Nouvelle Vague

BEN MAZUÉ

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Niçois de naissance et Parisien d’adoption, l’auteur-compositeur-interprète Ben Mazué vient de sortir son deuxième album intitulé « 33 ans ». En référence à son âge bien sûr mais surtout au temps qui passe, un thème qu’il aborde en fil rouge à travers une série de portraits fictifs. Un disque qui oscille entre chanson, slam et hip-hop, mélancolie et allégresse. Enregistré en partie à Nice, avec un certain Medi.

 

 

Ce nouvel album est-il un retour aux sources pour toi ?

Je suis né à Nice. J’ai vécu à Biot jusqu’à mes dix ans puis je suis parti vivre à Paris, où j’ai commencé à faire de la musique. Donc je n’ai pas eu l’impression que c’était un retour aux sources car j’ai rencontré des gens que je ne connaissais pas, comme Medi.

Comment en es-tu venu à travailler avec Medi  ?

Mon manager m’a dit que je devrais essayer de faire des chansons avec lui. Je connaissais un peu son travail avec Charlie Winston mais je ne voyais pas trop ce que ça pouvait donner avec moi. Mais je suis quand même allé le voir dans son studio. On a fait une chanson ensemble et je me suis dit : « c’est avec lui qu’il faut que je fasse l’album ». C’était très fluide, il a une manière de résoudre les problèmes de structure et d’équilibre de mes morceaux. Puis il a aussi travaillé les grooves. Même s’il est surtout batteur au départ, il joue extrêmement bien du piano, de la guitare et de la basse. Il a fait tous les instruments sur l’album.

Plusieurs chansons de ton album portent des noms d’âges. S’agit-il d’une même personne qui évolue au fil du temps ?

Non, ce sont différentes personnes, à différents moments de leurs vies. Je suis parti sur l’idée de jalonner l’album de portraits de gens. Des gens qui doutent car je suis fasciné par ces gens-là. J’avais déjà parlé d’un « homme modeste » dans mon premier album. Je suis allé faire un concert avec Anne Sylvestre. Sa chanson « Les gens qui doutent » m’a complètement tué et a été un peu un fil conducteur sur l’album.

C’est une sorte de concept-album ?

Tous les albums sont plus ou moins des concept-albums car quand tu crées un album, tu cherches toujours une cohérence donc un concept. Avec « 33 ans », c’était la première fois que j’avais l’idée et le temps de faire un vrai album. L’album précédent, je l’avais fait à la fin d’une tournée. Je venais de trouver une maison de disques donc il fallait que j’enregistre les morceaux que j’avais fait en tournée. Comme c’était mon premier album, c’était un « best of » de tous les meilleurs morceaux que j’avais pu faire depuis le début de ma vie.

De qui t’es-tu inspiré pour ces portraits ?

Forcément, tu t’inspires toujours un peu de gens que tu connais. Je ne pouvais pas les nommer donc j’ai fait un peu un mix entre plusieurs personnes. J’ai inventé un peu quelqu’un. Mais j’y ai mis un peu de moi-même aussi. J’essaye de faire en sorte que ma musique soit un peu une mise à nu. Ma théorie c’est que pour parvenir à faire dire aux gens le fond d’eux-mêmes, il faut commencer par soi.

Cet album est-il mélancolique ?

Oui mais pas uniquement. Les trois ans pendant lesquels j’ai écrit cet album, il m’est arrivé plein de choses, il y a eu beaucoup de relief dans ma vie. J’ai perdu un être cher, j’ai fait un enfant, tout ça en même temps. Donc j’étais partagé entre des humeurs très joyeuses, tournées vers la vie et l’espoir, comme sur la chanson dédiée à mon fils « Oui-oui », et la grande tristesse, la peine et le désespoir.

Un mot sur ta tournée ?

Cet album raconte des histoires, on l’écoute comme une émission de radio. J’ai voulu retranscrire ça sur scène, avec un fil conducteur dans la narration. J’ai voulu proposer une configuration de spectacle adaptée : sans micro, sans retour, pas en mode concert. Plutôt comme si j’étais chez toi avec un pote pianiste, ma guitare et que je te racontais des histoires. Et sur scène, je divague énormément, je m’invente des vies. Des grands succès, des interviews avec des journalistes réputés, des correspondances avec des gens décédés.

Sarah Foudrier & Mathieu Presseq

Le 13/12 à l’Espace Léonard de Vinci – Mandelieu (06).

www.benmazue.com

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