a 2 ans, et la dernière tournée des Stones a fait plus de déçus que d’heureux. Oui, mais Cohen n’est plus monté sur scène depuis 15 ans, alors tant pis, on prend le risque. Même si on a un concert d’une heure avec des choristes qui en font des tonnes, du saxo à tout va, et Cohen qui fredonne uniquement durant les refrains, au moins on aura vu la légende sur scène ! Bien sûr, Cohen n’est plus dans la fleur de l’age, son jeu de scène est donc très limité, il se contente de lever son chapeau entre chaque morceau, mais la classe, avec un costume taillé à la perfection, est toujours là. Sa voix elle aussi n’a pas bougée, ce furent des frissons dans tout le corps dès la première note, la set list était parfaite, que des hits qui se succédaient. Le coucher de soleil et quelques étoiles filantes qui passèrent parfirent la magie de ce moment. Bien sûr, on aurait préféré voir Cohen il y a 30 ans, il y aurait eu plus d’énergie, les choristes auraient pris moins de place, mais ne faisons pas la fine bouche ce fut une soirée rare. Comme l’a dit Thierry Roland au moment du titre de champion de monde de la France « Après ça, on peut mourir tranquilles », je pourrais presque dire la même chose après ce concert. PS : Oui je sais, je cite Thierry Roland, mais on a la culture qu’on peut ! Simon Pégurier


Nice Jazz Festival
Du 19 au 26/07 dans les arènes et jardins de Cimiez - Nice (06).
Arènes remplies jusqu’au sommet des murs pour le sulfureux Archie Shepp, l’iconoclaste Avishai Cohen, le raffiné Gary Burton, épaulé d’un Pat Metheny... sans sweat-shirt marin, mais déchaîné. Idem pour l’éblouissant Stefano di Battista, dynamisé par un exceptionnel trompettiste, et pour “ maître ” Jean Luc Ponty (parrain du festival et devant qui Nygel Kennedy se prosterne avec humilité), et plus étonnant encore, pour la musique exigeante mais délicieuse de la surprenante Maria Schneider. On se croirait revenu au temps de la “ Grande Parade ”... Pendant ce temps, sous les oliviers, Return to Forever (Corea, Al di Meola avec qui J.L Ponty fera le boeuf), Oregon, George Benson, Maceo Parker, San Francisco Jazz Collective, Diana Krall et Stacey Kent font aussi “ jardin comble ”. Quant aux “ cousins éloignés ”: Leonard Cohen, Joan Baez et Yael Naïm, j’en connais qui ont patienté plusieurs heures pour en profiter, “ les yeux dans les yeux ”... Plutôt vivant, le jazz... à Nice ! Daniel Chauvet


Voix du Gaou
Le 19/07 sur la presqu’île du Gaou
Tiken Jah Fakoly / Nneka / Zion Train
Le site est sublime. Vraiment. Dans ce décor naturel préservé où l’on a l’impression d’être au bout du monde, la soirée reggae a été un rêve, un délice pour les yeux et les oreilles. C’est la chanteuse nigérienne Nneka qui a démarré le show. En l’écoutant, on pensait à Ayo, Patrice ou encore Lauryn Hill, et pressentait une artiste prometteuse. Le collectif anglais Zion Train est ensuite monté sur scène et a prouvé son talent lors d’une première partie dancehall et une seconde plus drum’n’bass. Mais c’est bien le chanteur ivoirien que la foule attendait. L’excellent Tiken Jah Fakoly, avec son énergie habituelle et ses discours engagés, a repris de nombreux morceaux de son dernier album et quelques uns des précédents au grand bonheur du public. Une chose est sûre, réservez pour l’année prochaine ! Annabelle de l’Epine


Plage de Rock
Du 17/07 au 14/08 aux Prairies de la Mer - Port Grimaud (83).
Avec une troisième édition qui a dépassé largement les objectifs qualitatifs fixés, le festival Plage De Rock confirme les espérances placées en lui. Le principe, super simple, consiste à amener à un public pas forcément ultra-réceptif à la base, la crème des futurs groupes de rock. Le lieu, c’est l’immense camping des Prairies de la Mer, à Port Grimaud, à quelques encablures seulement de Saint Tropez, Mecque du tourisme bling bling. A priori, et si l’on s’en tient aux clichés accolés aux campeurs, on pourrait penser qu’un tel public tendra plutôt vers l’apéro-concours de t-shirt mouillé que la vision d’un concert somme toute bien pointu. C’est sans compter sur le fait que le camping, c’est une affaire de famille, et que bien souvent les parents finissent par suivre leurs jeunes rejetons. Et puisque la programmation est irréprochable, que l’entrée est gratuite pour tout le monde (même aux personnes étrangères dans tous les sens du terme au Camping), et que l’after est diaboliquement attirant, il n’est pas étonnant de voir que ce festival a su faire l’unanimité. Parmi les révélations, notons Friendly Fires, Tunng, et surtout les excellents Naive New Beaters qui ont remplacé, avec la manière et au pied levé, les Mystery Jets. Le jeune groupe français a particulièrement bien géré une panne de machine pour achever le show dans un délire rock-impro fameux. Je crois que je vais me mettre au camping pour l’été 2009 ! David Bartoli


Rencontre autour des Notes et des Mots
Du 14/07 au 22/08 à La Colle-sur-Loup (06).
Comme un pied de nez à sa voisine plus médiatique Saint-Paul, et aux autres stars azuréennes côtières sous les feux de la rampe, la Colle-sur-Loup et ses Rencontres autour des Notes et des Mots ont su séduire un public, le sien, pluriel et varié, dans un cadre intimiste, et à coups de vedettes et d’initiés. Quelques noms sur la longue liste des seize soirées : Anthony Kavanagh, Lââm, Rive Gauche ou les Musicales des Baous, les “ nuits bleues “ sur les thèmes jazz New Orléans, en hommage à l’ancien collois Yves Klein, ou encore la pièce Feu madame la mère de Feydeau, “ planchée “ par un comédien metteur en scène de la génération du Théâtre de Bouvard, Bruno Chapelle, et jouée en avant-première nationale, à deux reprises. Que demande le peuple ? Delphine Oliva


Les Enfants du Jazz
Du 12 au 20/07 à Barcelonnette (04).
Pour la quatorzième année, le festival de jazz de l’Ubaye a reçu Angelo Debarre, Ludovic Beir et Sanseverino pour quelques musiques manouches dignes du grand Django. Le talentueux Archie Shepp et le pianiste Monty Alexander n’ont pas manqué également d’éveiller la foule, chacun dans un style très différent : l’un façon vieux blues de la nouvelle Orléans, l’autre à la mode jamaïcaine. Durant le festival, une large place a été faite aux stagiaires de l’école de musique afin de diffuser une ambiance de jazz populaire et éclectique dans les rues de la petite ville mexicaine. Cristel Bérard


Festives de Font Robert
Les 12 et 13/07 à la Ferme de Font Robert - Château-Arnoux (04).
Dommage, la soirée s’annonçait plutôt bien, même si le trio de jazz de la première partie avait quelque peu ramolli l’ambiance, le public s’enthousiasmait à l’idée de voir Stacey Kent. Un plaisir de courte durée puisque rapidement, orage et désespoir précipitèrent la fin de la soirée et 600 personnes bredouilles et ruisselantes en dehors de la ferme de Font Robert. Quatre petites chansons et puis s’en va, la belle américaine a cependant eu le temps de conquérir le public, mais d’avis de tous, c’était trop peu. Fort heureusement, le lendemain c’était grand beau pour l’arrivée sur scène du fougueux Cali. Une ambiance de saute-mouton, une énergie explosive, Cali a fait le bonheur d’un millier de personnes, comme quoi les jours se suivent mais ne se ressemblent pas ! Cristel Bérard


Nuits du Sud
Du 11/07 au 09/08 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
« De mémoire de vençois, on n’a jamais vu ça » : c’est bien le genre d’affirmation que l’on aurait pu entendre en tendant un peu l’oreille sous les platanes de la Place du Grand Jardin. Pas de cataclysme météorologique majeur, non, on parle ici de véritable déferlement populaire. Pour sa douzième édition, le festival a battu des records d’affluence, atteignant les 50000 spectateurs répartis sur 14 soirées, avec plusieurs concerts à guichets fermés. Un succès on ne peut plus légitime au vue d’une programmation artistique toujours aussi qualitative. Car que l’on vienne aux Nuits du Sud pour y admirer des formations confirmées, pour y découvrir des artistes méconnus, ou les 2, on est très rarement déçu, et quand vient l’heure de s’en aller, les images marquantes, elles, restent en tête un bon moment. Difficile d’oublier les sourires communicatifs des sénégalais d’Orchestra Baobab et leur mélange délectable de rythmes afro-cubains et de rumba congolaise, le tout tapissé de sonorités jazzy et soul. Impossible de ne pas avoir succomber à la grâce de Moriarty, à la virtuosité du berimbau de Ramiro Musotto, au souffle festif de L’Orchestre National de Barbès, ou à la créativité du mélange electro-folklorique des mexicains de Nortec Collective. Et puis il y a bien sûr eu cette grande Dame, Omara Portuondo, qui a fêté pour l’occasion ses 60 ans de carrière sur scène, magnifiant les nuits vençoises de sa prestance hors norme, inspirant un respect incommensurable du haut de ses 78 ans. Mais outre les artistes, c’est bel est bien l’ambiance générale qui remporte une nouvelle fois la palme d’honneur, ce climat bon enfant, convivial, presque familial, qui vient définitivement placer les Nuits du Sud dans le cercle convoité des festivals à part. M.B.


Jazz à Juan
Du 10 au 20/07 à la Pinède Gould - Juan les Pins (06).
Devant un programme aussi prometteur, le critique est sur ses gardes, attentif à relever le moindre sentiment de déception... Peine perdue. Les grosses pointures sont à la hauteur de leur réputation. Mc Laughlin triomphe des bourrasques, Marcus Miller, secondé par un stupéfiant sax alto de 20 ans, respire et souffle l’enthousiasme. Didier Lockwood retrouve la grâce de ses premiers coups d’archet, et Roy Hargrove ne vient à bout de ses fûts de dynamite qu’après trois nuits de jam sessions... Al Jarreau n’en finit pas de séduire, génération après génération, et le trio de Keith Jarrett nous fait encore une fois, jusqu’à l’hypnose, le coup du derviche tourneur. Dans cette ambiance survoltée, les seconds couteaux se surpassent, condamnés à l’excellence. Mention spéciale à Yaron Herman, jeune pianiste à suivre de près, et aux voix sensuelles des dames de Chicago et de la Nouvelle-Orléans, pour qui le swing est la nature même, et, blues, gospel et jazz... un même langage. Daniel Chauvet


Big Reggae Festival
Le 09/07 dans la Pinède Gould - Juan-les-Pins (06).
Le festival de Juan-les-Pins a largement prouvé qu’il restait un rendez-vous incontournable des amateurs de sons jamaïcains. Cette année, c’est le rasta italien Alborosie qui a entamé la soirée démontrant son excellent flow aux rythmes percutants. Et le public semblait ravi d’entendre Kingston town ou encore Herbalist. Mister Vegas a lui aussi conquis la foule en entonnant quelques-uns de ses célèbres tubes dancehall. Les vétérans du reggae Toots and the Maytals ont enchaîné et le groupe stéphanois Dub Incorporation, qui n’a plus rien à prouver sur scène, a présenté son excellent dernier album Afrikya. Un concert explosif ! Annabelle de l’Epine


Jamiroquaï
Le 07/07 sur le Port Hercule - Monaco (98).
C’est l’été, il fait chaud sur le port Hercule, et pour ce concert unique de Jamiroquaï en principauté, Monaco Live Productions a mis le paquet. Tout d’abord, un dispositif digne des plus grandes stars internationales, mais surtout un public ultra select… Le groupe est en forme ce soir et enchaîne les tubes… Parmi les morceaux entendus, on retiendra bien sûr l’incontournable Cosmic girl qui a déchaîné la foule, laquelle pouvait suivre les gesticulations de Jay sur des écrans géants de part et d’autre de la scène ! La soirée fut également placée sous le signe de la fête avec les titres Supersonic et Destitute illusions. Seul bémol à cette soirée, un concert beaucoup trop court ! À peine 1h20, ce qui est moins que le minimum syndical, et pas de costumes ou de chapeau extravagant de la part du chanteur ; ce qui est quand même décevant vu qu’il en a fait son emblème ! Au final, la sensation que Jamiroquaï a profité de ses vacances en France pour ramasser un bon gros cachet, sans vraiment se donner à fond sur scène. Preuve en est avec l’absence de tous les membres du groupe à l’after ! Justine Sirkis


Les Estivales
Le 05/07 dans les arènes du Palio - Istres (13).
Ilène Barnes / Brooklyn Funk Essentials / Keziah Jones
C’est toujours un peu triste de voir un artiste ignoré, alors deux, c’est insupportable. La première erreur de cette soirée était de programmer Ilène Barnes en première partie alors qu’à cette heure-là, les arènes étaient presque vides. Quelle frustration de l’écouter si peu pour entendre derrière la musique “ fadasse ” des Brooklyn Funk Essentials. Enfin Keziah Jones. Là encore, le musicien nigérien méritait meilleur accueil : gradins à moitié vide, problème technique interrompant le concert… Non vraiment, rien n’allait ce soir-là aux nuits du Palio, malgré un Keziah Jones sous tension. Après un mauvais sandwich à prix d’or, on ne peut que repartir avec l’impression d’avoir été abusé. Espérons que le lendemain, Bashung fut accueilli à sa juste valeur. Cristel Bérard


Le Mas en Concert
Le 24/07 au Mas des Escaravatiers - Puget sur Argens (83).
Camille
Camille, Ô Merveilleuse Camille ! C’est en chaperon orange qu’elle nous est apparue. Dans ce splendide lieu du Mas des Ecaravatiers, Camille et sa bande composée de 3 choristes, 2 humans beatboxs, 3 bruiteurs percussionnistes corporel, et pour seul instrument de musique, un piano. Avec ce troisième album Music hole, cette parisienne de 26 ans nous offre un opus entièrement en anglais. Diplômée de Science Po avec une licence en lettres, cette chanteuse classée en variété française, est un véritable électron libre qui façonne des mélodies liées à des pirouettes vocales qui lui sont propres. Camille fait partie de ces chanteuses reconnaissables dès les 3 premières secondes, un grain de voix unique, mêlant des vocalises lyriques aux percussions corporelles africaines, en passant par des arabesques à l’oriental. Pas étonnant que ce petit prodige est réuni tant d’inconditionnels de tous âges, de toutes classes sociales et de tous lieux. Encore une fois Camille et ses compères nous ont éblouis par leurs performances vocales, mais aussi rythmiques, en allant chercher toujours plus loin dans l’imagination et la créativité. Pour preuve, le public a été enrôlé dans un jeu d’échange de “ miaou miaou “ et “ ouf ouf “, lancé par le nouvel extrait Cats and dogs de l’album. S’en est suivi 2 rappels où l’artiste nous a interprété à capella un saisissant Pâle septembre et un bouleversant La fille aux cheveux blancs de son ancien album Le fil. Le Camille’s band a reçu un tollé d’applaudissements mille fois mérités. Quelle belle soirée de partage et de générosité nous a donné Camille. Si vous n’étiez pas là, courrez-vite obtenir les prochaines dates de sa tournée Music hole, vos oreilles vous remercieront d’entendre de la très bonne musique... Laure Rivaud-Pearce


Le Mas en Concert
Le 18/07 au Mas des Escaravatiers - Puget sur Argens (83).
High Tone
Crée en 1997 le quintet de High Tone à vu le jour à la Croix Rousse, prés de Lyon. Depuis plus de 10 ans, et avec 13 albums à leur actif, ils enchaînent les concerts de par le monde. Cette formation live : guitares, basse, batterie, percus, DJ, et clavier qui donne au son une texture organique, joue en low and high tones (fréquences), d’où leur nom. Savoureux mélange de live dub, jungle, drum’n’bass, High Tone inaugure le genre ethno dub. En effet, depuis leurs premières scènes, les High Tone sont devenus les dignes représentants de le scène dub live (à l’inverse des anglais qui préfère les studios...) aux côtés notamment de Zenzile. Associant ambiances orientales, avec des percussions qui s’affolent, un soupçon de break beat et des samples proches d’Amon Tobin ou Massive Attack (période Mezzanine), les High Tone nous ont transportés dans un autre univers. Sous le ciel étoilé du Mas des Escaravatiers, c’était un live monumental, avec en toile de fond, un graphisme concocté par les membres de Komplex Kapharnaüm et Maestria. Hypnotisés par ces images, les spectateurs étaient invités à voyager entre passé et futur. Quel bonheur d’être happé par le son de High Tone, par cette magnifique et unique alchimie. Laure Rivaud-Pearce


Le Mas en Concert
Le 05/07 au Mas des Escaravatiers - Puget sur Argens (83).
Benjamin Biolay
Le 2 mars 1991, Gainsbourg n’est pas complètement mort, il nous a laissé une foule d’héritiers. Le meilleur d’entre eux est Benjamin Biolay. Les points communs entre les deux dandys sont multiples, les initiales : BB, le fait qu’il fut le compagnon de la fille de Deneuve, le goût pour les mots, l’art d’écrire des mélodies d’une beauté divine, la noirceur du propos, le côté écorché vif, le fait qu’il fait chanter moult chanteuses, surtout des actrices… C’était la première fois que je voyais Biolay sur scène, autant dire que j’en attendais beaucoup, d’autant plus que son dernier album Trash yéyé squatte les premières places de mon classement des albums 2007. À cela s’ajoutait le lieu exceptionnel et ma hâte d’assister à ce concert. Comme toujours quand on attend beaucoup de quelque chose ou de quelqu’un, on est déçu. Benjamin mit très longtemps à rentrer dans le show, il semblait mal à l’aise, se retranchant derrière des poses (cigarette à la main, accroché au pied micro…), la set list comprenant des morceaux trop plombés (il faut dire que le dernier album sert a cicatriser une rupture), l’orchestration sonnant trop variété, en raison notamment de l’absence de batterie, bref on s’ennuie un peu, ça sent le convenu. Puis il eut un entracte avec une jeune chanteuse timide mais charmante qui nous proposa deux titres. Après cela, comme si une pression était tombée, Benjamin se lâcha et nous offrit des titres plus rock avec un air plus spontané, mettant parfaitement en valeur sa technique musicale et le côté définitif de ses textes cyniques que n’aurait pas reniés un Oscar Wilde. Avant cela, 21 Love Hôtel nous a offert un concert tout en lenteur et harmonie, lorgnant vers Mazzy Star et les longues contrées américaines. À suivre de près. Simon Pégurier


Calvi On the Rocks
Du 04 au 07/07 à Calvi (20).
Un cadre fantastique, une programmation de haut niveau (Soulwax, Para One, Birdy Nam Nam...) et un soleil radieux font de ce festival l’escale rêvée pour tout fan d’electro et d’indé désireux de ne pas passer ses vacances hors de portée d’un son de qualité. Dés l’après midi, les hostilités démarrent sur la plage et jusqu’aux after, tout est fait pour que même les pires stakhanovistes soient rassasiés de décibels et de vodka. Du simple amateur au plus acharné des “ klubber “, tout le monde y trouve son compte. Un festival relativement jeune qui fait désormais partie des incontournables. J.P. Boyer


Charlie Jazz Festival
Du 04 au 06/07 au Domaine de Fontblanche - Vitrolles (13).
Écouter du jazz sous les platanes du magnifique domaine de Fontblanche, c’est une surprise avant l’émerveillement. Européenne, américaine, sud-africaine, la 11ème édition a mis à l’honneur des figures emblématiques du jazz et des musiciens émergents. Cette année encore, pas de fausse note si ce n’est de logistique le premier soir, avec plus rien pour restaurer les nombreux amateurs de jazz venus écouter Carla Bley et Paolo Fresu. Un grand moment cependant, pour ventre vide. Le lendemain, Aldo Romano, Louis Sclavis et Henri Texier ont livré au public une musique en perpétuel mouvement. Enfin le dernier soir, un concert exceptionnel avec la chorale du Nelson Mandela Metropolitan Choir et le big band de l’ARFI. Un spectacle entre jazz, musiques contemporaines et chants traditionnels, qui a conquis les mélomanes. Cristel Bérard


Nuits Guitares
Le 03/07 dans les Jardins de l’Oliveraie - Beaulieu (06).
Number 9 / Lucky Peterson
Il arrive que les premières parties dans les festivals soient un véritable pensum que l’on doit subir pour profiter de la vedette de la soirée. Mais là, le groupe Number 9 nous a régalés dès le premier accord de Tight rope du regretté Steve Ray Vaughan. Un power trio blues efficace, le guitariste utilise sa wah-wah à bon escient ne craignant pas d’innover sur les chorus, le batteur cogne fort et juste, quant au bassiste, très Wymanien dans son coin devant son ampli, il assure un groove impeccable ! Après 2 autres morceaux du Texan, Ils enchaînent sur un Summertime blues de circonstance avant de passer avec bonheur à l’acoustique. Il leur faudra trop tôt céder la place à un Lucky Peterson grandiose. Souriant, virevoltant, virtuose, cabotin, mais surtout brillant tant à l’orgue et au piano qu’à la guitare. Quelle soirée magique ! Jacques Lerognon

Web : www.number9.fr


Soirée Happy Ending des Plages Electroniques
Le 15/08 au Mas des Escaravatiers - Puget-sur-Argens (83).
Après nous avoir régalé pendant l’été de très bon son et surtout d’une excellente ambiance enfin retrouvée sur la Côte d’Azur, l’équipe des Plages Electroniques s’exilait dans le Var pour fêter le succès de la saison 2008 et la clore en beauté. Ainsi, c’est dans le cadre exceptionnel du Mas des Escaravatiers à Puget-sur-Argens que cette soirée Happy Ending était venue se lover. Au milieu des oliviers et des vignes, c’était au duo franco-américain Dinner At The Thompson’s que revenait l’honneur de réellement lancer la soirée (après un warm-up assuré par Slydawise & Jaggae). Navigant entre r’n’b, trip-hop ou electro-funk, la formation est finalement convaincante, même si la formule chanteuse/machines n’est pas des plus spectaculaire. Arrive ensuite certainement la vraie vedette de la soirée. Zé Mateo, moitié du groupe marseillais Chinese Man, était là en tant que DJ. Et autant dire que le bonhomme a complètement retourné la soirée avec un mix qui relègue 2 Many DJs aux oubliettes du mash-up. Percutant Rage Against The Machine contre Assassins de la police, puis des rythmes brésiliens et africains contre Ray Charles ou de la drum’n’bass, Zé Mateo a tout simplement dynamité le dancefloor de son talent de metteur en son. De quoi finalement rendre la prestation de 4hero très fade. Difficile en effet pour n’importe quel artiste, aussi légendaire soit-il, d’enchaîner derrière un tel entrain. Et le duo londonien en a fait les frais. Alors que leur prestation aurait enchanté normalement tout fan de break et de drum’n’bass, elle parait ici plate, bien que non dénuée de finesse. 4hero reste tout de même un grand nom du son londonien et a participé aux grandes heures de la jungle anglaise. Mission accomplie une fois de plus pour l’équipe des Plagistes qui a su nous régaler d’une excellente programmation et d’une ambiance toujours aussi festive. Rendez-vous l’année prochaine pour ce qui s’annonce déjà comme un tournant de ce festival qui devra désormais gérer un engouement du public grandissant et mérité. Jean-Sébastien Zanchi


Les Plages Electroniques
Du 02/07 au 06/08 sur la Plage du Palais des Festivals - Cannes (06).
Du sable et du son, cet été encore les Plages ont remis le couvert avec brio… Décomplexant la très chic Croisette à grand renfort d’électro, le tout jeune festoche a prouvé que la valeur n’attend certes pas le nombre des années ! Record d’affluence (près de 30000 entrées !) et ambiance survoltée, l’édition 2008 a mis le feu aux platines. De Boys Noize à Missill en passant par Damian Lazarus et DJ Aphrodite, tous ont fait escale à Cannes. Au programme : cinq soirées où grands noms et jeunes talents ont fait scène commune pour le plaisir des tympans. Quasi incontournable, presque rituel, le rendez-vous du mercredi soir a trouvé ses “ addicts “. Une recette simple et efficace pour un festival qui n’a pas fini de faire parler de lui. A l’année prochaine. Aurélie Selvi


Furia Sound Festival
Les 28 & 29/06 sur la base de loisirs de Cergy-Pontoise (95).
Festival en difficulté ? Choix volontaire ? Toujours est-il que cette année, un nuage noir a semblé stagner au-dessus de la base de loisirs de Cergy. Tout d’abord, le festival a perdu cette année une journée de programmation. Ensuite, cette même prog a quelque peu perdu de sa superbe comparé à une édition 2007 particulièrement riche. Ainsi, les têtes d’affiche internationales n’étaient représentées que par le John Butler Trio, les Stereophonics ou encore Panic at the Disco. Pour compenser cela, les organisateurs se sont appuyés sur nombre de valeurs sûres de la scène française (Cali, Mademoiselle K, BB Brunes, Mano Solo, Kaolin). Mais un autre gros coup dur est survenu avec le désistement du groupe AaRON qui devait jouer avec l’orchestre symphonique de Cergy, et était pour le coup le concert le plus attendu. Finalement, c’est bien la scène alternative qui a pu tirer son épingle du jeu. Des groupes comme les Wriggles, Aqme, Zenzile, High Tone ou le Peuple de l’Herbe ont pu se montrer à leur avantage. Cela pourrait bien être ça, la force du Furia. Allez, il n’était pas si noir que ça ce nuage… Guillaume Lacombe


Nuits Carrées
Les 27 et 28/06 au Fort Carré - Antibes (06).
On ne peut plus carrées furent de nouveau ces Nuits-là. Avec près de 2500 personnes contre 2000 l’an passé, le festival a remporté un nouveau succès fracassant, et ce sur tous les tableaux. Les raisons d’un tel succès ? La part artistique d’abord, avec cette volonté de malléer musique, théâtre et danse comme autant de facettes d’un seul et même bloc, carré, et on ne peut plus créatif. Un Rubik’s cube coloré où tout s’imbrique logiquement, presque naturellement, dans une cohérence simplement réjouissante. Magie visuelle et fleurie avec la grâce du mouvement des danseurs du Cannes Ballet Jeunesse, conte “ renversant “ à plus d’un titre de la troupe J’ai Gravé le nom de ma Grenouille dans ton Foie, et festival de couleurs sonores avec les concerts bien entendu. Parmi les plus saisissantes, on citera le set de Meï Teï Shô, qui, dans une nouvelle configuration dont on attendait beaucoup, a pleinement rassuré l’auditoire avec une fusion toujours aussi subtilement arrangée, juste après que le groove cuivré d’Electro Deluxe se soit chargé de chauffer à blanc le public du Fort Carré, et avant que le bidouilleur RJD2 n’ait enflammé la foule, amassée autour d’un espace “ scénographié “ réalisé à partir de bouteilles d’eau en plastiques récupérées. Car le succès des Nuits Carrées, c’est aussi de pouvoir revendiquer haut et fort un label Eco Festival parfaitement mis en œuvre, notamment avec la mise en place cette année d’un système de verres Eco Cup, intelligent et fonctionnel. Mais à trop vouloir chercher la raison du pourquoi, on ne la trouve pas forcément. Alors ce succès unanime, on le résumera simplement par l’esprit qui a régné sur ces 2 jours, un esprit où les sourires fleurissaient sur les visages, des sourires qui faisaient plaisir à lire, des sourires qui ne trompaient pas. M.B.


Seconde Nature
Les 06 et 07/06 à Aix en Provence (13).
Les 6 et 7 juin derniers, le festival Seconde Nature a ouvert en beauté la saison électronique régionale. C’est à la Cité du Livre d’Aix que s’est déroulée cette seconde édition. Entre les explications de Monolake sur l’usage du Monodeck, logiciel conceptualisé par Gerhard Behles, et la rencontre de l’artiste belge borderline Nicolas Provost et de Laurent Garnier dans une émission de Radio Grenouille, l’esprit est au dialogue. Le graphisme berlinois est aussi en scène avec le montage angoissant et médusant de Transforma sur un set de l’énergique DJ Chloé. Malgré un Clark trop chaotique, le californien underground Flying Lotus motive les foules grâce à un beat hip hop expérimental et souriant, annonce prometteuse de la sortie de son dernier album chez Warp. Le même soir, Garnier bombarde 1500 adorateurs d’un set de 4h dans une aura de fumée (impénétrable ?!). La new wave du britannique Battant et la pop électro sucrée de Chromatics assurent la partie plus instrumentale du festival, tandis que c’est une véritable ovation pour la reine Electroclash de la fête, Miss Kittin, qui chante à sa guise le jouissif « Soundtrack of now », entre électro pop et techno minimaliste radicale. Côté installations, le vert est de mise avec les plantes musicales du duo Scénonosme et le panneau à infra basses vibratoires 5ème saison. En parallèle, les hamacs de Pause, de Lynn Pook et Julien Clauss rencontrent un gros succès, en provoquant par des capteurs de sons des émotions collectives simultanées. Les explications des médiateurs culturels (merci Marie !) sont alors bienvenues et illustrent la dimension pédagogique de l’événement. Enfin, nous devons une basse révérence à l’installation cubique aux multiples vidéos en boucle du Permanent Art Machine, doux cocon bop pour les fatigués de l’oreille à la lisière d’un bar bondé et d’une équipe de bénévoles débordés mais toujours souriants. Les deux soirées à guichet fermé auront reçu 3000 personnes, preuve du succès de cette sève de l’électronique et des nouveaux médias. On attend pour la prochaine édition l’extension des locaux du festival pour toucher un public éclectique et ravi, venu de toute la région pour satisfaire sa soif de décibels après ce long hiver. Raphaele Jaffre


Les Enfants Du Rock
Les 30 et 31/05 au Théâtre de Verdure - Nice (06).
Tout y était, tout était fait pour avoir un pur son, et aussi un pur festival rock. Un festival qui concurrence les plus grands du nom. Une programmation des plus alléchantes, avec Mademoiselle K ou encore Blankass comme tête d’affiche, et une première partie loin d’être ridicule avec le groupe Mutine (ancien Esperanza). Une ambiance survoltée régna d’ailleurs toute la soirée dans le Théâtre de Verdure, avec des pogos monstreux dans la fosse, une Mademoiselle K déchaînée, un magnifique duo entre Blankass et Manon la chanteuse de Mutine. Le deuxième soir du festival était tout aussi fou : Axel Bauer, Kaolin, Pascal Mono et notre groupe local In Vitraux. Patrice Bouchon s’était encore donné à fond pour organiser dans notre belle région un très beau festival. Oui mais voilà, les quelques gouttes de pluie ont démotivé les plus frileux… Du coup, le festival cette année n’a pas rencontré le succès tant espéré. Et pourtant, les organisateurs ont fait l’effort de rendre plus qu’accessible le prix des places ! Alors, je m’adresse à toi public oui toi ! Où étais-tu ces soirs-là ? Devant ta télé à regarder un match de foot ? À moins que ce ne soit les quelques kilomètres qui te séparaient de Nice qui t’ont paru insurmontables ? Quoi qu’il en soit, public mobilise-toi ! On entend souvent les gens dire que les concerts sont trop chers ! Mais, pour une fois que des passionnés se mobilisent corps et âmes pour justement contenter public et artistes et ben c’est le flop ! Qui blâmer en ce cas, le temps ? La baisse du pouvoir d’achat ? Non ! Amis rockeurs et rockeuses bousculez-vous et souvenez-vous de votre jeunesse, vous étiez prêt à attendre des heures devant les salles de concert pour quelques moments de pure folie musicale ! Prouvez encore une fois que le rock n’est pas mort à Nice !!! Et bougez-vous cet été, sortez, allez voir des concerts, mobilisez-vous ! Justine Sirkis


Dionysos
Le 17/05 à La Palestre - Le Cannet (06).
C’est dingue, chaque fois que je vais à un concert de Dionysos la salle grandit. Et dire qu’il y a dix je les ai vus au Tapas dans le Vieux Nice, bientôt ils joueront au Stade de France (Quoi ? quelqu’un me souffle qu’ils y jouent le 4 Juillet !). Comme cela est rafraîchissant, comme cela fait du bien de constater inexorablement la progression du succès de ce groupe. Ils ne sont pas préfabriqués par une maison de disque, c’est simplement une bande d’amis qui jouent ensemble pour le plaisir, le bouche à oreille de leurs concerts d’anthologie a fait le reste. Bien sûr, j’entends beaucoup de gens se moquer de Dionysos, jaloux sans doute du succès, leur reprochant leur récente allégeance au commercial avec la venue d’Olivia Ruiz, leur reprochant aussi d’être un groupe pour ados. Que ces grincheux viennent à un de leur concert pour se rendre compte par eux-mêmes. Sur scène Dionysos c’est du punk, c’est de l’énergie à l’état pur. Honnêtement, par moment c’est du grand n’importe quoi, c’est puéril, Mathias en fait des tonnes, quelques fois ça chante faux, parfois les musiciens déraillent. Mais qu’importe on est emportés dans cet univers qui nous rappelle à tous qu’on a été des enfants et qu’il ne faut jamais perdre une dose d’insouciance et de féerie dans le monde gris des adultes. Un enfant de 3 ans qui apprend à dessiner fera des gribouillis qui paraissent ridicules pourtant le plus grand des peintres avec toute sa technique ne pourra jamais refaire ces gribouillis, on y verra toujours sa pâte. Et bien cet exploit de reproduire l’enfant, Dionysos y arrive dans ses textes et en musique ; il garde l’honnêteté la fraîcheur, la naïveté, l’envie, le rêve des enfants. Simon Pégurier

Crédit photo (c) JM Lubrano


Portishead
Le 05/05 au Zénith de Paris
Dix ans après leur dernier concert en France, Portishead faisait son retour dans l’Hexagone au Zénith de Paris. Difficile après une si longue absence de convaincre artistiquement du bien-fondé de leur démarche. Pourtant le trio y est parvenu grâce à un « Third » sombre et angoissant à déconseiller aux claustrophobes, n’offrant ses subtilités qu’après de multiples écoutes. Le groove en moins, mais l’expérimentation en plus on était donc curieux de voir ce que pouvaient rendre les nouvelles compositions sur scène. Devant un public impatient et forcément conquis d’avance, Beth Gibbons, sa dégaine bringuebalante, et toujours aussi fantomatique, n’a finalement rien perdu de sa superbe. Sa voix cristalline et perçante est toujours aussi envoûtante. Geoff Barrow aux platines épaule aussi de ses percussions Clive Deamer, batteur fidèle du groupe, tandis que l’indispensable Adrian Utley se régale à triturer sa guitare comme jamais. Deux titres de « Third » ouvrent le bal et posent directement l’ambiance torturée de l’album. Il faudra attendre « Mysterons », issu du premier album « Dummy », pour que le public exulte littéralement, soulageant ainsi dix ans de privation. L’occasion aussi de se rendre compte du chemin parcouru musicalement depuis 1994, d’un groove lancinant à une brutalité froide. Quelques perles viennent émailler l’ensemble : une version squelettique de « Wandering star » (basse/guitare/voix), un « Roads » féérique ou un « Cowboys » extrêmement intense. Il aura d’ailleurs fallu attendre près de 45 minutes pour avoir droit à seulement deux chansons issues de leur deuxième album éponyme. Bizarrement sous représenté, il est pourtant le parfait lien entre les premier et dernier opus. À croire que Portishead adore finalement le grand écart. Jean-Sébastien Zanchi


Pass Le Mic
Le 10/05 à l’Affranchi – Marseille (13).
Le samedi 10 mai dernier a eu lieu à l’Affranchi à Marseille la 1ère édition de Pass Le Mic, un événement hip hop dont le but est de réunir ses activistes pour mener un débat sur ce mouvement, qui, en 25 ans, ne cesse d’évoluer. Pass Le Mic a non seulement réussi à réunir des activistes représentant toutes les disciplines du hip hop de tout horizons, mais aussi quelques médias qui ont voulu jouer le jeu, car l’un des problèmes majeurs du hip hop reste la médiatisation des événements et des artistes, bien qu’il faut avouer que de gros progrès ont été réalisés ces dernières années.

Pass le Mic a débuté à 19h00 par un débat sur le hip hop actuel. La salle de concert de L’Affranchi a été, pour l’occasion, transformée en grand studio radio vu que la totalité du débat était retransmis en direct sur Radio Grenouille, l’une des radios locales les plus importantes pour le mouvement hip hop à Marseille. Le débat était animé par Stoof, animateur de Radio Grenouille et manageur du groupe HHP. Les participants au débat provenaient de Lyon, Marseille, Paris… L’événement se voulait rassembleur, d’ailleurs c’était l’un des thèmes de ce débat : Comment se fait-il qu’aujourd’hui le hip hop ne rassemble pas ses activistes comme autrefois ? La médiatisation a également était traitée : Aujourd’hui le hip hop entre de plus en plus dans les mœurs mais pour un événement à moindre budget, ou un artiste indépendant, accéder aux medias reste un parcours du combattant. La question sur la production n’a pas était oubliée : Il est difficile pour un petit label de produire convenablement ses artistes ; à ce sujet, des label comme « Din Records » ont été cités comme preuve que même en dehors de Paris, on peut réussir à s’en sortir en tant que label ou artiste, tout est question d’organisation. On ne pouvait pas mener un débat sur la musique actuelle sans traiter du téléchargement illégal qui tire vers le bas l’industrie. Un thème plus rare : le beat box qui a tendance à se faire oublier. Quant aux breakers, ils réclament plus de considération par les autres disciplines. Ils ne veulent plus servir de tapisserie pour les clips de rap mais jouer un rôle considérable dans des vrais projet artistiques les reconnaissant comme des artistes à part entière. Bref le débat comportait un grand nombre de sujets. Toutes les personnes présentes étaient invitées à prendre la parole, même ceux qui sont venus en spectateurs.
Pendant ce temps, un graffeur s’occupait d’un des murs extérieurs de la salle. Après le débat, les artistes ont pu s’exprimer : danse, beatbox, et un petit concert de rap qui s’est terminé en open mic ; un grand moment pour tous les MC’s présents dans la salle. L’une des responsables de L’Affranchi nous confie que les organisateurs aimeraient renouveler cet événement au moins tous les ans, mais l’idéal serait 2 fois par an.

Voici quelques échanges que nous avons pu avoir avec quelques intervenants de cet événement :

Mic Flow (PHM) :
Double champion de France en équipe de human beat box, en 2006 et 2007.
« Le beat box est moins reconnu que le rap, l’avantage est qu’il n’y a pas d’animosité entre les beat boxers. C’est un mouvement qui a été oublié pendant 20 ans et qui se réactualise. Aujourd’hui, à Pass Le Mic, ça fait plaisir d’être réunis avec les autres disciplines du hip hop. PHM a aujourd’hui une place dans le milieu. En ce qui concerne le problème d’union, le débat portait surtout sur le rap. Le problème ne se pose pas avec le beatbox vu que nous sommes moins nombreux, nous nous connaissons tous et sommes unis ».
Actualité :Organisation du battle Mouth Fight vers septembre.

DJ Creestal :
Beatmaker attitré de Karkan depuis 96. Album « 360 optiques » sorti en 2004, maxi « Ferme les yeux » sorti en 2002, album solo dans la série « Discovery » sorti en décembre 2007. Album « Beat All » dans les bacs, album solo de Ysae Expression écrit pour la rentrée 2008.

« L’événement Pass Le Mic fait du bien au mouvement hip hop marseillais qui a du mal a exister à Marseille. On s’entend bien entre nous, mais on ne travaille pas ensemble. Ce qui est bien c’est que la ville a son identité, chaque quartier a son identité, Il n’y a pas de délire à vouloir être connu. Pour moi Pass Le Mic va surtout apprendre aux jeunes que le hip hop est une culture. En ce qui concerne IAM et Soprano, si on est là c’est grâce à eux ; Ils ont contribué, ensuite ils se sont mis à l’écart, mais je ne peux pas les juger, je n’ai aucune rancœur parce qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu ».

Sherif :
Manageur du label « Baraka Muzik ».
« Notre label existe depuis 2005 ; Il est composé de Berreta, Aziatik et K-Flow (R’n’B). Notre dernier projet est celui de Belek Entre rap et Vida Loca, une compile avec pleins d’invités comme Soprano, Alonzo, Akhenaton, Keny Arkana, Le rat Luciano, Carpe Diem dans les bacs depuis le 28 avril. Un maxi 5 titres de Kalash L’Afro arrive en juin 2008.

« Une journée comme aujourd’hui c’est bien que ça existe. Dommage que ça ne soit pas plus fréquent. On a côtoyé du monde, des photographes etc. c’est rare. »

Wari (PQ Familly) :
« J’ai réalisé un court-métrage dans lequel tous les dialogues sont en beat box, le titre c’est « Beat napping » ; il est disponible sur le net. Notre concept est de coller des images représentant des gros PQ géant. Nous touchons plus de gens que les graffeurs. J’ai fait des expos disponibles sur le site 90bpm. Actuellement je réalise un documentaire sur le graff à Marseille, ça s’appelle « Derrières les mûrs ».

RPZ :
« Je rap depuis 10 ans, j’ai 3 clips en diffusion. Je travaille sur mon street album « Imprévisible » pour la rentrée. Pour l’instant je vends ma mixtape « Signe de vie de main à main » et ça part bien. Même en label, c’est très difficile. À chaque sortie on se coupe un membre parce que le marché de la musique est sans pitié, donc on met tous chacun du sien, y a Popo Channel qui est là aussi dans le même label, on se bouge le cul. J’aimerais vivre de ma musique, mais je me pose pas la question de si je vais y arriver ou pas, parce que j’aime vraiment le hip hop et je m’en fou de la gloire ».

Flynt :
« Je viens de Paris XVIIIème, J’ai sorti mon 1er album « J’éclaire ma ville » il y’a un an sur le label « Label Rouge ». C’est un album qui a été pensé pour rester dans le temps, on dit des choses qui ont un sens. Je fais du rap authentique, pas de rap formaté. Maintenant je fais des concerts à Paris, Marseille, Rennes… » Aboubacar Mbae


Nick Cave and The Bad Seeds
Le 26/04 au Dock des Suds – Marseille (13).
Un pur moment de Rock’n’roll. On passera charitablement sur la première partie, 3 musiciens de Melbourne : The Lurid Yellow Mist, pour attaquer directement par la vedette de la soirée, Nick Cave et ses mauvaises graines. 6 pieds, 3 pouces, vêtu de sombre, petite moustache, air ténébreux, précédé par ses musiciens, Nick Cave prend possession de la scène vers 21h30, et possession n’est pas choisi par hasard tant il émane de Nick et son groupe une aura, presque une transe qui seront de mise tout au long du show. À commencer par la présence l’inquiétant et virtuose Warren Ellis, une espèce de Raspoutine rock’n’rollien troquant sa mandoline pour une strato ou un violon dont il joue avec un médiator ou comme instrument de percussion avant de vraiment le frotter d’un archet déchainé ! Dès le premier morceau " Night of the Lotus eaters", le ton est donné, le rock est bel et bien là ! Ce n’est pas le " Dig, lazarus, dig !" assené à un public à peine chaud qui changera quelque chose. Quelques tubes "Stagger Lee", " Deanna", " Red right hand " magnifiquement interprétés feront encore monter l’ambiance tel un maelstrom … À peine le temps de troquer sa chemise pour un tee-shirt noir, le groupe nous offrait quelques morceaux en rappel dont une superbe ballade, Nick assis devant son clavier susurrant "Into my arms" avant de nous laisser un peu pantois, dans la nuit étoilée, près des ombres oppressantes des grues du port de Marseille. Jacques Lerognon


5ème Festival du film Panafricain de Cannes
Du 18 au 23/04 à Cannes (06).
Le panafricanisme est une doctrine née à la fin du 19ème siècle visant à considérer l’ensemble du peuple africain, ainsi que ses descendants vivant hors d’Afrique, comme une seule entité. Elle a pour but de développer une conscience collective et de retrouver une fierté émancipatrice, basée sur des valeurs que ce mouvement considère comme africaines, sans toutefois les définir précisément. Si en tant que laborantin d’un syncrétisme culturel et social afro-européen, ce concept qui se fonde sur des critères que je trouve contestables pour construire un sentiment d’appartenance, peut me déranger, il trouve cependant toute sa justification si on le replace dans le contexte historique que les peuples d’Afrique subissent depuis près d’un demi millénaire. Depuis sa première édition, le festival du film Panafricain de Cannes se définit comme un lieu d’échange, mais également une vitrine du cinéma panafricain qui permet d’en regrouper les acteurs et les amateurs éclairés. La cinquième édition du festival s’est déroulée du 18 au 23 avril et a présenté un riche panel de documentaires, de courts et longs métrages, de débats et de concerts qui sont un parfait reflet de ce que sont les réalités diverses du peuple Africain aujourd’hui. Le mérite de la programmation dans son ensemble est d’éviter les représentations misérabilistes de l’Afrique, finalement si rassurantes pour une partie des sympathisants européens de la cause Africaine, en perpétuelle recherche de bonnes œuvres à même de dissoudre leur sentiment de culpabilité. Pour moi, resteront comme les plus grands moments du festival, le documentaire sur Sagbohan Danialou, grand musicien béninois très présent socialement dans son pays, le magnifique film brésilien « Filhas do Vento » et le surprenant one man show de l’acteur Camerounais Emile Abossolo Mbo, parrain du festival. Quelles qu’en soient mes réserves sur le concept de départ, ce festival est une merveilleuse occasion pour nous tous de vivre la différence culturelle comme un creuset de nouvelles valeurs pour tous les citoyens de notre terre, et j’espère vous voir beaucoup plus nombreux pour la sixième édition de cette aventure humaine en 2009. Emmanuel Truchet


Spring Blues Festival : Neal Black & F. Chapellier
Le 05/04 à Peymeinade (06).
Peymeinade, bourgade du pays Grassois, accueillait par ce frais samedi dans sa salle des fêtes le "Spring Blues Festival", organisé par la dynamique association Tribal Roch. Tout a commencé par le set du groupe local au nom sans équivoque : The Bluesmen, six musiciens qui ont chauffé la salle avec leur blues-rock nerveux, des reprises enflammées menées par la Gibson Flying V de Steff8, l’harmonica de William Varoux et la basse de René-Marc le Rolle. Puis après un entracte, merguez-bière, la vedette de la soirée, le bluesman texan Neal Black prenait possession de la scène. La superbe guitare noire à peine branchée dans l’ampli, c’était parti pour près de 2 heures de pur plaisir « bluesique ». Neal chante de sa voix rauque quelques compos qu’il enveloppe de magnifiques chorus, tout en retenue, mais remplis d’émotion et de virtuosité. Il partage le micro et les soli avec Fred Chapellier, plus exubérant avec sa telecaster. Tous deux parfaitement soutenus par la section rythmique d’une efficacité remarquable : Patrick Machenaud, le batteur, et Abder Benachour à la basse. Et comme le chantait Billy Price, invité surprise de la soirée (il fut en son temps le chanteur du grand Roy Buchanan) : "I just can’t loose the blues" et ce soir là nous non plus ! Nul doute que Peymeinade était, ce samedi 5 avril, La capitale du blues. Jacques Lerognon

www.tribalroch.asso.fr


Sylvie Vartan
Le 12/03 au Palais Nikaïa – Nice (06).
Sous un arc de lumière et une pluie de sonorités instrumentales, le show débute... Sylvie Vartan arrive par la porte d’un juke box coloré, tout d’or vêtu. Elle reprend alors ses plus grands succès yéyé, mélodies peu innovantes, textes naïfs et public d’une autre génération, moyenne d’âge dans la salle : 45 ans. À noter, la fantastique prestation des musiciens : batteur, pianiste, bassiste, guitariste, trompettiste, saxophoniste s’accordent à merveille aux choristes métisses. Et bien sûr, le fabuleux balai des éclairagistes, digne d’un show de Las Vegas. En deuxième partie, Sylvie Vartan tend vers un répertoire plus contemporain avec les titres « C’est fatal », « Nicolas ». Il est toujours et encore question d’amour dans ses textes, mais de manière plus subtile, plus représentatif de son nouvel album « Nouvelle vague ». Soudain, le public s’agglutine vers la fosse, les bras chargés de cadeaux, lequel, reprend en chœur, les refrains avec Sylvie Vartan. Deux spectateurs tenteront même de s’inviter sur scène, avant la fin du concert, gentiment éjecté par les vigiles. Justine Sirkis


Chinaski
Le 08/03 au Sézamo – Nice (06).
Ch’suis été au concert de Chinaski samedi 8 au Sézamo, bondé. Concert évènement pour la sortie de l’album « Noces de zinc ». Tout en symboles : 11 ans de Petit Bar, de scènes, de compositions réalistes, acides et ironiques. Chinaski avait promis des surprises et je n’ai pas été déçu. D’abord, une première partie avec un trio « inconnu » composé de Nadir, Jean-Louis et une basse ; excellent et pour cause c’est le groupe des débuts : Chinaski 1997-99. Un set très sympa avec en particulier la guitare de Nadir… toujours aussi bon ! ça fait plaisir ! Puis 2ème partie avec la formation actuelle : pour les Fab Four de Nice, c’est vraiment un tournant avec la sortie du CD, étonnant pour qui connaît bien Jean Louis Rougier et sa bande sur les 3 ou 4 premiers opus et sur scène (c’est là qu’ils s’expriment vraiment). Étonnant donc, quand on entend des cuivres ou des violons ! Sont un peu plus « bruts » d’habitude ! Cet excellent album à découvrir, très bien produit, contient des nouveaux titres et quelques reprises, mais dans de nouvelles versions. Je les attendais donc live : pas déçu, toujours aussi bons, les 4 garçons pas dans le vent, mais bien là ! Des titres découvertes du dernier album, des compos connues et attendues que la salle reprend, mais les interprétations changent et évoluent à chaque concert : un régal ! Des inédits qui « accrochent » tout de suite, et même à la fin un medley sympa allant de Lama à Coutin ! Un excellent cru ce Chinaski 2008 qu’on consommera sans modération sur sa platine ou sur scène. Gilbert Taurel


Chinaski
Le 08/03 au Sézamo – Nice (06).
C’est dans une ambiance conviviale et chaleureuse que nous avons pu retrouver Jean-Louis et ses acolytes de Chinaski au Sézamo. Au programme, tout ce qui a fait le succès du groupe bien sûr mais aussi la découverte des morceaux de leur nouvel album « Noces de Zinc » qui vient juste de sortir dans les bacs ! Des textes toujours empreints de ce même romantisme, avec un petit côté sadique qui fait que l’on adore Chinaski. Comme dans la chanson « Venise » ou notre chanteur national se demande si sa femme est partie ou s’il ne l’aurait pas tout simplement assassinée ? Un humour noir et décalé comme seul Jean-Louis sait le déclamer. Mais aussi l’amour évoqué sur « Poupée Russe », triste réalité de ce sentiment qui se perd dans le temps… Un écorché de la vie, c’est ce que demeure Chinaski, avec réalisme et délicatesse… Pour finir la soirée, nous aurons le droit à un petit medley de chansons à la gloire des femmes puisque rappelons-le, ce concert se déroulait le jour de la journée de la femme ! Chinaski encore et toujours disponible pour son public, nous a offert un moment sublime d’intense bonheur musical ! Justine Sirkis


The Cure
Le 04/03 au Dôme – Marseille (13).
Que dire que je n’aie pas déjà écrit sur The Cure. En 7 concerts et autant de chroniques (NV #14,54,94,98…), je pense avoir fait le tour de la question de ce groupe mythique qui m’a marqué au fer rouge. Bien sûr, je pourrais faire une chronique ironique comme j’aime les faire, me moquant gentiment de ce bonhomme qui grossit d’années en années mais ne renonce pas à son look choucroute sur la tête, je pourrais aussi ironiser sur le public qui vieillit, abandonnant les pogos pour les gradins et qui n’a plus assez de cheveux (la faute à la calvitie) pour se coiffer en pétard. J’ai trop de respect pour Smith et les siens pour faire ce genre de papier. Je vous parlerai seulement du plaisir intense qui fut le mien durant ce concert de 3 heures. N’ayant pas d’album à défendre, les Cure ont pu puiser à souhait dans les albums majeurs de leur discographie, puisque aucun dernier-né anecdotique n’était à proposer. La playlist laissa la place au hit pop, mais aussi aux morceaux sombres, longs et langoureux. La palette des plus variées des Cure fut donc présente. Bien sûr, ce sont les morceaux des débuts qui furent le plus plébiscités, quand, à la sortie du punk, ils ont inventé la cold wave, cette new wave faite de punk ralentie par des sons lents, tristes, sombres, avec des textes mystérieux portés par une basse omniprésente. Pour faire la fine bouche on regrettera peut-être le côté un peu trop pop, mais l’absence des synthés apporta un changement aux morceaux les plus sucrés les rendant secs et mordants. Simon Pégurier


Susheela Raman / Salif Keita
Le 01/03 au Palais des Festivals - Cannes (06)
Susheela Raman et Salif Keita en live au Palais des Festival de Cannes, une soirée dédiée aux musiques du monde. Dans un premier temps, Susheela Raman, accompagnée de son guitariste, son percussionniste et son violoniste, envoûte le public. Les racines se croisent et s’entremêlent, africaines bien sûr, indiennes mais aussi occidentales. La musique est internationale, elle vient d’ici et d’ailleurs, mais chacun peut s’y retrouver. Des sons et des rythmes qui résonnent dans la salle et qui font « raisonner » le public. Dans un second temps arrive, "le sage, le vieux", Salif Keita. Sa musique est plus ancrée en Afrique, à Bamako. Elle s’adresse à un public plus averti, mais les néophytes ont pu admirer le chanteur et sa formation, lancés dans des chants presque mystiques. Néanmoins Salif Keita garde les pieds sur terre et constate avec justesse les crises qu’a subies son pays. La démocratie retrouvée le chanteur rend hommage à la nouvelle liberté des maliens en musique. Salif Keita est empreint de calme et de sagesse, il en ravit les spectateurs. Des concerts de world music très dépaysants, des artistes engagés, des sons intéressants, une belle soirée en somme. Nathan Andolfi


Fanga, force spirituelle de l’afrobeat
Le 22/01 à la Maroquinerie - Paris (75).
« On ne peut pas mesurer la valeur du bonheur si on n’a pas connu celle du malheur » clame entre deux titres «Korbo», le rappeur burkinabais Yves Khoury et chanteur du groupe afrobeat montpelliérain Fanga, ou «la force (spirituelle)» en dioula (dialecte d’Afrique de l’Ouest). Influencée rap et électro, la formation du sud de la France s’est produite mardi 22 janvier, à La (chaleureuse) Maroquinerie parisienne, face à une salle autant comble qu’enthousiaste. Si le public n’a pas fait faux bond, c’est nul doute pour l’aspect atypique de la formation : un chanteur rap qui, se sentant à l’étroit dans le hip-hop, a souhaité s’adonner à de nouveaux horizons musicaux en se tournant vers des sonorités plus afrobeat et davantage connotées Salif Keita qu’IAM. Ses propos des plus rassembleurs y contribuent également : lutte pour les droits de l’homme, le droit à la différence, contre l’inégale répartition des richesses, pour le rapprochement de l’homme et la terre, etc. Au final, via une rythmique unique et de longues et belles phases d’improvisation sax et claviers, Fanga offre un savoureux mix transculturel bien rôdé, trait d’union entre l’Afrique et le hip-hop. Avec, en bonus, une chanteuse remarquable. Tout y est. Céline Rastello


Melchior Liboa
Le 07/12 au Ketje - Nice (06).
La pochette du premier album de Jeff Buckley Live at sin-é m’a toujours fasciné. C’est une photo du jeune prodige en train de chanter dans un petit bar devant un public qui n’en a rien à faire, on voit même un monsieur lire ostensiblement devant Jeff Buckley un journal français. Quand on sait la légende qu’est devenu ensuite Buckley, cette photo n’a pas de prix. Au concert du manosquin Melchior Liboa, dans un petit bar niçois, le Ketje (repère des réunions de Nouvelle Vague), j’ai eu ce même sentiment d’injustice que devait ressentir Buckley à ses débuts. Devant une vingtaine de personnes Melchior s’est débattu seul avec des problèmes techniques pour assurer un show devant un public distrait. Ce Melchior est un troubadour qui allie des textes littéraires dans la veine d’un Bukowski, alcool & sexe dans le caniveau, à une technique de guitariste impressionnante, son chant, lui, faisant tour à tour penser à Tom Waits, Nick Cave, Dominic Sonic, Alain Bashung, Bertrand Cantat, Mano Solo, Dominique A… bref que du bon. Chinaski présent dans le public n’a pas résisté, il a enfourché sa guitare pour accompagner Melchior nous offrant notamment une étonnante reprise de Nougaro, Marie Christine, autant improvisée qu’alcoolisée. Un homme a ensuite surgi avec un harmonica et a revisité le répertoire roots du blues country américain. Le public inattentif au début s’est pris au jeu, il devait y avoir 20 personnes dans la salle il y eu autant de CD vendus. Qui sait si quelqu’un a pris une photo de la soirée, cela pourra servir à une pochette… ouvrant la voie à l’avenir artistique que l’on sait. Simon Pégurier


Rose
Le 08/12 au théâtre Lino Ventura - Nice (06).
Elle est énervante cette Rose ! Elle est jeune, elle est superbement belle, elle écrit de jolies chansons et en plus (le pire de tout), elle a du succès. C’est d’ailleurs ce succès que ne lui pardonneront jamais les groupes niçois qui, depuis 10 ans, gèlent dans des pubs où les buveurs de bières daignent à peine les écouter. Alors qu’elle, elle monte à Paris, elle se fait larguer, écrit quelques chansonnettes exutoires pour s’en remettre et hop, par hasard, le succès est là. Depuis, elle devient peu à peu la porte-parole des filles entre 20 et 35 ans, elle se retrouve dans ces chroniques défouloirs pleines de larmes consécutives à des histoires de cœurs fanés qu’on a tous connus. Artistiquement, avec son chant discret, Rose nous renvoie à Keren Ann, les musiques étant simples et efficaces. Sur scène on l’a sentie tendue, stressée, comme si le fait de jouer a Nice devant famille et amies lui était difficile, il y eu d’ailleurs plusieurs petits plantages. Pourtant le concert avait parfaitement commencé, le guitariste plein d’entrain et de maîtrise créa une dynamique que Rose suivit sans mal, malheureusement on tomba ensuite, petit à petit, dans le neurasthénique avec trop de chansons lentes à la suite les unes des autres. Bien sûr, de ci de là, quelques mélodies comme le parfait Ciao bella ou une reprise de Janis Joplin rallumaient la flamme, mais dans l’ensemble cela donna un concert sympathique mais pas exceptionnel. Simon Pégurier

Crédit photo (c) Matthew Frost


Transmusicales
Du 06 au 08/12 à Rennes (35).
Jeudi 6 décembre, sur la route qui relie le centre ville de Rennes au parc des expositions de la capitale bretonne. Chaque rond-point est truffé de policiers prêts à cueillir les automobilistes trop euphoriques qui se rendent à la 29ème édition des Transmusicales de Rennes. Celles-ci se déroulent à travers trois halls du parc expo, bien décorés et pas trop impersonnels. Dans le paysage des festivals musicaux français, les « Trans » apparaissent comme un laboratoire sonore. Selon la tradition, les groupes qui se révèlent aux Trans éclatent au grand jour l’année suivante - à l’image du concert de Nirvana en 1991, de Daft Punk en 1995 ou encore de celui des Klaxons et de Justice l’an passé. Pour les 36 000 festivaliers, la programmation 2007 a témoigné de la fusion entre le rock et la musique électronique. Retour sur les meilleurs moments.
Malgré une maigre affluence, la soirée d’ouverture du jeudi met en évidence le sens de la fête des Bretons. Côté scène, les Ecossais de The View donnent dans le rock très anglais. Auréolés d’une réputation flatteuse, ils ne s’avèrent guère transcendants. A l’inverse, les franco-finlandais de The Do brillent par la grâce de leur chanteuse à la voix élégiaque. Le lendemain, les petits auraient dû être au lit. Groupe formé par un frère et sa soeur âgés de 11 et 13 ans, les Tiny Masters of Today peinent à satisfaire un public venu en nombre. Hype garage rock du moment, les américains entreprennent une reprise de « Jump around », sans parvenir à dépasser leurs évidentes limites vocales. En revanche, le charismatique écossais Calvin Harris n’aura aucun mal à dompter la grande scène, au moyen d’un électro-rock funky et efficace. Trouvaille des Trans, les South Central délivrent un rock électronique puissant, cachés par leurs capuches, tandis que la première du nouveau live d’Etienne de Crécy impressionne. Juché au centre d’un immense cube de six mètres de côté, le Versaillais distille ses sonorités acid accompagnées d’un énorme pied, en rythme avec des animations visuelles étourdissantes. Le dernier soir est aussi le grand soir des lives électro, grâce aux meilleurs représentants de la catégorie en 2007 (Modeselektor, Simian Mobile Disco et la révélation française Yuksek). Mais la danse ultime viendra d’un DJ set époustouflant de Boys Noize. Sous une projection de boule à facette en forme de crâne, le jeune allemand fera vibrer un grand hall plein à craquer sur des sons électro-rock, puissants, maîtrisés et graisseux. Tels des trophées, il brandit ses vinyles après les avoir impeccablement mixés. Marc di Rosa


Sayag Jazz Machine
Le 27/11 à la Cigale - Paris (75).
C’est dans une Cigale initialement clairsemée, mais qui se remplira finalement, que le groupe d’electro-jazz invitait hier son public à découvrir son nouveau concept de laboratoire. Un moyen pour eux de prolonger sur scène le concept de leur dernier album No me digas. Après une première partie assurée de main de maître par le beatboxer Ezra, le groupe installe donc son labo pour 1h45 de bon son. Outre les platines, machines, contrebasse et cuivres, Sayag Jazz Machine exploite aussi tout au long de son concert des visuels très travaillés. Une jeune demoiselle vient également expérimenter sur scène les bienfaits d’une machine lui donnant visiblement beaucoup de plaisir. Les courts-métrages projetés sur le fond de la scène délivrent une ambiance tantôt inquiétante, onirique ou humoristique. Habillés en laborantins, les membres du groupe distillent une musique finalement très électronique, teintée de subtiles touches jazz ou latino par le biais des cuivres et de la contrebasse, mais aussi par celui de la guitare de leur invité Titi Robin. Mais le mélange se précipite très vite en magma purement drum’n’bass virant même vers le hardstep dans le dernier tiers du set. De quoi faire plaisir au public déchaîné. Puis étincelles, fumée et paillettes vinrent clore ce laboratoire dans un déluge sonore en forme d’autodestruction. Voilà donc un vrai retour en forme de Sayag sur scène grâce à un concept visuel et sonore des plus réussis. Jean-Sébastien Zanchi

Crédit photo (c) Philippe Levy


Soprano
Le 23/11 au Dôme - Marseille (13).
Le Dôme est plein à craquer et le public déjà conquis. Soprano du groupe de rap Psy 4 de la Rime s’est fait plaisir le 23 novembre dernier. Interprétant les tubes de son récent album solo Puisqu’il faut vivre, Halla halla ou encore A la bien, le rappeur marseillais s’est déchaîné sur scène. Avec des mini-clips diffusés sur un écran géant et de nombreux invités, Soprano a fait de son concert un véritable show. De Diam’s à Blacko du groupe Sniper, en passant par le jeune Mino et évidemment ses acolytes des Psy 4 de la Rime, le chanteur était bien entouré. L’enthousiasme de la foule se faisait pleinement ressentir et Soprano savait en rajouter pour mettre le feu à tous les jeunes présents ! Chauffant le public déjà bouillant, Soprano n’a pas hésité à rapidement diviser la salle en équipes “ Zizou “ et “ Didier Drogba “ pour savoir laquelle faisait le plus de bruits... Une ambiance qui ressemblait drôlement à celle d’un soir de match de l’OM au Stade Vélodrome ! S’il a chanté des titres amers comme Mélancolique anonyme et Comme une bouteille à la mer, Soprano a aussi rendu hommage à ceux qu’il aimait en faisant passer des sons d’IAM, Bob Marley, ou encore de la Fonky Family. Un concert de rap aux élans généreux et à l’allure véritablement marseillaise ! Annabelle de l’Epine


Stephan Eicher
Le 17/11 à L’Usine - Istres (13).
Il m’a fallu quelques semaines avant de parler de ce concert. Mon premier concert “ sudiste “. Avec le Suisse. Pourquoi prendre du temps ? Simplement car Eicher je le connais sur le bout des doigts, j’ai parcouru la France pour le voir sur scène car à mon sens, ce type est fait pour embraser les planches. Le voilà donc dans cette tournée pour défendre le très bon album Eldorado, ce disque du retour, cet album mi figue-mi raison avec du très bon (les titres en bernois ou Voyage et Confetti ; tous deux mis en texte par 2 romanciers : Martin Suter pour l’Helvétie et le complice de toujours Philippe Djian pour le reste) et le moins bon (Rendez-vous et Dimanche en décembre où Raphaël et Mickey 1D restent en dehors et hors sujet). Alors en cow-boy solitaire, Eicher revisite comme toujours ce maelstrom de tendances, de hits, avec la délicatesse d’un artisan qui prend plaisir à jouer de la musique, à jouer avec le public et parfois même avec son image. Ils sont 4, comme les mousquetaires du roi, installé sous un décor photographique qui se balance entre le noir et le blanc, l’acoustique et l’électrique, le romantisme et la nostalgie d’un Combien de temps ou d’un brutal Déjeuner en paix. Parfois électro, parfois bricolo, Reyn aux claviers, Martin Wenk débauché de Calexico et Tobby Damitt à la batterie peuvent facilement passer d’un instrument à un autre, d’un répertoire “ classique “ à une improvisation “ moderne “. Se jouant des aléas de la technique ou s’appuyant sur elle, Eicher fusionne ses personnalités et embrasse à pleine bouche son métier. Vingt ans d’une vie artistique pleine de hauts et de bas, de pleins et de vide, résumé en 2 heures de concert. Cet homme est un mystère qui ne se dévoile que rarement, par chance ce soir-là, nous avons eu le bonheur de partager un moment unique et remettre un nom sur la flamboyance. Impossible donc de le cataloguer, de l’enfermer dans un set calibré, où de préciser l’atmosphère. Cela ne s’explique pas : cela se vit ! C’est peut-être ce qu’on appelle le rock n’roll ? Pierre Derensy


Admiral T
Le 15/11 à l’Espace Julien - Marseille (13).
En première partie d’Admiral T, le DJ Crazy D faisait tourner ses platines avec du bon son dancehall. De Capleton à Damian Marley, en passant par Jah Mason, Crazy D a su nous mettre l’eau à la bouche… Quelques minutes plus tard, Admiral T a débarqué sur scène face à un public (antillais pour la plupart) décidé à reprendre chacun de ses titres et profiter de cette soirée chaleureuse. Avec sa voix envoûtante et sensuelle, le chanteur dancehall a aisément su emporter chacun dans son univers. L’artiste qui semblait ravi de jouer à Marseille n’a pas hésité à démontrer sa bonne humeur, sa générosité et son talent indéniables. Dansant, chantant et sautant, le public s’est régalé de l’interprétation du titre Les mains en l’air ou encore Rev an mwen. D’une énergie débordante et partageant un réel plaisir d’être sur scène, Admiral T a expliqué la plupart de ses morceaux pour ceux qui ne comprenaient pas le créole... Prônant la tolérance et le respect, l’artiste s’est défendu face aux associations de défense des droits des homosexuels qui ont fait annuler certains de ses concerts. L’artiste a également chanté pour son île avec Gwadada et l’ambiance continuait à monter en puissance ! Illustrant son goût pour le zouk avec quelques dignes déhanchements, Admiral T a offert à tous un pur moment sous la couleur des Antilles. Une soirée dancehall unique à la hauteur du jeune guadeloupéen ! Annabelle de l’Epine


Tiken Jah Fakoly
Le 09/11 à l’Usine - Istres (13).
Glacée par le fort mistral qui sévissait aux alentours de Marseille, la foule s’agglutinait devant les portes de l’Usine affichant complet. Interprétant Le pays va mal ou Le balayeur de son album Françafrique, l’artiste reggae ivoirien a envahi la scène à l’heure avec son énergie habituelle. S’il a usé avec talent et sincérité des mots comme des rythmes pour crier sa colère, Tiken Jah Fakoly n’a pas hésité à se faire le porte-parole d’une population ivoirienne insurgée contre tous les maux qui touchent l’Afrique. Et justement : « Ce soir, on va beaucoup parler de l’Afrique, pour que vous sachiez ce qu’il s’y passe » a précisé le chanteur avec foi et conviction. Après L’Afrique doit du fric, Tiken Jah a invité chacun à découvrir son continent sur le morceau très reggae Viens voir de son dernier album. Le public était réceptif, presque admiratif de cet artiste à la voix rauque et la danse effrénée. À noter d’ailleurs la magnifique interprétation de Ma Côte d’Ivoire, très mélancolique et quasiment a capella. Évoquant la politique d’immigration de Sarkozy, l’artiste a naturellement enchaîné avec son tube Ouvrez les frontières. Révolté et indigné, Tiken Jah a su défendre ses croyances et partager ses espoirs et son message avec la foule présente. Porté par de bons rythmes reggae, chacun est reparti de ce concert plongé dans la douceur et la bonne humeur de la terre d’Afrique… Annabelle de l’Epine


Astonvilla / Medi & The Medecine Show
Le 08/11 au CAL Bon Voyage - Nice (06).
En cette soirée d’automne, un concert extraordinaire s’est joué. Celui d’Astonvilla ! En première partie, un artiste bien étrange, Medi, qui fait son one man show acoustique en compagnie de son amie la guitare sèche. Chansons à texte plutôt sympathiques et en français s’il vous plaît ! Bientôt, arrive enfin le groupe que tout le monde attend : Astonvilla et son leader charismatique Fred, au physique atypique pour un chanteur. Pendant plus d’une heure et demie, le groupe mêle toujours autant rock puissant et mélodies prenantes. Quel bonheur de retrouver des titres comme Un million de lézards ou Le chien, le public est en symbiose complète à moins d’un mètre du groupe. En pleine euphorie et dans une liesse totale, mais toujours avec humilité, Astonvilla a su prouver encore une fois qu’il était de loin l’un des meilleurs groupes rock de cette décennie dans notre hexagone. Complicité, partage et proximité résumeront assez bien ce qui s’est passé côté public lors de ce concert. Revenez-nous vite les Aston. Justine Sirkis


Rencontres de Jazz à La Gaude
Du 10 au 16/11 à La Gaude (06).
Beau programme pour ces onzièmes Rencontres de Jazz à La Gaude : quatre concerts au So What, des animations pour les scolaires tout au long de la semaine, une exposition à la Coupole (très belles photos de Gérard Demonchy et une étonnante sculpture “ totem ” d’Alain de Fombelle). Mais aussi, deux soirées de concerts à la Coupole : Yadès quartet, Ryoko Nuruki, la Cie So What (avec Eric-Maria Couturier improvisant devant les images du court-métrage “ A propos de Nice ” de Jean Vigo) et le Riviera Quintet de J.M Jafet (Fred D’Oelsnitz, Yoan Serra, Emmanuele Cisi) invitant Christian Escoudé. Très riche, aussi, la liste des candidats aux Trophées du Jazz de la Côte d’Azur 2007. A Tree for Two (Charlie Laz) a reçu le premier prix. Le second a été attribué à Tri. X (Vittorio Silvestri), et le “ prix spécial du jury récompensant un musicien soliste ” est allé au guitariste Richard Seigle. Tous étaient d’ailleurs programmés au cours d’une semaine aux nombreux moments forts. Daniel Chauvet


Maurane
Le 09/11 à la Palestre - Le Cannet (06).
Au milieu du public, Maurane entame ce “ tour de chant/tour de force ” par Sur un prélude de Bach, l’une de ses plus belles chansons, et d’emblée, l’auditoire est conquis. Plus de vingt autres suivront (dont un medley étourdissant de 12 de ses compositions en une minute trente...) sans que jamais l’émotion ne faiblisse. Une voix merveilleuse (qui se passe parfois de micro) timbrée, puissante, juste, et un contact intime avec le public à qui elle fait des confidences: « Je revendique la ligne courbe... je suis gourmande... la maîtresse qui m’a appris à lire et écrire est dans la salle, je suis émue ». Offrant ensuite le champagne (seulement six coupes, certes, mais quel symbole !), elle dialogue, plaisante, s’amuse, et partage son plaisir (ah, ses vocalises lorsque le public reprend L’un pour l’autre, tout un symbole, là aussi). Deux heures d’un bonheur simple, mais intense. Daniel Chauvet


Vanessa Paradis
Le 08/11 au Palais Nikaïa - Nice (06).
Par son parcours fait de prises de risques et d’intransigeance dans sa vie privée, Vanessa Paradis ne peut qu’inspirer de la sympathie. En ce qui me concerne son côté femme enfant, son chant murmuré ou son physique longiligne ajoute à l’estime sincère que j’ai pour elle. À l’inverse j’ai une totale antipathie pour -M-, sa voix de castra et sa façon d’en faire des tonnes me fatigue. Pourtant le dernier album de Vanessa écrit par le fils Chedid ne me déplait pas, je trouve qu’il a su se faire discret et a écrit quelques singles imparables, adaptés à la voix susurrée de la demoiselle. Sur scène, j’espérais avoir droit à un grand spectacle son et lumières où Vanessa puiserait à souhait dans ses 20 ans de carrière. Quelle ne fut pas ma déception quand, à l’entrée du groupe, je reconnus le guitariste à sa droite : -M-, et mince la soirée était foutue d’entrée pour moi. Heureusement le fils Chedid su se faire modeste, assurant son rôle de chef d’orchestre en évitant de tomber dans des solos trop aigus, avec la seule ambition de se la péter. À ma grande déception, Vanessa joua en écrasante majorité ses morceaux les plus récents, oubliant bien souvent ses deux premiers disques qui restent de loin les meilleurs de sa carrière, notamment le sous estimé Variations sur le même thème écrit par le grand Gainsbourg. Son jeu de scène est basique mais néanmoins efficace, une danse du ventre sensuelle volée aux milles et un nuits. Le show light est lui très limité ce qui fait que tout repose sur les musiciens au demeurant excellents. Albin de la Simone au clavier en fait toutefois trop. Une soirée en ce qui me concerne mi-figue mi-raisin en raison de la présence -M- (bien que je reconnaisse que son effacement me le rend agréable car simple et non orgueilleux). Mais mon avis ne semble pas partagé par l’immense majorité du public (principalement féminin entre 30 a 40 ans) à voir les sourires et les rappels nourris d’applaudissements. Simon Pégurier


Massilia Sound System
Le 18 octobre dernier à l’occasion de leur concert à Nice, nous avons pu rencontrer le groupe marseillais Massilia Sound System, qui était venu défendre son dernier album sur la scène du théâtre Lino Ventura. Nous avons profité de cette occasion pour en savoir un peu plus sur Oai e libertat, leur dernier opus. Depuis plus de 20 ans Massilia Sound System n’a pas changé de fusil d’épaule et tant mieux car nous avons vraiment besoin d’un groupe aussi original que l’est Massilia Sound System, à une époque où l’industrie de la musique tend de plus en plus vers le formatage musical pour répondre aux exigences des diffuseurs et des grands décideurs des maisons de disque. Oai e libertat arrive comme un ovni dans cette industrie. Gary, membre du groupe nous confie que Oai e libertat a été conçu au feeling et simplement sans prise de tête. L’important était de rester fidèle à eux-mêmes, au style et aux messages qu’ils ont su imposer depuis le début. Dans ce nouvel album, il y’avait une volonté de retour aux sources dans l’esprit du 1er disque. On y retrouve des morceaux contenant de vrais messages, d’autres plus taillés pour la fête, le tout en Occitan (pour le côté régional du groupe) et en français. Un vrai album complet qui mérite vraiment un gros succès. Les fans du groupe ne seront sûrement pas déçus. Côté concert, Massilia Sound System n’a de leçons à recevoir de personne puisque le groupe est avant tout un groupe de scène. C’est ce qu’ils préfèrent nous dit Gary et nous avons pu nous en rendre compte lors de leur passage au Lino Ventura à Nice. Un très bon concert dans une bonne ambiance où tout le monde danse et à la fin tout se termine en farandole. Aboubacar


Tom Mc Rae / Dawn Landes
Le 17/10 au Cabaret Aléatoire - Marseille (13).
Le public était peu nombreux, mais très réceptif. En première partie, Dawn Landes, une jeune américaine toute seule sur scène avec sa guitare et sa boîte à rythme, a su chauffer la salle. Mc Rae est arrivé une petite heure après, accompagné d’un organiste (accordéoniste à ses heures), et d’un violoncelliste. On regrette l’absence d’une batterie, comblée en partie par l’injection d’un beat sur certains morceaux. Tom Mc Rae a su ravir ses fans en leur offrant la quasi-totalité des titres de son premier album. Entre deux morceaux, il n’hésitait pas à lâcher quelques blagues, dans un français plus que correct. Bien sûr, quand on va écouter Tom Mc Rae en live, mieux vaut laisser ses problèmes de côté. En clair : dépressifs, abstenez-vous. L’artiste le dit lui-même en introduisant ses morceaux : « And now, another sad song ». Confiant et communicatif, il a souvent fait participer le public. On se souvient notamment de la salle séparée en deux et se répondant sur Dose me up. Le so British Mc Rae a assuré deux rappels, aux cours desquels il a joué les sublimes You cut her hair et The boy with the bubblegun. En fait, il nous a donné ce que l’on attendait, c’est aussi simple que ça ! Virginie Ratto


Ultra Orange & Emmanuelle / Axelle Red
Le 27/09 au Palais des Festivals - Cannes (06).
C’est une lapalissade, mais les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant le vieillissement. Emmanuelle Seigner doit avoir environ 45 ans et quand elle se déguise en méchante rockeuse, il y a quelque chose d’étrange, de périmé, c’est sûr, les lois de l’attraction font que tout tombe… mais c’est peut-être aussi dû à l’image précieuse qu’elle a en tant qu’actrice. Je me moque du physique, l’important c’est la musique et là, rien à dire, la réunion entre Emmanuelle Seigner et Ultra Orange, c’est la claque. La référence évidente est le Velvet, mais aussi les Stooges. Toutes les guitares sont en avant, les étonnants larsens de la guitariste sans doigts sont hypnotiques, mais les accalmies guitares voix sont là aussi pour faire tomber la sauce, avant de repartir dans les grands huit. Même si physiquement on ne peut être et avoir été, Emmanuelle a quand même de la classe dans son jean noir et T-shirt Hendrix. Ses déhanchés, son sensuel et son air de blonde allemande la rapprochent de Nico ou Kim Gordon. Ah oui, la tête d’affiche, c’était Axelle Red, et bien, c’est de la bonne variété ou du mauvais Vanessa Paradis. J’entends une féministe se plaindre : « une femme, ça devient jamais pathétique comme un homme chauve et bidonnant avec un ventre Kanterbrau l’empêchant de se voir pisser ». Merde elle a raison. La vieillesse c’est une même déchéance pour les mecs et les filles… Seul le rock ’n’ roll nous rend éternellement jeunes dans nos têtes, alors remets moi une dose de décibels. Simon Pégurier


Steve Hogarth, l’enchanteur solitaire
Le 16/09 au Poste à Galène - Marseille (13).
Cette soirée passée avec le chanteur de Marillion fut réellement prodigieuse. Steve Hogarth a captivé deux cents personnes, deux heures et demie durant, avec pour seul atout sa voix et un piano électrique. Le défi était pourtant de taille car la set list était des plus intimistes. Notre homme a choisi le dépouillement pour présenter ce concert : un candélabre posé sur une table derrière lui et quelques bougies au sol furent les seuls éléments de décor. Le don, le charisme et cette sorte d’aisance naturelle que Steve dégage font que cet exercice de style piano/voix, qui pourrait être très périlleux pour tant d’autres, coule de source. Et le plus unique qui apparaît dans ce spectacle est l’émotion, une émotion réelle, sincère, partagée par tous. Il suffisait d’entendre les commentaires élogieux de chacun à la sortie du concert. Tout est dans l’authenticité. Quand sa voix s’élève, elle touche réellement au cœur. Cela s’appelle la grâce. Il est réjouissant de voir que l’authenticité perdure et qu’il reste encore des artistes capables de faire partager une émotion véritable, totale et sincère. Raymond Sérini


Benjamin Biolay
Le 13/09 à La Cigale - Paris (75).
C’est entouré de trois joueurs NBA dont Dirk Nowitzki, ou du moins de leurs silhouettes en carton-pâte, que Benjamin Biolay nous a livré son premier concert depuis deux ans. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il a apprécié son retour sur scène autant que son public. Venu défendre l’impeccable Trash yéyé, on sent que BB se fait plaisir dès qu’il joue en groupe. Alternant piano, guitare et même trompette, mais seulement de dos (Je joue trop mal), il a su adapter ses compositions, même les plus arrangées, à l’énergie bien plus rock de ses musiciens live. Si Rendez-vous qui sait ou Regarder la lumière s’en sortent ainsi logiquement, on est tout aussi emballé par les superbes versions de Négatif ou A l’origine, deux chansons qui foisonnent originellement d’arrangements luxuriants. Mais c’est sans compter le talent sans borne du garçon qui a su parfaitement tirer le meilleur de cette formation. Mimant presque parfois une gestuelle de rappeur (il est un grand amateur du genre), Biolay n’est finalement pas des plus à l’aise une fois les mains libérées de tout instrument. Cela ne l’empêche pas de réaliser deux heures d’un concert intense où il n’oublie jamais de lâcher quelques bons mots : Nuage noir, dédiée à Mickaël Landreau au lendemain du désastreux France-Ecosse ou encore “ la vraie bonne poésie ” d’Une chaise à Tokyo qui fait mouche auprès du public. Benjamin Biolay est donc de retour en forme, ou la seule vraie bonne nouvelle de la rentrée. Jean-Sébastien Zanchi


Festival de Nîmes : Arcade Fire/Artic Monkeys...
Il est toujours troublant de constater à quel point les goûts musicaux varient en fonction de l’âge. La soirée à double tête d’affiche Arctic Monkeys-Arcade Fire a été une fois de plus frappante par ce clivage. Tout d’abord les gamins d’Arctic Monkeys ont déchaîné les moins de 25 ans par un rock endiablé à l’énergie débordante, où la culture rock est revisitée a 300 km/h, le sprint étant lancé par un batteur extra-terrestre par sa vitesse de jeu alors qu’encore juvénile. Les gamins ne se prennent pas le chou, ils enchaînent pendant 1h20 hit sur hit où chaque note est imparable. À 35 ans je craignais de trouver cela un peu vain, trop jeune et bien non ; si le show avait duré un petit quart d’heure de moins cela aurait frôlé la perfection. À la pause, chassé-croisé, les filles de moins de 25 ans avec des gouttes de sueur qui dégoulinaient sur leur poitrine, croisaient en regagnant l’arrière des arènes les mecs trentenaires qui prenaient leurs places pour assister au concert de l’actuel meilleur groupe du monde Arcade Fire. Pendant 1h30 ce fut un feu d’artifice sur scène, les 7 canadiens et 3 canadiennes multi instrumentistes proposaient une musique très symphonique et mélodieuse faite de longues montées pour atteindre des pics vertigineux, interprétée avec des instruments multiples et souvent inconnus de moi. Tout en jouant leur répertoire, il s’amusaient comme des enfants changeant d’instruments constamment, parfois même pendant un morceau, se courant après en se chamaillant, envoyant caisse claire et tambourin dans le ciel, le tout en gérant à la perfection la set list où il n’y eu aucun temps mort, nous offrant même une surprenante reprise de Gainsbourg-France Gall. Confirmation : Arcade Fire est bien actuellement le meilleur groupe du monde sur disque, mais aussi sur scène, François Bayrou ne s’y est pas trompé puisque il les a choisis pour interpréter la musique de fond du MoDem. En début de soirée Albert Hammond Jr (le guitariste des Strokes) avait proposé une trêve générationnelle en imaginant la rencontre entre les Beatles et la distorsion. Dommage que son concert fut à la limite de l’audible, le son étant vraiment trop fort, rendant difficile l’écoute de sa musique pourtant évidente. Mon gars, le rock ce n’est pas que des larsens et un look du feu de Dieu, tu te nuis tout seul. Le rock qui était au départ une musique de révolutionnaires créant des scissions familiales est aujourd’hui, la preuve en est, intergénérationnel. Les pauvres Who doivent se sentir bien ridicules avec leur morceau de bravoure : I hope I die before I get old (Talkin’ ’bout my generation). Simon Pégurier


Festival du Gapeau : Lubie / Kami / Dugs / Némésys
Le 25/08 à Solliès-Toucas (83).
En cette fin d’été, il reste encore quelques festivals… Direction Solliès Toucas et le festival du Gapeau, avec une programmation intéressante. Lubie, jeune groupe toulonnais démarre le show au son des guitares électriques. Kami, lauréat du Class’EuRock 2007, chauffe le public dans un anglais parfait aux rythmes endiablés de Dance et Her eyes on me. Le soleil se couche sur la scène… Kami cède ensuite la place au groupe Dugs. Au punch de la voix ragga de Stef s’ajoute la force du rock, du hip hop et de l’électro. Les mots sont sans pitié, la musique est puissante, le cocktail est détonnant !! Némésys viendra clôturer le festival avec une mise en scène “ messénique ”. Jenny la danseuse, tantôt pantin désarticulé, tantôt princesse d’un autre galaxie, se déhanche fougueusement. CNX, VII et Xénon nous entraînent dans une autre sphère… au rythme de Space requiem, Rael’song et Roadroller. Séduisante et envoûtante, leur musique électro semble monter au ciel. Le public ne tient plus et fait exploser les barrières qui les éloignent encore de la scène ! C’est la folie. Le show se termine dans un déluge de fracas d’instruments et un gros délire de la part du groupe. On en redemande !!! Justine Sirkis


Nuits de Juan : Tryo / Kana / Flow
Le 26/07 à la Pinède Gould - Juan les Pins (06).
Avec une scène “ à mer ouverte ”, portée par une tête d’affiche telle que Tryo, la Pinède Gould a rayonné toute la nuit. Une soirée vive, joyeuse et poétique, démarrée par des premières parties talentueuses, enflammées et enragées : Kana et Flow. Le reggae efficace de Kana croque un public de fans “ tryoliens ” sans répit, avec entrain et énergie. Ayant déjà assuré quelques premières parties de Tryo, Flow succède à la difficile deuxième place pour chanter un univers entre Piaf et Mano Solo. Pari réussi : un groupe sincère, exigeant, émouvant et à surveiller. Puis, Tryo est accueilli par un public en délire, impatient et respectueux. Déchaîné, avec de nouveaux arrangements, le groupe aligne classiques (G8, Yakamonéyé, C’est du roots...), nouvelles chansons (L’homme se réveille, L’air du plastique), ose même All you need is love des Beatles. C’est une réussite. Après une pause de plus d’un an, le quatuor garde intact l’amour de la scène. Et celui du public... Jeoffroy Vincent


Christophe Maé
Le 18/08 au Théâtre de Verdure - Nice (06).
Comme un air de Jamaïque résonne au Théâtre de Verdure ce soir… servi par un Christophe Maé très en forme. Maé c’est beaucoup plus que ce que la plupart des gens pensent, pas un chanteur de variété, mais bien un enfant du reggae ! Étonnant, fragile, et homme de scène sans l’ombre d’un doute, Christophe se donne sans compter ! Les incontournables On s’attache et Parce qu’on sait jamais, les deux premiers singles de son album Mon paradis font partie du show. Émouvant aussi sur Spleen, les musiciens sont excellentissimes (un bassiste-percussioniste très classe) et le son est teinté de mille couleurs de l’Afrique. Christophe ressent ses influences et nous les fait partager généreusement. Un petit clin d’œil au frère du roi avec Ca marche et Et vice Versailles, le public est en folie, surtout le premier rang qui hurle à chaque mouvement du chanteur. La fosse bouge comme jamais, communion et tolérance, le message est bien passé Christophe ! Justine Sirkis


SONAR 2007
Pour la 14ème édition du « Barcelona International Festival of Advanced Music and Multimedia Art », Sonar a confirmé qu’il est bien plus qu’une institution pour les aficionados des «musiques avancées», et qu’il incarne bel et bien le papa de tous les festivals de musiques électroniques, du moins à l’échelle européenne. Celui sans qui il n’y aurait jamais eu Nordik Impakt, les Nuits Sonores ou Marsatac. Notre virée catalane débute jeudi soir en off, où après avoir été bousculés 30 minutes sur un quai, nous arrivons à accéder à la soirée Vice sur un bateau feu qui n’a absolument rien à envier au Batofar, si ce n’est son sound-system. Un open bar ambiancé par les DJs d’Institubes qui n’arriveront jamais vraiment à s’imposer face au déplorable système son. Nous continuons ensuite notre soirée du côté des plages de ‘forom’ où quelques milliers de personnes étaient réunies autour de 4 scènes, en plein air ou sous chapiteau, et de Craig Richards aux platines et de quelques dizaines de DJs en devenir ou en vogue en Angleterre et en Espagne. On retiendra le live du français qui monte From Karaoke to Stardom. Le lendemain, on passe aux choses sérieuses. Le Sonar by Night nous offre une affiche dont on ne veut pas perdre une miette. Beastie Boys en entrée et on se prend une véritable gifle. Les messieurs habillés de costumes et de lunettes noires ont la classe et déambulent sur une scène riche en lights shows époustouflants et en visuels totalement innovants (Pfadfinderei). S’enchaînent des morceaux tantôt hip-hop, tantôt punk, tantôt instrumentaux, totalement Beastie Boys en somme. Un set list pertinemment bien choisi avec des interludes de Check your head, des titres de Paul’s boutique, de Licensed to Ill ou des hymnes comme Sure shot, Intergalactic ou Root down. Tout cela rehaussé des meilleurs scratchs de Mix Master Mike que l’on a pu admirer sur écran géant. Un final complètement ravagé, dédicacé à Georges Bush sur un « Sabotage » où Money Mark n’hésitera pas à se jeter sur ses claviers. 1H45 de pur bonheur, où pour nous, le temps s’est arrêté... À peine le temps de reprendre nos esprits que le Sonar Lab nous absorbe dans le nouveau son du moment, le dubstep. Le temps de prendre une bière et Kode 9 et son MC Spaceape nous chamboule déjà tous les sens. C’est sûr, ce mélange complètement nouveau de roots dub, de samples, de boucles électroniques, basé sur de bien percutantes infrabasses va en dérouter plus d’un, surtout quand Skream arrive aux manettes. S’en suivent les sets de Spacek, de Richie Hawtin (un peu rigide), de Timo Maas… Après le set de Justice, s’enchaînent les sets de Digitalism et de Simian Mobile Disco, un peu trop tous dans la même veine. Il nous faudra assister au show de Dizzee Rascal pour recevoir une nouvelle claque. Nous terminons cette nuit dans les merveilleuses auto-tamponneuses de la scène extérieure du Sonar Lab... puis du Fuck Sonar installé à trois pâtés de maison de la grand messe Sonar. Ambiance Mad Max au possible... On se dirige plus tard au Sonar By Day situé dans le centre historique de Barcelone et là, c’est la stupéfaction. Après avoir traversé un cloître façon 18ème siècle qui fait office d’espace presse, le parcours musical, assemblé autour du Macba (musée d’art contemporain de Barcelone) et du CCCB (centre culturel catalan) débute dans la cour du Sonar Village. Cette scène regroupe un public massé de ravers, de danseurs, de fêtards, de touristes, de professionnels et où le Bureau Export français présente à ce moment-là les perles hip-hop d’Hocus Pocus et C2C. Plus loin le Sonar Dome vit un moment de pure osmose entre Claro Intelecto et son public. Mark Stewart livre là un très bon live « Detroit » tout droit sorti de ses « Warehouse sessions ». Ailleurs, on s’écarquille rapidement dans le Sonar Complex du Macba devant KTL un mélange d’electronica radical et de black metal, le tout dans une salle sur-enfumée, avant de constater que le Macba est ouvert à la visite (l’équivalent espagnol de notre Centre Georges Pompidou). On y découvre une sélection d’installations sonores et visuelles articulée autour du format de son 5.1. Le plus troublant fut peut-être de découvrir ensuite que le CCCB offrait l’opportunité de prendre l’ascenseur, de descendre au 3ème ou au 4ème, de tomber sur un live techno explosif, de pouvoir danser bière à la main entre différentes oeuvres d’art et d’installations visuelles sur un sol de marbre, et à proximité d’un escalator qui nous permis de redescendre au sous-sol pour regarder par exemple « Zidane un portrait du 21ème siècle » au SonarCinema ! Sans oublier, les stands de labels, les conférences et les clips sortis de « je-ne-sais-où ». Bien plus qu’une manifestation où se côtoient les plus grands artistes electro (pour rester large), où se confrontent les nouvelles tendances artistiques, plus qu’une liste d’activités de découvertes, l’expérience Sonar va au delà de la révélation musicale ou visuelle. Sonar est un regroupement extraordinaire de professionnels, d’artistes et d’un public extrêmement positif venu d’Espagne, d’Angleterre, des Pays-Bas, d’Allemagne, du Brésil, d’Argentine ou du Japon, tous ouverts à la rencontre, à la participation réelle et à l’expérience unique. Merci et à l’année prochaine ! G. Villoutreys

Crédit photo © A.Rety


Devendra Banhart
Le 21/08 à l’Européen - Paris (75).
Voilà Devendra. Bagues à (presque) chaque doigt, bracelets qui s’entrechoquent, ballerines argentées, jean serré, chemise cintrée, maquillage noir et cheveux longs, très longs : voilà Devendra. L’air de rien, tel un ange d’un autre temps, le néo-hippie américain Devendra Banhart et ses quatre acolytes ont posé leurs amplis mardi 21 août dans l’antre du chaleureux Européen, place de Clichy, à Paris. «Samba de Pele Preta», «Freely», «Little Yellow Spider», ou encore «Bandera», Devendra Banhart a enchaîné les titres tantôt mélancoliques, tantôt énergiques, toujours justes, de ses précédents albums et de son dernier opus : «Smokey rolls down thunder canyon», qui compte notamment un «Shabop shalom» des plus réussis. Avec son public il s’est amusé, avec son micro il a dansé et avec ses amis il a ri. Une attitude qui n’est pas sans rappeler le titre-phare extrait de «Cripple crow», «Feel just like a child». Céline Rastello

Crédit photo (c) Fábio Nascimento.


Pantiero
Du 16 au 19/08 sur la terrasse du Palais des Festivals - Cannes (06).
Fini le temps des doutes, Pantiero, le festival cannois de musiques actuelles, s’est affirmé. Pour sa sixième édition, il a connu un bel engouement ; les soirées du week-end ont fait le plein, si bien que sur la terrasse du palais des festivals, l’énergie était palpable. D’ailleurs, les attentes des festivaliers semblaient claires : danser et vibrer. Marque de fabrique de Pantiero, la programmation musicale de qualité reflète les tendances de l’année, en matière de hip hop, rock et électro. En 2007, la musique électronique a repris des couleurs, en cassant les barrières entre les genres. Sur des rythmes appuyés, les influences disco, rock et pop sont passées à la moulinette électronique. Les danseurs auront été satisfaits par les excellentes prestations des canadiens Mstrkrft (prononcer “ Mastercraft ”) et du français Vitalic. Très attendu, le duo Justice a livré l’une de ses rares prestations live, enregistrée et éclairée par les téléphones portables des festivaliers. Entourés par deux murs d’enceinte (inactifs), les deux parisiens ont remporté un franc succès, même si leur live pâtit de quelques temps morts. Un écueil évité par les convaincants Digitalism. Indissociable de Pantiero, le hip hop a tenu le cap avec un subtil mix à quatre platines de Cut Chemist et un show énergique des Dilated Peoples, tandis que Wax Tailor a fait apprécier ses ambiances cinématographiques. Plutôt silencieuse pour une rappeuse, Princess Superstar a mixé des titres dance racoleurs, dignes des pires discothèques de la banlieue parisienne. Au chapitre découverte, Pantiero a distingué les français Teenage Bad Girl et les portugais Buraka Som Sistema. Du côté des guitares, The Rakes n’a pas déçu, alors que CSS a paru bien terne. Marc di Rosa


Arc en Roll
Le 04/08 aux Arcs (83).
Le petit village des Arcs, près de Draguignan, a accueilli pour la cinquième édition consécutive, le festival Arc en Roll. Quatre groupes s’y sont partagés la scène dans le théâtre du Real. Les Rats Colleurs, duo multi-instrumentiste (Geoffrey Neau et Xavier Fernandes), ont ouvert le bal avec humour et rock’n roll attitude. Des Beatles aux Red Hot en passant par Police, REM ou encore James Brown, les deux compères ont traversé les époques des années 60 à nos jours ! Du 100% live. En deuxième partie, Pur Malt continuait de mettre l’ambiance au théâtre. Venais enfin Sludged Wendy pour nous entraîner alors dans leur univers rock grunge totalement psychédélique. Les Sludged font monter la température tant et si bien que l’ampli du bassiste Henry en vient à griller. Après 20 minutes de coupure, c’est reparti de plus belle, le tout desservi par la voix charismatique de Franck et le coup de baguette de Zez. Le festival se clôturera par le groupe AMX, toujours dans la lignée rock… Bref, du très bon son toute la soirée et un super moment de détente avec tout ses artistes amoureux et passionné de musique. À ne manquer sous aucun prétexte l’année prochaine ! Justine Sirkis


Crest Jazz Vocal
Du 29 juillet au 4 août à Crest (26).
Le jazz à Crest, c’est toujours un moment de voyage et de partage. Pour sa 32ème années, en plus d’une météo clémente, la programmation était une fois de plus à la hauteur. Avec un Manu Katche en grande forme et la voix superbe de Mina Agossi, qui a débuté ses vocalises en participant au concours de jazz vocal de Crest. Le charme nordique de Victoria Tolstoy et la pertinence du groupe suédois E.S.T dont la musique n’a pas manqué de courtiser l’inexplicable et l’exception. Ronald Baker Quintet et Dianne Reeves pour un soir de jazz plus traditionnel dans le style de la noire Amérique. L’avant dernier soir avait des sonorités de jazz latino avec Omar Sosa et la troupe Africando. Et puis, vint le dernier soir et Goran Bregovic accompagné de son orchestre des mariages et des enterrements. Des rythmes mélancoliques et des airs joyeux pour servir avec charme et sourire la musique balkanique comme un véritable maestro. Du grand, du très grand et c’était à Crest, qui a désormais gagnée sa réputation de capitale de la voix dans le jazz. Cristel Bérard


Kality Street Festival
Smoof / Paingels / Les Wampas
Le 03/08 sur l’Esplanade Guy Mocquet 2 - La Garde (83).
Dans la douce chaleur du Var, à La Garde précisément, s’est déroulé un festival coloré et étonnant : le Kality Street Festival. Pas de sucreries à l’entrée mais une ambiance sympathique et un public vibrant tout au long de cette soirée du 03 août. Premier concert reggae-rock programmé vers 20h30 avec le groupe Smoof. Leur atmosphère métissée, vibrante et touchante, dans une recherche permanente de nouvelles sonorités, transmet un message universel de tolérance et de paix. Puis Paingels, trio pop-rock toulonnais, termine de chauffer les derniers retardataires. Les riffs de guitares résonnent dans l’air, frisant parfois avec l’electro, et la voix d’Eliz, la chanteuse, s’envole dans le bleu de la nuit… Les Wampas, la tête d’affiche de cette soirée, arrivent enfin ! Et, ils nous livrent un show extraordinaire à mi-chemin entre l’improvisation et l’anarchie du punk. Didier monte tantôt sur le toit d’un hangar, tantôt casse sa guitare, ou encore viens chanter au milieu de la foule surexcitée, laquelle en redemande ! Les Wampas clôturent le spectacle en faisant monter des filles sur scène et Didier redescend dans la foule faire des bisous à tout le monde ! Justine Sirkis


Jacques Higelin
Le 31/07 au Théâtre de Verdure - Nice (06).
En sortant d’un concert de Jacques Higelin, que dirait aujourd’hui l’auteur de “ monsieur 100 000 volts ” ou encore du “ fou chantant ”, heureuses formules destinées jadis à Gilbert Bécaud ou à Charles Trenet… ? Bondissant de la guitare (acoustique) au piano (sur lequel il s’asseoit aussi parfois, brièvement, entre deux pas de danse, façon pantin désarticulé), Jacques Higelin reste rarement immobile derrière un micro, sinon, lunettes chaussées, le temps d’une chanson qu’il s’excuse de ne pas avoir bien mémorisée. Surmontant avec humour quelques tracas inhérents au “ live ” (retours mal réglés, spectateurs un peu envahissants, lumières violentes) et, luttant avec courage contre une trachéite tenace, il s’impose par la qualité de ses textes et de ses musiques, repoussant au second plan, par la seule force de sa “ présence ” en scène, ses brillants accompagnateurs (guitare, claviers, contrebasse, perc, dms). Les reliant par quelques mots comme les strophes d’un récit onirique, il enchaîne ses chansons avec frénésie (Le minimum, Je veux cette fille, Ice dream, Se revoir et s’émouvoir, Tombé du ciel, Prise de bec, Cigarette, Crocodaïl, La femme au coeur d’acier, Ici c’est l’enfer, Queue de paon, Champagne, Tête en l’air, entre autres). Ravi, le public se laisse avec délices prendre au piège de cet univers poétique. Enfin, à bout de force et presque aphone, Jacques Higelin quitte la scène... après plus de deux heures, en s’excusant de ne pouvoir donner davantage... Belle leçon d’intégrité et d’humilité. Daniel Chauvet


Nuits de Juan
Kaolin / Superbus
Le 27/07 à la Pinède Gould - Juan les Pins (06).
En cette soirée d’été, il fait faim, faim de musique, de rêverie et faim de rock… Au menu, Kaolin, groupe venu de Montluçon. Peu de monde en terrasse de la Pinède. Les premières notes résonnent au coucher du soleil… Guillaume, le chanteur, nous enlève et nous emmène sur leur montagne. Un voyage où l’amour s’installe tout au long des 60 minutes de show. Partons vite, jolie ballade romantique, nous berce, mais ceci n’est jamais qu’un pâle reflet de ce que vaut réellement Kaolin sur scène. Car le final est torride ! Olivier le batteur termine le set, debout en équilibre et en chaussettes à jouer sur son instrument ! Quelle folie ! La Pinède s’est remplie… pour venir écouter maintenant la tête d’affiche de la dernière nuit du festival. Superbus et la jolie Jennifer Ayache enchaînent les morceaux avec une énergie débordante ! En fond de scène, un WOW gigantesque s’illumine au fil des chansons de mille couleurs. Le public sautille dans tous les sens entre Radio song, Le rock à Billy et autre Ramdam… Une prestation honnête et acidulée du plus français des groupes de rock ! Justine Sirkis


Nu-ziQ
Du 01 au 04/08 au Smarties, au Hi Hotel et au Théâtre de Verdure - Nice (06).
Depuis 4 ans, Nu-ziQ s’emploie à proposer à Nice un festival qui met en lumière cultures urbaines et musiques électroniques. Rendez-vous était donc prit au Smarties pour la soirée d’ouverture afin d’apprécier le mix électro, hip-hop disco du jeune et énergique anglais Riton. Le lendemain c’était au tour de Zero DB (représenté par Chris Vogado) de faire résonner ses grosses basses et ses sonorités tropicales dansantes au sein de l’Hi-Hôtel. Pour les agapes finales, il fallait être au Théâtre de Verdure pour applaudir le vendredi, les niçois de Soul Breakerz, s’étonner devant les prouesses vocales d’Ezra (Human Beat Box), apprécier la technique et la sympathie de Kid Koala pour enfin suivre le set dense et massif d’Amon Tobin. Samedi soir, le trio antibois de Mandrac ouvrait les débats puis l’ambiance montait d’un cran avec le set de Chris de Luca et Phono. Enfin le duo allemand Modeselektor, accompagné du VJ Pfadfinderei, nous offrait au cours de son live dansant la primeur de nouvelles chansons (avec TTC en featuring notamment) que l’on retrouvera sur l’album intitulé Happy birthday à paraître en septembre prochain. Cette année encore, cet événement à la fois visuel et sonore a su attirer un public réceptif et enthousiaste qui s’est manifesté tout au long de ces 4 jours de fête. Benjamin Brégeaut


Le Mas en Concert
Babet / Houdini
Le 11/08 au Mas des Escaravatiers - Puget sur Argens (83).
Jean Louis Murat le dit : la robe rouge de PJ Harvey est la preuve de l’existence de Dieu. Je pourrai ajouter aussi la robe rouge de Babet. En effet Babet c’est un mystère ! La violoniste de Dionysos n’est pas foncièrement belle, ces chansons solo ne sont pas particulièrement accrocheuses et pourtant… Et oui, pourtant on craque, peut être parce que ses chansons sont très personnelles, le coté nonchalant, boiteux et enfantin apportant du charme, de l’humanité. La petite voix en sourit, donne un côté femme-enfant qui fait qu’on a envie de la prendre dans nos bras, de la secourir. L’image de femme-enfant est confirmée par la petite taille de Babet qui semble plus petite que sa guitare. La cerise sur le gâteau étant bien sûr cette fameuse robe rouge-rose qui rend la souris sublime. Certes j’ai tendance à trouver forcement jolie une fille qui joue du violon (qui a parlé de Catherine Lara ! ) mais là il y a un petit truc en plus, venant du fait qu’avec ses copains de Dionysos, elle est rodée à la scène. On la sent à l’aise, dans son élément, pouvant sautiller à souhait, enchaîner les morceaux grand V ou improviser des titres durant les rappels. Avant cela les désinvoltes lo-fi de Houdini nous ont proposés un mélange entre Weezer et Sebadoh. Malheureusement l’absence de basse permet de se rendre compte de l’importance de cet instrument qui paraît pourtant secondaire. Avant de conclure un mot sur le lieu : Le Mas est une superbe propriété au milieu de vignes varoises, on a l’impression que le propriétaire nous invite chez lui au bord de sa piscine pour assister entre amis à un petit concert en sirotant le vin du cru. Bref on se sent à l’aise, comme à la maison, ou plutôt comme à la maison dont on rêve… Simon Pégurier


Le Mas en Concert
Sinclair / Scotch & Sofa
Le 26/07 au Mas des Escaravatiers - Puget sur Argens (83).
Arrivée au Mas, un cadre magique s’offre à moi. Ma première impression : où suis-je ? On pourrait supposer être à une réunion de famille ou à un mariage. Nous sommes juste au Mas des Escaravatiers qui propose un concept très sympa : concert en plein air au milieu des oliviers et des vignes. Selon les organisateurs, plus de 450 personnes sont venues assister à ce concert original. En attendant le début de celui-ci, les spectateurs présents errent dans ces lieux propices à la détente et à la dégustation de vins du domaine, et les plus gourmands se laissent tenter par les spécialités vietnamiennes. En première partie, le duo Scotch et Sofa, originaire de Montpellier, nous fait partager sa musique aux influences diverses, allant du jazz à l’électro en passant par la soul. Pas de doute, il a conquis le public. Déjà venu il y a deux ans, Sinclair a choisi une fois de plus ce lieu exceptionnel pour son show. Il était très heureux de revenir au point d’y fêter son anniversaire ce soir-là. Celui que l’on surnomme le “ Jamiroquai français ” met tout son cœur sur scène pour enflammer son public et n’hésite pas à lui faire partager certaines de ses chansons. Il a parcouru les titres de son tout dernier album Morphologique, album traitant des sentiments amoureux, de la condition humaine, du temps qui passe… Sans oublier un petit détour dans le passé avec la chanson C’est si bon comme ça qui avait connu un grand succès auprès des français. Le Mas révèle un cadre très intimiste qui offre une certaine proximité avec l’artiste bien loin des salles de concert habituelles. Un seul conseil à vous donner : allez-y en 2008 vous ne le regretterez pas ! Jessica Losco


Voix du Gaou
Peter Gabriel
Le 25/07 sur la Presqu’île du Gaou - Six Fours les Plages (83).
Avant sa tournée de 2003, Peter Gabriel n’avait plus mis le pied sur scène pendant environ dix ans. Depuis il enchaîne. Après la tournée promo de son excellent album Up, il s’attelle maintenant à une tournée pour le plaisir. C’est souvent à ces occasions qu’il est le plus plaisant de voir un artiste. Dégagé de la promo, il peut puiser à souhait dans son répertoire. Quelquefois cela se transforme en tournée best of, sans surprise donc. L’avantage avec Gabriel, c’est qu’il n’a pas pléthore de véritables hits. Il peut donc se balader dans ses compositions et nous proposer des morceaux issus de ses premiers disques qu’on avait presque oubliés. Le concert fut propre, beau, sophistiqué, intelligent, magnifiquement produit parfois, à contrario, cela semblait sur-travaillé, trop beau pour être honnête, oubliant les risques, la vie et la spontanéité. Mais dans l’ensemble, chapeau, il faut reconnaître qu’on a affaire à un grand artiste. Je dis cela avec d’autant plus d’honnêteté qu’au départ, je ne suis vraiment pas fan de Genesis et de musique progressive. Pour moi, ce style a occupé le terrain durant une des périodes les plus vides de l’histoire de la musique et, avec son caractère pompeux, a heureusement ouvert en réaction la porte au punk alors salvateur. Pourtant c’est la troisième fois en quatre ans que je vois Gabriel sur scène ! C’est bien que j’y trouve ce que je cherche. C’est aussi peut-être car pour tout le monde, moi compris, Gabriel, 30 ans après, est encore et toujours l’ancien chanteur de Genesis, pourtant il est impossible de classer sa musique dans ce style prétentieux qui a perdu l’essence du rock : spontanéité et révolution. Gabriel a quitté Genesis en 1975 et on en est encore là… C’est donc foutu pour lui, il sera a jamais l’ex. Simon Pégurier

Crédit photo (c) Simon Pégurier


French Riviera Country Music Festival
Eddy Ray Cooper / Big Rock & Appaloosa / Charlie McCoy.
Le 21/07 au Parc des Canebiers Sud - Cagnes-sur-Mer (06).
Un petit bout de Tennessee, de Texas en plein centre ville de Cagnes-sur-Mer. Une majorité de spectateurs est vêtue (déguisée ?) à la mode cowboy : santiags, chapeau, mini jupe en cuir… À la droite de la scène, des groupes de danseurs se succèdent sur scène, mettant en pratique devant un public amusé les pas si longtemps répétés. Mais sur les planches Big Rock, Stetson vissé sur le crâne, aligne les morceaux, reprises, compos persos, soutenu par un groupe impeccable où la Pedal Steel guitar rivalise avec la Telecaster du guitariste en très grande forme. Big Rock est jeune, à peine 22 ans, mais sa prestation fut digne d’un vieux routier du circuit. Il y a eu un trop long moment consacré à des prestations de danse country de diverses formations avant l’arrivée sur scène de la vedette du jour, l’immense Charlie McCoy et son groupe de mercenaires : 2 français à la Pedal Steel et au violon, 3 hollandais guitare, basse, batterie. McCoy et son harmonica magique vont nous faire tout un panel de la musique américaine, country bien sûr, mais aussi jazz, blues, rock (il a accompagné Elvis en son temps) et même crooner pour une reprise très émouvante de Stand by me. Quant au final, son tube, Orange blossom spécial, il alterne les chorus sur deux harmonicas (Fa & Sib) à une cadence d’enfer, soutenu par une rythmique sans faille. Un grand, très grand moment dans une ambiance bon enfant très conviviale, on en redemande déjà. Une crise de rhume des foins m’a privé de la prestation de Eddy Ray Cooper, mais il joue souvent dans la région, ce n’est donc que partie remise. Jacques Lerognon


Festival de Musique ancienne de l’Escarène et du P
Ensemble Venance Fortunat
Le 25/07 dans l’église Saint Pierre es Liens - L’Escarène (06).
L’été sur la Côte d’Azur, les musiciens ne squattent pas que les oliveraies ou les pinèdes pour des musiques électriques, il suffit de passer le col de Nice où depuis 17 ans, à l’Escarène, les musiques anciennes sont à l’honneur. Cette année, dans la programmation, la soirée du 25 juillet était la plus étonnante, la plus exigeante. L’ensemble Venance Fortunat donnait un concert de musiques italiennes allant du IVème au XIVème siècle. Une époque où la musique n’était pas ou peu notée. Trois chanteuses et deux chanteurs ont interprété une quinzaine de chant religieux, à une ou plusieurs voix, dans de superbes habits d’époque. Pas d’instrument, seul diapason pour redonner la note. Chaque air est légèrement théâtralisé, une mise en scène sobre qui ajoute une touche de solennité à ses prières. Un retour dans le passé et les débuts de la musique vocale bien souvent mélismatique (à vos dicos). Le timbre des voix, la chaleur de l’interprétation tout en retenue, l’étonnante concentration des musiciens gagne le public qui tout à l’écoute de ces airs n’ose applaudir à la fin des morceaux pour ne pas briser l’harmonie, la ferveur suscitée par ces chants. Magie de l’instant dans cette petite église au bord du Paillon. Jacques Lerognon


Nice Jazz Festival
Du 19 au 26/07 aux arènes et jardins de Cimiez - Nice (06).
Le Nice Jazz Festival a encore une fois fait le plein cette année. Rien d’étonnant ! À voir la programmation, on ne peut que comprendre cet engouement du public ! Quel bonheur de voir des enfants et des ados émerveillés devant Katie Melua ou encore Ayo ! Tous les âges, toutes les cultures et surtout tous les styles musicaux étaient représentés ! On aura été émerveillé bien sûr par Lauryn Hill, pour les amoureux du r’n’b, Laurent Voulzy, Marcus Miller le roi du jazz, mais surtout, on aura adoré comme toujours les surprises et les découvertes du festival. C’est toujours l’occasion de flâner dans ce cadre magnifique à la recherche de nouvelles sensations, on a été récompensé avec Nate James, une jeune révélation de la funk anglaise qui a fait groover les arènes et avec les Spaaargonautes, une révélation de la scène Socca Jazz, un jazz à l’ancienne comme on les aime ! Les amoureux du rock n’ont pas été oubliés avec la présence de Jeff Beck et des Runnings Birds. Et pour les sceptiques : c’est une découverte à faire ! Rita Veltri


Festival International de Benicassim
Du 19 au 22/07 sur la Costa Azahar - Benicassim (Espagne).
Moins clinquant, mais plus pertinent : le treizième festival international de Benicassim (FIB) a laissé cette année les têtes d’affiche les plus vendeuses à ses concurrents (comme le festival Sziget en Hongrie), pour se concentrer sur les groupes les plus intéressants du moment en pop, rock et électro. Le FIB a néanmoins atteint une affluence record, en réunissant plus de 150 000 personnes sur quatre jours. Devenu l’un des plus grands rassemblements musicaux en Europe, le FIB a ainsi opéré un salutaire retour aux sources. Dans le public, l’édition 2007 a été placée sous le signe des déguisements, de Wonder Woman et Bob l’Eponge à des tenues de centurions romains. Pour les festivalières espagnoles, le look “ Lolitas ” constitue la tendance ultime : teint mat, yeux charbonneux et longs cheveux noirs. Au FIB, les soirées commencent à 16h30 et s’achèvent à 8h du matin. Cela laisse du temps pour découvrir de nouveaux talents, comme les étonnants Antony & the Johnsons. Doté d’un physique ingrat, leur chanteur possède une voix d’or qu’il a fait admirer lors d’une reprise de Crazy in love de Beyoncé, tout en nuances. Les Français de Nouvelle Vague ont enchanté les festivaliers, tandis que les Danois de Who Made Who se sont révélés percutants et dansants. Frais et enthousiastes, les Lo-Fi-Fnk ont livré un réjouissant live électro mâtiné de disco et de funk. D’ailleurs, la frontière entre le rock et l’électro n’a jamais été aussi mince. À Benicassim, on danse sur du rock (mention spéciale à Klaxons, The Rapture, !!!, CSS et Cassius) et l’on écoute des guitares saturées sur des beats puissants (Simian Mobile Disco, Fischerspooner, Digitalism). Du côté des têtes d’affiche, les Arctic Monkeys ont attiré une foule énorme, tandis que The Hives, Muse et Iggy Pop se sont brillamment distingués — en grande forme, l’Iguane a fait monter tellement de festivaliers sur scène qu’on ne le voyait plus (cf. photo). Les autres “ vétérans ” n’ont pas toujours été à la hauteur. Si Devo a fait montre d’un enthousiasme communicatif, les B-52’s et Dinosaur Jr ont semblé éteints. Marc di Rosa

Crédit Photo (c) Carla Mir de Francia


Les Festives de Font Robert
Du 19 au 21/07 à la Ferme de Font Robert - Château Arnoux (04).
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, s’il y a un festival à ne pas rater, c’est bien celui-là, et cette année la programmation était des meilleures avec le prodigieux Richard Bona qui a parrainé cette 13ème édition des Festives. Le Camerounais a enthousiasmé le public qui est resté avec un goût de trop peu lorsqu’il a quitté la scène. Lénine a su cependant imposer sa musique brésilienne. Le deuxième soir était tout autre avec les airs de blues de Bo Weavil et Arno, dont l’univers est aussi rocailleux que sa voix. Le belge a entraîné la foule, titubant d’une chanson mélancolique à un rock cassant. Le dernier acte du festival s’est joué entre le duo Mellino, qui a ressassé ses vieux airs des Négresses Vertes, et un Sanseverino déjanté, porté par le souffle et les cuivres de son joyeux “ big bang ”. Le temps d’un peu de jazz, d’un air manouche, d’un swing virevolté et d’une ambiance flamenco, que déjà il fallait le quitter ce joufflu sympathique, et c’est en robe noire et talon haut que l’artiste a tiré sa révérence. Vivement l’année prochaine pour d’autres saveurs musicales ! Cristel Bérard


Nuits du Sud
Manos & Pape / Gocoo / Sergent Garcia Le 10/08 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
Pour son retour sous les platanes de la Place du Grand Jardin, Sergent Garcia, accompagné du collectif Iyé Ifé, a livré un set mitigé, se faisant voler le haut de l’affiche par les étonnants japonais de Gocoo. Après la bonne entrée en matière de Manos & Pape et son reggae roots cuivré, malgré des paroles peut-être un peu trop “ simplistes ”, la douzaine de membres de Gocoo enflammait en un tour de bras le public vençois. Dans la lignée de formations telles que Stomp ou les Tambours du Bronx, Gocoo faisait parler ses percussions traditionnelles avec brio. Impossible de délaisser la scène une seconde tant les sons tribaux, chorégraphiés avec la manière, captaient l’attention, le tout renforcé par de multiples cassures rythmiques et des montées en puissance frissonnantes, avec une mention spéciale pour l’homme au didgeridoo, tout simplement hypnotique. El Sargento Garcia prenait ensuite la relève face à un public chauffé à blanc. Pour avoir eu l’occasion de voir l’homme au chapeau sur scène à de multiples reprises, impossible d’encenser une prestation trop pâle à mon humble avis. Même si la formule “ salsamuffin ” dont il a le secret fonctionne toujours, les arrangements apportés aux anciens morceaux perdent en pertinence, tandis que les plus récents, tirés de son dernier album Mascaras, ne bénéficient pas de la même aura que sur ses premiers disques. Une bien belle soirée malgré tout, dans ce cadre unique qu’est celui de la Place du Grand Jardin, baigné dans une ambiance toujours aussi conviviale, avec un public toujours aussi varié. M.B.


Nuits du Sud
Mamani Keita & Nicolas Repac / Seun Kuti & Egypt 80
Le 28/07 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
Ce 28 juillet à Vence, il n’y avait plus Vence… Nous n’étions plus dans le Sud de la France !! Tandis que la voix de Mamani Keita enflait et résonnait sur la place du village, le vent de l’Afrique se levait à son tour… Nous étions sous le charme, nous avions chaud et envie de danser… À peine le temps de reprendre ses esprits, à peine le temps de se ré-occidentaliser autour d’un verre que le big band (c’est le cas de le dire, ils sont mille sur scène !!) de Seun Kuti nous injectait une deuxième dose de magie dans les oreilles !! Et là, c’est clair, on n’avait même plus envie de se ré-occidentaliser, on avait envie de danser, de chanter, de se laisser aller au gré de ce dynamisme et de cet enthousiasme communicatif ! Une qualité mélodique et créative incomparable, une rythmique à réapprendre à compter, le tout emballé dans une volonté incommensurable de donner, de partager cette musique !! Oui, décidément, le 28 juillet, nous n’étions plus à Vence, nous étions en Afrique et qu’est-ce qu’on était bien !! Vic Polsinelli

Crédit Photo (c) Vic Polsinelli


Nuits du Sud
Anna qui Chante / Victoria Abril / Los Van Van
Le 21/07 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06). Cette soirée a débuté avec Anna qui chante, jeune comédienne d’origine grassoise, et virtuose de la chanson à texte, sur un air de comédie et de théâtre. Elle a mélangé tour à tour les plus grands textes de la chanson française, de Gainsbourg à Mathieu Chédid, en passant par Brigitte Fontaine et Mano Solo. Un petit bout de femme (avec son côté Edith Piaf) à suivre de près… Puis est venu la sublime Victoria Abril. Au programme : bossa nova et rythmes traditionnels du Brésil, interprétés sensuellement par cette comédienne qui ne cesse de surprendre. Cette fois-ci, son charisme et son talent sont au service de la musique. Résultat : plus d’une heure et demie de show où la belle espagnole s’est donnée corps et âme au public vençois. Tout n’était qu’amour et volupté… Le final de cette soirée était assuré par le groupe Los Van Van, mené par son leader charismatique Juan Formell. Déluges de rythmes, combinant instruments de percussion comme la timbale, la cymbale, le tambour électronique au son cubain et influences musicales diverses comme le rock, le jazz où même le funk, avec une pointe de disco. Ce groupe s’inscrit dans la plus pure tradition cubaine tout en associant des éléments plus modernes puisqu’ils sont en recherche constante de nouveaux rythmes. En conclusion, une soirée placée sous le signe de la chaleur (comment peut-il en être autrement aux Nuits du Sud), humaine et musicale. Justine Sirkis


Nuits du Sud
Faudel / Dobacaracol
Le 20/07 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06).
On connaissait Faudel, ses mélodies grand public et ses rythmes raï à peine déhanchés. Pas de surprise donc pour la prestation de ce trentenaire algérien, aux Nuits du Sud, entré en scène visage ravi et costume blanc. Ce fils d’Algérie a accompli tout bonnement sa mission, embrasant les vençois avec des tubes d’hier et d’aujourd’hui un brin trop connus. En revanche, on ne connaissait pas ces deux jeunes femmes d’origine canadienne, à la crinière de dreads et aux voix chaudes d’Afrique. Sous un ciel teinté de couleurs chaudes, Doba et Caracol ont piétiné avec grâce, trépigné avec énergie et hurlé au vent toute la poésie de leur album Soley. Et transporté un public qui les ignorait jusque-là, sous des tropiques brûlants d’actualité, avec des chansons engagées et des ballades cosmiques. Que du bonheur ! Delphine Oliva


Jazz à Toulon
Manu Katché Tendances
Le 17/07 au Pont du Las - Toulon (83).
Pour sa 18ème édition, le festival Jazz à Toulon a proposé une programmation d’excellence en commençant par un concert gratuit de Manu Katché le 19 juillet dans le quartier du Pont du Las. Ils étaient plus de 8 000 spectateurs, selon les organisateurs, à venir acclamer le célèbre jazzman. Assis aux terrasses des cafés, debout dans la rue ou encore à califourchon sur les murs des maisons, à chacun sa technique pour apercevoir le talentueux Manu. Sur scène, Alex Tassel à la trompette, Franck Avitabile au piano et Jérôme Regard à la contrebasse plongent le public dans l’univers du jazz. Mais les spectateurs n’étaient hypnotisés que par le juré de la Nouvelle Star. Celui-ci reprend des titres de son dernier album Neighbourhood, et laisse ensuite place aux improvisations comme il sait si bien le faire. Une soirée entraînante et envoûtante, menée d’une baguette de maître par notre artiste !

Cunnie Williams / Sophie Delila
Le 28/07 aux Plages du Mourillon - Toulon (83).
Pour sa 18ème édition, le festival Jazz à Toulon ne lésine pas sur le choix des artistes. Le 28 juillet dernier, les toulonnais sont tombés sous le charme du prince de la soul music, Cunnie Williams, qui est aussi sportif de haut niveau. Un concert gratuit en plein air qui ne manquait pas de surprises. En première partie, Sophie Delila monte sur scène et fait frissonner le public. Cette jeune française à la voix d’or situe son répertoire entre Norah Jones et Alicia Keys. Elle reprend en version jazzy le tube de David Guetta World, hold on, et les spectateurs fredonnent le morceau, un moment très fort de la soirée. Ensuite, c’est au tour de Cunnie de faire son entrée sur scène. L’héritier de Barry White est acclamé par la foule et joue le jeu de la séduction auprès des femmes. Un véritable “ lover ” qui va même jusqu’à reprendre le tube With or with out you pour faire fondre son public féminin. Dans son dernier album, ce crooner de 2,05 mètres nous dévoile un côté très 70’s. Il y fait également un duo avec notre cher Florent Pagny sur le titre Are you my friend, celui-ci n’étant pas présent ce soir-là, il le chante avec l’une de ses choristes Monique, un duo très émouvant. Jessica Losco


Jazz à Juan
Du 13 au 22/07 à la Pinède Gould - Juan-les-Pins (06).
Il y a plusieurs façons de vivre un festival et plusieurs angles de vue pour le relater. Vous pouvez avoir la vision du spectateur Lambda, celle de l’artiste Alpha et même celle du journaliste Oméga. Mais spécialement pour les lecteurs de Nouvelle Vague, vous allez vivre pendant quelques lignes le Jazz à Juan dans la peau d’une photographe de presse accréditée pour la première fois sur la manifestation ! Alors voilà toute l’histoire : trois jours avant le fest’, votre mobile sonne… Vous décrochez au péril de votre permis de conduire et là ! C’est le kiff, vous êtes accrédité dans la place ! Vous allez faire les photos d’un festival mythique qui accueillera cette année des stars telles que Norah Jones et Keith Jarrett !! Vous rentrez chez vous et vous avez exactement dix minutes pour envoyer une photo d’identité par mail au service accréditation ! Même pas peur : appareil sur pied, retardateur, sourire… Clic clac, l’affaire est dans le sac et “ send the message ”… Le jour J, vous arrivez sur place, fier et tremblant… Vous allez chercher votre badge dans un des plus grands hôtels du coin… D’ailleurs, étiez-vous déjà entré dans un hôtel pareil avant, sans vous faire jeter dehors ? Et bien, on ne vous jette pas dehors : on vous donne un badge (votre photo-10 secondes est dessus), on vous sert une coupe de champ’ et on vous présente toute la clique des journalistes et photographes dans la place depuis… oula ! super longtemps ! Et là, tout se joue, les copains… Parce que si vous passez pour un ringard ou un mou du genou, vous allez galérer tout seul pendant tout le fest’… Mais non ! Ca passe ! Ils vous trouvent sympa, voire amusant avec votre stress de débutant et votre naïveté digne d’Alice aux Pays de Merveilles ! 20 heures… Le show va commencer… Vos mains transpirent… Votre appareil est prêt et archi-prêt, vos réglages archi-réglés… Bireli Lagrene entre en scène, vous avez une chanson (et une seule) pour prendre les photos et essayer de vous en sortir… La lumière est rasante, le soleil se couche derrière la scène et se reflète sur la mer… C’est l’enfer : contre-jour, blancs cramés, changement de réglages et… le temps du shooting est fini ! Débriefing avec les autres autours d’une coupe, conseils de vieux loups de mer qui vous ont pris en affection et on y retourne pour la deuxième partie du show ! Les jours, ou plutôt les nuits s’enchaîneront de la sorte pendant dix jours… Vous êtes crevé mais heureux, vous applaudissez Sashird Lao qui gagne le prix du public des Révélations 2007, vous écoutez l’hommage à Coltrane en goûtant la chance d’être là… Vous faites même le festival off où vous photographiez Jon Faddis, ce grand monsieur du Jazz, et c’est vers votre objectif qu’il tend la main, vous avez la photo du siècle ! Ou au moins, vous y croyez ! Vous tapez le bœuf au méridien avec le Roy Hargrove Quintet et Hugo Lippi, Mourad Benhammou, Pierre Christophe… Certes vous n’aurez pas le droit de photographier Norah Jones parce que vous êtes un trop petit photographe d’un trop petit journal (désolé les gars) et qu’on sait vous le dire avec beaucoup de courtoisie… Certes, vous ne photographierez pas Keith Jarrett, parce que là personne n’a le droit (et toc !)… mais c’était le Jazz à Juan 2007, c’était beau, vous y étiez et vous avez vécu le Jazz… Vic Polsinelli

Crédit Photo (c) Vic Polsinelli


Nuits Blanches du Vieux Cannet
Patrick Boyon / Musard / Abd Al Malik
Le 07/07 au Cannet des Maures (83).
Il faut l’avouer, on a quand même trouvé le sommeil après cette Nuit Blanche-là. Un sommeil serein, tout apaisés que nous étions de cette soirée bercée par de bien belles rencontres. Il y a d’abord eu le lieu, ce cadre magnifique du Vieux Cannet, village médiéval classé qui domine la plaine des Maures. Une fois dans son antre, une fois installés sur la place, face à la scène, devant une assiette de crudités et un peu d’anchoïade, assis à contempler les visages souriants des jeunes et moins jeunes, le charme opérait, la plénitude s’installait. Rien, mais alors rien ne pouvait nous arriver. Rien ou presque, car c’était sans compter avec la suite des événements. Après la prestation respectable de Patrick Boyon, chanteur originaire de Six Fours, ici accompagné d’un accordéon, de sa guitare et de son kazou, Musard entrait sur scène avec ses chansons à tendance rock, swing manouche et electro. Formation au talent indéniable, le groupe ne mettait pas longtemps à rameuter devant la scène un public clairsemé aux premières notes, et… bondissant aux dernières. Déjà largement encensé dans nos pages, Musard continue sa route, et progresse à vive allure. Les textes sont toujours aussi pertinents, la voix de la chanteuse Candice, toujours aussi envoûtante, les arrangements gagnent en maîtrise, et Lucile, la violoniste, en plus de faire parler à merveille son instrument, se distingue dans une grande prestation de scratchs mimés façon “ air platines ”, à vous désarçonner n’importe quel DJ aguerri… Pour finir la soirée en grande pompe, Monsieur Abd Al Malik investissait la scène, accompagné entre autres par le talentueux Laurent De Wilde au clavier. Dès les premiers mots lâchés, les premières notes exprimées, l’attention du large public est captée, et le restera tout du long. Sur son flow particulier, Abd Al Malik l’hypnotiseur délivre ses messages de tolérance, de respect de l’autre, on boit ses mots à grosses gorgées, assoiffés par une verve étourdissante de justesse. Et quand vient le moment de se quitter, on a l’impression que tout ça ne vient pourtant que de commencer. On regarde les gens, les sourires sont partout. C’est l’heure de rentrer, de plonger dans son sommeil, tranquillement, la tête pleine de sourires. M.B.


Voix sous les Etoiles
Sergent Garcia
Le 12/07 sur le Site de l’Esplanade - Sanary-sur-mer (83).
Si vous vous baladiez le 12 juillet dernier du côté de l’Esplanade à Sanary, vous avez certainement été intrigué par l’ambiance caliente très présente. En tournée à travers la France, Sergent Garcia, ambassadeur des rythmes ensoleillés, a fait une escale dans ce village de bord de mer à l’occasion du Festival Sanary sous les Etoiles. Tout de blanc vêtu, sans oublier le fameux Panama, le Sergent n’a pas manqué de pimenter la soirée. Un cocktail explosif entre raggamuffin et salsa qui ne laissera pas de marbre les nombreux spectateurs les transportant en une minute du Mexique à l’Espagne en passant par Cuba. Après cinq albums couronnés d’un succès international, on retrouve sur scène un Sergent toujours plus proche de son public. L’instigateur de la salsamuffin n’hésite pas à prendre position contre la misère de ce monde et félicite ses fans d’être présents ce soir-là au lieu d’être affalés devant leur télévision. Trois maîtres mots pour qualifier la soirée : convivialité, émotion et évasion. Jessica losco


Charlie Jazz Festival
Du 06 au 08/07 au domaine de Fontblanche - Vitrolles (13).
C’est toujours un plaisir d’aller écouter du jazz au domaine de Fontblanche, d’abord parce que l’endroit est prodigieux et frais (en pleine zone commerciale de Vitrolles !) : un écrin de verdure à l’ombre des platanes où au milieu coule une rivière, et ensuite parce que la programmation y est toujours précieuse. Cette année, pour la dixième édition, il y en avait pour tous les genres dans une joyeuse pagaille, avec des petits temps comme Les Enjoliveurs, mélange de swing et de poésie, de la java façon klezmer avec La Goutte au Nez, la conversation accordé (on) du duo Arnottodrom. Les quatre temps étaient tenus par l’univers superbement enchanté du Sextet Rosa, Manuchello Septet et la guinguette du Balluche de la Saugrenue. Quant au temps forts, ils étaient rythmés par Richard Galliano, le groupe mythique de la Great Black Music : Art Ensemble of Chicago, et l’imposant Vienna Art Orchestra composé d’une vingtaine de musiciens sur scène. Trois jours de musique libre qui ont une fois de plus illustrés le jazz sans temps mort. Cristel Bérard


Big Reggae Festival
Le 11/07 à la Pinède Gould – Juan-les-Pins (06).
Événement incontournable de la scène reggae : la 11ème édition du Big Reggae Festival. La Pinède de Juan-les-Pins s’était plongée pour l’occasion dans une ambiance jamaïcaine le mercredi 11 juillet. À deux pas de la mer et sous un ciel étoilé, soirée idéale pour apprécier le son produit par quatre grands noms du reggae. Gentleman, l’incontournable révélation «new-roots» du moment a fait son show en partageant l’affiche de Ziggy Marley, fils prodige du grand Bob, qui reprend d’ailleurs un des célèbres tubes de son père « Is this love ». On ne pourra pas lui reprocher son excellente prestation, une véritable réincarnation de Bob sous nos yeux. Puis, c’est au tour de Sizzla, de monter sur scène. Il est actuellement l’un des deux ou trois meilleurs showmen du dancehall, il transmet à son public son énergie débordante. Et avec lui, l’ambiance est au rendez-vous ! Pour finir cette soirée mémorable, que du bonheur avec Alpha Blondy, figure emblématique du reggae africain mais aussi du reggae mondial. À la grande surprise de ses fans, il dévoile un des titres de son futur album. Alors un seul conseil : rendez-vous l’an prochain ! Jessica losco


Big Reggae Festival
Le 11/07 à la Pinède Gould - Juan les Pins (06).
Les pieds dans le sable, face à la mer et au coucher de soleil, il fallait très peu de temps pour se plonger dans l’ambiance ! Vêtu de blanc, Gentleman a aisément embarqué chacun dans son élan. Interprétant « Dem gone » et « Jah jah never fail », le chanteur d’origine allemande s’est imposé naturellement comme un véritable artiste reggae. Ziggy Marley est ensuite monté sur scène pour chanter Black car et Make some music. Avec les mêmes mimiques troublantes que son père, il a interprété Lively up yourself et Rastaman vibration. Chaude et délicieuse ambiance… Chacun a ensuite repris haut et fort le refrain de True to myself, avant d’écouter un Is this love fabuleux. Sizzla a su, lui aussi, faire monter la température ! Avec un flow percutant, il a chanté Mama et Woman I need you. Très rapidement, c’est un vrai nuage de sable qui émanait du bas de la scène ! Après Be strong, le chanteur dancehall a invité Gentleman pour sa dernière sur scène… Il était temps de s’asseoir un peu après ce passage remarquable de l’artiste. Quelques minutes plus tard, Alpha Blondy est apparu sur scène, acclamé par ses chœurs qui chantaient « Alpha Blondy est là ce soir… ». Se prenant un peu trop pour une star, le chanteur africain a chanté ses inconditionnels Jérusalem, Hypocrite ou Cocody rock. Répétant un show qu’on avait vu une semaine auparavant à Istres, Alpha Blondy a malgré tout démontré ses talents d’artiste reggae. Annabelle de L’Epine


Plage de Rock
Du 05/07 au 09/08 aux Prairies de la Mer - Port Grimaud (83).
Jusqu’à présent ma seule idée sur les campings provenait des reportages de Zone Interdite ou Streap Tease. C’est-à-dire un truc pour fans de Johnny, buvant des kilomètres de bière, regardant le Tour de France sur une vieille télé à antenne portative, pendant que leurs enfants bronzent sans surveillance sur la plage voisine. Une fois de plus la télé nous trompe. Il m’a été donné pour la première fois de ma vie d’entrer dans un camping, en l’occurrence Les Prairies de la Mer à Port Grimaud, pour assister au festival Plage de Rock, et je dois dire que je ne le regrette pas. Ce camping est une ville dans la ville de 8000 personnes où on trouve tout (supermarché, bar, salle de jeux…) et la population n’est pas plouc du tout, un mélange hétérogène de nationalités et de personnes entre 3 et 55 ans. Le nombre de fille entre 20 et 30 ans est lui tout bonnement ahurissant, à tel point que tout mâle qui se respecte regarde davantage les passantes que les concerts. Concerts plus qu’étonnants, car pointus à l’extrême. On imagine que le gérant du camping est un fan de musique indé et se fait plaisir avec un budget de dingue : regardez un peu le monde présent cette année : Stuck in The Sound, Das Pop, The Blood Arm, Hey Gravity… mais on retiendra surtout Koalin et Rhesus pour l’espoir que nous, français, mettons sur nos compatriotes, Bishops entre retro et décibels où le chanteur est un clone de Passe-Partout de Fort boyard. Les plus grosses pointures étant !!! (Tchick, Tchick, Tchick) fonctionnant uniquement à l’énergie pour une machine à danser sortie d’une cave new yorkaise et Art brut où des glandeurs britanniques nous proposaient une sorte de punk avec un chanteur au look très approximatif (en chaussettes dépareillées et trouées), déclamant des textes sur des détails du quotidien pendant que derrière lui un groupe se déchaînait, inventant des mélodies soniques et distordues. Quand je vous aurai dit que la scène est à 50 mètres de la mer et l’entrée gratuite je suis sûr que vous serez là l’an prochain. Simon Pégurier


Nuits Guitares
Tété / Caligagan
Le 07/07 au Jardin de l’Olivaie - Beaulieu sur Mer (06).
Avec leurs faux airs de Nuits du Sud, les Nuits Guitares de Beaulieu commencent à se faire un nom chez les aficionados de la “ gratte ”. Pour leur huitième année d’existence, elles nous ont offert un programme pour le moins... éclectique. Trois soirées, 3 têtes d’affiches, 3 conceptions de la musique : le Jardin de l’Olivaie recevait le star ac’ rocker Pascal Mono, le virtuose Al Di Meola et un certain Tété — cherchez l’erreur. Samedi, soirée de clôture. Ambiance familiale, les vacanciers en short côtoient la jeunesse locale. C’est à la faveur d’un été tendance nuages que Tété et ses musiciens investissent la scène, gracieusement chauffée par un Caligagan plus roots que jamais. Les dreads en moins et l’humour en plus, c’est un Tété à casquette et à la tchatche inépuisable qui débarque. Le tubesque Fils de cham ouvre le bal, revu et corrigé par ses deux choristes survoltées. Les trois albums s’égrainent et diffusent la cool attitude d’un one guitare-man show, à grand renfort de bonne humeur. 1h30 plus tard, l’effet euphorisant a opéré et Beaulieu n’est pas prêt d’oublier l’attachant Tété... Aurélie Selvi


Nuits Guitares
Al Di Meola & Midsummer Night Quartet / J.J. Cifarelli Trio
Le 06/07 au Jardin de l’Olivaie - Beaulieu-sur-Mer (06).
J.J. Cifarelli ouvre la soirée alors que la nuit n’est pas encore là. Du blues mâtiné de folklore italien, les influences de la chanson napolitaine ressortant de ci de là des chorus de J.J. Une façon de jouer toute transalpine, une bonne humeur communicative et un show électrique et éclectique d’excellente qualité. Après un court moment de mise en place, on s’attendait à un concert de jazz rock, mais c’est muni de sa guitare acoustique qu’Al Di Méola (né dans le New Jersey mais bel et bien italien d’origine) prend place sur sa chaise. Il est vite rejoint, après deux morceaux, par son percussionniste Gumbi Ortiz, puis par deux jeunes musiciens italiens Fausto Beccalossi à l’accordéon et Peo Alfonsi à la guitare. Un concert où la musique sarde va alterner avec la musique argentine (Di Méola était très copain avec Piazzolla) et espagnole. Très rapide comme à son habitude Al Di Méola va enthousiasmer les nombreux guitaristes présents dans l’olivaie par sa virtuosité. Mais sa musique est aride, il faudrait presque la connaître par cœur pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur et le spectateur lambda a vite fait de décrocher malgré quelques moments de grâce où le dialogue guitare-accordéon laisse passer de belles émotions. Ils finiront la soirée par un magique et magnifique Mediterranean sundance tout à fait de circonstance, laissant l’assistance complètement in the mood ! Jacques Lerognon


Les Plages Electroniques
Du 04/07 au 08/08 sur la Plage du Palais des Festivals - Cannes (06).
Les plages Electro de Cannes s’achèvent après cinq dates retentissantes. La fréquentation a battu tous les records et tous les espoirs. Les organisateurs peuvent se féliciter d’avoir réussi ce nouveau challenge pour la deuxième année consécutive !! Une ambiance terrible, des soirées à thèmes avec des artistes de qualité et un prix encore une fois raisonnable. J’ai personnellement beaucoup aimé la soirée techno minimal, avec Jennifer Cardini, qui a su se faire suffisamment dancefloor pour apprivoiser les plus réticents. En route pour l’année prochaine, alors, car on espère bien une troisième édition, histoire de prouver à nouveau aux grincheux que la culture cannoise n’est pas éteinte et que lorsque l’on propose de la qualité aux “ jeun’s ” (comme ils disent), ils répondent présents ! On vous attend donc en 2008 et, encore une fois, VOUS NE DIREZ PAS QU’ON NE VOUS AVAIT PAS PREVENUS !! Vic Polsinelli

Crédit Photo (c) Vic Polsinelli


Gare aux Oreilles
Du 27 au 30/06 à La Gare - Coustellet (84).
Ce festival est, comme son nom le laisse entendre, un temps de rencontre inclassable où l’on vient ouvrir grand ses oreilles aux musiques hors normes et où il fait bon découvrir la vie insolite installée autour de cet événement organisé à la Gare de Coustellet. Des ateliers, des rencontres et de la musique avec cette année Fantazio et Nosfell. Le premier présentait un nouveau répertoire après une série de résidences. Jazz, blues et accidents sonores entre deux poésies débridées, Fantazio a dignement débuté ce festival. Nosfell, avec des résonances plus électriques, n’a pas non plus manqué d’étonner la foule, venue applaudir, ce même soir, l’anglais Charles Hayward à la batterie. Mais c’est certainement la virtuosité débridée des Suisses de Stimmhorn qui remportent la palme d’or de ce festival. Pogofonic et Tudosok ne sont pas loin derrière ainsi que les déambulations de Thierry Madiot. À la dernière minute, les marseillais Emmanuel Crémer et Baltazar Montanarot, ont remplacé le groupe Les Hauts de Plafond par une belle improvisation. Cristel Bérard


Zik Zac Estival
Africando / Gnawa Diffusion / Son Veneno...
Le 05/07 au Stade Pratesi - Aix en Provence (13).
Le festival Zic Zac a investi le stade Pratesi du Jas de Bouffan avec “ métissage ” pour seul mot d’ordre imposé, qu’il soit humain ou musical. La soirée du 5 juillet a donc revisité les sonorités africaines, dans ce qu’il y avait de plus original et de plus mixte, deux scènes en plein air se relayant la musique. Tchalé a ouvert le bal par une série de chansons béninoises traditionnelles sur fond de blues : une douce entrée en matière. Malgré le vent, le talentueux et international collectif Son Veneno a débarqué avec un mélange explosif de salsa, reggae, métal et de hip-hop aux accents africains. Sans transition, un concert tendre, à l’image même du festival : Jawa et Rit, qui ont présenté le fruit d’une collaboration entamée en 2002. Puis la salsa d’Africando, qui fêtait ses trente ans d’existence, a enthousiasmé la foule. Enfin, Gwana Diffusion a soutenu son dernier opus, Fucking cowboys, pour un public toujours curieux, réceptif et avide de partages mélodiques. Jeoffroy Vincent


Zik Zac Estival
Du 04 au 06/07 au Stade Pratesi - Aix en Provence (13).
De la Zik festive dans une Zac populaire, rien d’étonnant si ce n’est à Aix, ville bourgeoise par excellence. Et pourtant, ce festival a su se faire une belle place puisqu’il fêtait cette année sa 10ème édition. Pour ouvrir le bal, un Sanseverino version “ big bang ”, avec les bras tatoués et une crête effilée sur la tête. Le poète punk ne s’est rien refusé, pas même une sortie de scène cul nu avant de réapparaître dans un sombre costume pour le dernier rappel. Du grand Sanseverino, porté en première partie par le dynamisme des Poum Tchack, qui jouaient là en terre conquise. Le lendemain, séquence métissage avec les rythmes d’outre-mer d’Africando et séquence émotion avec la tournée d’adieu de Gnawa Diffusion. Pour clôturer l’évènement, après le groupe marseillais Dupain et le couple touareg Toumast, l’Orchestre National de Barbès a rassemblé et fait danser une foule aussi hétéroclite que leur musique. Une soirée terminée en fanfare et un bel hommage aux valeurs populaires de ce festival. Cristel Bérard


Les Estivales
Sizzla / Israël Vibration / Alpha Blondy
Le 05/07 au Palio - Istres (13).
Du dancehall, du roots reggae et du reggae africain… Ça s’annonce bien ! Contrairement à ce que chacun semblait penser, c’est Sizzla qui a démarré la soirée. Turban bleu marine et costume gris, le célèbre artiste dancehall a interprété quelques-uns de ses grands titres. Entre deux pull up, l’artiste déchaîné a chanté un Women I need you captivant. S’il n’est resté que 45 minutes sur scène, Sizzla est bel et bien “ still blazing ” comme on pouvait le voir sur l’un des drapeaux accrochés sur scène ! Applaudi et acclamé par tous, Israël Vibration a débarqué sur scène porté par les bons sons de batterie et de guitare. Interprétant Wish you were here et Far away, une chanson de leur dernier album, les deux chanteurs n’ont pas hésité à démontrer leur énergie ! De Red eyes à Natty dreadlocks, Israël Vibration a encore une fois définitivement su combler son public ! Pour terminer, les vétérans du reggae ont même chanté quelques mots de français, s’exclamant « If you love reggae music ce soir, sautez sauteeeez ! ». Enfin, c’était au tour d’Alpha Blondy, qui a démarré avec Jérusalem et Hypocrite. Enjoué et déterminé, le rasta a clamé à plusieurs reprises son amour pour la Côte d’Ivoire et enchaîné sur Haridjinan. Après un bref rappel, le griot africain est revenu pour chanter son célèbre Brigadier sabari. Du bonheur en plein air… ! Annabelle de L’Epine


Les Estivales
Elista / Kaiser Chiefs / Sonic Youth
Le 03/07 au Palio - Istres (13).
Lorsque le groupe de pop rock français Elista entre en scène, les spectateurs ne se battent pas dans la fosse, mais préfèrent discuter dans les gradins en sirotant des bières. Il faut dire que même si au premier abord Elista a la pêche, les morceaux se suivent et se ressemblent… Pour Kaiser Chiefs, quelques minettes surexcitées descendent remplir un peu la fosse, afin de sautiller gaiement sur les « rubyrubyrubyruby » et autres « nananananana ». Lorsque les plombs pètent, les mines enjouées prennent des airs de fin du monde. 5 minutes après, c’est reparti. Ça devient vraiment long pour la plupart des fans de Sonic Youth. La mise en place du matériel des new-yorkais est longue, très longue. Les gradins se vident, la fosse se remplie. Puis ils arrivent, enfin. Kim Gordon porte une robe blanche des années 60, Thurston Moore a les cheveux en bataille et l’air d’un étudiant, et Lee Ranaldo, avec ses cheveux gris, entre en scène mort de rire. Pendant une heure, ils ont joué les morceaux de leur dernier album mais aussi quelques-uns plus anciens, histoire de satisfaire les fans. Satisfaits ? Moyennement en fait. Basse trop forte, guitares pas assez en avant, voix presque inaudible… On aurait aimé entendre Youth against fascism, Kool thing, ou Dirty boots. Malgré cette pointe de déception, ça reste Sonic Youth. On aurait simplement aimé les voir ailleurs, avant. Virginie Ratto


Furia Sound Festival : Sonic Youth
Sonic Youth toujours vert
Le 01/07 sur la Base de Loisirs de Cergy-Pontoise (95).
Dimanche premier juillet, il est 18h50 au Furia Sound Festival. D’habitude calme et paisible, la base de loisirs de Cergy-Pontoise, en région parisienne, est secouée par les déflagrations sonores de Sonic Youth, mythique groupe de rock indé. Emmenés par le duo Kim Gordon, en robe blanche immaculée et Thurston Moore, chemise blanche qui flotte sur un jean, les new-yorkais effectuent une tournée pour la réédition de l’album Daydream nation, sorti en 1988. Accompagné de l’ancien bassiste du groupe Pavement, le quartet de la jeunesse sonore alterne périodes expérimentales et énergiques, fureurs et nuances, sans même jouer les classiques du groupe. Les dissonances et les mélodies s’entremêlent, le concert est captivant. Dans le public, les slams se succèdent, mais non sans précaution : le slammeur le plus assidu, crête iroquois, t-shirt rouge et pantalon militaire, n’a pas oublié de mettre des bouchons d’oreille. Très professionnel, Sonic Youth cesse de jouer après une heure pile de concert — un rappel d’un titre et les voilà disparus. Marc di Rosa


Furia Sound Festival
Du 29/06 au 01/07 sur la Base de Loisirs de Cergy-Pontoise (95).
Le Furia, c’est le petit festival qui monte qui monte. Et qui à vrai dire, n’a plus rien de petit aujourd’hui. Il suffisait pour s’en persuader de jeter un coup d’œil sur la programmation 2007, à la hauteur des festivals les plus renommés. Si l’on ne voulait rien rater, il fallait prévoir les chaussures de marche, et de la caféine à gogo. Sur les trois scènes du site, une quarantaine de groupes ont défilé face à un public venu en nombre. Accompagnées par les averses traditionnelles, et portées par un son à vous décoller les tympans, les têtes d’affiche ont pour la plupart rempli leur contrat. Renaud, malgré sa voix de plus en plus fragile, est toujours aussi populaire. Archive subjugue toujours autant son public avec ses sons psyché, quand d’autres n’hésitent pas à taquiner et jouer avec le public (Adrienne Pauly, Queen of the Stone Age). La palme du succès revient à Tryo, qui, programmé à 00h40, a rassemblé une foule impressionnante, même si la plus grosse claque est venue des Roots, qui nous ont offert un show d’1h30 non-stop tout simplement sensationnel. Artistes confirmés (Asian Dub Foundation, Groundation) ou belles surprises (les japonais déglingués de Guitar Wolf, Shy Child, K’naan), ont donc fait du bruit du côté de Cergy. De quoi démarrer l’été pied au plancher. Guillaume Lacombe


Michel Polnareff
Le 30/06 au Palais Nikaïa - Nice (06).
C’est sûr, mon fils est né sous une bonne étoile. En effet, au moment où il a vu le jour la radio diffusait Polnareff. Franchement on aurait pu trouver pire. Imaginez votre vie qui démarre sur Allumez le feu de Johnny… Sous des airs commerciaux et futiles Polnareff est en fait un vrai rebelle. Exilé de France pour des raisons fiscales on ne l’avait plus vu sur scène depuis 34 ans… Et bien malgré cette absence le public ne l’a pas oublié : deux dates combles de suite (9000 personnes par soir) pour Nice. Tout le monde se demandait si le provocateur serait toujours en forme ? Au bout de 30 secondes, on avait la réponse, c’était parti pour 2 heures 15 de vocalises aériennes et d’un piano dont n’ose pas rêver Sir Elton John. Les musiciens et choristes sont triés sur le volet ajoutant au grandiose du spectacle (sauf peut être un guitariste à casquette un brin arrogant). Bien sûr les paillettes et le karaoké permanent peuvent agacer, mais le décalage entre les paillettes et le premier mot que Polnareff a fait clamer au public, PD, le tout en se tenant les testicules, montre bien que les publics variété et rock’n’roll en ont eu tous deux pour leur argent. Quant à moi je ne me fais aucun souci pour l’éveil musical de mon garçon. Simon Pégurier


Nuits Carrées
Un succès mathématique !
Les 29 et 30/06 au Fort Carré - Antibes (06).
Pari risqué, pari tenu. La première édition des Nuits Carrées a défié les lois de la géométrie pour se dérouler rondement bien. Car si l’entreprise était osée, le festival s’est bel et bien soldé sur un franc succès avec quelques 1700 entrées réparties sur les 2 soirées et une approbation du public indéniable, chose pourtant loin d’être acquise dès le départ. Outre les difficultés en tout genre inhérentes à un festival naissant, l’équipe organisatrice de Label Note s’était d’emblée fixée un noble et non moins difficile objectif : rendre accessible à un maximum de monde une programmation où le théâtre s’ouvre sur la musique, et inversement. Le premier soir devait donc accueillir la Compagnie L’Unijambiste, déjà remarquée il y a 3 ans dans le cadre des spectacles de Made in Cannes, dans une première version d’Hamlet. La tragédie Shakespearienne prenait la forme d’un “ théâtre-concert ”, dans un spectacle qui a désormais fait ses preuves, et qui se jouait pour la première fois en extérieur. Malgré une configuration scénique qui ne se prêtait peut-être pas au mieux à la chose, notamment avec des jeux de lumière dont on ne pouvait qu’imaginer la performance accrue en salle, aucun des 550 spectateurs présents ce soir-là ne pouvait être déçu au terme de la représentation. Impossible de ne pas boire les mots lancés par le flow captivant d’Arm (Psykick Lyrikah), inimaginable de ne pas adhérer aux scratches parfaitement calés de sa sérénissime altesse Robert le Magnifique, inconcevable de ne pas rentrer dans des jeux d’acteurs huilés à la perfection. Au terme de la première soirée, le pari était d’ores et déjà rempli, le public accoutumé au théâtre avait découvert un visage insoupçonné du hip hop, tandis qu’à l’inverse, ceux qui mettent davantage les pieds dans une salle de concert retrouvaient le goût à fouler le sol feutré des théâtres. Le lendemain, l’affiche se montrait plus “ classique ”, bien que le set du phénomène Nosfell s’annonçait comme à l’habitude des plus “ théâtral ”. Après la prestation des antibois de The Human ET, vainqueur du tremplin CASA, et celle du trio jazz en vogue qu’est Sashird Lao, Nosfell l’indescriptible, accompagné de son acolyte et violoncelliste Pierre Le Bourgeois, investissaient la scène avec toute la magie qu’on leur connaît. Désormais épaulé par un batteur sur certains titres, notre artiste venu d’ailleurs alternait de registres en registres comme seul il en a le secret, enfilant sa casquette d’acteur pour nous conter les histoires de sa lointaine contrée qu’est le Klokochazia, tout en assumant comme il se doit son rôle de musicien hors paire. Dans un décor de vitraux, Nosfell jouait des lumières, des tonalités, des postures, de tous ces talents polymorphes, pour au final se jouer d’un public conquit, ébahi, la bouche grande ouverte. Une première édition qui rempli donc toutes ses attentes, avec une somme de valeurs additionnelles quasi parfaite, tant sur le plan artistique, sur ce mélange réussi des publics ou sur cette ambiance agréable et bon enfant, qui font des Nuits Carrées, un mathématique et fonctionnel “ carré magique ”. Matthieu Bescond

Crédit photo (c) Vic Polsinelli


Jehro
Jehro remplit l’Espace Julien à Marseille !
Le 27/06 à l’Espace Julien - Marseille (13).
Cela faisait longtemps que je n’avais pas été à un concert aussi bondé ! A l’Espace Julien, le 27 juin dernier, c’est à l’heure que le chanteur est apparu sur scène accompagné de ses musiciens. Après Continuando, Jehro a interprété Everything, l’un des tubes phare de son dernier album. Face à une salle pleine à craquer, l’artiste marseillais se plaisait à reprendre le refrain de sa chanson. Rappelant son amour pour la musique et le reggae, le chanteur a avoué son admiration pour le groupe jamaïquain Toots and the Maytals et fait une belle interprétation de 54-56 was my number. Il s’est ensuite élancé dans un Master blaster de Stevie Wonder plein de ferveur ! Après un rappel assez long, le marseillais est revenu sur scène accompagné du chanteur David Walters. Et là, enfin, le public a laissé transparaître un peu plus d’énergie ! Les chœurs se sont alors déchaînées en jouant des percussions suivant un rythme endiablé ! Se laissant bercer par ces sonorités, le public admiratif semblait porté vers divers horizons. Après un I want love mélancolique, c’est finalement en espagnol avec Salima que le marseillais a quitté la scène. Annabelle de L’Epine


Hellfest
Du 22 au 24/06 à Clisson (44).
Les organisateurs du Hellfest avaient pour ambition de prouver à l’Europe que la France est aussi un grand pays du métal. Pour paraphraser le chanteur d’Edguy, ce qui en ressort est « Fuck Hellfest, organisation sucks ». Pourquoi ? Le camping laissé à l’abandon par la sécurité, absolument aucune lumière après la fin des concerts, pas de douches, Korn et Lamb of God (entres autres) qui annulent au dernier moment, les sets qui se chevauchent dangereusement (je suis devant Emperor, mais j’entend Neurosis), les problèmes de son qui ont visiblement irrité la plupart des groupes (et nous aussi), l’interdiction d’amener de l’eau sur le site et l’impossibilité d’en acheter aux bars (bière ou coca !), la pluie quasi permanente pour cet évènement outdoors et la boue qui va avec… Hum. Heureusement, quelques groupes nous en ont mis pleins les oreilles. Ceux de hardcore notamment: Chimaira, Hatebreed et surtout Walls of Jericho, ça fait plaisir de voir que certains sont contents d’être là et se défoncent pour le show ! Edguy, génial, on a rarement vu une aussi bonne ambiance, dommage que ça n’ait duré qu’1/2 heure. Dream Theater a été excellent comme toujours, quelques classiques et pas mal de leur nouvel album, avec un chanteur particulièrement à l’aise. Brujeria nous a fait l’honneur de jouer, et ça valait le coup de voir les membres de ce side project réunis sur scène pour la première fois en 10 ans. Machine Head est apparemment toujours bon en concert, et même si les problèmes techniques ont été vraiment pénibles lors de leur passage, ça reste un des meilleurs sets du festival. Cannibal Corpse s’en est très bien sorti également. La plupart des groupes ont été bons, mais on notera quelques déceptions. Malheureusement Mastodon en fait partie, mettons ça sur le compte des problèmes de son. Within Temptation, dont la chanteuse semblait trop fatiguée pour pousser sa voix et tenir les notes… Converge dont on aura retenu « fuck fuck fuck fuck fuck » comme paroles, on a discerné quelques mots, mais en gros c’était ça, un concept dont on se lasse très vite. Et Ephel Duath, un trio sans basse, dommage car avec ça aurait vraiment été bien. Un bilan tout en demi mesure, contents d’avoir été là, mais c’était la dernière fois… Et messieurs les organisateurs, quand une fille qui ne parle pas un mot de français se fait violer à 15h sur votre camping, la moindre des choses c’est de payer le taxi à ses amis pour qu’ils la rejoignent à l’hôpital et de mobiliser un interprète au lieu de laisser des gens qui passaient par là, et qui auraient bien aimé voir Napalm Death, se charger de la traduction pour la police. Sarah Tordjman


RETOUR SUR FESTIVALS ETE 2007
A l’heure de la rentrée, retour sur quelques-uns des festivals du Sud-Est et d’ailleurs où il fallait être (ou ne pas être...) cet été.


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Nouvelle Vague #181
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