Nouvelle Vague

BLOW

ZOOM-Blow©Adrien Combes

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A l’heure où les groupes de pop et rock-electro pullulent dans un paysage musical qui ne saurait, malgré tout, que s’en enrichir, vous seriez tentés d’accueillir Blow comme étant la énième formation ayant réussi, tout en arrivant de nul part, à vendre un single au service d’une campagne publicitaire diffusée à heure de grande écoute. Issu de la rencontre de quatre membres aussi talentueux que charismatiques, c’est au prix d’un travail quotidien de longue haleine et après avoir traversé un océan de galères, que Blow aura réussi à s’extirper de sa condition de groupe amateur pour venir flirter avec les étoiles montantes qui nous font dire aujourd’hui que la musique a encore de beaux jours devant elle. C’est Quentin Guglielmi, chanteur sincère et chaleureux, qui se prête aujourd’hui au jeu des questions-réponses. 

Après trois ans d’existence, peux-tu nous expliquer dans quelles circonstances s’est formé le groupe ?

Nous sommes avant tout des amis d’enfance. Jean-Etienne (N.D.L.R : Jean-Etienne Maillard, guitariste du groupe), Pierre-Elie (N.D.L.R : Pierre-Elie Abergel, batteur) et moi-même nous connaissons depuis le lycée. Une fois notre bac en poche, Jean-Etienne et moi-même sommes montés sur Paris. C’est là-bas que nous avons rencontré Thomas (N.D.L.R : Thomas Clairice, bassiste du groupe) il y a une dizaine d’année. Thomas et moi avons commencé par faire du rock, et ce pendant cinq ou six ans. En parallèle, Jean-Etienne, Pierre-Elie et Thomas avaient également créé une formation au sein de laquelle ils jouèrent deux ou trois ans. C’est de la fusion de ces deux univers musicaux qu’est né Blow.

Peux-tu nous expliquer votre mode de composition musicale ? Quel est le rôle de chacun des membres dans l’élaboration des chansons ?

Jusqu’à la sortie de ‘’Vertigo’’, notre premier album, Jean-Etienne et moi-même étions principalement à l’origine des compositions.Tout partait d’un riff de guitare, d’une suite d’accords joués ou bien chantés. S’en suivait alors un ping-pong d’idées à l’issue desquelles finissait par découler une première maquette. Thomas et Pierre-Elie intervenaient à ce niveau-là avec leurs propositions d’arrangements et leur opinion sur le travail existant. Le temps aidant, nous souhaiterions maintenant aboutir à un mode de fonctionnement où le partage du processus de création musicale se ferait à parts égales entre les quatre membres du groupe.

Aucun d’entre vous n’en est à son premier coup d’essai, autres les groupes tels que « Her », études musicales à la Music Academy International de Nancy, toute cette expérience précédant Blow représente-t-elle une valeur ajoutée ?

C’est certain, Blow bénéficie pleinement aujourd’hui des différentes expériences musicales des quatre membres. Les erreurs commises dans le passé ne sont pas répétées et l’amélioration de la qualité de jeu sur scène s’en fait clairement ressentir. Avoir chacun suivi un parcours différent représente une force. Celle-ci vient compléter la complicité indéniable qui nous unit tous les quatre.

La chanson « You Killed Me On The Moon’’ a été utilisée pour une publicité de la marque Citroën. Quel est votre sentiment après la diffusion de l’un de vos titres sur une chaîne de télévision nationale ?

Pour être honnête, au tout début, c’était étrange. Puis, le premier mois passé, nous avons fini par nous faire à l’idée. Aujourd’hui nous l’écoutons avec un sourire en coin.Ceci étant dit, la sensation demeure agréable. Je pense anecdotiquement à hier, nous regardions la finale de la Coupe du Monde, Thomas et moi, et, lorsque la chanson est passée, nous étions réellement contents. Il est indéniable que cette campagne publicitaire fut un vrai tremplin pour nous. Mais il n’est pas question de se reposer sur nos lauriers. Nous espérons qu’un autre de nos morceaux pourra être utilisé pour une autre publicité.

Quelles sont vos influences musicales principales ?

Nous écoutons tous les genres musicaux. Maintenant, concernant la musique de Blow à proprement dite, je pense à « Jungle » au niveau des chœurs sur nos refrains, « Moderat » pour les parties électroniques, « XX » pour le côté pop et planant, « Dark Side of the Moon » des « Pink Floyd » pour la sonorité des guitares.

J’aurais également dit ‘ »Rone », non ?

Oui tu as raison, nous avons beaucoup écouté le premier album de « Rone » et son influence est notamment présente sur le morceau « It’s All a Lie ».

Votre son est-il la résultante de la fusion de toutes ces influences ?

Tout à fait. Nous avons énormément expérimenté tout au long de nos deux premiers EP. Thomas, Jean-Etienne et moi-même essayions alors de reproduire les cheminements utilisés par les différents groupes qui nous influençaient. Nous avons, par la suite, commencé à définir notre propre méthode de travail. A cette époque, évoluant du rock vers la musique électronique, j’ai dû me concentrer pour apprendre à maîtriser les machines. Je m’entrainais à reproduire le plus fidèlement possible des morceaux des « XX » et de « Moderat » C’est au cours de la composition de « Fall In Deep », le troisième EP, que nous avons véritablement trouvé notre son ainsi que la bonne voix pour réaliser l’album. Il en résulte une création artistique plus naturelle, nous nous posons beaucoup moins de questions.

Comment avez-vous évolué entre vos trois premiers EP et « Vertigo » votre premier album récemment produit?

Si nous sommes aujourd’hui visiblement tous les quatre très soudés, les trois premiers EP ont principalement vu le jour alors que je menais la barque. Nous n’étions nullement accompagnés ni conseillés. Je ne vivais pas de la musique, j’exerçais alors la profession de barman, c’était une période difficile. J’ai partagé le morceau « The Devil Remembers Me » sur le net en me disant que si dans les six mois à venir, la situation n’évoluait pas dans le bon sens, il me faudrait mettre la musique entre parenthèse pour travailler sur autre chose afin de gagner ma vie. C’est à ce moment-là que nous avons trouvé un label, un manager et un éditeur. Cela nous a permis d’enchainer rapidement sur le deuxième EP. De fil en aiguille, lorsqu’est arrivé le moment de produire notre album, nous savions ce que nous voulions faire, nous maîtrisions notre son. Il s’agissait de continuer à faire des morceaux qui nous ressemblaient, en se basant sur nos trois premiers EP tout en perfectionnant les aspects techniques et artistiques. L’album n’est ni plus ni moins, l’aboutissement des trois premiers EP. Le dernier EP étant d’ailleurs, incontestablement, l’introduction de l’album. Nous allons, maintenant, suivre cette évolution naturelle pour la composition du second album. Notre objectif, travailler les sons des instruments plus en profondeur afin de franchir une nouvelle étape et d’obtenir une production encore plus poussée.

Comment as-tu appréhendé ta transition de la musique rock vers la musique électronique, que ce soit d’un point de vue technique ou bien du public auquel tu t’es retrouvé alors confronté ?

Comparé à Thomas, Jean-Etienne ou bien encore Pierre-Elie, je ne me suis mis que tardivement à la musique. Je n’imaginais pas que chanter pouvait être mon truc, même si j’avais toujours été passionné par ça. Au collège et au lycée, j’écoutais beaucoup de rap et de rock issu des sixties et des seventies, et c’est à cette époque que j’ai commencé à vouloir faire de la musique. Par la suite, en arrivant à Paris, je me suis littéralement mis à bouffer de la musique électronique. De là m’est venue l’envie d’associer les deux. Thomas et moi, pour diverses raisons, avons mis fin à notre groupe rock et avons décidé de nous tourner pleinement vers la musique électronique dans le but d’opérer cette fusion. Le plus gros du travail consiste, par la suite, à énormément écouter de musique et à tenter d’en déchiffrer les codes. Aujourd’hui le résultat est là, sur scène, certains de nos morceaux sonnent principalement rock alors que d’autres présentent une sonorité plus club, plus électro. Mais le fait est que cette transition demande, de toute façon, énormément de travail et d’apprentissage quant à l’utilisation des claviers et des ordinateurs.

Comment s’appelait votre groupe de rock ?

« Scarlet Queens », nous étions très influencés par des groupes tels que « Pink Floyd », les « Rolling Stones », « The Doors » mais aussi par le son de Jack White et de ses groupes « White Stripes » et « The Raconters ».

Vous avez participé aux Francofolies de la Rochelle le 11 Juillet dernier, quel est ton ressenti sur cette expérience scénique ?

C’était très bien ! L’ambiance était un peu spéciale car nous jouions dans un théâtre. Les gens étaient assis alors que nous sommes plutôt habitués à nous produire en face d’un public debout. Mais l’attitude chaleureuse du l’auditoire nous a aidé à passer outre ce facteur et nous avons réussi à offrir un bon set. Nous n’avions malheureusement que quarante minutes. Nous aurions aimé avoir au moins vingt minutes de plus.

Quelle est la plus grosse date que vous ayez réalisée ?

En dehors des festivals durant lesquels nous jouons, par définition, sur des grosses scènes, je pense que notre plus gros concert fut à l’Olympia, en première partie du groupe de filles « L.E.J ». La salle était pleine à craquer ! C’était génial ! Je me rappelle aussi de notre concert salle Pleyel, un lieu magnifique.

Quels sont les projets futurs de Blow ?

Le tournage du troisième clip de l’album « Vertigo », les concerts avec pas mal de dates à venir, mais aussi la préparation du second album avec les nouvelles compositions à préparer. Pour cette étape, le principe est d’avoir un maximum de morceaux disponibles afin de pouvoir se donner le choix quant à ceux que nous retiendrons. Le but est de continuer les expérimentations sonores, toujours dans le but de passer à un niveau supérieur.

Quels sont les parts d’importances imparties à la sortie d’un deuxième album et à votre tournée ? Privilégiez-vous l’un sur l’autre ?

Non, nous continuons d’assurer notre tournée d’été tout en composant. En gros, si nous ne sommes pas sur scène, nous sommes en studio.

Un dernier mot pour conclure?

Merci, nous espérons vous faire passer une excellente soirée le 20 septembre lors de notre concert à la Maroquinerie sur Paris.  Nous sommes également heureux de vous annoncer que notre dernier clip « Green Unicorn » est sorti en juillet.

Aurélie Kula

 

©Adrien Combes

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