Encore sous le charme de leur performance dans le festival Piano Flottant, je me plonge dans l’écoute de cet album des Samenakoa (acheté le soir même) dont le précédent disque « Souk » m’avait déjà bien emballé. Composée de 11 musiciens, tous plus ou moins chanteurs et auteurs, cette fanfare comporte tous les éléments humains et instrumentaux pour couvrir un maximum de styles musicaux. Aux côtés de la flûte traversière et du bugle de Quentin Leroux qui ne cesse de m’impressionner depuis ses débuts dans le Gus Weg Watergang ou dans le David Lafore Cinq Tetes, et du trombone d’Emilie Rambaud, déjà croisée au sein de Guiben ou de Leute, la grosse caisse de Alexandra Satger, la caisse claire de Olivier Boyer, le sousaphone de Simon Balleyguier, le banjo de Renaud Matchoulian, le sax baryton d’Alex Barette et le sax alto de Fabien Genais (tous deux membres du Trio Tentik), le sax tenor de Phil Boyer, et les trompettes/bugles de Rico Massua, et Seb Ruiz Levy font un malheur. Contrairement à bon nombre de fanfares qui finissent par me lasser par leur côté répétitif (comme Ceux qui Marchent Debout), Samenakoa réussit le tour de force de me surprendre presque à chaque morceau. Cela vient assurément de la diversité des plumes et des voix qui défendent leurs morceaux. Le chant aérien soul jazzy sur « Everyone », le doux chant amoureux de « Dans ces moments je t’aime », le hip hop de « Contemplation désastre » ou le très bon « Earthquake », qui n’a rien à envier au hip hop américain, la classe grandiloquente très « Kunamakaesque » d’un morceau comme « Cold clash », le groove de « Southern breeze », mais aussi des morceaux purement instrumentaux, funk et tsigane comme toute fanfare qui se respecte avec « D.U.M.B.O. » et « Sloneczka », ambiants comme le bien nommé « Incantation », ou encore ce « Beautiful body », jazz un peu mélancolique qui clôt en douceur ce très beau disque. Bref, il y en a vraiment pour tous les goûts, sur scène comme sur disque… A voir en live tout autant qu’a écouter chez soi sur disque ! |