Nouvelle Vague
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Andromakers, c’est le fruit de l’inventivité de deux femmes : Nadège Teri et Lucille Hochet. Armées de leurs voix et d’instruments qu’elles ont retapés, elles construisent des musiques aux accompagnements électroniques. Ce mois-ci, elles sortent un single du nom de « Everest » et ont prévu un album pour janvier 2017.

 

Que signifie votre nom de groupe « Andromakers » ?

[Nadège Teri] Nous voulions un nom un peu mystérieux qui prête à toutes les interrogations. Nous aimons qu’on nous pose la question, ça fait jaser. Le côté « andro » ça renvoie à l’androgynie, mais pas à Andromaque non plus (rire). C’est le mystère qui plane autour de ça qu’on aime bien.

Et le « makers » renvoie à votre conception de l’électronique fabriqué à la main ?

[Nadège Teri] Oui pourquoi pas, sachant qu’on peut interpréter à sa guise. Nous aimons bien le fait d’être rattachée à quelque chose de productif et onirique en termes d’émotions que nous pouvons véhiculer.

A quelle âge avez-vous commencé à faire de la musique ?

[Nadège Teri] Lucille a commencé à la fac, donc elle a appris la guitare de manière autodidacte, et moi j’ai commencé le piano et le solfège à l’âge de dix ans.

Qu’est-ce qui vous a réuni pour faire un duo ?

[Lucille Hochet] Nous nous sommes rencontrées il y a assez longtemps. Nadège avait déjà un groupe de rock et elle cherchait une bassiste. Elle a mis une annonce à laquelle j’ai répondu, et c’est comme ça que nous nous sommes rencontrées et que tout a commencé. Nous avons d’abord eu un groupe de rock ensemble, mais, après quelques années, le groupe s’est finalement arrêté. Mais nous avons quand même voulu faire de la musique ensemble. Du coup, nous avons fait un peu d’expérimentations avant de trouver Andromakers, mais tout est quand même né de l’envie de faire de la musique ensemble. Ce que nous voulions, c’était s’éloigner des guitares et expérimenter sur des machines et des synthétiseurs.

Quelle est votre expérience dans votre ancien groupe de rock ?

[Lucille Hochet] Notre groupe s’appelait « One More Season », mais c’était un petit groupe à l’époque. Je suis venue rejoindre le groupe, et quand il s’est stabilisé, nous sommes rentrés en studio chez Christian Carvin pour créer notre premier et dernier single. Je peux dire maintenant que nous n’avons pas pu développer le groupe comme nous le faisons pour Andromakers par exemple.

Pourquoi avoir choisi de faire des chansons avec des sons électroniques dans votre nouveau groupe ?

[Lucille Hochet] Nous en avions tellement marre des guitares que nous voulions essayer quelque chose de complètement différent. Notre première idée ça a été d’aller vers les claviers. Nous ne connaissions pas du tout mais nous sommes tombées sur des claviers des années 80, des instruments un peu vintage. Nous avons commencé avec des claviers trouvés dans des vide-greniers, un xylophone et des percussions, et nous avons bricolé avec ça. Les sonorités, ça nous a parlé. Depuis, nous avons dû développer un peu nos connaissances et notre travail autour des machines et des synthétiseurs. Donc aujourd’hui, nous nous y connaissons un peu mieux même s’il y a encore tellement de choses à apprendre en musique électronique. En tout cas, nous sommes vraiment parties de l’envie de découvrir l’électronique.

Aujourd’hui, vous faites toujours de la musique électronique avec des instruments vintage ?

[Lucille Hochet] Au début du projet oui, nous nous amusions à créer des sons avec ce genre d’instruments, mais aujourd’hui nous le faisons beaucoup moins. Maintenant, nous sommes plus sur une formule électronique. Nous avons toujours des instruments vintage mais nous sommes surtout centrées sur les musiques électroniques.

Comment se déroule le processus de création de vos chansons ?

[Nadège Teri] Nous sommes assez complémentaire pour ça. Moi je m’occupe de la création, donc tout ce qui est la composition de la musique et du texte en studios, et Lucille s’occupe de finaliser ça pour le live.

[Lucille Hochet] Pour l’album qui va sortir, nous avons fait des prises de voix, donc du chant, en studio. Après, nous avons travaillé avec un réalisateur en studio sur les différents morceaux qui nous restaient. Nous avons fait des arrangements et nous nous sommes concertées pour le résultat final. Pour le live, c’était un processus de création différent que pour l’album, où nous produisons le son directement pendant le concert. C’est vraiment nous qui travaillons et qui créons le son durant la performance. Nous avons appris à faire ça au fur et à mesure, et maintenant nous voulons partager notre expérience de l’électronique avec notre public, pour que cela paraisse plus vrai.

Comme vous venez de l’univers du rock, vous n’étiez pas forcément préparées à ce genre de musique. Comment avez-vous appris à vous servir du matériel électronique ?

[Lucille Hochet] Cela fait sept ans que nous avons commencé le projet d’Andromakers, donc, à force de faire de la scène, à force de vouloir toujours faire du meilleur son, et aussi pour faire danser les gens, nous avons appris à faire de notre mieux pour proposer des sons électroniques. C’était et c’est toujours vraiment un travail sur le terrain, donc nous apprenons vraiment sur le tas, lors des entraînements, quand nous recherchons des sons, et également pendant les concerts.

Vous avez choisi de faire essentiellement des chansons en anglais. Pourquoi ce choix ?

[Nadège Teri] Nous avons préféré travailler en anglais parce que c’est quand même une langue que je préfère. Les chansons françaises ce n’est pas trop ce qui m’attire et j’ai toujours eu du mal à poser des textes français sur mes titres. Nous avons essayé pas mal de choses et ce que nous faisons sur certains titres c’est que je m’occupe des parties chantées en anglais, et Lucille chante en français. C’est ce qui s’est passé dans « Everest » et « Fascination » par exemple.

Qu’est-ce que vous écoutez comme musique ?

[Nadège Teri] Nous écoutons beaucoup de choses mais notre style de musique n’est pas forcément identique. J’aime bien écouter de nouvelles choses que je ne connais pas, et pas mal d’électronique dans la production, comme Moderat, Drake par exemple. Lucille, elle, écoute plus des musiques pop, et plutôt des artistes féminines.

Donc c’est vous Nadège qui avez apporté le côté électronique ?

[Nadège Teri] Nous l’avons fait toutes les deux au fur et à mesure, c’est venu tout naturellement. Nous avons essayé d’utiliser des instruments que nous ne connaissions pas mais qui étaient assez intuitifs et simples d’accès. Ensuite, nous avons ressenti le besoin de donner un peu plus de matières, avec plus de basses et de musiques rythmiques. C’est pour ça que nous essayons de faire des créations de plus en plus productives.

Qu’est-ce qui nous attend dans votre prochain album ?

[Lucille Hochet] Nous avons mis un certain temps à faire cet album parce que, depuis le début du projet, nous avons fait beaucoup plus intimiste et plus de micro-pop. Dans cet album, nous avons plus mis le pied sur l’électro-pop pour faire quelque chose de plus produit et de plus fin. Il y a onze titres, ce sont des titres que nous avions déjà composés depuis un moment déjà. C’est de l’électro-pop donc ça veut dire que c’est plus mélodique. Il y a des refrains et des passages chantés mais quand même avec une base assez électronique. C’est justement cela que nous avons voulu développer en live pour la tournée de l’album. Nous allons encore plus pousser le côté électronique en live, même si c’est déjà présent dans le disque. Nous avons voulu faire cela, produire de l’électronique à la main pendant les concerts, pour que les gens puissent danser plus facilement, et pour que ce soit plus authentique.

Où est-ce que vous avez prévu de faire des concerts ? En France, et à l’étranger également ?

[Lucille Hochet] La tournée est en train de commencer, donc nous avons des dates en France et nous passerons en effet aussi à l’étranger. Malheureusement, pour le moment, nous ne pouvons pas encore donner d’informations précises puisque c’est toujours en train de s’organiser. Nous avons cependant déjà quelques dates qui sont en train de se dessiner tout autour de la France. Nous avons une date à Paris le 18 novembre à l’Hôtel Particulier à Montmartre pour la sortie du single « Everest », et ensuite nous avons aussi prévu de jouer au bar en Trans à Rennes au mois de décembre. Nous aurons bientôt d’autres dates officielles que nous diffuserons dès qu’elles seront fixées.

Qu’est-ce que vous avez prévu pour votre tournée ?

[Lucille Hochet] Ce que nous allons jouer en live sera essentiellement les titres du nouvel album, dont le titre du single « Everest » qui sera disponible à partir du 18 novembre. Nous avons déjà joué au festival électronique Marsatac à Marseille pour l’édition de cette année. Du coup, c’était vraiment l’occasion de présenter tout l’album et le single que nous avons créés.

Quelle est la suite des événements ?

[Nadège Teri] Nous nous consacrons surtout sur la sortie du disque. C’est vraiment ça qui va déterminer ce qui va se passer ensuite.

 

Johanna bonenfant

 

www.andromakers.com

 

 

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