Nouvelle Vague

BRISA ROCHÉ

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Si son dernier album possède deux faces : l’une onirique, l’autre solaire, Brisa Roché en a mille ! Créatrice prolifique et polymorphe, elle écrit, compose, joue, interprète, peint et multiplie les collaborations. Entre l’écriture de la B.O d’ « Yves St Laurent » de Jalil Lespert, une reprise reggae « Jamaïcain Boy » ou un album post punk, la Californienne a pris le temps de mûrir 40 titres, dont 14 figurent sur son dernier opus « Invisible 1 ».

 

C’est chez toi, seule, que tu as travaillé sur ton dernier album, fruit de collaborations virtuelles. Ce « repli » californien était-il une façon de prendre du recul face aux attentes que tu pouvais susciter après 6 ans d’absence ?

Pas vraiment, je n’ai pas besoin de cocon pour créer et je me fiche un peu des attentes. D’ailleurs, j’espère qu’avec le temps les gens comprendront que mon parti pris c’est de proposer des choses à chaque fois différentes. Les réalités, les moyens, les envies changent et mes propositions avec.

 

La liberté d’exploration que tu t’es offerte pendant cette période de gestation t’a rendu très productive, puisque 40 titres ont été produits. Comment s’est opéré le « tri » des morceaux ? Il en reste pour un « Invisible II » …

J’avais fait une première sélection de morceaux, mixés par Jean-Charles Versari puis je suis rentrée en coproduction avec Marc Collin de Nouvelle Vague, qui en a choisi d’autres. Tout ça s’est fait de façon détendue, je n’avais pas de possessivité maternelle pour ce projet puisque la démarche était avant tout ludique. Je voulais aller plus loin, dans des univers qui ne me ressemblaient pas forcément. Le R&B par exemple, ne fait pas du tout partie de ma culture, il n’a jamais été pertinent dans mon expression, mais j’ai décidé de le convoquer à ce moment-là, comme l’électro. Bien sûr, j’aimerais exploiter d’autres morceaux, 40, ça laisse encore des possibilités… et puis j’aimerais aussi sortir un vinyle de 17 autres titres que j’ai composés à la même période avec quelqu’un d’autre. Et enfin, puisqu’on parle projets, j’ai aussi beaucoup écrit en revenant de Californie, seule à la gratte et au clavier. Des chansons simples, folk, presque country, avec beaucoup de « storytelling », assez américaines en fait. J’ai envie de me les approprier complètement pour en faire un projet très personnel.

 

Tu as décrit un jour ta musique avec la série d’adjectifs suivants : intimiste, cinématographique, pop, rock. Cette définition te convient-elle toujours ?

Oui je crois. Les morceaux que j’écris sont des morceaux pop, structurés, avec une forte mélodie et d’une durée assez courte. L’aspect cinématographique correspond bien au côté théâtral que j’aime et à ma façon de raconter des histoires. Rock, aussi, pour l’aspect un peu brut, pas vraiment léché. Et tout ce que je fais est assez intimiste…

 

Le jazz a fortement marqué ton parcours musical, tu te revendiques de sa philosophie et pourtant tu n’as jamais enregistré d’album jazz. Comment analyses-tu ce paradoxe ?

Je pense que je suis maudite pour un album jazz… en tout cas je l’étais. Je fais du jazz, mais en cachette, parce que ça brouillerait les pistes avec mes autres projets. Et puis quel genre d’album : un album live ou un album très bien arrangé qui « sonnerait » jazzy ? Il faudrait que je résolve ce dilemme avant de me lancer. Mais c’est une musique magique pour moi, un enchantement de liberté. Ce qui me plaît c’est « le danger/l’instant présent », les histoires universelles de perte et de deuil aussi. Et puis en tant que chanteuse, tu es le chez d’orchestre, les jeux de direction changent … mais c’est moins intéressant que « le danger/l’instant présent » !

 

Si tu pouvais être vraiment invisible pendant une journée, que ferais-tu ?

C’est en effet le super pouvoir que j’aimerais posséder, avant celui de respirer sous l’eau. Je crois que j’irais dans toutes sortes de maisons pour voir comment les gens vivent.

 

Anaïs Ledoux

www.brisaroche.com

Crédit photo : Ami Barwell

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