Nouvelle Vague

ANA POPOVIC

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Née à Belgrade en 1976, elle apprend la musique dès son enfance et fait décoller sa carrière aux Pays Bas où son talent est très vite remarqué. Elle impose son style fondé sur le blues qu’elle manie si bien, et tente d’apporter du nouveau dans chacun de ses albums. Multipliant les concerts dans toute l’Europe et aux Etats Unis, la star du blues-rock au féminin a pris le temps de répondre à nos questions.

 

Est-ce que cette collaboration avec BB King pour cet album a été l’occasion d’innover dans les sonorités et d’élargir ton style ?
L’album « Can You Stand The Heat » a été produit par Tony Coleman. Il a été batteur des BB King pendant 25 ans! Avec lui j’ai beaucoup appris, c’était la première fois qu’il produisait. Mais je pense que nous avons tous les deux appris beaucoup de choses en travaillant de cette manière.

 

Est-ce que « Rain Fall Down » est un clin d’œil aux Rolling Stone et à leur époque blues-rock ?
Les Rolling Stones n’ont jamais nié avoir été influencés par le blues. Cependant « Rain Fall Down » correspondait plus avec « Can You Stand The Heat », qui est un blues plus fort dans l’âme avec un coté funk des années 1970. La chanson des Rolling Stones est plus tournée vers le rock mais elle a en même temps un groove très fort et c’est ce que j’ai tout de suite aimé. De plus les paroles sont géniales et je choisis toujours une chanson qui laisse mon esprit s’évader.

 

Tu jouais avec des groupes avant d’arriver aux Pays-Bas?
J’ai commencé à jouer quand je vivais encore à Belgrade. J’ai formé mon premier band : Hush. Un petit garage faisait office de studio puis les concerts se sont enchainés. En 3 ans nous avions fait tous les grands clubs, par la suite plus de 100 représentations par an et quelques apparitions à la télévision. Nous avons joué dans des festivals de blues en Grèce et en Hongrie puis et enfin nous avons enregistré notre premier album : Hometown. En 1998 j’ai postulé pour étudier le graphisme à Ultrech peu avant que les cours ne commencent, mais j’ai finalement décidé d’envoyer une bande au conservatoire d’Ultrech où j’ai été acceptée. C’est comme ça que je me suis investie à fond dans la musique.

 

Quel a été ton concert le plus enrichissant?
Nous avons eu la chance de jouer à Moscou, aux Caraïbes, à Sao Polo, à Dubai etc. Tant d’endroits extraordinaires ! L’année dernière j’étais la seule guitariste féminine pour rejoindre The  Experience Hendrix Tour, je faisais partie d’un groupe de stars comme Buddy Guy, Jonny Lang, Kenny Wayne Shepherd, Eric Johnson… Et jouer du Jimi Hendrix (un de mes héros) dans les plus beaux endroits des Etats-Unis, ça je ne l’oublierais jamais.

 

Il y a très peu d’artistes féminines dans le milieu, pour quelle raison à ton avis?
En réalité il y a de plus en plus de femmes dans le blues, bientôt ce ne sera plus une rareté. Il n’est pas facile de combiner la vie familiale avec une vie sur la route, de mon côté je suis bénie avec une famille qui m’aide beaucoup et un mari exceptionnel. Sans leur soutien je n’en serais pas là aujourd’hui et c’est de ça dont ont besoin les artistes féminines.

 

Quel regard portes-tu sur la musique actuelle blues rock et sur ta carrière ?

Je pense qu’il y a toujours des artistes qui portent les racines du blues sur la génération suivante et les artistes qui alimentent cette base pour en faire quelque chose de nouveau,  je me situe quelque part au milieu. J’aime faire de la musique tout simplement. Auparavant aucun musicien de l’Europe de l’est n’allait jouer du blues aux Etats Unis. J’ai ouvert la porte et ai prouvé que vous ne devez pas être né américain pour être un artiste de blues reconnu. Tout est possible !

 

Quels projets en vue ?
Je sors un nouvel album « Blue Room » enregistré avec mon père Milton. C’est probablement l’album le plus personnel que j’ai fait jusqu’ici, le public aura l’occasion de découvrir comment tout a commencé pour moi au départ de la Serbie.

Laetitia Bastari
www.anapopovic.com

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